Les porte-parole du clan du « oui » ont beau s’éreinter à faire croire que le projet de constitution n’a rien à voir avec l’actuelle politique de la coalition gouvernementale et patronale plus impopulaire aujourd’hui qu’elle l’était lors des élections régionales et cantonales, ils ne parviennent pas à être crédibles.
Bien avant que le pavé dans la mare de la directive Bolkestein leur oppose un cinglant démenti, il était évident que ce projet de constitution avait été conçu et rédigé dans le but de garantir la domination du capitalisme néolibéral et pour beaucoup sauvage en Europe.
Comment les jeunes chômeurs qui n’auront droit au maigre RMI qu’à partir de vingt-cinq ans, les victimes de la précarité de l’emploi de plus en plus nombreux, les licenciés des plans sociaux des délocalisations, les salariés du public ou du privé dont le pouvoir d’achat s’amenuise alors que leurs conditions de travail s’aggravent pourraient-ils se laisser berner par l’hypocrisie de ceux qui les assurent qu’en votant « oui » tout ira mieux ?
Ce sont les réalités sociales d’aujourd’hui et les menaces qui pèsent sur l’avenir d’une Europe encore plus soumise à la voracité du grand capital qui incitent le monde du travail à rejeter ce projet de constitution afin d’ouvrir la perspective d’une nouvelle Europe réellement sociale, démocratique et pacifique. Une Europe qui ne détruise pas les conquêtes sociales nées du programme du Conseil national de la Résistance mais au contraire les sauvegarde en favorisant ainsi une harmonisation positive des droits du travail pour tous les travailleurs des pays membres.
Tel est le véritable enjeu de ce référendum et il est à craindre qu’une partie de ceux qui ont intérêt à voter « non » mais qui sont décontenancés par la convergence des « oui » de droite et d’une partie de la gauche se neutralisent dans une abstention susceptible de priver les partisans du « non » progressiste d’un avantage décisif.
Soixante années de vie et de luttes syndicales m’ont appris qu’il est des circonstances où le bulletin de vote citoyen, en prolongement du combat social, peut être déterminant.
Attaché à l’indépendance du syndicalisme, je comprends et approuve les raisons qui incitent la CGT à ne pas donner de consignes de vote à ses adhérents lorsqu’il s’agit d’élections politiques, mais cette réserve ne saurait inciter à l’abstention. Voilà pourquoi par fidélité à la cause que j’ai toujours servie je voterai résolument « non ».
Georges Séguy
commpentaire personnel___________________ il y a quelque temps (en février) j’écrivais :
Tout syndicaliste se devait d’avoir une position syndicale. La mienne est mûrement réfléchie, dégagée de considérations politiciennes : en tant que travailleur, ce ne pouvait être que "NON" ; c’est donc clairement "NON" : je n’ai pas d’autre solution ! Et je mènerai campagne pour le « NON », sur des positions syndicales, en expliquant inlassablement aux travailleurs en quoi ce traité est hautement nuisible. Tant pis si ça contrarie certains « dirigeants » confédéraux ! Je ne leur ai jamais donné mandat pour me dicter ma pensée ! La position du CCN l’éclaire et la respecte, puisque je cite « La CGT continuera à informer, à faire partager l’importance de ces enjeux dans la vie de tous les jours, chacun demeurant libre, en tant que citoyen, de son opinion définitive et de son suffrage ». Cette position, limpide, je la partage !
Je suis assez content que Georges ait une position similaire et sorte de sa réserve
Patrice
1 Commentaire sous cet article
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> Lettre de Georges Séguy : Résolument Non !
Georges Séguy, ne serait-ce pas le lauréat de la session 68-69 du grand concours de Mister CGT ???