mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
Connue sous son pseudonyme "Zetkin", une institutrice de 50 ans, militante communiste, mène depuis plusieurs années une chasse aux flics dans les rues de Calais, tentant à sa manière de lutter contre le n’importe quoi policier et contre la traque féroce à laquelle se livrent les forces de police à l’encontre des migrants du littoral. Avec ses clichés désormais bien connus des lecteurs d’Indymedia Lille, elle nous livre donc régulièrement des compte-rendus acides sur les tristes activités de la police nationale. Si sa liberté de ton déplait parfois et qu’il lui arrive de condamner avec acharnement certains humanitaires, on peut néanmoins lui attribuer le mérite de nous montrer à quoi ressemble la France de Sarkozy, la France bleue marine dont rêvent les néo-cons de la droite ultralibérale, et de décrire la situation calaisienne avec un regard politique et radical qui fait trop cruellement défaut.
Calais, zone de non droit, c’est ce que ces fameux clichés ne nous montrent que trop bien. Et même si la violence ne s’étale pas sur ces photos, elles nous rappelent qu’à Calais les CRS et la PAF se laissent aller en permanence à un immense jeu de chasse à l’homme, dont les simples badauds ne sont le plus souvent pas témoins tant les violences se déroulent dans les angles mort de la ville. Les migrants de Calais n’oublieront jamais les vaporisations de gaz lacrymogène à l’intérieur de leurs cabanes, ils n’oublieront pas les courses poursuite et les coups de matraques, ils n’oublieront pas l’humiliation et les insultes de la bouche des policiers, ils n’oublieront pas le harcèlement permanent dans les rues et les bois de la ville, ils n’oublierons pas les chiens et les cellules du centre de rétention de Coquelles ; où que leurs chemins les mèneront, ils se souviendront de cette triste et violente parenthèse dans leur exil occidental…
Zetkin sait tout cela mieux que quiconque, car elle est de ceux qui accompagnent les migrants jusqu’aux bois où ils sont installés, parce qu’elle les côtoie au delà des heures ou certains estiment que le danger les guette, parce qu’elle ne cesse de suivre frénétiquement ceux qui incarne la France xénophobe de nos dirigeant actuels, ces flics teigneux et agressifs qui font la loi et qui ne perdent aucune occasion de bafouer les droits humains qu’ils devraient garantir.
C’est d’ailleurs pour cela que Zetkin est poursuivie par la justice, accusée par deux CRS d’outrage et rébellion, alors qu’elle les filmait dans l’accomplissement de leurs basses œuvres. Empêchée de filmer, accusée de les avoir insulté, elle se retrouve devant une cour qui ne veut rien entendre et la jauge d’un regard hautain. Nous étions une quinzaine à être venus la soutenir à la Cour d’appel de Douai ce jeudi, et si aucun jugement n’a été rendu, nous avons pu néanmoins constater avec quel mépris les magistrats jugent son dossier et ne lui laissent jamais la parole pour assurer sa défense. L’avocat des parties civiles, choisi par le ministère de l’intérieur pour assurer la défense des deux CRS, s’est contenté de jacqueter et de prétendre avec mauvaise-foi que le serment prêté par les cognes au moment de leur mise en fonction suffisait à garantir leur probité, allant jusqu’à prétendre que la police à Calais ne se montrait jamais aggressive. Zetkin écopera probablement d’une peine de prison avec surcis, assortie d’une amende. Reste à savoir combien elle devra payer. Lamentable mascarade que ce procès à charge, qui ne fait que s’ajouter à une série d’inculpations visant à mettre à mal la solidarité que nombre de français exercent à l’égard des migrants.
Encore la semaine dernière, Monique Pouille de Terre d’Errance, interpelée à son domicile, devait répondre d’accusations d"aide au séjour irrégulier" pour avoir porté assistance à des hommes et femmes que l’Etat français et l’Europe entière traîne chaque jour davantage dans la boue. Et avant elle, Jean-Claude Lenoir de Salam, accusé comme Zetkin d’outrage pour avoir simplement contesté l’impunité et la violence des cognes. Pour sa part, il avait été jeté à terre et mis torse nu en pleine rue, comme s’il constituait une quelconque menace pour la virilité et la puissance de ses détracteurs.
La vérité est que les forces de police de nos pays sont confortées dans leur bestialité et incitées à agir comme des androïdes dépourvus de raisonnement, dont la seule fonction reste de protéger un système et son idéologie de toutes formes de remise en question, qu’elles soient volontaires ou implicites : tous ceux qui sortent des normes et s’opposent par leur existence au cadre des lois, constituent un élément à éradiquer, par l’incarcération, l’expulsion ou l’endettement.
Les juges, avec leur rigidité toute bureaucratique, leur insensibilité et leur intransigeance, constituent le bras armé d’un régime toujours plus sécuritaire. En disculpant les policiers de leurs faits de "sauvagerie républicaine", ils contribuent à exacerber les tensions qui feront exploser le système de valeurs auquel ils sont si dévoués et favorisent le développement de l’insurrection en germe.
Tout ça finira mal…
Plus les flics se comporteront comme des criminels, plus ils se feront - légitimement - insulter.
TOUT MON SOUTIEN A ZETKIN !
Voir l’explication de Zetkin sur Rue89.
Cet article sur www.dissidence-nordiste.org
Eunous