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Une alternative possible à l’amputation, par samah jabr

Les Palestiniens ont développé une identité nationale très spécifique et très forte, liée à la Palestine historique. Toute amputation de cette terre nous blessera toujours comme la douleur fantomatique d’un membre amputé que nous sentons intensément.

Dans l’édition du 16 juin 2003 de Bitterlemons.org, sous le titre « Abattre les murs », j’expliquais pourquoi je considérais la solution à deux Etats comme une solution politique désespérée pour les Palestiniens. Pour avancer dans cette discussion, voyons le côté psychologique de cette question.

Un temps irremplaçable a été perdu en discussions sur une solution à deux Etats. Temps utilisé par Israël pour travailler à une solution à aucun Etat : les colonies sont plus étendues, le mur est plus long, l’occupation est de plus en plus engagée et le discours politique sur la purification ethnique se fait plus vigoureux. Israël veut une occupation sans fin de la Palestine qui fournisse pour toujours des coupeurs de bois et des puiseurs d’eau *.

En psychologie sociale, on soutient qu’il ne faut pas ignorer l’importance de la justice dans la résolution d’un conflit. La perception de l’impartialité est un déterminant important du comportement humain et des réactions affectives. Toutes les propositions de paix ont méconnu cet aspect décisif. Les accords ont été basés sur une répartition profondément injuste de la terre, de l’eau et des richesses naturelles qui met en œuvre, de fait, la ghettoïsation, qui fait la promotion d’un travail de forçat en entretenant d’énormes différences économiques et une divergence significative dans le revenu moyen et les droits élémentaires du travail, tout en maintenant une supériorité militaire israélienne qui, toujours, menacera et mettra en péril notre survie.

Pourtant, on s’attend à ce que nous acceptions l’assimilation pathologique que fait Israël de sa sécurité avec une majorité de Juifs dans un pays qui doit leur appartenir. Il y a déjà un certain degré d’intégration physique entre Palestiniens et Israéliens, à la fois de ce côté-ci et de l’autre côté de la Ligne verte. Et il n’y a aucune garantie pour qu’Israël reste un Etat juif du fait de la croissance rapide de la minorité arabe. Que se passera-t-il alors ? Transfert ou génocide ? Que faites-vous des craintes des Palestiniens ? Pourquoi les Israéliens n’adoptent-ils pas une constitution qui octroie l’égalité devant la loi et une égalité des chances qui assureraient un respect réciproque ?

Les Palestiniens ont développé une identité nationale très spécifique et très forte qui s’inspire du patrimoine, de la culture, du récit, des gloires et tragédies, liés à la Palestine historique. Toute amputation de cette terre est un profond traumatisme à notre fierté nationale et nous blessera toujours comme la douleur fantomatique d’un membre amputé que nous sentons intensément mais que les autres ne reconnaissent pas. Je me rends compte qu’il est impossible pour les Israéliens comme pour les Palestiniens de se défaire de leur identité. Mais je crois qu’une identité d’un groupe plus vaste peut être créée, une identité qui naîtrait d’un Etat unique ne s’opposant pas aux deux autres. Sous le couvert d’une constitution respectant la vie civique, garantissant les droits individuels et collectifs et, ainsi, organisant les rapports, nous pourrions engendrer un Etat dans le respect et la confiance, plutôt que la manipulation et les maltraitances inhérentes aux rapports entre un Israël dominant et une Palestine faible et lézardée.

Après de si grandes pertes en vies humaines, de prestige, de territoire et de dignité, une nation ne peut que porter le deuil. Mais le manque de reconnaissance, les compensations seulement partielles envisagées ne laissent aucune place à un deuil qui serait souillé par un sentiment d’humiliation, de colère, d’irrédentisme à l’égard de ce qui a été perdu et par le droit logique à le reconquérir qui, toujours, compromettront tout espoir de paix. Dans une solution à deux Etats, nous intérioriserons tous ces sentiments négatifs, les identifierons à nos agresseurs et vivrons avec une déchéance psychologique. La séparation ne respecte pas l’égalité dans la loi ni l’égalité des chances et ne pourra jamais être équitable ni légitime ; elle ne fera qu’exacerber la haine, les préjugés, la peur et la méfiance.

Un Etat unique ne signifiera pas la réparation des injustices historiques infligées au peuple palestinien. Mais il nous permettra, avec une pleine reconnaissance des fautes et la possibilité ultérieure d’un véritable deuil, d’oublier le passé et de mettre fin aux injustices continuelles ; l’occupation de la Palestine et la discrimination à l’égard des Palestiniens qui ont la citoyenneté israélienne.

Le 14 septembre 2003, le New York Times a publié un sondage qui indique que 25 à 30% des Palestiniens soutiennent l’idée d’un Etat unique. Mon impression personnelle est qu’une majorité de Palestiniens ayant la citoyenneté israélienne envisagent la proposition pour un seul Etat comme la plus favorable, ceci sans la moindre aide sérieuse d’un plaidoyer politique ou des médias.

Aujourd’hui, cette solution semble de plus en plus populaire vu la réalité sur le terrain, créée par Israël et ne laissant aucune chance à la création d’un Etat palestinien viable et souverain, avec des ressources réelles, sur ce qui reste des frontières d’avant 1967. Les élections palestiniennes ont aussi dénoncé le mythe américain selon lequel deux Etats démocratiques ne se combattaient jamais.

Le combat palestinien pour la libération et la justice ne peut se réaliser que dans un Etat unique. C’est la seule solution viable, souhaitable et soutenable qui rendra aux Palestiniens dignité et moralité, et leur garantira la liberté.

Laissez-moi ajouter quelque chose qui m’est personnel. Je suis une jeune psychiatre palestinienne et je travaille avec une confrère israélienne expérimentée. Nous faisons le point ensemble tous les quinze jours et discutons de nos malades et des autres questions. J’apprécie mon mentor et je ne souhaite pour elle ou les siens rien de moins de ce que je souhaite pour moi-même. A mon avis, quand je défends un Etat unique, je défends mes droits autant que les siens et notre droit à rester ensemble. Si ceci est perdu pour des raisons politiques, ce sera seulement une douleur fantomatique dans un autre membre amputé.

* Josué (ch. 9,V 21, 22, 23)

Samah Jabr est psychiatre en Palestine occupée.

Après la Norvège où elle a participé début mai, à Oslo, à une conférence sur la santé mentale dans les situations humanitaires, elle est allée en tournée en Afrique du Sud pour parler de la situation actuelle de la Palestine. Elle y a fait une multitude de rencontres publiques, 4 interviews radio et une télévisée. De retour en Palestine, elle travaille à une pièce de théâtre. On peut la contacter à l’adresse : samahjabr vPL hotmail.com

Texte adressé par l’auteur aux Amis de Jayyous

traduction JPP pour les Amis de Jayyous

http://www.info-palestine.net/artic…


Article publié le 18 septembre 2007
Commentaires
  • "Toute amputation de cette terre est un profond traumatisme à notre fierté nationale et nous blessera toujours comme la douleur fantomatique d’un membre amputé que nous sentons intensément mais que les autres ne reconnaissent pas"

    Admettons.

    Mais Jabr elle-même ne reconnaît absolument pas la "fierté nationale" juive (elle n’est pas vraiment favorable au mouvement sioniste) ni ne reconnaît la "douleur fantomatique" lorsqu’elle touche les Juifs : Hebron, Shkhem (Naplouse), Jericho, sont un peu plus que des noms de villes occupées. Judée, Samarie, ne sont pas de mots inventés récemment pour effacer le terme de Cisjordanie. C’est l’inverse en fait : "cisjordanie" est un terme récent, "Judée" et "Samarie" sont très anciens.

    Idem pour Jérusalem, qui s’appelait Ieroushalaïm bien avant que le mot "Al-Qods" ne vienne au monde, qui n’a jamais été plus qu’un chef-lieu de canton avant de redevenir la capitale d’un Etat juif, et dont la vieille ville était interdite aux Juifs durant la période jordanienne (en violation des accords de cessez-le-feu, mais quand ce ne sont pas des Israéliens qui violent un accord c’est la grande indifférence…).

    Bref, les Juifs aussi ont quelque chose à perdre dans ce coin de monde, eux aussi se voient dénier par leurs ennemis tout droit de vivre ici et sont bien souvent décrits comme des colons et rien de plus (ah si parfois on les décrit aussi comme des nazis), qu’ils vivent à Hebron, Ariel, Jerusalem ou Tel-Aviv.

    "Aujourd’hui, cette solution [un Etat unique] semble de plus en plus populaire vu la réalité sur le terrain"

    Ce n’est pas ce que pense un certain Uri Avnery, qui n’est pourtant pas ce qu’on pourrait appeler un "colon" :

    (…)

    Je suis un Israélien. Je suis campé sur le sol de la réalité israélienne. Je veux changer cette réalité du tout au tout, mais je veux que cet État existe.

    Ceux qui dénient l’existence de l’État d’Israël, en tant qu’entité qui exprime notre identité israélienne, se dénient la possibilité d’agir ici. Toute leur action est vouée à l’échec.

    (…)

    L’idée d’un seul État commun aux juifs et aux Arabes était déjà vieille quand j’étais enfant. Elle dominait dans les années 1930. Elle était inscrite sur la bannière, entre autres, du mouvement dont le siège nous accueille aujourd’hui, le mouvement Hakibbutz Ha’artzi. Mais elle a fait faillite et c’est l’idée de deux États qui domine dans la réalité actuelle.

    Vous pouvez parler d’un État unique allant de la Méditerranée au Jourdain, le définir comme un État binational ou supranational - appelez-le comme vous voulez, cela signifie en pratique le démantèlement de l’État d’Israël, la destruction de tout ce qui a été construit depuis cinq générations. Il faut le dire fort, sans faux-fuyant. C’est exactement ce que voit l’opinion juive, et sûrement aussi une large partie de l’opinion palestinienne. Cela signifie le démantèlement de l’État d’Israël, je suis troublé par le fait que ces mots n’aient pas été dits clairement.

    (…)

    (extraits d’un débat entre Uri Avnery et Ilan Pappé)

  • Réaction prévisible 19 septembre 2007 22:05

    On attendait avec impatience les arguments pertinents de Docteur Kwad-9 sur un sujet essentiel, puisqu’il s’agir rien moins que de savoir s’il faut soutenir une occupation et une épuration ethnique ou la résistance à cette occupation.

    Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il y a dans les milieux alter des gens qui passent tranquillement leur temps à soutenir l’occupation, avec tout ce que ça sous-entend politiquement et idéologiquement : aujourd’hui, on sait ce que signifie la défense de l’Etat fasciste, aussi bien internationalement qu’en politique intérieure, c’est-à-dire alignement sur les politiques de Bush, Olmert et Sarkozy, entre autres, tout ça dans un média dont les objectifs sont totalement à l’opposé.

    Il faut oser le faire, mais rien ne rebute certains : les enjeux sont trop importants. Simplement, les lecteurs d’Indymedia ne sont pas les mêmes que ceux de MEMRI, et au niveau des arguments il faudra faire un effort.

    Arriver à justifier le nettoyage ethnique d’aujourd’hui parce qu’il y en avait déjà eu un avant : le cynisme des sionistes ne connaît pas de bornes. Jérusalem existait avant que les Hébreux n’occupent la Palestine, elle n’a été CONQUISE que sous le roi David, de même que la plupart des villes de Palestine. Aujourd’hui, on assiste de nouveau à la judaïsation forcée de la ville, et à un apartheid que même les Sud-Africains n’auraient jamais osé rêver.

    Existe-t-il un autre pays dans le monde où, à l’aide de lois raciales, on empêche une partie de la population d’exercer le moindre droit, y compris celui de se déplacer ?

  • Les memristes ont encore frappé 19 septembre 2007 22:32

    J’avais déjà dénoncé le procédé memriste consistant à faire dire à n’importe qui le contraire de ce qu’il pense en sélectionnant adroitement certains de ses propos.

    On ne pouvait pas trouver un meilleur exemple qu’Uri Avnery. Uri est contre l’occupation, contre l’apartheid, contre les collabos, contre le blocus de Gaza, contre le coup d’Etat de Mahmoud Abas, contre la politique israélienne dans à peu près tous les domaines, il a toujours eu des contacts avec le Hamas, qu’il place sur le même plan que les autres partis palestiniens.

    En quoi Uri Avnery pourrait-il trouver la moindre grâce aux yeux des néocons ? Eh bien il ont quand même trouvé la comptine des « deux Etats », comme si, dans la situation actuelle d’ethnocide programmé, les débats théoriques devenaient prioritaires face aux crimes contre l’humanité.

    Ce qu’a dit aussi Uri Avnery dans le débat :

    "Il ne peut pas y avoir de contestation sur le fait que le sionisme, qui a mis en application un projet historique, a également causé une injustice historique au peuple palestinien. On ne peut pas nier qu’un nettoyage ethnique a eu lieu en 1948."

    "Les relations américano-israéliennes sont un sujet important en lui-même, mais ceux qui espèrent que l’attitude des USA envers Israël va changer dans quelques années ne comprennent pas les profondeurs idéologiques de la connexion américano-israélienne.

    Les discours nationaux américain et israélien sont parallèles. Il y a le lobby juif. Il y a l’énorme pouvoir des Evangélistes, 80 millions de fanatiques qui croit que nous sommes ici, en Terre Sainte, pour réaliser leurs rêves messianiques. "

    "Comment s’est formée une nation palestinienne ici ? Golda Meir avait dit qu’il n’y avait pas de peuple palestinien, et beaucoup l’avaient dit avant. Le Mouvement national arabo-palestinien spécifique a pris forme dans ce pays suite à l’attaque sioniste sur le peuple arabe qui vivait alors dans le pays."

  • Ilan Pappe est encore plus explicite : 19 septembre 2007 22:46

    "En mars 1948, sous l’égide de Ben Gourion, la direction sioniste a décidé que pour avoir ici un Etat juif démocratique, il était nécessaire d’expulser un million de Palestiniens. Immédiatement après que la décision ait été prise, ils se sont embarqués dans l’expulsion systémique des Palestiniens. Cruellement, ils sont passés de maisons en maisons, de villages en villages, de quartiers en quartiers. Quand ils ont eu fini, neuf mois plus tard, ils ont laissé derrière eux 530 villages vides et 11 villes détruites. La moitié de la population de Palestine avait été expulsée de ses maisons, de ses champs et de ses sources de revenus – plus de 80% de la population dans le territoire qu’ils ont conquis. La moitié des villes et villages de Palestine furent détruits, et sur leurs ruines, on a planté des forêts ou installé des Juifs. […]

    "Les Nations Unies avaient proposé de donner 50% de la Palestine. Pour les sionistes, ce n’était pas suffisant et ils ont pris 80% de la Palestine, et il y avait le sentiment que ce serait suffisant pour eux. Mais nous savons que cette fringale territoriale ne s’est pas terminée en 1948. Lorsque l’opportunité historique est arrivée, 100% de la Palestine sont passés sous la règle de l’Etat juif."

    "Sous couvert du processus de paix, vous pouvez dire sous couvert du slogan de Deux Etats pour Deux Peuples, les colonies ont été étendues et le harcèlement et l’oppression des Palestiniens ont été accrus. Tellement que les "faits accomplis" ont réduit à rien la zone prévue pour les Palestiniens. La faim sioniste raciste et ethnique a eu la légitimité de s’étendre sur presque la moitié de la Cisjordanie."

    Ilan Pappe a dû quitter Israël devant les tracasseries continuelles dont il était victime après ses prises de position.

    C’est aussi le cas d’Avrham Burg. Les opposants qui commencent à quitter leur pays, ça ne vous rappelle rien ?

  • D’abord, il faudrait mesurer vos critiques, surtout qu’elles ne s’appuient sur rien :

    Arriver à justifier le nettoyage ethnique d’aujourd’hui parce qu’il y en avait déjà eu un avant

    Où y a-t-il "justification du nettoyage ethnique" ?

    A propos de 50, 80 ou 100 % de la Palestine, vous oubliez que le royaume de Jordanie est construit sur la terre palestinienne.

    Ensuite, sur Jérusalem, relire son histoire, au moins dans wikipedia

    Avnery termine son débat, tellement loin de vos idées :

    Un Etat unique, ça veut dire le démantèlement de l’Etat d’Israël. Ceux qui approuvent cette idée doivent le dire clair et net. Vous ne pouvez pas marcher sur la pointe des pieds et prendre un million de masques. Ce qui est mis sur la table, c’est l’existence de l’Etat d’Israël. Rien d’autre. Si quelqu’un a trouvé le moyen de convaincre six millions d’Israéliens de démanteler l’Etat d’Israël pour lequel cinq générations se sont battues, je lui tire mon chapeau.

    Comme je l’ai dit, je suis optimiste. Je crois que la solution de deux Etats aboutira. Je pense que c’est la solution que nous verrons dans un futur proche.

    En tout cas, je me suis promis de rester en vie pour la voir.

  • Les néocons sont pathétiques 21 septembre 2007 00:24

    Ce qu’Avnery a dit ensuite :

    DANS UN WESTERN américain classique, le manichéisme est aussi éblouissant que le soleil de midi au Colorado : il y a les bons et les méchants. Les bons sont les colons, qui font fleurir la plaine. Les méchants sont les Indiens, qui sont des sauvages assoiffés de sang. Le héros de la fin est le cowboy, rude, humain, qui a un gros revolver, ou deux, prêt à se défendre à tout instant. […]

    Dans ce western - ou plutôt middle-eastern - il y a aussi des bons et des méchants. Les bons sont les "modérés", qui sont les alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient - Israël, Mahmoud Abbas et les régimes arabes pro-américains. Les méchants sont le Hamas, le Hezbollah, l’Iran, la Syrie et al-Qaïda. […]

    LE WESTERN CLASSIQUE, bien sûr, ne nous montre pas les héroïques pionniers volant la terre des Indiens. Ou la cavalerie des Etats-Unis attaquant les camps indiens, brûlant les tentes et tuant leurs habitants, hommes, femmes et enfants. Comment le gouvernement américain, après avoir signé des traités formels avec les nations indiennes, les a violés l’un après l’autre. Et comment il a conduit les survivants dans des régions désolées, longtemps avant que le terme "nettoyage ethnique" soit utilisé pour la première fois.

    […] les Palestiniens doivent décider. Ils doivent choisir entre les modérés et les extrémistes. S’ils choisissent les modérés, ils obtiendront tout ce qu’ils veulent : des colliers de perles colorées et des bouteilles de whisky. S’ils choisissent les extrémistes, leur fin sera amère.

    Les Israéliens juifs n’ont pas à choisir entre les bons et les méchants. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’y a pas de méchants parmi eux. Ils sont simplement bons. Ils doivent aider les bons Palestiniens. "Libérer" les taxes palestiniennes et les donner au "Premier ministre (Salem) Fayad". Pas au gouvernement palestinien, mais à une personne nommément désignée, le chouchou de Bush.

    Un piège à cons, par Uri Avnery

  • 00h24 ce n’est pas en copiant collant des bouts d’un autre texte de Uri Avnery que vous démontrez qu’il n’est pas pour 2 états (comme dans les citations de 21h10). Comme d’habitude, vous vous servez de lui uniquement dans le but de critiquer l’état israélien, sans jamais copier les propositions qu’il fait pour sortir du conflit.

  • "Arriver à justifier le nettoyage ethnique d’aujourd’hui parce qu’il y en avait déjà eu un avant : le cynisme des sionistes ne connaît pas de bornes. Jérusalem existait avant que les Hébreux n’occupent la Palestine, elle n’a été CONQUISE que sous le roi David, de même que la plupart des villes de Palestine. Aujourd’hui, on assiste de nouveau à la judaïsation forcée de la ville"

    Avec ce genre d’arguments à 2 balles, vous allez bientôt demander aux Arabes de tous retourner à Médine…

    Je me demande comment aurait été accueilli, ici, un commentaire fustigeant "l’arabisation forcée de Jérusalem (ou du Maghreb, ou de l’Espagne, etc etc)" mais l’anti-"sionisme" est un alibi tellement bien implanté, tellement "de gauche", tellement acceptable socialement, qu’on peut tranquillement dénoncer la "judaïsation forcée" de Jérusalem/Ieroushalaïm, y compris à l’époque du roi David, sans choquer beaucoup de monde (à part les "néocons sionistes", terme que je vais finir par considérer comme un compliment vu l’idéologie rance des personnes qui l’emploient).

  • mythes et réalités 21 septembre 2007 22:50

    Pour ceux qui veulent comprendre comment fonctionne la propagande sioniste, je conseille l’admirable film d’Avi Mograbi, cinéaste juif ET israélien, qui nous montre comment les mythes religieux du judaïsme servent à des sionistes laïques pour justifier l’occupation et les crimes commis contre un peuple.

    “En clôture de la semaine des Etats Généraux du film documentaire qui se tenaient à Lussas, en Ardèche, on a pu apprécier le dernier film du réalisateur israélien Avi Mograbi. "Pour un seul de mes 2 yeux" nous parle de la société israélienne et de son rapport aux mythes fondateurs d’Israël : Samson le vengeur, et le suicide collectif des juifs zélotes de Massada. La propagande nationaliste et guerrière est paisiblement instillée. Le résultat est implacable. L’imaginaire national de l’Etat Hébreux est le produit d’une vaste entreprise d’aveuglement collectif.

    Le film est construit sur le principe, simple mais redoutablement efficace, de la symétrie. D’un côté le culte bien présent des sacrifices passés des héros juifs de la mythologie et, de l’autre, l’enfer de la vie des palestiniens sous l’occupation. Passé fantasmé contre présent occulté. Les mythes des anciens Hébreux face à la réalité de l’occupation des territoires palestiniens. Ce parallèle aurait pu être malheureux si Mograbi n’avait pas visé aussi juste.

    http://paris.indymedia.org/article….

  • mythes et réalité 21 septembre 2007 23:09

    … nous montre comment les mythes religieux du judaïsme servent à des sionistes laïques pour justifier l’occupation et les crimes commis contre un peuple.

    qui sont donc ces sionistes laïques ? D’habitude, les antisionistes parlent de l’état juif, sous-entendu le judaïsme est religion d’état. Veulent-ils parler des membres de Gush Shalom (pour 2 état laïcs et démocratiques), sionistes eux aussi, puisqu’ils ne veulent pas du démantèlement de leur état ?

  • Le vrai visage des "modérés" 22 septembre 2007 22:19

    Les “antisionistes” parlent des néocons comme 23h09, que Gush Shalom a définitivement discrédités dans son excellent article :

    voilà de quoi ont l’air les modérés en israël, par gideon levy

    Les “modérés” style gauche israélienne ou La Paix maintenant se reconnaîtront facilement.

  • le problème, c’est que Gush Shalom ne fait pas que dénoncer, il propose des solutions comme 2 états, ce que se gardent bien de faire les constoutcourts antisionistes.

    Petit rappel d’un partie de l’article 100 sur l’historique et les propositions éditées par Gush Shalom :

    Le nouveau camp de la paix doit formuler un plan de paix basé sur les principes suivants :

    a - L’occupation prendra fin. Un État palestinien indépendant et viable sera créé à côté d’Israël.

    b - La Ligne Verte sera la frontière entre l’État d’Israël et l’État de Palestine. Des échanges limités de territoires seront possibles seulement par accord mutuel, dans le cadre de négociations libres et sur la base de 1 pour 1.

    Il soutient les droits de l’homme PARTOUT, même lorsqu’il s’agit des Palestiniens de Gaza

    http://hrw.org/french/docs/2007/07/…

  • Quête de l’impossible 24 septembre 2007 12:06

    Ce n’est pas demain la veille que les complices d’un ethnocide réussiront à récupérer Gush Shalom.

    Gush Shalom réclame la fin de l’occupation SANS CONDITIONS. Les racistes, eux, ont un tel mépris de l’égalité des peuples qu’ils prétendent que certains peuples ont droit NATURELLEMENT à la liberté et que d’autres devraient NÉGOCIER pendant 60 ans pour avoir les mêmes droits.

    La nouveauté, c’est que les racistes polluent maintenant les médias alter.

  • Une obsession vieille de 60 ans 27 septembre 2007 13:43

    Devinette : à quoi ont dit "non" les parties arabes lors des travaux préparatoires de l’ONU, en 1947, avant le fameux vote ?

    Certains (on espère qu’ils sont rares) ignorent encore qu’elles ont dit non au plan de partage proposé par l’ONU, mais plus encore ignorent qu’elles avaient aussi dit "non" à d’autres projets envisagés, notamment celui d’une Fédération un peu sur le modèle canadien.

    En fait elles avaient dit "non" à toute autre solution qui ne soit pas "Etat arabe de Palestine", indivis. Le sort des Juifs était incertain : les uns parlaient d’un retour en Allemagne, d’autres du Birobidjan, d’autres assuraient que la minorité juive pourrait rester (mais l’immigration serait stoppée). Va savoir…

    60 ans après, les anti-"sionistes" sont toujours sur la même ligne : "mort à l’Etat juif, vive l’Etat arabe de Palestine". Etat que personne ne s’est soucié de créer entre 1949 et 1967, alors qu’en 1947 presque tous les représentants arabes auprès des enquêteurs de l’ONU insistaient sur la nécessité d’un tel Etat…

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