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Les mensonges sur la révolution d’octobre 1917...

Que veut cacher la bourgeoisie derrière tous ses mensonges sur Octobre 1917 ?

Tous les dix ans, la bourgeoisie fête à sa manière la décennie de plus qui l’éloigne dans le temps de la pire expérience qu’elle ait connue : la Révolution prolétarienne en Russie d’Octobre 1917. Et tous les dix ans, revient le rouleau compresseur idéologique des médias bourgeois qui nous "démontrent" que non seulement cet "Octobre Rouge"a été épouvantable, mais que cet événement ne pouvait qu’ouvrir la porte à la plus effroyable des barbaries.

Ainsi, les articles du journal Le Monde des 6 au 8 novembre signés d’un certain Jan Krauze comme les émissions d’Arte avec notamment les assertions du pseudo-« historien » Marc Ferro (qui nous a sorti des documents d’"archives inédites") ont-ils été particulièrement répugnants dans la falsification systématique de la Révolution russe de 1917. Après avoir mené leur « coup d’État », les Bolcheviks « se sont retournés avec une brutalité inouïe » contre toutes les catégories sociales qui leur avaient permis de s’emparer du pouvoir. Lénine n’est qu’un « démagogue infaillible » réclamant des « fleuves de sang », qui « n’a de cesse d’exciter la haine », qui « fixe les quotas de personnes à liquider ». D’ailleurs, il avouerait lui-même que le commissariat à la justice devrait s’appeler « commissariat à l’extermination » ! Ainsi, ces plumitifs du capital ont été les premiers à apporter (grâce aux "fouilles archéologiques" de Marc Ferro) leur petite contribution à la campagne de diabolisation des bolchéviks qui s’est prolongée avec la campagne de criminalisation du mouvement de grèves des étudiants et des travailleurs de la SNCF et de la RATP (voir notre site Internet). Voila comment la bourgeoise française a célébré, à sa façon, l’anniversaire de la révolution prolétarienne d’Octobre 1917.

Qui étaient les Bolcheviks ?

Le mensonge le plus gros, mais qui conditionne tous les autres, est celui d’une révolution qui n’aurait été qu’un "coup d’État" mené par une petite bande de criminels suivis par une masse populaire inculte. En tout état de cause, pour nos détracteurs bourgeois, il ne s’agissait pas d’une révolution des larges masses exploitées, dont les enfants tombaient chaque jour comme des mouches sur le front, sacrifiés sur l’autel de la barbarie du capital (le régime tsariste, vestige de la féodalité, ne signifiait nullement que la Russie de 1917 n’était pas un État capitaliste). C’était un "complot" d’une petite minorité sanguinaire : les bolcheviks. Ainsi, l’article du Monde s’évertue à démontrer qu’entre les bolcheviks et n’importe quel aventurier prêt à tout pour s’emparer du pouvoir, il n’y a eu que peu de différence. Octobre 1917 n’était qu’une "jacquerie" de paysans arriérés, selon notre grand "chercheur d’archives inédites", Marc Ferro.

Le Parti bolchevique a une histoire qui dément ce répugnant mensonge. Il est issu du Parti Ouvrier Social Démocrate de Russie (POSDR) affilié à la Seconde Internationale. La Fraction bolchevique était l’aile la plus à gauche et a su mener un combat politique intransigeant pour défendre les principes de classe du prolétariat contre toutes les tendances conciliatrices et confuses qui existaient dans le POSDR, y compris contre l’opportunisme des mencheviks. En particulier, face à la misère et à la barbarie guerrières auxquelles étaient soumises les masses exploitées dans la Russie tsariste, les bolcheviks ont toujours été les meilleurs défenseurs de toutes les masses opprimées (prolétaires et paysans pauvres). Dès 1905, alors que partout se sont formés spontanément des "soviets" (conseils) d’ouvriers, de paysans et de soldats, c’est Lénine qui est parmi les premiers à affirmer que, face à la dictature de la bourgeoisie (qu’elle soit "tsariste"ou "démocratique"), les Soviets sont "la forme enfin trouvée de la dictature du prolétariat". La "minorité" bolchevique au sein du POSDR était issue de toute une tradition de luttes contre le capitalisme, menées dans la clandestinité par des militants de la classe ouvrière qui avaient à affronter une répression constante et très efficace. Les bolcheviks ont toujours fermement défendu les positions politiques du prolétariat : non seulement ils ont participé aux luttes ouvrières partout où ils l’ont pu en Russie, mais ils ont mené des polémiques intransigeantes au sein de la Seconde Internationale pour que des mesures politiques soient prises contre le déchaînement de la barbarie capitaliste. Ils ont dénoncé la trahison des partis sociaux-démocrates qui ont embrigadé des millions de prolétaires dans la première boucherie mondiale. Ils ont défendu avec la plus grande détermination le vieux mot d’ordre du Manifeste communiste de 1848 : "Les prolétaires n’ont pas de patrie. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !". En Russie, ils sont pratiquement seuls à défendre une position internationaliste en 1914. Cet internationalisme intransigeant, jamais pris en défaut, a fait d’eux l’avant-garde du mouvement révolutionnaire des masses exploitées en 1917. Le prolétariat du monde entier avait les yeux rivés sur la Révolution russe d’Octobre qui a pu, grâce à son extension en Allemagne et à la fraternisation des soldats sur le front, obliger la bourgeoisie mondiale à mettre fin à la Grande guerre de 1914-18. Le parti bolchevique était reconnu comme le parti phare de la classe ouvrière par les autres révolutionnaires de l’époque, y compris par des syndicalistes révolutionnaires ou des anarchistes comme Alfred Rosmer ou Victor Serge. Et surtout, ils ont compris que les masses exploitées et opprimées étaient seules à pouvoir mettre fin à la guerre. Le mot d’ordre de Lénine de « transformation de la guerre impérialiste en guerre civile » (c’est-à-dire en guerre de classe contre la bourgeoisie) n’a pas été un slogan d’une petite minorité de comploteurs qui auraient fomenté un "coup d’État". Le professeur Marc Ferro aurait-il préféré que la boucherie mondiale se poursuive ? Sa littérature très "démocratique" de vierge effarouchée (et surtout de falsificateur au service de la propagande du capital) n’est rien d’autre qu’une insulte honteuse jetée au visage de tous ces enfants morts sur les champs de bataille, de tous ces estropiés qui sont revenus du front "la gueule cassée". 1

Lorsqu’il rentre à Petrograd (l’actuelle Saint-Pétersbourg) en avril 1917, Lénine comprend que le parti du prolétariat doit cesser de soutenir le très "démocratique" gouvernement provisoire de Kerensky et il affirme que « les masses sont cent fois plus à gauche que le Parti ». Pour un opportuniste avide de pouvoir, on ne peut pas dire qu’il soit très habile ! D’autant que les démocrates russes lui offraient alors, à lui et au parti bolchevique, un strapontin dans le gouvernement provisoire.

Quels furent les acteurs de la Révolution russe ?

La bourgeoisie est pourtant bien contrainte d’admettre qu’il s’agit là d’un « étrange coup d’État » (Le Monde du 6 novembre). Parce que les bolcheviks, bien que déterminés, n’étaient au début de la révolution qu’une petite minorité. Parce que l’objectif qu’ils fixaient à la classe ouvrière de renverser le gouvernement "démocratique" bourgeois de Kerensky était public, discuté partout à tel point que la date de l’insurrection était connue à l’avance. Élément totalement contradictoire : comment le "coup d’État" d’un petit groupe de comploteurs a-t-il pu réussir sans même bénéficier de l’effet de surprise ? La réponse est simple : le gouvernement Kerensky était incapable de satisfaire les revendications des masses ouvrières et paysannes qui mourraient de faim, de froid, avec en plus l’hécatombe sanglante sur le front. Les masses réclamaient : "Le pain et la paix !". Si le gouvernement provisoire était, par ailleurs, incapable de résister face à la poussée révolutionnaire des masses ouvrières, c’est qu’il n’avait plus aucun soutien dans le corps social. L’armée se délitait, les prolétaires en uniformes étaient gagnés par les idées révolutionnaires, la paysannerie haïssait les héritiers politiques des grands propriétaires autant que ce gouvernement provisoire qui ne se décidait pas à entériner le partage des terres, ni à arrêter la guerre. Quant à la classe ouvrière, à l’arrière comme au front, elle savait qu’il existait une minorité en son sein, ayant "une conscience claire du buts et des moyens du mouvement prolétarien dans son ensemble " (Manifeste communiste). C’est pour cela que les masses attendaient le retour de Lénine exilé en Suisse. Lorsqu’il revient en Russie, en avril 1917, il est accueilli à bras ouverts et acclamé par des masses d’ouvriers venus l’attendre sur le quai à la gare de Petrograd. Cet accueil chaleureux n’était nullement dû au fait que ces masses prolétariennes étaient "incultes" et étaient "manipulées" par le grand "démagogue" Lénine (qui n’était pas en Russie à l’époque et ne pouvait pas "manipuler" les masses de loin puisque la télévision n’existait pas ! Et si ces masses étaient "incultes", elles étaient donc incapables de comprendre la presse des bolchéviks . A force de jouer du tam-tam, nos plumitifs bourgeois raisonnent, décidemment, comme des tambours !). C’est tout simplement parce que, pour pouvoir lutter contre la guerre impérialiste, les bataillons du prolétariat russe avaient besoin d’une direction politique clairvoyante et déterminée à leur mouvement de masse. Les prolétaires (qui avaient faim, froid, et continuaient à mourir sur les champs de bataille du capital) le demandaient. Pour eux, comme pour toute les classes et couches non exploiteuses, c’était une question de survie. Ces masses de prolétaires, de paysans et de soldats étaient moins stupides que nos plumitifs très "cultivés" de la bourgeoisie décadente. C’est à la demande de larges masses prolétariennes, rassemblées dans les soviets, que le "Comité Militaire Révolutionnaire" (CMR) nommé par le soviet de Petrograd (où les bolcheviks étaient majoritaires) a pu organiser et coordonner le renversement du Gouvernement provisoire. La prise du pouvoir a été réalisée principalement par la "Garde rouge" (milice ouvrière) et les marins de la garnison de Kronstadt qui ont braqué les canons de leurs navires sur le Palais d’Hiver où siégeaient Kerensky et ses ministres. Et ces derniers avaient été isolés par la coupure des lignes téléphoniques du gouvernement réalisée par les ouvriers des télécommunications. Cette petite "minorité de ministres comploteurs" réunie autour de Kerensky a fait l’objet d’un décret d’arrestation par le CMR (pour sa part, Kerensky a pu s’enfuir dans une voiture de l’ambassade américaine). Si cette insurrection (qui n’était pas une "jacquerie de paysans arriérés") a pu réussir, c’est aussi parce que les garnisons de la capitale, convaincues par les arguments des bolcheviks et l’action massive des ouvriers, ont rallié, les unes après les autres, le camp de la révolution prolétarienne à tel point que le siège du gouvernement est tombé, comme un château de cartes, presque sans combats.

Il n’est pas étonnant que les soviets (qui étaient des assemblées générales massives) aient peu à peu basculé du côté de ceux qui apportaient des réponses politiques claires aux questions que se posaient toutes les couches non exploiteuses de la population : “Il faut arrêter la guerre ! Il faut exproprier la bourgeoisie ! Il faut abattre le gouvernement provisoire, paravent de la domination bourgeoise ! Il faut exporter la Révolution !” L’élection de Trotsky à la présidence du Soviet de Petrograd n’est pas un « coup d’État », elle n’est que la conséquence du fait que la classe ouvrière dans son ensemble se reconnaissait dans la direction politique donnée par les bolcheviks. Les soviets n’étaient pas une chambre d’enregistrement des décisions du Parti bolchevique, ils étaient l’activité vivante de la classe elle-même. Que les bolcheviks, qui étaient les plus conscients des tâches de l’heure, soient arrivés à gagner la majorité dans les soviets (grâce aux débats vivants et à la démocratie prolétarienne qui y régnaient), n’a rien de bien mystérieux (sauf pour les "historiens" qui nous racontent encore des histoires à dormir debout). Ce n’était nullement un "complot", une petite conspiration fomenté dans l’ombre par une petite minorité dirigé par le grand "démagogue" Lénine.

Ce prétendu « coup d’État » dénoncé par les idéologues de la bourgeoisie n’a pas été commis par une petite cohorte de meneurs machiavéliques, mais par le prolétariat dont toutes les actions étaient discutées et votées au préalable dans les soviets. L’insurrection d’Octobre a été un témoignage vivant, une concrétisation du pouvoir réel des soviets et de leur rôle révolutionnaire comme la centralisation de l’insurrection par le CMR, condition indispensable et vitale de son succès, traduisait le caractère collectif et unitaire de l’élan révolutionnaire des masses prolétariennes.

La Sainte Alliance des grandes "démocraties" occidentales contre la République des Soviets

La révolution russe ne pouvait pas survivre ne restant isolée dans un seul pays et les bolchéviks le savaient pertinemment. Ils attendaient avec impatience son extension dans tous les autres pays industrialisés, et notamment en Allemagne. Chaque mois de retard de la révolution en Europe fut une tragédie pour la Révolution russe, soumise à la pression contre-révolutionnaire non seulement des armées blanches, mais aussi de toutes les puissances capitalistes (qui continuaient à se déchirer dans la Grande Guerre, mais étaient totalement unies pour écraser ensemble la Révolution russe dans le sang). Comment se fait-il que les idéologues patentés du capital n’aient pas mentionné dans leur presse le massacre sanguinaire du quart de la population ouvrière finlandaise par l’armée allemande au printemps 1918 ? Est-ce parce qu’ils n’avaient pas découvert d’"archives inédites" ou plutôt parce qu’ils sont payés pour raconter l’histoire comme le leur dicte la classe dominante ? Comment se fait-il encore que ces "brillants" écrivains n’aient pas non plus signalé, dans leur prose, que ce sont les mêmes armées allemandes qui, peu de temps après, ont fraternisé avec les armées ennemies ? Ces ignorants n’ont sans doute toujours pas compris que ce brusque retournement de situation, imprévisible, n’avait qu’une seule explication : les armées belligérantes étaient composées de prolétaires en uniformes qui en avaient assez de se faire massacrer par d’autres prolétaires en uniformes. Ils ne pouvaient plus supporter cette barbarie fratricide et sanguinaire. Ces prolétaires (et paysans "incultes") avaient pris conscience que leurs exploiteurs les avaient transformés en "machines" à tuer (grâce à la trahison des partis de la social démocratie qui ont basculé avec armes et bagages dans le camp du capital dès 1914 et grâce à la propagande nationaliste). Evidemment, cette "extermination" qui a fait 20 millions de morts pendant la première "Grande guerre" du capital ne choque nullement nos "pourfendeurs" de bolchéviks !

La bourgeoisie avait, elle, parfaitement compris l’enjeu mondial de la Révolution d’Octobre en Russie. C’est pour cela que la Sainte Alliance de tous les camps du capital a préféré signé l’armistice et s’unir pour écraser dans le sang la révolution en Allemagne, encercler la Russie des Soviets, établir un "cordon sanitaire" autour de ses frontières, et établir le blocus économique afin de laisser toute la population de la République des Soviets Russie crever de faim. Les "historiens" de la classe dominante n’ont pas besoin des "archives inédites" du Kremlin, offertes par Poutine, pour le savoir. Cela, Marc Ferro et les plumitifs du journal Le Monde, se sont bien gardés de l’étaler dans les colonnes de leurs quotidiens !

Face à la pression exercée par des armées professionnelles bien équipées – il n’est pas inutile de rappeler que les Corps Francs (recrutés par le gouvernement "socialiste" allemand) qui sont allés combattre la Révolution russe ont par la suite formé l’ossature des SA nazis – et le prolétariat en Russie devait se défendre par tous les moyens. La Révolution russe payait d’ailleurs là certaines de ses erreurs : ainsi les bolcheviks ont d’abord relâché la plupart des contre-révolutionnaires qu’ils capturaient contre serment de ne pas porter les armes contre la Révolution. Aucun n’a tenu parole.

Si la révolution d’Octobre a dégénéré, si les soviets n’ont pas pu se maintenir comme organes du pouvoir politique de la classe ouvrière, et si le parti bolchevique a fini par s’identifier à l’État, c’est à cause de l’échec de la révolution en Allemagne et de son extension dans le reste des pays les plus industrialisés. C’est le parti socialiste (le SPD) qui a écrasé dans un bain de sang la révolution prolétarienne en Allemagne. Et la barbarie de la contre-révolution capitaliste n’a pu se déchaîner que grâce au sale travail de tous les propagandistes aux ordres du capital, avec leurs campagnes anti-bolchéviques d’un cynisme sans borne2.

Le but de la prise du pouvoir en Russie était de « tenir » jusqu’à ce que la révolution prolétarienne en Europe occidentale puisse venir soutenir la République des Soviets. Et Lénine a même écrit que « perdre la révolution en Russie ne sera rien si nous la gagnons en Allemagne ». Singulier tyran, vraiment, qui acceptait de perdre "sa" révolution pour que d’autres la gagnent !

Les plumitifs du Capital sont incapables de comprendre Octobre 1917

Pour la classe dominante de la société capitaliste, comprendre que l’action des masses ouvrières ait pu être consciente relève de l’impossible : la bourgeoisie croit, et croira tant qu’elle existera, qu’une révolution ne peut qu’être l’œuvre d’un petit nombre de comploteurs décidés qui réussissent à manipuler de larges masses exploitées et les autres couches sociales non exploiteuses pour les amener à exécuter leurs desseins. Cette vision conspirative (et surtout totalement délirante et irrationnelle) de l’histoire, est la preuve que la bourgeoise est une classe qui n’a plus aucun avenir historique. Elle ne peut se maintenir comme classe dominante qu’en pataugeant dans la boue et le sang. Quant aux "scoop" des plumitifs de sa presse ou de ses "historiens" aux ordres, ils prennent de plus en plus la forme de méprisables ragots 3. Ce ne sont pas seulement des tissus de mensonges liés au maintien de la dictature capitaliste : la bourgeoisie est effectivement incapable de comprendre que de larges couches sociales exploitées, soumises par des siècles d’exploitation, puissent développer une conscience claire des enjeux de la situation historique présente et la force de prendre le pouvoir pour instaurer non pas une nouvelle dictature basée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, une anarchie aveugle, un chaos de plus en plus sanglant, mais un autre mode de production et une nouvelle société : la société communiste mondiale.

Du point de vue de la classe capitaliste, l’idée que la classe ouvrière puisse être porteuse d’une conscience plus claire, plus haute, débarrassée de l’aliénation exercée par sa position de classe exploitée, est totalement insupportable et inconcevable . Dans son Histoire de la Révolution russe, Trotsky nous montre en maints passages la morgue de la bourgeoisie, les insultes qu’elle lance à des ouvriers qu’elle croit incapables de la moindre pensée politique.

Le prolétariat, affaibli par la trahison de la social-démocratie, n’a pas eu la possibilité de renverser l’ordre capitaliste au niveau mondial. Mais il a prouvé qu’il avait la force, quand il était uni, solidaire et organisé collectivement, de mettre fin à la barbarie guerrière, réfutant ainsi concrètement tous les mensonges de la bourgeoisie sur le caractère indépassable de son ordre, de ses frontières, de ses États nationaux. Le prolétariat revendique haut et fort d’avoir montré dans la pratique que tout ce que disaient Marx et les communistes n’était pas du vent : le prolétariat est la seule classe révolutionnaire de la société. Aujourd’hui encore, les prolétaires du monde entier doivent adresser un salut à la Révolution russe d’Octobre 1917. Quant à cette "petite minorité" de communistes internationalistes, ils continuent à adresser un salut au parti phare de la Révolution d’Octobre : le parti bolchevique de 1917. Et tout comme les bolcheviks connaissaient par cœur les enseignements de la Commune de Paris, les révolutionnaires de demain se souviendront et se serviront de l’exemple de la Révolution russe en sachant en tirer les enseignements et en critiquer les erreurs.

Bart - Courant Communiste International - www.internationalism.org

1 Même les scientifiques et les intellectuels humanistes de l’époque (comme par exemple Freud, Romain Rolland, Stefan Sweig) avaient de très grandes sympathies pour les bolcheviks. Ces "libres penseurs" avaient au moins la dignité de ne pas collaborer avec le Capital en hurlant avec les loups, comme Monsieur Marc Ferro.

2 Les prédécesseurs de nos chaînes de télévision "modernes" présentaient sur leurs affiches très "démocratiques" des caricatures de bolcheviks avec un couteau entre les dents. Et cela pour bien faire passer le message : "prolétaires de tous les pays, soumettez-vous à l’ordre du capital !" C’est justement cet ordre, cette paix sociale (obtenue au prix de l’extermination par Staline des derniers combattant de la vieille garde bolchévique d’Octobre et des spartakistes en Allemagne par les "socialistes") qui a ouvert la voie royale au deuxième holocauste mondial de 1939-45.

3 Les "intellectuels" qui croient encore au "plus grand mensonge de l’histoire", à la continuité entre la révolution prolétarienne d’Octobre 1917 et le stalinisme (qui en fut par la suite le principal bourreau) feraient mieux de changer de littérature s’ils veulent rester des gens intelligents.


Article publié le 20 décembre 2007
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