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Pourquoi le traite est un rempart contre les derives liberal

La réponse du Parti Socialiste Français

- La directive dite Bolkestein, sur les services, est basée sur le traité de Nice et n’est pas liée à l’entrée en vigueur du traité constitutionnel. Il n’y a donc aucun lieu d’opérer des connections entre les deux textes,

-  Cette directive ouvrirait de nombreuses incertitudes sur le plan juridique et permettrait d’ouvrir de nouvelles formes de dumping social. C’est pourquoi les socialistes sont contre, la Confédération Européenne des Syndicats aussi.

-  C’est au nom des raisons qui leur ont fait adopter le traité constitutionnel que les socialistes s’opposent à la directive Bolkestein. Cette directive est en effet contraire à de très nombreuses dispositions du traité constitutionnel.

- C’est l’adoption du traité qui peut protéger de la directive Bolkestein, pas son rejet !

Pour aller plus loin

LA DIRECTIVE BOLKESTEIN NE CORRESPOND NI A L’ESPRIT NI A LA LETTRE DU TRAITE CONSTITUTIONNEL.

La directive dite Bolkestein est contestable au regard des dispositions nouvelles introduites par le Traité Constitutionnel.

En effet, on sait que ce projet de directive aurait pour résultat de mettre en concurrence les systèmes législatifs et conventionnels des Etats membres pour les activités de services qu’il vise à libéraliser. Et que cette mise en concurrence aurait sans nul doute pour effet de « tirer » vers le bas les protections sociales, le droit du travail, la protection des consommateurs, le droit à la santé, le droit à un environnement de qualité.

Aucune disposition de cette directive n’est en effet prévue :

-  pour interdire la détérioration des conditions de vie et de travail des travailleurs, par exemple.

- pour rendre obligatoire une évolution des droits sociaux qui permettrait une amélioration des conditions de vie et de travail des travailleurs.
Inacceptable en soi, la directive Bolkestein est clairement contraire aux dispositions du traité Constitutionnel.
Pour rappel, tant sur les questions relevant du social, de la santé, de l’environnement… le traité constitutionnel renforce des dispositions existant dans les Traités actuels et indique précisément que l’action de l’Europe doit s’inscrire dans le sens du progrès.

LA DIRECTIVE BOLKESTEIN CONTREDIT, NOTAMMENT, LES DISPOSITIONS DU TRAITE SUIVANTES :
Ainsi l’article I-3 prévoit que : « l’Union œuvre pour…une économie sociale de marché qui tend au plein emploi et au progrès social..un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement…Elle promeut la justice et la protection sociales ».
ou encore :

Dans l’article III-172 sur l’établissement ou le fonctionnement du marché intérieur (qui concerne notamment la libre circulation des services, objet de la proposition Bolkestein) il est stipulé que la Commission dans ses propositions en matière de santé, de sécurité, de protection de l’environnement et de protection des consommateurs « prend pour base un niveau de protection élevé ». Or aucun niveau élevé n’est spécifié dans Bolkestein, puisque cette proposition affirme la seule application du principe du pays d’origine sans rapprochement, ni harmonisation des législations des Etats membres.

On dira que l’article III-172 s’il concerne la santé, la sécurité, les consommateurs, ne vise pas les droits et intérêts des travailleurs. C’est vrai.
- Cherchons alors ce que dit le Traité constitutionnel sur les droits sociaux, conditions de vie et de travail :
Article III-209 : « L’Union et ses Etats, conscients des droits sociaux fondamentaux…ont pour objectifs la promotion de l’emploi, l’amélioration des conditions de vie et de travail, permettant leur égalisation dans le progrès, une protection sociale adéquate, le dialogue social, le développement des ressources humaines permettant un niveau d’emploi élevé et durable… Ils estiment qu’une telle évolution résultera tant du fonctionnement du marché intérieur qui favorisera l’harmonisation des systèmes sociaux que des procédures prévues par la Constitution et du rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des Etats membres ».

Cet article du Traité est donc très clair :

1. le fonctionnement du marché intérieur doit permettre l’égalisation dans le progrès des conditions de vie et de travail, ce que ne prévoit, ni ne produit la proposition Bolkestein
2. le rapprochement (dans le sens du progrès) et l’harmonisation (dans le sens du progrès) des systèmes sociaux et des lois des Etats membres, sont les moyens d’atteindre ces objectifs et non le seul PPO préconisé par Bolkestein.

Sur les SIEG, la directive contredit à nouveau les objectifs fixés par le Traité constitutionnel :
Comme le disent les syndicats européens de la CES, les services publics ne doivent pas être inclus dans cette directive qu’engendrera des déséquilibres dans la qualité des services et surtout dans le domaine des soins de santé. Si les SIEG sont concernés, c’est qu’il n’existe pas actuellement dans le Traité de Nice de capacité de légiférer pour permettre le respect des services publics. Alors que la Constitution prévoit qu’une loi-cadre européenne peut être votée pour permettre que « ces services fonctionnent sur la base de principes et dans des conditions qui leur permettent d’accomplir leurs missions. », le champ d’application de la directive Bolkestein prend de vitesse cet objectif en concernant les services publics.

LA PROPOSITION BOLKESTEIN EST DONC EN TOTAL PORTE-A-FAUX PAR RAPPORT AUX REGLES DEFINIES PAR LE TRAITE CONSTITUTIONNEL.

http://www.ouisocialiste.net/

Info


Article publié le 26 février 2005
Commentaires
  • Réponses aux arguments contradictoires du oui (I)ives Liberal 26 février 2005 19:43, par Démocratie&Socialisme

    Selon une première série d’arguments, la Constitution n’est pas une bonne Constitution mais il faudrait quand même voter " oui " car la Constitution contiendrait les outils de son propre dépassement.
    Le projet de Constitution apporterait trois innovations qui rendraient la Constitution plus facile à réviser ou à contourner que les traités qui l’avaient précédée : la procédure de révision simplifiée ; la facilitation des coopérations renforcées entre Etats-membres ; le droit d’initiative populaire.

    La procédure de révision simplifiée
    La procédure de " révision simplifiée ", prévue pour les politiques communes (la Partie III du projet de Constitution) diffère-t-elle concrètement de la procédure de révision ordinaire ?

    La procédure de révision ordinaire (article IV-443) exige une double unanimité pour réviser le moindre alinéa d’un seul article de la Constitution : le vote unanime du Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement des 25 Etats-membres ; la ratification de cette révision (selon leurs procédures constitutionnelles) par tous les Etats-membres.

    Les articles IV-444 et IV-445 prévoient une " procédure de révision simplifiée ". Cette procédure concerne uniquement la Partie III du projet de Constitution (les politiques de l’Union).

    La simplification consiste, d’abord, en la possibilité pour le Conseil de statuer à la majorité qualifiée dans un domaine où il devrait, en principe, statuer à l’unanimité ; en la possibilité ensuite que cette décision soit adoptée si aucun Parlement national ne s’y oppose dans un délai de six mois.

    Mais, c’est à l’unanimité ( !) que le Conseil doit décider d’adopter cette procédure de révision simplifiée. L’unanimité sort par la porte mais rentre aussitôt par la fenêtre.

    Et, lorsqu’il s’agit du Titre III de la Partie III cette " décision européenne n’entre en vigueur qu’après son approbation par les Etats membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives ". La procédure n’est donc pas différente de la procédure de révision ordinaire : la modification apportée à la Constitution doit être ratifiée par tous les Etats-membres.

    Or, les politiques et actions internes définies au Titre III sont essentielles à tout projet de transformation sociale puisqu’elles concernent (excusez du peu !) : le marché intérieur, la politique économique et monétaire, les règles de la concurrence, l’emploi, la politique sociale, l’environnement, les transports, l’énergie, l’agriculture et la pêche, la santé publique, l’industrie, la culture, l’éducation, la formation professionnelle…

    La procédure de " révision simplifiée " est donc, pour les socialistes, un verrou tout aussi efficace que la procédure de révision ordinaire. Ce verrou est d’autant plus efficace que l’Europe n’est plus l’Europe des 12 ou des 15 mais celle des 25 et bientôt des 27 et que réunir la double unanimité dans ces 27 pays pour changer un seul alinéa d’un article de la Constitution serait impossible.

    Les coopérations renforcées
    Les limites aux coopérations renforcées contenues dans le traité de Nice (article 11) sont maintenues. Selon l’article IV- 416 : ces coopérations doivent respecter la Constitution et le droit de l’Union. Elles ne peuvent constituer ni une entrave ni une discrimination aux échanges entre les Etats membres ni provoquer de concurrence entre ceux-ci.

    Elles ne peuvent intervenir dans les domaines des compétences exclusives de l’Union (article 1-44). Or ces compétences sont très étendues : union douanière, règles de la concurrence nécessaires au bon fonctionnement du marché intérieur, politique monétaire, politique commerciale commune…

    La Commission peut, toujours, choisir de refuser de soumettre la proposition de coopération renforcée au Conseil des ministres. Le Conseil des ministres continue à décider à l’unanimité lorsqu’il s’agit de la Politique Etrangère et de Sécurité Commune (PESC), à la majorité qualifiée dans les autres cas. La majorité qualifiée est constituée (article 1-25) par un minimum de 15 Etats. Or, les 10 nouveaux Etats arrivants ne sont guère favorables aux coopérations renforcées. Ils craignent qu’une telle procédure ne les marginalise encore plus. Il suffirait donc du veto du Royaume-Uni pour qu’une coopération renforcée ne puisse voir le jour…

    De nouvelles limites sont apportées par le projet de Constitution
    Un tiers au moins des Etats-membres doit participer à cette coopération renforcée, soit 9 Etats. Le traité de Nice ne prévoyait, dans la plupart des cas, que la consultation du Parlement européen. Le projet de Constitution ajoute un obstacle supplémentaire : l’approbation de ce même Parlement.

    Enfin, selon l’article I-44.2, ces coopérations ne pourront être engagées que si le Conseil établit que " les objectifs recherchés par cette coopération ne peuvent être atteint dans un délai raisonnable par l’Union dans son ensemble ". Cette notion de " délai raisonnable " totalement subjective renforce le caractère arbitraire de la décision du Conseil.

    Le domaine des coopérations renforcées est donc limité et la procédure pour faire approuver une coopération est une véritable course d’obstacles qui rend quasi impossible l’adoption de telles coopérations.

    Mais c’est, au-delà de la procédure, le caractère même de ces coopérations qui pose problème.
    Qui peut croire que les coopérations renforcées puissent être, comme l’avancent les partisans du " oui ", une solution à l’absence d’harmonisation sociale et fiscale dans l’ensemble de l’Union ?

    Imaginons que les 10 pays où les salaires sont les plus élevés décident d’instaurer entre eux un " traité social " sous forme de coopération renforcée. Cette coopération renforcée constituerait-il un obstacle ou un encouragement aux délocalisations vers les 15 autres pays de l’Union ? Les conséquences seraient-elles différentes pour une " harmonisation fiscale " qui ne concernerait pas l’ensemble des pays de l’Union ?

    L’harmonisation sociale, comme l’harmonisation fiscale ne peut se diviser : si elle ne concerne pas la totalité ou la quasi-totalité des pays de l’Union, elles ne sert à rien.

    Le droit d’initiative populaire
    Le droit d’initiative populaire serait-il, comme l’affirme les partisans du " oui ", un outil efficace pour peser vers de nouvelles avancées institutionnelles ?

    Pour répondre à cette question mieux vaut relire attentivement l’article 1-47.3 et constater les limites extrêmement étroites apportées à ce droit : " Des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, ressortissants d’une nombre significatif d’Etats-membres, peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’une acte juridique de l’Union est nécessaires aux fins de l’application de la Constitution. "

    Première limite : le contenu de l’initiative est strictement encadré. Il ne s’agit, en aucun cas, de pouvoir " peser vers de nouvelles avancées institutionnelles ", comme l’affirment un peu rapidement les partisans du " oui ", mais uniquement de soumettre une proposition nécessaire à " l’application de la Constitution ".

    Deuxième limite : la Commission n’est qu’" invitée " à examiner la proposition. Rien ne l’oblige à donner suite. Elle peut parfaitement ne rien faire.

    Troisième limite : si la Commission décide de donner suite, c’est elle qui décidera de la forme et du contenu que prendra la " proposition appropriée " qui sera présentée au Conseil et au Parlement.

    Présenter ces trois " innovations " dont la portée reste extrêmement limitée et même parfaitement inexistante dans le cas de la troisième, comme des outils efficaces pour faire avancer l’Union a surtout le mérite de montrer à quoi en sont réduits les partisans du " oui " pour tenter de prouver, contre toute évidence, que le libéralisme ne serait pas " gravé dans le marbre " de la Constitution européenne.

  • "…plutôt qu’à l’extérieur de cette Europe". Vivel’albanie d’Enver Hodja ! Vive les nouveaux murs de Berlin entre nos frontières ! Vive la France isolée ! Vive les C.. !

  • Qui lit le projet de constitution y trouve Bolkestein... 2 mars 2005 06:30, par Patrice Bardet

    Ces socialistes nous avaient fait le coup avec le traité de Maastricht, nous vantant un avenir radieu, la fin du chômage. On peut constater chaque jour le fruit de leurs "promesses".

    Vingt ans qu’ils nous mentent effrontément, nous pourissent la vie, après celle de nos parents et grands parents, mensonge après mensonge, manipulations sur un avenir "moins pire que…". Ca suffit, non ?

    N’acceptons pas qu’ils pourissent celle de nos enfants !

    Voila une analyse de socialistes un peu plus "honnetes"

    Dés mars 2004, le projet de directive Bolkestein proposée à l’unanimité par la commission européenne (inclus Michel Barnier et Pascal Lamy) avait été approuvé par tous les Chefs d’Etat et de gouvernement

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