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De Calais à Kaboul...

Ces derniers temps les rafles se sont multipliées sur Calais, avec notamment l’expulsion du squat pagniez : récit et photos de l’expulsion | réaction, mais également de grande battues dans les dunes comme le 6 novembre dernier : récit des arrestations des migrants et d’un militant | revue de presse bourgeoise par zpajol.

JPEG - 33.8 ko
photo : JR, www.contre-faits.org

Ce sont principalement les réfugiés afghans qui sont visés, avec en toile de fond un charter franco-anglais vers Kaboul : communiqué du collectif libérez les.
En effet, le centre de rétention de Coquelles est rempli d’Afghans qui ont eu droit à la visite de leur ambassadeur le 7 novembre. Date à laquelle ils ont entamé une grève de la faim que la police a empêchée.

Une mobilisation s’est organisée devant le centre de rétention, avec des manifs quotidiennes et des tours de garde.

- appel du 6 novembre | photos et récit
- surveillance du cra le 10 novembre | récit et photos du blocage policier des soutiens aux sans papiers
- communiqué de la manif du 11 novembre à calais
- manifestation contre le charter:mercredi 12 à lille et coquelles
- manifestation de csur au cra , jeudi 13, 17h45 et manifestation au cra de coquelles le jeudi 13 novembre à 19h30
- manif cra de coquelles vendredi 14/11/08 à 19h30
- manif coquelles 16/11/2008 à 19h30

et un appel à réactions décentralisées (Paris, Lille...) contre l’expulsion, ainsi que d’autres :
- important : concernant l’expulsion des afghans de coquelles !
- appel contre le charter des réfugiés
- Communiqué du GDALE

Le départ du charter était prévu le mardi 18 . Un rendez vous de mobilisation et d’acition a été fixé le mardi 18 à 18h à Lesquin.

La mobilisation importante à Calais, Lille et ailleurs, a finalement fait reculer le gouvernement qui a annoncé, lundi 17, renoncer au charter vers l’Afghanistan co-organisé avec le Royaume-Uni. Quelques heures après cette annonce, les Afghans retenus au CRA de Coquelles n’étaient toujours pas libres.


L’actualité des migrant-e-s calaisien-ne-s est également marquée par le risque que la distribution des repas par le collectif c’sur soit suspendue : réaction | réaction de salam sur son site.

Pour aller plus loin :

- analyse et photos de la situation "de calais à vichy, séjours en absurdistan", rapport sur la situation des exilés du littoral.

- petit rappel sur les précédents charters

- en ce moment également, suite de la mobilisation à Vichy et la réquisition de l’ancienne gendarmerie des Ponts de Cé (49).


publié le 12 novembre 2008  |   Imprimer

Les documents liés à cet article


2  Commentaires sous cet article

De Calais à Kaboul...

Le point positif dans tout ça, c’est qu’avec les 2000 Euros "d’aide au retour" que touche chaque expulsé, il va pouvoir se payer son retour en business voir même en first !

Caviar et champagne, que demander de plus ?

17 novembre 2008 20:13, par Rototo, email rotototo hotmail.fr

LES PERILS DU TOUT-HUMANITAIRE

LES PERILS DU TOUT-HUMANITAIRE par Arundhati Roy

http://fr.wikipedia.org/wiki/Image :...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Image :... Arundhati Roy

http://www.monde-diplomatique.fr/20...

Arundhati Roy est une écrivaine indienne. Bio ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Arundh... /fr.wikipedia.org/wiki/Arundhati_Roy>

Entre ceux qui prennent les décisions et ceux qui doivent en supporter les effets, la distance, en raison de la mondialisation, n’a jamais été aussi grande (1 /www.monde-diplomatique.fr/2004/10/ROY/11569#nb1> ). Des rencontres comme le Forum social mondial permettent aux mouvements locaux de résistance de réduire cet écart et de s’associer à leurs homologues des pays riches. Quand, par exemple, le premier barrage privé, celui de Maheshawar, a été construit, les liens entre le Narmada Bachao Andolan (NBA), l’organisation allemande Urgewald, la Déclaration de Berne en Suisse et le Réseau international des rivières à Berkeley ont permis d’écarter du projet toute une série de banques et d’entreprises internationales. Cela n’aurait pas été possible s’il n’y avait pas eu une solide résistance sur le terrain, et une amplification de la voix de ce mouvement local par des soutiens sur la scène mondiale, mettant dans l’embarras les investisseurs et les contraignant à se retirer. (...)

Parmi les risques auxquels sont confrontés les mouvements de masse, il faut parler de celui de l’« ONG-isation » de la résistance. Il serait aisé de tourner ce que je m’apprête à dire en accusation contre toutes les organisations non gouvernementales (ONG), mais ce serait un mensonge. Si, dans les eaux troubles des créations de fausses ONG, certains cherchent à siphonner des subventions ou à frauder le fisc, nombre d’ONG font un travail valable. Il importe toutefois de considérer le phénomène dans un contexte politique plus large.

En Inde, par exemple, le boom des ONG subventionnées a commencé à la fin des années 1980 et dans les années 1990. Cela a coïncidé avec l’ouverture des marchés indiens au néolibéralisme. A l’époque, l’Etat, se conformant aux exigences de l’ajustement structurel, restreignait les subsides destinés au développement rural, à l’agriculture, à l’énergie, aux transports et à la santé publique.

L’Etat abandonnant son rôle traditionnel, les ONG ont commencé à travailler dans ces domaines. La différence, bien sûr, est que les fonds mis à leur disposition ne formaient qu’une minuscule fraction des coupes opérées dans les dépenses publiques. La plupart des ONG sont financées et patronnées par les agences d’aide au développement, qui sont à leur tour financées par les gouvernements occidentaux, la Banque mondiale, les Nations unies et quelques entreprises multinationales. Sans être identiques, ces agences font partie d’un ensemble politique aux contours flous qui supervise le projet néolibéral et dont la demande prioritaire est d’obtenir des coupes drastiques dans les dépenses gouvernementales.

Pour quelles raisons ces agences financent-elles les ONG ? Serait-ce seulement un zèle missionnaire démodé ? De la culpabilité ? C’est sans doute un petit peu plus que cela. Les ONG donnent l’impression de remplir le vide laissé par un Etat en retraite. Et c’est ce qu’elles font, mais d’une manière inconséquente. Leur contribution réelle est de désamorcer la colère et de distribuer au compte-gouttes, sous forme d’aide ou de bénévolat, ce à quoi les gens devraient normalement avoir droit.

Les ONG altèrent la conscience publique. Elles transforment les gens en victimes dépendantes et émoussent les angles de la résistance politique. Elles forment une sorte d’amortisseur entre le sarkar et le public (2 /www.monde-diplomatique.fr/2004/10/ROY/11569#nb2> ), entre l’Empire et ses sujets. Elles sont devenues les arbitres, les interprètes, les entremetteuses.

Sur le long terme, les ONG sont responsables envers leurs donateurs, pas envers les gens parmi lesquels elles travaillent. Elles sont ce que les botanistes appelleraient un indicateur d’espèce. Plus la dévastation causée par le néolibéralisme est importante, plus elles prolifèrent. Rien n’illustre cela de manière plus poignante que les Etats-Unis s’apprêtant à envahir un pays et préparant simultanément les ONG à s’y rendre pour nettoyer les dégâts.

Pour être sûres que leur financement n’est pas mis en péril et que les gouvernements des pays dans lesquels elles travaillent vont leur permettre de fonctionner, les ONG doivent présenter leur travail d’une manière superficielle plus ou moins détachée du contexte politique ou historique, en tout cas d’un contexte historique ou politique dérangeant.

Les appels de détresse apolitiques – et donc, en réalité, éminemment politiques – en provenance des pays pauvres et des zones de guerre présentent au final les (sombres) gens de ces (sombres) pays comme des victimes pathologiques. Encore un Indien sous-alimenté, encore un Ethiopien mourant de faim, encore un camp de réfugiés afghans, encore un Soudanais mutilé... et tous en grand besoin de l’aide de l’homme blanc. Sans le vouloir, les ONG renforcent les stéréotypes racistes et mettent l’accent sur les succès, les avantages et la compassion (aimante et sévère) de la civilisation occidentale. Elles sont les missionnaires séculaires du monde moderne.

Au bout du compte – sur une plus petite échelle, mais de manière plus insidieuse –, le capital mis à la disposition des ONG joue le même rôle dans les politiques alternatives que les capitaux spéculatifs qui entrent et sortent des économies des pays pauvres. Il commence par dicter l’ordre du jour. Il transforme ensuite la confrontation en négociation. Il dépolitise la résistance et interfère avec les mouvements populaires locaux, qui sont traditionnellement indépendants. Les ONG manient des budgets leur permettant d’employer des personnels locaux, qui auraient autrement été des militants dans les mouvements de résistance, mais qui désormais peuvent sentir qu’ils font le bien de manière immédiate et créative (et tout cela en gagnant leur vie). La réelle résistance politique n’offre pas ce genre de raccourcis. Arundhati Roy

15 décembre 2008 07:47

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