lundi
13 février 2012
09h30 : APPEL AUX INDIGNé-E-S DES SUPPRESSIONS DE POSTES ET DE CLASSES DANS L’éDUCATION NATIONALE
mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
Ca faisait longtemps qu’on avait pas vu une manif si grosse à Paname ! Alors évidemment des drapeaux palestiniens partout, des drapeaux israéliens avec une croix gammée…
Quelques cortèges des orgas « traditionnelles », sud, le pcf, le poi – parti ouvrier indépendant (pour ceux/celles qui ne le savent pas encore et qui se le demandent, c’est le nouveau nom, mais pour un même contenu, du pt). La cga fait entendre un propos plutôt intéressant, le tract qu’ils/elles diffent appelant à une solidarité de classe face aux états, aux intérêts économiques bourgeois et aux fondamentalismes religieux. Ca reste assez cadré idéologiquement, et dans le discours quand même. Sinon bien sûr essentielement des assoc ou des groupes musulmans. Avec des discours plus ou moins ouverts…
Certains appelant le peuple d’israël à entendre raison, comme un appel à la paix, et pas à la guerre sainte pour arrêter le massacre. Mais aussi des discours assez graves je trouve : glorification de la femme palestinienne qui élève les enfants et joue le repos du guerriers, un discours bien sexiste et patriarcale quoi, sinon la glorification des enfants martyrs, morts ou vivants. Et puis quand les premiers affrontements entre flics et manifestants (alors pour ce que j’ai vu essentiellement des jeunes « de banlieue »)éclatent, des discours comme quoi ces gens là ne sont pas de la manif, ils ne servent pas la cause de la palestine, et ne veulent même pas le faire. Et qu’il faut respecter les forces de l’ordre de la république fRANCaise…
Arrivé à Nation, toutes les issues sont bouclées par des crs. Les orgas appellent à la dispersion par le métro, alors que juste à côté y en a pas mal qui attendent justement ce moment pour pilonner les flics, avec des bâtons et des petites pierres ou des cannettes (enfin moi je n’ai pas vu plus). Les flics sont quand même sous tension, un groupe de baceux fait quelques sorties pour attraper ce qu’il peut, et la tactique générale est plutôt à faire tourner les groupes d’émeutiers autour de la place jusqu’à ce qu’ils se dispersent par le tro mé. C’est plutôt marrant de voir d’autres tronches que les copains d’habitude, qui sont là aussi bien sûr. Le problème c’est que la plupart n’est pas trop rodé aux situations, et résultats tout le monde s’enfuit à chaque charge des keufs, résultats ils se servent comme ils veulent parmi nous. Autrement y aura quand même quelques abri bus pétés. Je me suis barré vers 19h, je sais pas s’il s’est passé grand-chose ensuite, ça paraissait plutôt toucher à la fin en tous cas.
Deux trois mots quand même pour finir : bon déjà c’est clair que le discours et la méthode on va dire fondamentaliste, assez religieux a pris un poids vraiment énorme par rapport à samedi dernier. C’est plutôt chiant je trouve, mais ça a pas empêché l’émeute de se passer. Et surtout je dirais pour beaucoup de « jeunes de banlieue », de pouvoir prendre l’initiative, d’attaquer la flicaille et l’état et de plus être la victime. On sentait que pas mal d’entre eux/elles, d’entre nous en fait, éprouvait cette sensation de puissance, qui est à mon avis bonne, qui peut décomplexer pour les conflits futurs : c’est toujours ce truc de l’émeute qui te fait prendre conscience que c’est possible. Mais qui est aussi problématique parce que pour beaucoup on pouvait faire ce qu’on ne savait pas faire. Et puis y avait une bonne ambiance à ce moment là, ouverture de la possibilité de parler justement entre opinions différentes sur l’émeute et l’affrontement comme mode d’action. On pourrait regretter que peut-être aucune rencontre réelle ne s’est produite alors (j’en sais rien, mais j’ai pas vraiment eu l’impression), on a pu sortir de nos dissociations mentales et de nos positions sociales (de classe sociale, d’origine, de genre), expérimenter un contact ouvert et spontané. Pour moi l’enjeu est là : c’est bien la base du mouvement réel qui semble s’annoncer que cette ouverture des uns aux autres, en vue de créer des liens eux aussi réels. En gros, c’est dans ce moment où on est sorti des discours militants et des cadres officiels de la manif que réellement quelque chose s’est joué de l’ordre d’une rencontre. Même si les conditions de l’affrontements étaient quand même maîtrisées, au sens spatiales, si c’était prévu d’avance qu’il y aurait affrontement, et que justement tout avait été fait pour maîtriser le où et le quand, on a fait l’expérience de quelque chose d’autre dans la lutte. Et là elle était dirigé contre les « forces de l’ordre de la république » justement, et surtout elle aura été le lieu et le moment d’une rencontre.
Je pense que l’enjeu pour l’avenir est justement dans la fuite des rapports de force et des conflits prévus à l’avance par l’état, et par notre espèce aussi de doctrine idéologique du combat contre les flics, de l’émeute. Doctrine parce que finalement on ne fait plus que ça, sans réfléchir à ce à quoi ça sert. Sortir donc, emprunter ces lignes de fuite pour porter le combat ailleurs. En nous-mêmes, pour qu’ils soient ensuite réellement collectif.