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Deuxième semaine de solidarité internationale avec le pays basque

La participation à la deuxième Semaine de Solidarité Internationale avec le Pays basque a été large et très suivie. Même si nous n’avons pas toutes les données, nous pouvons être très satisfaits de celles que nous avons : il y a eu des actions de solidarité dans 25 villes, ce qui représente plus du double des mobilisations de l’année passée lors de la première Semaine de solidarité. Les personnes ayant participé à ces actions ont été aussi beaucoup plus nombreuses, plus de 2.000 personnes ont participé aux rassemblements, réunions publiques, projections de vidéos, repas solidaires, etc. Le nombre des groupes de solidarité avec le Pays basque, « Euskal Herriaren Lagunak » (Ami(e)s du Pays basque) a augmenté ainsi que la participation d’autres groupes et organisations sociales et politiques. Pour tout cela, Askapena félicite toutes les personnes qui ont travaillé pour que cette deuxième Semaine de solidarité soit une réalité et un succès.

Mais en même temps, il faut dénoncer la forte présence policière, qui comme l’année passée, a été remarquée dans presque toutes les initiatives, et à certains endroits de façon très oppressante. N’oublions pas que les 16 personnes solidaires qui faisaient un rassemblement pacifique à Paris ont été retenues pendant plusieurs heures par la police. Cette année, une nouvelle fois, la police a été présente dans beaucoup d’actions solidaires. Dans quelques-unes des villes la présence policière était plus camouflée, mais ils ont pris des photos, enregistré ce qu’on disait et surtout, à Caracas, la police a attaqué les manifestants avec des bombes lacrymogènes et il y a eu ensuite une grave intoxication médiatique qui a cherché à criminaliser des groupes solidaires.

Peuple à peuple

La célébration de ces journées de solidarité a commencé à Montevideo où il y a eu la projection d’une vidéo et ensuite une conférence-débat sur le Pays basque. Cette réunion publique a été organisée par CX36 Radio Centenario et le journal « Resumen Latinoamericano », avec la participation, entre autres, du Mouvement 26 mars, du Parti Communiste Révolutionnaire et des Fogoneros. Une centaine de personnes ont assisté à cette réunion..

Dans l’État espagnol il ya eu pas mal d’initiatives. À Valladolid (Castille), le Comité de solidarité avec les peuples avait appelé à un rassemblement et à la diffusion de propagande explicative sur la situation au Pays basque. Une centaine de personnes environ ont répondu à l’appel. Le Comité de solidarité avec les peuples a déjà réalisé, cette année, trois réunions publiques et une projection de vidéos, réunissant des centaines de personnes, en plus de presque toutes les organisations de gauche de la ville.

Au Pays Catalan il y a eu des actions à Barcelone, à Valence, à Alicante et à Castelló. À Barcelone, comme d’habitude, nombreuses ont été les personnes (300) qui ont répondu à l’appel que les Ami(e)s du Pays basque avaient lancé pour le dimanche 24 février. Cette journée de solidarité avec le Pays basque s’est déroulée en trois parties, d’abord des danses folkloriques de la Catalogne et du Pays basque, puis un acte politique auquel ont pris part Gabi Basañez, militant d’Askapena et Jordi Villanueva militant d’Ami(e)s du Pays basque, et ensuite une paëlla populaire.

Au Pays Catalan, l’écrivain Floren Aoiz a donné trois conférences-débat : une à Valence, organisée par l’Ateneu Popular en présence de 30 personnes, une à Alicante, organisée par Ami(e)s du Pays basque en présence de 80 personnes et une à Castelló organisée par le Casal Popular en présence de 25 personnes. Vous pouvez trouver des informations sur ces conférences sur le blog de Floren Aoiz (http://elomendia.com) où il explique que la « participation a été très active et qu’il y a eu beaucoup de questions très intéressantes ».

Dans l’État français, à Paris, il y a eu aussi des actions de solidarité avec le Pays basque. Le Comité de solidarité avec le Pays basque a organisé la projection d’un film « Jo ta ke », une conférence-débat et un lunch. La conférence a été donnée par Haizpea Abrisketa, membre du Bureau politique de Batasuna. 80 personnes ont assisté à cet acte. Des tables d’information ont été tenues par le Comité parisien basque, le Comité antirépressif corse, et le Comité de solidarité Mapuche. Présence également de membres de Lokarria, du Secours Rouge, du comité basque de Lille, de Radio Txalaparta, et de différents collectifs.

Au Pays Bas, la solidarité s’est manifestée au travers d’une initiative différente. Les personnes solidaires néerlandaises ont mis en place un système de vote électronique en faveur d’ANV, comme défense du droit à l’autodétermination pour le Pays basque et en faveur d’un Pays basque indépendant et de gauche. Le résultat des votes est comptabilisé par pays. Ils ont reçu plus de 7.000 votes en deux semaines.
Voter

En Irlande, il y a eu quatre rassemblements, surtout devant des ambassades et des consulats espagnols, à Derry, Cork, Dublin et Belfast. Dans chacune des trois premières villes se sont rassemblées une trentaine de personnes et à Belfast une cinquantaine. Ce sont les Comités de solidarité avec le Pays basque d’Irlande qui ont appelé à ces rassemblements. À Belfast, en plus, il y a eu, pendant une semaine, une exposition d’affiches politiques basques et également la projection d’une vidéo.

Les rassemblements les plus nombreux en Europe ont eu lieu en Italie, surtout à Milan. Il y a eu des actions dans cinq villes. À Rome, une soixantaine de personnes se sont rassemblées pour écouter Marian Beitialarrengoitia, maire d’Hernani, après un dîner solidaire. La veille, l’avocat Julen Arzuaga, accusé dans le dossier contre Gestoras pro-Amnistía, a rassemblé un public nombreux, venu écouter sa conférence. À Brescia, il y a eu la projection d’une vidéo, de l’information a été diffusée et il y a eu un concert. Une centaine de personnes ont assisté à ces actions. À Bologne, une centaine de personnes se sont rassemblées pour diffuser de l’information et finalement elles ont fait une manifestation malgré la forte présence policière. À Torino, à l’université du Palazzo Nuovo, une table d’information sur le Pays basque a été tenue pendant une semaine, il y a eu aussi une exposition sur le Pays basque. Le samedi, une soixantaine de personnes se sont rassemblées pour diffuser de l’information sur la situation au Pays basque. À Bergamo, un grand panneau mural a été peint sur un mur. Dernièrement, à Milan, la manifestation prévue en solidarité au Pays basque s’est unie à une autre en faveur des droits du peuple kurde. Des centaines de personnes ont assisté à cette manifestation.

À Lisbonne, en réponse à l’appel de l’ASEH, des dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade d’Espagne. Elles ont demandé la fin de la répression et ont dénoncé la mise hors-la-loi des partis politiques, elles ont également montré leur solidarité avec le Pays basque. Chronique

De l’autre côté de l’océan, en Colombie, à l’université de Cali, la vidéo « Euskal Herria une histoire de lutte et de résistance » a été projetée en présence de dizaines de personnes.

À Santiago du Chili, le Mouvement Patriotique Manuel Rodriguez avait lancé un appel pour un rassemblement devant l’ambassade espagnole. Des dizaines de personnes ont répondu à cet appel. Elles ont déposé une lettre adressée à l’ambassadeur d’Espagne au Chili. Elles ont dénoncé la forte présence de policiers en uniforme et en civil, chiliens et espagnols.

Plus au nord, au Mexique, cinquante personnes se sont rassemblées devant l’ambassade d’Espagne. Elles avaient été convoquées par le collectif de la diaspora basque Xabier Mina. La présence de la police a aussi été très importante, en uniforme et en civil. Ce rassemblement a été enregistré en vidéo

En Argentine, il y aura une action de solidarité avec le Pays basque le 6 mars. Les jours prochains, il y aura d’autres activités en Italie, en Sardaigne et au WallMapu (le Pays des Mapuches).

Il faut dénoncer une nouvelle fois ce qui est arrivé à Caracas. Le vendredi 22 février, 120 personnes se sont rassemblées devant l’ambassade d’Espagne en réponse à l’appel de la « Coordinadora Simón Bolívar », la « Casa De Encuentro Bolivariana Freddy Parra », la radio libre « Al son del 23 », la « Coordinadora Continental Bolivariana », la « Coordinadora Popular de Caracas », el « Movimiento Gayones » et « M-28 ».

Le maire de cette ville Leopoldo López, de droite et contre le processus bolivarien, a envoyé la police pour dissoudre ce rassemblement. La police a utilisé des bombes lacrymogènes contre les personnes rassemblées alors que celles-ci, pacifiquement, criaient des mots d’ordre. L’intoxication médiatique a inversé la situation, en accusant les attaqués d’avoir été attaquants, et en accusant les personnes ayant dû sortir en courant pour échapper au gaz et pour ne pas être arrêtées d’avoir été des lanceurs de grenades.
Nous renouvelons la dénonciation que nous avons faite le 23 février :déclaration Askapena

Évaluation

Askapena remercie et félicite toutes les personnes, tous les collectifs, mouvements, etc. qui ont travaillé et qui se sont manifestés tout au long de cette deuxième Semaine de solidarité avec le Pays basque. Nous voulons souligner que la solidarité envers notre peuple a sensiblement augmenté depuis des années (cette solidarité a été continuelle ces dernières années). Les raisons sont fondamentalement au nombre de deux : d’une part le bon travail réalisé par tout le monde, et d’autre part la recrudescence de la politique de négation et de répression menée contre le Peuple basque par les États espagnol et français. Ces deux États, qui travaillent en commun, ont mené la répression à des niveaux très élevés. Aujourd’hui, n’importe quelle personne, ou un collectif engagé travaillant à la construction d’un Pays basque libre, est dans le collimateur. Tout le monde est dans la ligne de mire : parti politique, journaliste, agriculteur ou militant d’un quelconque mouvement social, jeune ou âgé.

Bien que nous n’ayons jamais eu de démocratie au Pays basque, l’État d’exception imposé ces dernières années nous a mis au premier rang des pays européens où les droits civiques, politiques et humains sont les plus bafoués.

Les États espagnols et français voudraient nous imposer cette situation et que nous l’acceptions, ils voudraient que tout le peuple basque l’accepte et se cache transi de peur. Comme ils voudraient que tous les ami(e)s solidaires du Pays basque ferment les yeux, n’écoutent pas et ne parlent pas. Mais cette vague fasciste est tellement grande que tous les peuples solidaires sont conscients de ce qui est en train d’arriver au Pays basque. Les États français et espagnol doivent savoir qu’ils n’arriveront jamais à arrêter le peuple basque et qu’ils n’arriveront jamais à couper les liens solidaires des ami(e)s de ce peuple.

Cette politique de négation et de répression des droits du peuple basque fait mal à la démocratie des États. Aujourd’hui, ils attaquent la gauche basque, mais demain, ils attaqueront d’autres groupes de gauche ou indépendantistes. La négation et la répression sont dures, terribles et ne font que générer de la souffrance, mais en plus elles ne servent à rien, puisqu’elles n’arrêteront jamais les désirs de liberté du peuple basque.

Pour que les États qui nous oppriment arrêtent leur politique de répression, il n’y a qu’un seul chemin, continuer en avant dans notre lutte de libération, mais pour cela la solidarité internationale est indispensable, pour tout cela, pour toute votre énergie, pour toute votre tendresse envers notre peuple : MERCI !

Hamaika herri borroka bakarra !

25 février 2008

Vous pouvez voir des photos des actions à :
photos deuxième Semaine solidarité avec le Pays basque


Article publié le 3 mars 2008
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