Depuis le 11 Novembre, notre ministre de l’intérieur et l’autorité judiciaire entretiennent savamment la fièvre médiatique autour du nouvel ennemi intérieur. Après l’immigration des travailleurs clandestins sapant l’économie, les réseaux de barbus infiltrés prés a répandre le sang, la racaille des cités populaires incendiant nos villes, les casseurs violents contre le CPE, le danger s’appelle « mouvance anarcho-autonome ». Sans preuves et sans procès, les coupables sont là. L’Etat, la justice et la presse piétinent allégrement la présomption d’innocence, heureux que la jeune Direction Centrale du Renseignement Intérieure leur offre si tôt de si beaux bouc-émissaires. La France peut avoir peur. Redite des Irlandais de Vincennes ? Nous laissons aux prévenus et leurs avocats prouver leur innocence.
La France a peur, oui. 9 jeunes gens subissent des lois d’exceptions, sont accusés de terrorisme. Parce qu’ils lisent. Parce qu’ils écrivent. Parce qu’ils communisent leurs revenus et leurs biens. Parce qu’ils cultivent un potager bio. Parce qu’ils préfèrent faire eux mêmes ce dont ils ont besoin. Parce qu’ils refusent l’individualisme sclérosant et déprimant en vivant en communauté. Parce qu’ils manifestent. Le GIGN saute sur un bateau parce que des grévistes utilisent leur outil de travail, des faucheurs d’OGM sont emprisonnés, des manifestants aussi pour avoir transportés des fumigènes et des clous tordus crevant des pneus. La France peut avoir peur, celle des révoltés et insoumis, celle aussi des blogueurs et forumeurs, des bibliophiles et des tricoteurs, des colocataires et pire, celle des bricoleurs et jardiniers. Nous sommes tous des terroristes.
Des gamins tous les jours arrêtent les trains en tirant sur les sonnettes d’alarme. Saboteurs ! Terroristes ? Nous ne savons pas, nous anarcho-syndicalistes, ce qu’est une « mouvance anarcho-autonome », terme facile et flou inventé par les policiers. Nous savons ce qu’est l’anarchisme ouvrier, nous savons ce qu’est l’autonomie prolétarienne. Nous nous souvenons qu’un secrétaire général de la CGT, un fondateur, a théorisé le sabotage comme outil de lutte lorsque la grève et la manifestation ne sont plus possibles. Il fait partit de l’héritage du mouvement ouvrier, comme nos mutuelles et nos syndicats. Ce n’est pas du terrorisme. C’est de la résistance. Nous sommes loin de la lutte armée. Quel que soit l’auteur de ces sabotages, quel que soit ses motifs, une loi d’exception est absurde. Nous voyons a quel point notre société policière peut facilement, avec ses fichages, ses dérogations, sa puissance reprendre notre maigre liberté et notre faible égalité et détruire nos espaces de lutte. Comment il peut nous entôler si nous sortons de la norme et cherchons d’autres possibles.
Contre la repression du mouvement social Rassemblement devant le Palais de Justice Samedi 22 Novembre 14H
6395
6 Commentaires sous cet article
Le temps passant les pouvoirs autoritaires s’affirment sous des prétextes souvent futiles.
Il est temps toutefois de s’inquiéter de la montée en puissance de ces pouvoirs politiques...
Auraient-ils ?
Le pouvoir de faire taire ceux qui parlent ? Le pouvoir d’aveugler ceux qui veulent voir ? Le pouvoir d’assourdir ceux qui souhaitent entendre non pas leur vérité, mais des paroles vraies ?
Ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre...
Ceci me laisse penser aux pouvoirs mafieux, il est vrai que de plus en plus le pouvoir de l’argent domine, entraînant avec lui une dérive sans précédent de notre système social.
L’emprise de l’ultra-libéralisme a déjà fait plus de morts que ceux qui sont aujourd’hui qualifiés "d’anarcho-autonomes", et, qui sont aujourd’hui sans réel fondement accusés d’être des terroristes.
Il est vrai que les terroristes sont effectivement partout, si l’on considère que la France a donné l’exemple dans l’affaire GreenPeace (demandez à un certain G..... R.... ce qu’il faisait en New-Zealand)...
Silence ! Silence ! Il est d’Or, et la parole (les écrits) sont d’argent, c’est bien connu... Qu’importe si des gens innocents meurent (Fernando le photographe de GreenPeace etc)... Le temps passe, les individus trépassent.
Roy
comment est ce que tu définis un anarchiste non affilié à un syndicat, ou à une organisations, autrement que comme "autonome" ?
Pourquoi sans cesse chercher à "définir", notamment définir des personnes qui souhaiteraient qu’on leur foute la paix avec ce genre de classifications sociologiques qui ne prennent pas en compte l’individualité de chacun. L’anarchiste n’a pas à être "défini" et s’il se définit lui-même comme "anarchiste", c’est sans doute qu’il a un gout pour l’étiquette qui en fait tout sauf un anar... non ?
Tout anar est-il autonome ? Tout autonome est-il anar ?
les premiers résistants qui n’ont pas attendu un appel de de gaulle ou qui ne l’ont pas entendu, pour faire ce qu’ils devaient faire, ont été des anarcho autonomes.
Ce sont des soldats sans chef et qui n’en ont pas besoin.
peut etre qu’il y a une différence entre se definir et s’etiquetter, on se definit anar car proche des idéaux anarchistes, les défendant, les personnes qui se baladent avec un drapeau noir se définissent bien comme anar quelque part sinon ils/elles ne porteraient pas ce drapeau, est ce que le simple fait qu’ils/elles le portent les rends non anarchistes ? peut etre qu’a un moment il faut arreter d’avoir peur des mots, qui ne sont pas forcement des etiquettes. Il y a quelque chose derriere l’expression anarchiste autonome qui n’est pas forcement à nier, pourquoi est ce qu’on ne pourrait pas appeler un chat un chat ? là en l’occurence il est noir et il est affilié à aucune orga.
lois sécuritaires (répressions)
nous sommes tous des terroristes
L’appel vient de Rouen. Est-il valable pour Lille ?