mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
Puisque nous sommes amenés régulièrement à être les sacs de frappe des cognes de la République, pour la simple et bonne raison que nos idées et modes d’action sont radicalement opposés à la subsistance du système tel que nous le connaissons, il nous semble de plus en plus opportun de nous informer et d’informer sur les pratiques policières des milice du pouvoir.
Par nos observations et notre omniprésence dans le milieu militant, nous avons pu constater au gré des manifestations et mobilisations combien les forces de police sont efficaces pour rendre le désordre social organisé. Nous avons pu nous rendre compte également combien les pratiques policières sont toujours plus sournoises et discrétionnaires, toujours plus attentatoires à nos libertés d’opinion et d’expression. Un certain nombre de réformes et réorganisations des services de police a fait émerger des fonctions policières qui restent pour nous relativement opaques, même si les fonctionnaires qui occupent ces fonctions ne nous sont pas inconnus. Nous les voyons, nous les connaissons, mais nous ne savons pas réellement quel est leur statut. Nous pouvons seulement distinguer de visu quel rôle ils jouent et parfois en savoir davantage, par nos observations.
Ce que nous pouvons néanmoins constater, c’est qu’une part importante du travail policier se concentre sur le renseignement et que de ce fait même un grand nombre d’agents de police se fondent dans le décors, se camouflent, se font passer incognito pour pouvoir s’immiscer dans nos mouvements et nous observer de l’intérieur. Avec Michelle Alliot Marie, on a assisté à la naissance de la Sous-Direction de l’Information Générale (SDIG), sorte de consensus entre les anciens Renseignements Généraux (RG) et les polices militaires de type Stasi/Gestapo, qui s’est accompagnée d’un changement de méthodes, mettant en avant la séduction et l’entrisme pour soutirer au milieu militant toutes les informations nécessaires à la mise en fiches des agitateurs et meneurs potentiels. Cette évolution vers des méthodes anticipatrices, qui visent à détecter a priori les prédispositions à la délinquance et à l’insurrection, est tout à fait révélatrice d’un système qui évolue vers le totalitarisme en voulant contrôler et prévoir scientifiquement le conflit avant même qu’il ne se rende visible. Cette logique policière totale, qui se construit par la systématisation des moyens électroniques de surveillance et de fichage, est omniprésente dans l’idéologie sécuritaire des Etats contemporains.
On peut même aller beaucoup plus loin dans l’analyse de cette évolution en se demandant si ces méthodes ne sont pas également très eugénistes, voire hygiénistes, puisqu’il s’agit de repérer les "tumeurs" sans se salir les mains : on classifie les personnes selon leur origine, couleur de peau, sexe, orientation sexuelle et opinions politique et religieuse, puis on notifie leurs comportements jugés marginaux, anormaux, voire déviants, avant d’intervenir de façon ciblée, par une frappe chirugicale. Au premier faux-pas, le "déviant" est localisé, neutralisé, puis amené devant la justice avec tous les éléments à charge anotés contre lui depuis un certain temps (travail des renseignements de la police) dans le fichier le concernant, comme ce fut le cas pour Julien Coupat dans l’affaire de Tarnac.
Dans cet engrenage sécuritaire, il est de plus en plus de policiers en civil qui sont là pour nous mettre en boîte et nous profiler, et beaucoup d’entre nous ne se méfient pas suffisament de leur présence, voire ne les remarquent même pas. C’est pour cela qu’il me semblait bon de leur faire une place spéciale dans un article en leur (dés)honneur…
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Bien à vous,
Eunous