Nous avons découvert avec stupéfaction que les drapeaux ont été mis en berne à l’occasion du décès du pape.
Sur quelle instruction ? Nous rappelons que la CRAM n’est pas soumise aux directives du ministère !
Nous sommes « étonnés » de cet « hommage » rendu, foulant aux pieds la laïcité du Service Public.
La CRAM est chargée de la prévention de la santé, et à ce titre, organise des campagnes pour la prévention du Sida, par exemple préconisant l’usage du préservatif.
Nous sommes étonnés que dans ce contexte, le rapprochement n’ait pas été fait avec les positions rétrogrades du pape défunt, fustigeant l’usage du préservatif, le droit à l’avortement, le droit à la contraception.
Faut-il rappeler les positions rétrogrades de l’Eglise vis à vis des femmes, notamment en Pologne et au Portugal ?
Faut-il rappeler que le pontificat de Jean-Paul II a commencé avec la pandémie du Sida, qualifiée par l’Organisation Mondiale de la Santé de« plus grande catastrophe sanitaire de toute l’histoire de l’humanité » ?
Faut-il rappeler qu’en France, l’Eglise condamne l’usage du préservatif, seule mesure efficace de prévention du Sida ?
Faut-il rappeler la situation dramatique aux Philippines, pays foncièrement catholique, ou l’Eglise a une influence politique prépondérante et les millions de morts dus au Sida ?
Faut-il rappeler les dizaines de millions de morts dus au Sida en Afrique, et singulièrement dans les pays majoritairement catholiques où l’Eglise combat l’usage du préservatif ?
Faut-il rappeler qu’en 1988, une encyclique papale disait :« Aucune considération personnelle ou sociale n’autorise l’emploi de contraceptifs »
Faut-il rappeler que le pape n’a jamais entendu le plaidoyer lancé en 2001 par l’évêque sud-africain Kevin Dowling « en faveur d’une levée par l’église de l’interdiction de l’utilisation des préservatifs », alors que ce pays est l’un des plus atteints par l’épidémie du Sida ?
Faut-il rappeler que le 18 janvier 2005, le secrétaire général de la Conférence épiscopale espagnole, Juan Antonio Martinez Camino déclarait « le préservatif a sa place dans le contexte de la prévention intégrale et globale du sida » et que le lendemain l’Église espagnole sous la pression de l’Opus Dei infirmait définitivement cette position : « il n’est pas possible de conseiller l’usage du préservatif, contraire à la morale de l’individu ». Les évêques espagnols ont été contraints de se rétracter et le ministre de la Santé du pape, le cardinal Lozano Barragan, a expliqué que l’Eglise interdit le recours au préservatif dans la lutte contre le Sida parce que "l’objectif est d’empêcher la fornication".
Nous demandons que la CRAM respecte la laïcité du Service Public : la religion doit rester du domaine privé !
Par exemple, nous suggérons donc à la CRAM d’annuler sa décision unilatérale de supprimer le congé du Lundi de Pentecôte : ainsi celles et ceux qui le souhaitent pourront se rendre à la messe, et les autres à leurs occupations personnelles.
Question posée par le syndicat Ufict-CGT de la CRAM Nord Picardie pour la réunion mensuelle des délégués du personnel du mois d’avril 2005
4 Commentaires sous cet article
Est ce normal de voir un batiment tel la mairie de CALAIS mettre des banderoles hostiles a la loi FILLON un batiment de l’état doit il afficher de telles choses pourquoi n’a t-il pas de la pub sur le livre" le livre noir du communisme" editions Robert Laffont à sa parution
Cher grain de sel... l’usage du préservatif comporte une symbolique forte et prégante pour des individus influencés par la morale religieuse chrétienne. Dans ce contexte, le raisonnnement rationnel que tu prêtes à ces personnes "puisque je baise hors mariage et que je suis illicite je peux mettre un préservatif" ne tient pas. Le religieux fonctionne sur l’affect, sur la perception de soi, sur l’irrationnel, sur le sentiment du pêché... toute sorte de problématiques qui tu ne peux balayer par un "puisque je suis illicite je peux...". c’est de beaucoup caricaturer les rapports de l’homme à sa sexualité, c’est simplifier des comportements extrêmement complexes dans un contexte de paranoiae (l’abstinence, c’est pas humain, y compris pour les cathos les plus fervents).
L’usage du préservatif ne va pas de soi : cela demande d’être senbilisé, d’être informé sur le pourquoi d’une telle nécessité (parce que dieu sait que c’est pas cool de baiser avec une capote et qu’on s’en passerait). Bref, cela nécessite une pédagogie. Et la pédagogie demande un contexte particulier pour être efficace. et la première chose indispensable c’est de pouvoir en parler librement.
Dans un contexte où la religion est forte, il n’est pas étonnant que les structures de diffusion des capotes manquent. Il n’est pas étonnant que les personnes n’ait pas forcément sur elle de quoi se protéger. Il n’est pas étonnant que d’autres n’osent pas les utiliser. Il n’est pas étonnant qu’aucune forme de prévention ne soit lancée au niveau d’un pays puis relayée au niveau d’une ville, d’un quartier et d’individus à individus. Il n’est pas étonnant que la morale puisse étouffer la parole et finalement étouffer toute dynamique de protection de la population catho ou non, pratiquante ou non.
Limiter le problème à l’aspect techinque (que je ne néglige pas pour autant) c’est biaiser les réflexions en évacuant l’aspect affectif lié à la morale d’une communauté dont les principes prennent racine dans le catholiscisme. De là en découlent les problèmes "techniques" qui sont en fait un problème de politique.
Cela ne se résume pas non plus à être illicte ou pas envers le pape.
Je ne pense pas qu’on puisse réduire la question à l’influence chrétienne sur les individus. Et si le religieux affecte plusieurs aspects de notre mentalité, l’inverse est vrai : la perception de soi, le goût de l’irrationnel, les peurs et désirs, jouent sur notre relation au religieux.
Un exemple connu : nombre de reportages et témoignages sont diffusés à l’occasion des JMJ, et il en ressort que, Pape ou pas, la capote est utilisée et revendiquée. Les JMJ pourtant, ne sont pas des rassemblements antipapistes.
"c’est de beaucoup caricaturer les rapports de l’homme à sa sexualité"
Tout à fait d’accord, c’est pourquoi je mettais en doute l’article ci-dessus, qui flingue la hiérarchie catholique au nom de la lutte contre le sida. La sexualité ne se résume pas en "j’obéis au Pape je ne mets pas de capote".
"L’abstinence c’est pas humain"
:-) histoire de rire, je précise que je désapprouve. L’abstinence est un concept humain, et à ma connaissance, uniquement humain.
Plus importants sont les facteurs économiques : difficile d’avoir accès à la capote lorsqu’on gagne des clous, ce qui est courant dans bien des pays. Les campagnes du tiers-monde cumulent les obstacles : grande pauvreté et illétrisme.
Le Vatican s’en accomode sans doute fort bien, mais n’est pas l’inventeur de ces fléaux, et même si les papes changeaient d’orientation, ils n’ont pas grand pouvoir face au culte du pognon (rappel : une capote, ça se vend, c’est rarement gratuit). L’appât du gain ne prend pas sa source dans le catholicisme, ni dans aucune tradition ou idéologie particulière.
Pauvreté et illétrisme : difficile de faire dans la pédagogie avec ça. Mieux nantis et plus cultivés, les Occidentaux se tournent vers les frissons du barebacking (et là le Vatican n’y est vraiment pour rien), de quoi être pessimiste non ?
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religions & mysticisme (religions & mysticisme)
> Drapeaux en berne à la Cram : ahurissant et consternant !
Deux remarques :