lundi
13 février 2012
09h30 : APPEL AUX INDIGNé-E-S DES SUPPRESSIONS DE POSTES ET DE CLASSES DANS L’éDUCATION NATIONALE
mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
http://marifnaash.blog.lemonde.fr/
15 mars 2007
Il me faut bien sûr parler de la sortie de Gaza…. Tous ceux qui en font l’expérience ne peuvent l’oublier et il y a beaucoup de témoignages dessus. Pourquoi moi je décrirais ça encore ? Bah, l’écriture est une thérapie, un exutoire et un plaisir…. Et puis dire et redire..
Quelques jours avant ma sortie, j’ai assisté à celle d’Abou Mazen…Rien à voir avec celle du quidam, enfin pour ce qui est de l’arrivée à Erez ! Parce que ,après le passage en trombe des voitures blindées sur la piste réservée aux ambulances….. on ne voit rien !!
La piste des ambulances….img_0065.1173992068.jpgune ancienne route goudronnée et maintenant cabossée . Les malades, blessés ou personnes nécessitant des soins de “l’autre côté” sont transportés en ambulance gazaoui jusqu’au passage d’Erez. Ensuite, le patient , quelque soit son état,est transféré dans une autre ambulance qui attend de “l’autre côté”. Et l’ambulance gazaoui revient sur ses pas… vide. Ca s’appelle un “back to back”, pratique courante aux checks points de toute la West Bank.
Donc j’ai vu passé Abou Mazen qui quittait Gaza.Entre Gaza City et Erez, sur la route empruntée par le convoi, des Palestiniens armés ,tous les 5 mètres.Pas des groupes ou des familles armés. Non. des hommes armés officiels et de tous bords : armée, garde présidentielle,police…discutant et fumant ensemble. Image étonnante et réjouissante pour les Gazaouis.
Pour sortir de Gaza, je n’étais pas en voiture blindée. On ne quitte Gaza qu’à pieds,pieds qu’on a intérêt à avoir en bon état, ainsi que les jambes qui vont avec. Le long tuyau traversé en arrivant est encore plus long dans ce sens et encore plus vide. J’ai quitté mon ange gardien à la grille,img_0068.1173991576.jpg après des plaisanteries sur Zidane, Chirac et Mitterand avec les militaires palestiniens.
Et je m’enfonce dans l’autre sens, tirant ma valise à roulettes et ordinateur sur le dos. Evidemment je me sens observée, quoique seule, absolument seule dans le boyau. Observée, puisque ,arrivée devant la porte blindée et sans poignée, une lumière verte s’allume et cette lourde porte glisse sans un bruit. Me voilà à nouveau en face des tourniquets (les mêmes que dans tous les checks points en Palestine). Encore une lampe verte qui s’allume et je tente de passer avec mes bagages sous un portillon qui se met à hurler…..
Alors j’entends “la Voix” .
Une voix de femme, ou plutôt une voix féminine. Qui parle en hébreu. Je demande “english please” . Je dois lui faire répéter plusieurs fois ce qu’elle demande : ouvrir mon sac, dire ce que j’ai dedans,soulever mes affaires, faire 2 pas arrière, refermer, repasser, ressortir, remontrer le sac ouvert, refaire sonner le portillon…..enfin je peux traverser, le portillon hurlant malgré tout….
Tout est fait pour ne pas se perdre dans ce tuyau : immenses flèches sur le mur, porte qui s’ouvre juste avant mon arrivée, en silence…..il n’y a qu’à suivre….. Puis un homme, en gilet orange fluo. Pas de sourire, juste des mots en hébreu, que je ne comprends pas. Il me dit en anglais “number one”. Plusieurs portes numérotées:1, 2,3. La lumière verte s’allume au dessus de la porte numéro 1.Je passe. “Phone ?” me demande l’homme arrivé de l’autre côté des portes je ne sais comment. Je lui donne mes 2 téléphones. Puis il s’empare de ma valise, de mon sac à ordinateur, mais aussi de mon sac personnel,avec passeport, argent, papiers etc. Une autre porte “number 1″ s’allume et me voilà face à 2 cabines en verre, dignes de tous les films de science fiction que j’ai pu voir, ou de service médical d’exploration de très haute technologie. La cabine number 1 s’ouvre. 2 empreintes de pieds au sol (on ne peut pas se tromper je vous dis…..) et puis encore la Voix : “Les mains en l’air”. La cabine se ferme. Un bruit de moteur, une machine tournante fait rapidement le tour de mon corps.Un scanner….
Je vois de l’autre côté, dans un grand hall vitré, en hauteur, 2 soldates manipuler des écrans.La cabine s’ouvre devant, la familière lumière verte s’allume au dessus d’une énième porte number 1 et me voici dans une pièce où tourne un “récupérateur à bagages” comme dans les aéroports. Mais les grands bacs plastic blancs tournent, vides.
Personne. Pas de bagages.
J’attendrai 30 minutes dans cette pièce,seule, sans aucune possibilité de communiquer avec l’extérieur, seule ,dépouillée de tout objet personnel si ce ne sont que les habits que je porte. J’attendrai 30 minutes pour voir arriver dans un bac tous mes objets électriques ou électroniques tout emmêlés ,ordinateur portable béant .Il me faudra attendre encore 10 à 15 minutes pour recevoir mes sacs, grand ouverts, retournés, toutes mes affaires sans dessus dessous….et un papier , en anglais, hébreu et arabe, justifiant la fouille complète des bagages. Une fouille approfondie à visée d’humiliation et de tracas.
Je râle, je passe encore 10 minutes à remettre en place le bazar et à sortir dans le hall. étonnamment aucune question de la jeune soldate du haut de sa cabine blindée. Un tampon de rentrée en Israël…..et me voilà sortie du hall. Pas encore d’Erez puisqu’il me faut encore passer un tourniquet , embarrassée des bagages, sous l’oeil narquois d’un homme armé en civil…..
On m’a dit que des modifications très récentes avaient été faites à ce “passage d’Erez”. Il se dit que c’est peut être pour améliorer l’humanité des lieux….