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visite mouvementée de nicolas sarkozy à saint lô

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Départ de Caen à 7h10 par le train qui file vers Rennes. Arrivé à Saint Lô à 8h15, nous prenons la direction de la maison des syndicats située dans le quartier de la Dollée. Non loin de la rue qui y mène , nous pouvons apercevoir les premiers fourgons de gendarmes mobiles. A la maison des syndicats, il y a déjà beaucoup de monde qui se réchauffe avec du vin chaud. Sur les coups de 8h45, le secrétaire départemental de la FSU annonce à la sono que nous allons partir en manifestation afin d’atteindre l’école Calmette et Guérin que doit visiter Sarkozy. Près de 500 personnes prennent alors la direction du centre ville.

En passant non loin de la place du champ de mars, on peut observer le premier barrage de CRS. Le cortège passe devant et se dirige vers la rue Octave Feuillet afin d’aller rejoindre les lycéens de Pierre et Marie Curie. Mais une petite dizaine de policiers locaux empêchent le cortège de s’engager dans la rue. Un policier prend par le bras une manifestation et la repousse violemment ; quelques manifestants s’interposent. Un responsable syndical va parler avec les policiers afin qu’ils laissent le cortège passer. Ces derniers refusent car ils ont reçu des consignes. L’arrivée d’une commissaire ne change pas la donne. Du coup, les manifestants descendent la rue Havin et prennent la rue suivante pour retrouver la rue de la Marne.

Une fois engagés rue de la Marne, les manifestants sont arrêtés une première fois par la voiture de la commissaire qui veut faire comprendre que l’accès aux abords de l’école est impossible. Les manifestants n’en tiennent pas compte et continuent leur défilé. Au passage, la voiture de police prend quelques coups sur la carrosserie. Quelques centaines mètres plus loin, un fourgon avec des policiers en tenue de maintien de l’ordre se posent sur un rond point afin de bloquer les manifestants. Une fois à leur niveau, la commissaire tente une nouvelle fois de faire entendre raison aux manifestants mais leur détermination est grande. Du coup, le cortège continue de remonter la rue de la Marne jusqu’à la rue du Burel où un important dispositif de gendarmes est mis en travers de la route. Cette fois-ci, les manifestants ne peuvent pas aller plus loin. Plusieurs responsables syndicaux tentent quand même de négocier un accès à l’école mais les autorités policières et préfectorales ne le veulent pas. Visiblement, le préfet aurait indiqué à des responsables syndicaux que la manifestation aurait pu aller jusqu’aux abords de l’école. Du coup, les syndicats présents, outrés par le comportement du préfet, décident de ne pas rencontrer Sarkozy comme il était prévu. Certains lycéens veulent quand même passer mais ils sont dissuadés par des militants plus âgés. Après plusieurs minutes, la majorité des manifestants reprennent la route de la place de la mairie afin de rejoindre la manifestation interpro.

Dès 10h15, une foule se masse sur la petite place de la mairie de la préfecture de la Manche. Beaucoup d’enseignants et de lycéens mais aussi des salariés des entreprises locales, une délégation de l’hôpital de Saint Lô et des anti-THT.

Ceux sont d’ailleurs ces derniers qui vont indirectement donner le coup d’envoi du jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre. Ils s’engagent dans la rue piétonne pour rejoindre la fontaine de la licorne. Un premier barrage de CRS les bloque momentanément mais sous la pression de la foule, les laisse passer afin de rejoindre un premier groupe de manifestants qui s’étaient postés face aux barrières. L’ambiance monte rapidement d’un cran car la foule est de plus en plus hostile envers les forces de l’ordre. On assiste aux premiers jets de projectiles. Certains lancent des chaussures. Les policiers répondent par des jets de gaz lacrymogènes et quelques coups de matraque.

Etant donné le blocage de la situation, beaucoup de manifestants décident de bouger autour de la place du champ de mars qui a été sanctuarisée. Ils passent par petits groupes par la rue du Neufbourg mais se retrouvent aussi rapidement bloqués par les gendarmes où les CRS. Il faut connaître les petites rues pour pouvoir contourner le dispositif policier. Néanmoins, cela n’empêche pas aux manifestants de s’étaler désormais tout autour de la place. Il n’y a qu’un seul endroit qui leur est inaccessible : celui réservé aux militants et sympathisants UMP (pas plus d’une centaine de personne).

Les manifestants circulent tout autour de la place se frayant des chemins au milieu des barrières et des camions des forces de l’ordre. Près de la salle de spectacle le Normandy, la tension monte soudain d’un cran quand les forces de l’ordre essaye d’élargir le périmètre de sécurité afin de préparer l’arrivée du cortège présidentiel. Des coups de matraques et de boucliers sont donnés à des lycéens. Ils sont finalement repoussés sur le trottoir. Le cortège présidentiel arrive quelques minutes plus tard sous les hués et les quolibets des personnes présentes. Quelques échanges virils ont lieu entre policiers et manifestants. Peu après, un caennais est interpellé juste derrière le Normandy sans motif apparent.

Pendant que toute cette clique discute dans le centre culturel, l’attente se fait longue pour les manifestants. Côté Normandy, les gendarmes mobiles repoussent les manifestants sur plusieurs mètres sans raison. Ils ne se laissent pas faire mais un lycéen est interpellé alors qu’un autre en réchappe grâce à l’aide de ses camarades qui ont réussi à l’extirper des mains des gendarmes. Une personne d’âge mure a failli aussi se faire arrêter car elle gueulait contre l’attitude des gendarmes. Le long des barrières, certains tentent de tester la vigilance des forces de l’ordre en poussant les barrières. Ils réagissent toujours très rapidement. Après le départ de Sarkozy, deux personnes sont interpellées car elles jouaient trop avec les barrières selon les forces de l’ordre.

L’accès à la place du champ de mars est enfin rendu aux habitants de Saint Lô et aux manifestants qui l’investissent. Plusieurs appels sont lancés pour se diriger vers le commissariat afin de soutenir les 8 interpellés. Arrivés aux abords du poste de police, les policiers perdent leur sang froid et arrosent les manifestants de gaz lacrymogènes. Les CRS et gendarmes mobiles convergent alors en masse vers l’hôtel de police et forment un cordon qui empêchent les manifestants d’y accéder. Des slogans de solidarité sont scandés afin d’être entendus par les personnes arrêtées. Des responsables syndicaux tentent de négocier avec la police la libération des manifestants mais n’y arrivent pas. Même les journalistes ont peu d’information quant à la situation des personnes interpellées. Après une demi heure, plusieurs manifestants quittent la rue des Noyers pour se rendre à la mairie.

Quelques personnes arrivent brièvement à entrer dans l’enceinte de la mairie mais se font vite déloger par les CRS. Il y a encore quelques 150 personnes place de la mairie. Ils font des aller et retour entre la mairie et le commissariat. Profitant de l’inattention de certains, les policiers procèdent à deux nouvelles interpellations pour "ivresse publique". La tension monte. Puis alors que les manifestants tentent d’avoir des explications de la part de la police, la BAC procède à une nouvelle interpellation sur le coin de la place. Rapidement, les manifestants se dirigent vers eux. Les amis de la personne interpellée veulent le faire sortir mais les policiers restent intransigeants et se montrent menaçant et cassant envers les personnes présentes. Etant donné que la voiture de la BAC était encerclée, ils font usage de gaz lacrymogène pour se dégager et des renforts arrivent et matraquent tout ce qui bouge. Les coups sont d’une rare violence mais certains policiers s’en prennent aussi.

Finalement, il y a eu 14 interpellations et 8 blessés (dont 2 policiers) lors de cette journée bien particulière.


publié le 13 janvier 2009  |   Imprimer

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