L’Assemblée Générale des Personnels de l’UFR d’Etudes Romanes, Slaves et Orientales, réunie le 11 décembre 2008, exprime sa très vive inquiétude quant au projet de « mastérisation » des concours de recrutement d’enseignants, projet qui, sous sa forme actuelle, ne peut que dégrader la formation disciplinaire des enseignants du secondaire, par la part insuffisante accordée aux enseignements disciplinaires. Si ce projet était mis en oeuvre, il provoquerait une réduction drastique du volume d’heures d’enseignement disciplinaire, tant en master recherche qu’en master second degré, détruisant notamment des pans entiers de l’offre de formation disciplinaire en Espagnol et en Italien. L’Assemblée Générale des Personnels de l’UFR demande donc un moratoire à l’application de cette réforme conçue dans la précipitation, et à laquelle on lui demande de travailler alors même que le contenu des épreuves des futurs concours n’a toujours pas été révélé.
L’Assemblée Générale de l’UFR réclame par ailleurs le retrait immédiat du décret portant réforme du statut des enseignants-chercheurs, décret adopté lors du CTPU du 24 novembre 2008 contre l’avis des représentants des personnels.
Elle s’oppose notamment :
- à la remise en cause du principe d’indépendance des enseignants-chercheurs et à la suppression de leur statut national de fonctionnaire public d’Etat ;
au découplage que ce décret instaure entre enseignement et recherche ;
- à une modulation individuelle des services qui se traduirait par un alourdissement des obligations d’enseignement pour la plupart des enseignants-chercheurs ;
- aux pleins-pouvoirs accordés au président d’université et au conseil d’administration dans la gestion des carrières individuelles, sans qu’une véritable instance de recours soit prévue ;
- à la dépossession du CNU de ses rôles essentiels dans la gestion des carrières des enseignants-chercheurs (promotions, congés sabbatiques).
L’Assemblée Générale des Personnels de l’UFR appelle solennellement les conseils des autres UFR à s’associer à sa demande de retrait du décret portant modification de nos statuts, et à sa demande de suspension du projet de mastérisation des concours de recrutement. Elle demande l’ouverture immédiate d’une concertation entre tous les acteurs du monde éducatif, sans préalable.
Motion adoptée à l’unanimité, moins deux voix contre et 7 abstentions
éducation (luttes sociales)