mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
Mardi 21 octobre, 17h30, un militant parisien informe de la destruction du squat Pagniez, prévue le lendemain.
Mercredi 22 octobre, 12h, un ouvrier de la ville de Calais informe du nettoyage du squat Pagniez par les ouvriers volontaires de la mairie, prévu à 15h.
Deux militants de Salam sont mis au courant, et le mardi soir, et le mercredi aux alentours de 12h30.
L’un des représentants de l’association arrive dans le squat, mercredi 12h40, discute avec les ouvriers de la ville venus repérer les endroits à nettoyer. Ces derniers nous disent qu’ils ne savent pas exactement ce que recouvre leur mission. Ils doivent nettoyer.
Nous ne savons pas quel conseil donner aux réfugiés. Dans le squat personne ne croit réellement possible que des responsables français songent à détruire leur abri. Ils tardent à récupérer leurs affaires. Le représentant de Salam avant de me quitter, me dit de leur proposer ou de partir maintenant ou de rester ensemble à l’intérieur du hangar.
Je pensais alors que la police interviendrait peu de temps avant les ouvriers, entre 14h et 15h. Mais rendue seule par le départ de l’humanitaire, je commençais à diffuser cette proposition sans grand enthousiasme quand, alertée je me suis aperçue du nombre élevé de fourgons de gendarmerie dans la grande cour. Au moment où je filmais sans comprendre, les fourgons ont démarré. Cinq minutes plus tard, tout le quartier était bouclé, les gardes mobiles en ligne défilaient sinistrement et bloquaient tout désir de tentative d’évasion.
Les ordres de non violence du sous-préfet Gavory : droguer les victimes
Nous nous sommes retrouvés piégés. Les gens habitués à se faire interpeller ont du monter dans les fourgons. Il n’y eut pas de violences car personne n’a réagi, une fois que les têtes de toute sorte de police gâchaient notre horizon. Nous étions comme un troupeau d’humains.
Deux traductrices en arabe et en tigrinia (langue d’Erythrée) traduisaient les propositions alléchantes du sous-préfet. "Etre au chaud avec des douches dans un foyer et s’ils le voulaient, ils pourraient demander l’asile en France"
La propagande mensongère du sous-préfet a fonctionné. Personne n’a piqué une crise contre cette atteinte aux droits humains. Personne parmi les réfugiés, n’était habitué à un discours de reconnaissance de leurs droits. Personne n’était présent pour crier au scandale.
Célébrant la destruction accomplie sur les lieux de ce scandale, le représentant de l’Etat, Gavory terminait sa journée anti-réfugiée par un acte anti salarié : il a refusé aux ouvriers licenciés de Noyon Dentelle la possibilité de percevoir une prime de licenciement.
Les anti réfugiés sont toujours des anti salariés et vice versa, en ce qui concerne l’UMP.
Atteintes à la liberté de la presse : quand la maire et le sous-préfet n’aiment pas les traces historiques de leurs méfaits
Tous les journalistes officiels furent coincés par les barrages policiers. La journaliste de Calais TV (télé locale) a raconté avoir été assez violemment repoussée par des policiers à un endroit pourtant très éloigné du squat.
Sortie du squat avec trois réfugiés pour juger si l’on serait arrêtés, je n’ai bien sûr pas pu moi-même y revenir. Personne ne pouvait y entrer. Les fourgons emmenant les réfugiés, il ne restait plus qu’à attendre tandis que le représentant de Salam critiquait cette politique envers les réfugiés, utilisant un heureux mégaphone qui m’aurait été bien utile pour prévenir tout le monde en cinq minutes de l’intervention policière.
Quelle solution aurait été possible ?
Depuis la parution d’un article sur Nord Littoral, dans lequel Mme Bouchart laissait libre cours à sa haine vis-à-vis des réfugiés, il y était écrit qu’elle visait la destruction du squat Pagniez.
Depuis cet article honteux, je n’ai pas cessé de prévenir les humanitaires.
Une date de destruction avait été avancée par l’un des bénévoles. Mais le jour dit, aucune intervention n’avait été opérée. Le conseil des Migrants (sans migrant et contre les migrants) s’est tenu en mairie avec les assos humanitaires et a déclenché des réactions très différentes, l’important semble-t-il était de vouloir conserver à tout prix le lien avec cette mairie, même si les déclarations municipales de guerre contre la présence des réfugiés et de certains humanitaires, auguraient de très mauvaises initiatives sous-préfecture-mairie-police. Au Conseil Municipal qui a suivi, ont été votés deux subventions de 4000 euros pour Salam et la Belle Etoile.
En pratique et sur le terrain, aucun bénévole de Salam n’était missionné pour surveiller le plus grand squat jamais tenu sur Calais où environ 300 réfugiés politiques s’abritaient. J’ai fait ce travail de surveillance seule ou à l’occasion avec une humanitaire, me payant une amende de 147 euros pour avoir marché dans la zone SNCF, face au squat.
Un moyen d’empêcher la fermeture du squat aurait été d’organiser des réunions pour définir comment le tenir. Des réunions avec l’ensemble des réfugiés. Un petit mégaphone comme je l’ai vu dans les mains du représentant de Salam, il aurait été facile d’utiliser le moment du repas du soir, pour contacter les réfugiés du squat et leur exposer quelles solutions étaient envisageables et ce qu’ils en pensaient eux de cette destruction annoncée médiatiquement.
Autre moyen parallèle : se préparer à l’intervention policière, en mobilisant ses adhérents bénévoles.
La mairie qui subventionne les assos, est pilotée par le ministère
Qu’en est-il devenu des gens arrêtés ? Ils se sont retrouvés éparpiller dans toute la France dans des foyers. A Senlis, un contact a expliqué que le ministère donnait des consignes et des contre consignes : l’objectif étant pour la Sous-Préfecture-Mairie, de ne pas laisser les relogés revenir sur Calais trop rapidement. La presse aurait pu en tirer la conclusion qu’il s’agissait bien de mettre à la rue à l’approche de l’hiver, des centaines de jeunes réfugiés, avec femmes et enfants.
La Police ferroviaire de la PAF (semble-t-il provenant de la gare de Lille) et la police SNCF surveillent encore les lignes pour arrêter les expulsés de retour chez eux.
Les gens ont donc cherché à s’établir dans de nouveaux squats. L’un d’eux se trouve face au port en plein vent et vendredi 31 octobre matin, à 10h, 6 charmantes policières sont venues photographier les dizaines de personnes dans leur état d’humiliation infligée par le sous-préfet Gavory et la maire UMP/FN Bouchart.
Prétendre que jamais on aurait pensé que la mairie puisse agir ainsi, ou prétendre que c’est la procédure d’évacuation qui n’était pas correcte, jettent du flou dans les déclarations compassées de ceux qui auraient pu agir, qui auraient du agir.
Pas de préparation avant, pas d’actions après
Il est incroyable qu’aucune manifestation n’ait été décidée pour dénoncer cette atteinte aux droits humains.
Deux semaines auparavant, le représentant de Salam bousculé par les CRS, entraînait les réfugiés dans une manifestation le jour d’après.
Là, 300 personnes se font expulser de leur seul abri qui ne génait personne. Et pas de manifestation. Il est vrai que la manif aurait été nécessairement dirigée contre la mairie et la sous-préfecture.
Jeudi découvrant les gens installés au port de l’autre côté du hangar Paul Devot, lieu de distribution des repas du soir, j’ai demandé aux réfugiés d’aller trouver la caritas. Ils m’ont dit qu’ils savaient la situation dans laquelle ils étaient, ils savaient qu’ils étaient présents sur ce promontoire balayé par le vent. En clair, pourquoi tenter de mobiliser des humanitaires qui n’étaient pas ignorants ?
Que peuvent revendiquer maintenant les assos caritatives ? Un hébergement uniquement quand il fait moins 10°, à une vingtaine de km de Calais ? L’info circulerait comme quoi, Salam songe à réclamer un hébergement de jour. Si cela se révèle exact, et si j’étais réfugiée, c’est la nuit après mon retour du port ou du parking que j’aimerai avoir chaud.
Pour l’historique de l’évolution des démarches caritatives en comparaison avec leurs actions d’un passé sans Mme Bouchart UMP/FN, nous remarquerons sans doute que la révolte est plus forte lorsqu’il s’agit du maire communiste. A voir un ancien article réalisé par moi-même : http://lille.indymedia.org/article1…
Mais, foin de ces tergiversations, le problème est bien que l’Angleterre ferme sa frontière aux demandeurs d’asile politique, qu’elle ne respecte pas sa signature d’une convention internationale.
LA FRANCE DE SARKOZY, C’EST COMME CELLE DE PETAIN : ON LUI OBEIT OU ON LA COMBAT.
Attention, la PAF et autres policiers re-pratiquent les éloignements forcés vers des lieux inconnus des réfugiés, très loin de Calais.
Les éloignements forcés sans motif, sont complètement illégaux. Le juge de giens l’avait dénoncé en début 2007.
zetkin