La journée de mobilisation du 7 février contre le CPE (Contrat Première Embauche ou Contrat Pour l’Exploitation !) a été une réussite pour une première étape. Avec plus de 10 000 manifestants à Lyon, 15 000 à Grenoble et Toulouse, 30 000 à Marseille ou encore 45 000 à Paris et au total 187 manifestations dans toute la France, c’est près de 400 000 personnes qui ont battu le pavé pour s’opposer et réclamer le retrait pur et simple de cette loi antisociale qui va extraire du Droit du travail (du moins de ce qu’il va bientôt en rester) les 14-26 ans !
Pourtant la mobilisation de la jeunesse comme des personnels de l’éducation n’est pas évidente en raison des vacances scolaires qui ont commencé sur certaines zones. Si la jeunesse étudiante et lycéenne s’est moins mobilisée qu’elle aurait pu, la surprise est venue des salariés, de l’Education nationale et surtout du secteur privé, qui représentaient environ la moitié des effectifs des manifestants, alors que certaines fédérations de l’éducation, voire des Confédérations, n’appelaient pas à la grève. Comme quoi la colère et la volonté de se mobiliser réellement des salarié-e-s dépassent la passivité et l’immobilisme auxquels voudraient nous faire croire les bureaucraties syndicales.
Reste qu’il se pose la question des suites à donner à cette journée tant le gouvernement fait une nouvelle fois la sourde oreille et semble bien déterminé à poursuivre son œuvre de démolition sociale. Si les lycéens et étudiants ont bien compris qu’il est évident qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud et que des mobilisations et manifestations vont reprendre dès le jeudi 9 février dans de nombreuses villes, il n’en est pas de même du côté des organisations syndicales incapables d’offrir des perspectives et un appel clairs à l’action.
La CNT-FTE appelle à être solidaire et à participer chaque fois qu’il est possible aux mobilisations étudiantes et lycéennes contre le CPE et surtout à se préparer à se relancer dans la grève, reconductible s’il le faut ! Ce dont le mouvement à besoin pour obtenir satisfaction c’est bien une journée de grève interprofessionnelle, public-privé, étudiants-lycéens avec possibilité de reconduction ! La CNT-FTE agit dans ce sens, y appellera et a déjà déposé un préavis de grève reconductible pour la semaine prochaine.
C’est dans la rue que nous ferons reculer l’Etat et le patronat et que nous gagnerons de nouvelles conquêtes sociales, pas dans l’attente des hypothétiques illusions électorales de 2007. Toute l’histoire du 20ème siècle a montré que c’est par le mouvement social, par la mobilisation, la grève et l’occupation que les conquêtes sociales ont été obtenues, en 1936, 46 ou 68 et non par la délégation de pouvoir électorale.
Fédération CNT des travailleurs/euses de l’éducation Le secrétariat fédéral, le 08/02/06
Union régionale des syndicats CNT du Nord Pas-de-Calais
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