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l’éthique des États-Unis dans le financement d’enquêtes académiques au Mexique
L’effet Demarest :
l’éthique des États-Unis dans le financement d’enquêtesacadémiques au MexiqueLes Expéditions Bowman, le projet de cartographie Mexico-Indigène, et laSociété Géographique Américaine réunissent des renseignements préventifsmilitaires, en commençant par l’Etat d’Oaxaca.Le 23 octobre 2006, le Lawrence Journal World, ou LJ World, a publié unarticle qui a mis silencieusement à jour un scandale à l’Université duKansas située à Lawrence, au Kansas.
En 2005, le département de géographiede l’université a reçu au moins 500 000 dollars de fonds du ministère dela Défense pour cartographier les terrains communaux indigènes sur lesétats mexicains de San Luis Potosí et Oaxaca.
Le résultat de cette histoire : le 26 novembre 2007, elenemigocomun.net apublié un article de suivi sur le scandale du financement, appelé "LeChemin de l’Enfer", qui met l’accent sur les possibles dommages quepeuvent provoquer ce type de projets de cartographie financés par l’armée.
Depuis la publication de cet article en 2007, moi (Simón Sedillo) ainsiqu’un nombre croissant de membres de communautés et d’étudiants de chaquecôté de la frontière Mexique / États-Unis, avons commencé à enquêter defaçon poussée sur les détails de ce projet de recherche spécifique. Notrepréoccupation croissante se tourne vers le non-respect de l’éthiqueacadémique, dû au manque de transparence vis-à-vis des communautés quantau financement, ainsi qu’à des violations successives de la souverainetédu Mexique et de l’autonomie indigène de la part de l’armée desÉtats-Unis. En conclusion de l’enquête collective que nous avons effectuéel’année dernière, plusieurs pièces-clés prouvent de façon irréfutablel’existence de violations tant de l’éthique académique que de lasouveraineté du Mexique et de l’autonomie indigène.
Le Scandale
Les professeurs de géographie Peter Herlihy et Jerome Dobson, del’Université du Kansas, se sont vu attribuer un financement de la part duBureau d’Études Militaires à l’Étranger (FMSO en anglais) pour leur projetde cartographie appelé "Les Expéditions Bowman".
Ce bureau est situé surla base militaire de Fort Leavenworth, à Leavenworth au Kansas. La facette mexicaine de ce projet s’appelle "México Indígena" (le Mexique indigène) ;en 2005 a été entamée la cartographie d’une région indigène connue sous lenom de "Huasteca", située en partie dans l’état de San Luis Potosí.L’activité s’est ensuite déplacée vers l’État d’Oaxaca, au cours dusoulèvement populaire local de l’APPO (Assemblée populaire des peuplesd’Oaxaca) en 2006.
Le 14 février 2009, l’UNOSJO (Union d’organisations de la montagne Juárezd’Oaxaca) a fait paraître un communiqué dans lequel elle exprime sapréoccupation devant le biopiratage du projet de cartographie MexiqueIndigène, et assure que les communautés ont été arnaquées, ne se doutantpas que l’un des donateur principaux du projet était le FMSO. L’UNOSJOdénonce un manque de transparence flagrant, et soupçonne par ailleurs desliens avec le controversé Système de Cartographie du Territoire Humain del’armée étasunienne. Il existe d’ailleurs des preuves significatives del’implication du FMSO dans ce qu’il appelle lui-même la "Gestion del’Information Civile en Soutien aux Opérations de Contre-Insurrection".Les réponses officiellesSuite à la parution de l’article d’elenemigocomun.net,
le Mexique indigènea publié une réponse officielle aux préoccupations provoquées par cefinancement militaire. Depuis, le scandale s’étend et plusieurscommunautés indigènes et organisations d’Oaxaca exigent des réponses.Pourquoi n’ont-elles pas été informées du financement par l’armée ?Comment l’armée compte-t-elle utiliser ces cartes ? Et tout cela est-ilseulement éthique ?Face à ces dossiers internationaux sérieux, autant l’équipe de MexiqueIndigène que le professeur de géographie de l’Université de Kansas JeromeDobson et la Société Géographique Américaine (AGS en anglais), dont M.Dobson est le président, ont publié chacun de leur coté des déclarationssur cette situation.
Chacune de ces déclarations assure de latransparence, des normes éthiques et des meilleures intentions du mondepour la cartographie des populations indigènes. L’AGS va même plus loin enniant tout lien avec le Système de Cartographie du Territoire Humain del’armée des États-Unis.
Les Contradictions
Avant tout, les Expéditions Bowman tirent leur nom du père del’exploration et de l’imposition géographique nord-américaine, IsaiahBowman. Une nouvelle biographie de Bowman, écrite par Neil Smith, L’EmpireAméricain : le Géographe de Roosevelt et le Prélude à la Mondialisation,dévoile un académicien raciste et arrogant qui a utilisé sa science etl’académie pour faire avancer des impositions impérialistes et économiquesdans le monde entier.
Dans ses écrits, Smith affirme que Bowman a capturéplusieurs indigènes Quechua et qu’il les a utilisés comme "mulets" lors deses explorations au Pérou qui l’ont amené à la "découverte" de Machu Pichu.
Ceci n’est qu’un des nombreux exemples illustrant la nature arrogante du géographe.L’UNOSJO déclare que ni elle, ni les communautés qu’elle représente, n’ontété mises au courant que le FMSO était impliqué financièrement derrière leprojet Mexique Indigène. Lors de la seconde conférence de presse del’UNOSJO le 19 février 2009, Aldo González a ajouté qu’au départ,plusieurs communautés d’Oaxaca avaient refusé d’accueillir ce projet surleur territoire : en effet, quelqu’un a remarqué le logo du FMSO surcertaines cartes de démonstration utilisées pour promouvoir le projet.
Aldo continue en affirmant que dans les communautés de l’UNOSJO, lescartes de démonstration ne comportaient plus le logo du FMSO, et qu’àaucun moment cette source de financement ne leur a été mentionnée.Sur les rapports de Mexique Indigène publiés en 2008, les coordinateursexpriment une fois de plus clairement : "Nous (l’équipe de MexiqueIndigène) continuons à explorer les meilleurs manières de rendre claire lacomplexe information géospatiale nécessaire pour comprendre le "panoramaculturel" ou "terrain humain" dans un format facile à utiliser etaccessible pour le web".
Sur le site internet du professeur de géographie de l’Université de Kansas aussi, Peter Herlihy déclare la chose suivante :« Notre base de donnée GIS à échelle multiple vise à créer le panoramaculturel digital (aussi appelé "terrain humain" du Mexique Indigène. »Les membres de l’équipe de Mexique Indigène sont allés en Colombie avecdes agents du FMSO.
En Colombie, les utilisations de contre-insurrection et de stratégie militaire de ce type de projet de cartographie ne peuventpasser pour altruistes. Personne ne peut imaginer une "belle etheureuse" cartographie de terres en Colombie aux mains de l’armée des Etats-Unis.
Alors, ou c’est Mexique Indigène qui ment, ou ils se fontpasser pour des "idiots" (ils font les sourds ??), mais lesimplications et les intentions du projet ne pourraient être plusévidentes.Le facteur DemarestLes expéditions Bowman ont été subventionnées par le FMSO, dont la baseest le Fort Leavenworth. L’officier en charge des Expéditions Bowman estle lieutenant-colonel Geoffrey B. Demarest. C’est le chercheur du FMSOpour l’Amérique latine.
Pendant sa carrière militaire, qui a duré 23 ans,le Dr. Demarest a servi dans beaucoup de missions latinoaméricaines. C’esten plus un gradé de l’École des Amériques de l’armée des États-Unis. Il asuivi les cours de Représentation militaire, Officier des airesétrangères, Stratégies de défense, en plus d’avoir suivi les cours del’Institut du Langage du Département de la Défense, entre autres. Il aécrit de nombreux articles au sujet des "conflits internes", en prenanten compte "la superposition des responsabilités policières et militairesen Amérique Latine". Le premier livre de Demarest, Géo-propriété,considère la propriété géographique comme une affaire de sécuriténationale et de stratégie militaire.
Ces centres d’intérêt académiquesincluent les "menaces urgentes" et les réponses qui y sont données, les"nouvelles alliances stratégiques", "l’Histoire militaire" et le"droit international". M. Demarest est Docteur en Études internationalesdu troisième cycle des Études internationales de l’Université de Denver,et a exercé, par le passé, la profession d’avocat.
En tant que professeur,Demarest parle publiquement de la légalité de l’espionnage.Le Bureau des Services Militaires à l’Étranger (FMSO) est un centre derecherche et d’analyse qui opère sous les ordres du Commandementd’Entraînement et de Doctrine de l’armée étasunienne, sous-direction desemployés G2 (rang gouvernemental d’intelligence).
Le FMSO administre etdirige le Centre d’Intelligence de Réserve Conjointe (JRIC pour ses siglesen anglais) du Fort Leavenworth et développe des programmes analytiques ense focalisant sur les menaces asymétriques et urgentes ainsi que desdéploiements militaires de sécurité régionaux, et d’autres thèmes quiévaluent les environnements opérationnels dans le monde entier. Lesmenaces asymétriques sont définies comme étant des organisationsterroristes ou des armées de guérilla insurgées.
Les menaces urgentes,quant à elles, regroupent les phénomènes sociaux et en particulier lesmouvements sociaux.Les six essais rendus publics et écrits pas le Lieutenant Demarest du FMSOsont la preuve principale des intentions sinistres des Expéditions Bowman.
Les livres de Demarest Intelligence tactique et conflit de basseintensité (1), Les implications stratégiques du Droit International (2),Projet de cartographie de la Colombie : la corrélation entre l’informationgéographique et la stratégie (3), Géopolitique et conflit armé urbain enAmérique Latine (4) et La superposition de l’armée et de la Police enAmérique Latine (5) contredisent toute déclaration publique sur lesprincipales intentions exprimées par l’équipe de Mexique Indigène, desexpéditions Bowman ou de la Société Géographique Américaine.Demarest a également publié un livre entier intitulé Géo-propriété :affaires étrangères, sécurité nationale et droits à la propriété, il esten vente libre à 150 dollars environ.
C’est ce texte qui exprime en détail l’opinion de Demarest sur les fins militaires des Expéditions Bowman, doncdu plan Mexique Indigène. Un septième ouvrage, écrit par le Major du FMSO,José M. Madera, réserve de l’armée des États-Unis, est intitulé Manouvred’information civile en soutien aux opérations de contre-insurrection : uncas pour utiliser le Système d’Information Géospatial en Colombie. Il ydécrit de manière détaillée l’utilisation d’information GIS de sourceouverte et d’information géographique pour l’Intelligence et la Contre-insurrection, dans le cadre de ce que le FMSO appelle le Contrôlede l’Information Civile. Il est important de noter que la majeure partie de l’information apportée par ces publications se réfère à l’utilisation des données géographiques pour les opérations militaires étasuniennes en Colombie.
Ces opérations militaires sont financées par les impôts descitoyens au travers d’une subvention connue sous le nom de Plan Colombie.Plus récemment, le gouvernement des États-Unis a voté pour une opérationsimilaire au Mexique, plus connue sous le nom d’Initiative Mérida. Lescommunautés et les organisations sociales ont surnommé cette initiativePlan Mexique. Les deux subventions utilisent l’argument du trafic destupéfiants pour continuer à militariser les communautés. Le Plan Colombien’a donné pratiquement aucun résultat ces dix dernières années.
Ces sept ouvrages du FMSO et le livre de Demarest nous exposent uneéthique, une attitude et une stratégie militaire particulièrementsinistres quant au contrôle des populations pauvres, indigènes, ainsi quedes réfugiés en général. Ces pratiques, en particulier, incluent la dévalorisation systématique de n’importe quelle forme d’autogouvernementet d’autodétermination indigène.
L’identité culturelle en tant que telleest considérée comme un obstacle à la prospérité. Les formestraditionnelles d’utilisation des terres communales et des droits qui yont trait ou, selon les mots de Demarest "l’utilisation informelle des terres", sont spécifiquement identifiées comme un premier obstacle auprogrès et à la sécurité nationale. Les livres de Demarest soulignent queles propriétés informelles, urbaines ou rurales, sont les terrains decroissance des activités criminelles ou insurgées.
Les solutions que prône Demarest pour résoudre le problème de sécurité quepose "l’utilisation informelle des terres" et la pauvreté en zonesurbaines et rurales est la dévalorisation, la ségrégation et la criminalisation systématique de ces communautés.
Celles-ci incluent autantdes quartiers aux toits de tôle ondulée en périphérie des villes, que desterres de cultures communales indigènes, ou des ghettos urbains avec des files et des files de propriétés en location. Dans sa vision globale des dépossédés, Demarest considère les communautés indigènes pauvres responsables de la ségrégation pour leur propension à l’activitécriminelle et à l’auto-organisation.
Il s’inquiète particulièrement de la criminalité dans les grandes zones de dépossédés parce qu’elles seconvertissent en zones autonomes, gouvernées à part. Demarest va jusqu’à admettre que même si cette perception, cette stratégie, n’est anifestement pas acceptable aux États-Unis, il est absolument cohérent del’employer à grande échelle pour les peuples d’Amérique latine.
Cependant,il est douloureusement évident que les attitudes et les stratégiesexprimées par Demarest sont en relation directe avec les systèmes dedéplacement de population urbaine qu’il y a aussi dans les quartierspauvres aux États-Unis.Demarest affirme que la privatisation de la propriété privée est la clé dela stabilité, de la prospérité, du progrès et de la sécurité en AmériqueLatine ; et que les titres de propriétés officiels des terres mènent aucontrôle et au gouvernement effectif de la terre et de ses habitants.
Dansla proposition de Demarest sur la propriété et la sécurité, la propriétéprivée effective de grande valeur doit être protégée des communautésvoisines, potentiellement instables et pauvres, au moyen d’un phénomènequ’il décrit comme une "architecture de contrôle". Il conclut quel’usage non officiel et non régulier de terres doit être privatisé pourque règnent la sécurité et la prospérité. Du début à la fin, l’analysestratégique de Demarest sur la propriété privée définit les terrescommunales des paysans indigènes d’Oaxaca au Mexique et la propriété enlocation des travailleurs pauvres de Los Angeles, comme des entraves au progrès, au développement et à la sécurité.
Demarest définit les troubles de Los Angeles de 1992 comme une réussite de ce qu’il appelle "l’architecture de contrôle", où le secteur financier a su s’isoler avecsuccès des masses révoltées, ne subissant que des dommages minimes sur les propriétés de valeur.
De la protection de bien fonciers de grande valeur, jusqu’au déplacementsystématique de communautés pauvres pour obtenir la propriété privée,formelle et en bonne et due forme du territoire possédé "de façon informelle" ; Demarest place les Expéditions Bowman, le projet MexiqueIndigène, les professeurs de géographie de l’Université du Kansas, et l’AGS dans une embrouille éthique inconfortable.
Plus encore, le Lieutenant Colonel Geoffrey B. Demarest et le FMSO mettent toute l’académie desEtats-Unis dans un bourbier qui nécessite une solution immédiate.Une question au sujet de l’éthique à l’intention de tous, pas seulementdes soldats et des académiciensA l’heure actuelle, sous une ère présidentielle nouvelle et historique,les citoyens américains se trouvent dans une position unique pourréfléchir au passé immédiat et identifier une série d’erreurs très graves.
Il peut être vraiment facile de d’abord montrer du doigt l’arrogance et la volatilité du gouvernement de Bush, il est toujours plus difficilepourtant de déterminer la culpabilité des citoyens moyens dans leuroccupation quotidienne, en commençant par l’apathie, l’arrogance et toutce qu’il y a entre les deux. Certains Nord-Américains ont légèrement protesté et ont résisté symboliquement face aux atrocités globales et à la diffamation nationale causée par la présidence de Bush.
Beaucoup d’autrescitoyens nord-américains se sont cachés derrière la honte d’un gouvernement fédéral prêt à s’impliquer dans des stratégies militaires,politiques et économiques peu éthiques et peu intelligentes, qui ontprouvé leur échec absolu aux yeux du peuple nord-américain.
Ces échecs ontaffecté les pauvres de façon disproportionnée, tandis qu’elles ont étébénéfiques aux magnats et à leurs institutions corrompues.Le monde entier, avec ses différents niveaux d’accès à l’éducation et àl’information, reconnaît l’erreur d’ignorer la souveraineté nationale,l’erreur d’imposer une seule façon d’interpréter le monde ou une seuleéconomie politique, l’erreur de s’impliquer dans des activités militaires « préventives », et l’erreur d’utiliser l’intelligence pour violer les droits humains et communaux les plus essentiels.
Peu importe l’éclat des excès et des crimes de George Bush, le peuple nord-américain surtout, etpas seulement son nouveau président, garde la sérieuse responsabilitéenvers lui-même et envers le monde, d’assumer ce qui s’est passé, ce qui doit se passer, et d’éviter que ces choses se reproduisent.
Les Etasuniens se le doivent à eux-mêmes pour sauver leur propre image.Le manque d’éthique des financements militaires pour les recherchesacadémiques peut paraître scandaleusement évident pour quiconque ayant unenotion de souveraineté, d’autonomie, de communauté ou d’autodétermination.
Malheureusement, après des générations de constante incitation à la guerreet à la peur, il est clair qu’il est chaque fois plus difficile au peuplenord-américain de comprendre cette simple contradiction. Peu importe lepenchant de chacun sur ce sujet : ce cas en particulier représente uneviolation évidente des codes éthiques pour n’importe quelle institutionéducative. Les citoyens nord-américains et les académiciens enparticuliers, devraient s’alarmer face à la perception que va avoir lemonde de cet incident et des scientifiques et citoyens nord-américains engénéral.
Ceux-ci peuvent-ils se permettre plus de dédain mondial sur leurpays ?Je n’ai normalement pas tendance à discuter ou débattre de l’éthique detoute activité militaire dans laquelle sont impliqués les Etats-Unis d’Amérique. Ce qui me préoccupe en particulier, c’est la façon dont cetteforce de combat est devenue chaque fois moins défensive et chaque foisplus préventive et offensive. En ce qui me concerne, c’est une raison degrande honte nationale.
Mais pour en débattre, et pour un hypothétiqueinstant, permettez-moi de défendre le droit d’une nation à se défendreelle-même. Le droit qu’a chaque nation, et mieux encore chaque communauté,de se défendre, ne devrait-il pas être guidé par une adhésion stricte àune série de règles, d’accords et de codes éthiques qui n’enfreignent pasde droits aussi essentiels que la souveraineté, l’autonomie,l’autodétermination, l’autogestion, l’identité et bien évidemment le territoire ?
Les Expeditions Bowman, le projet de cartographie Mexique Indigène, et laSociété Géographique Américaine sont en train d’aider le FMSO à réunir del’intelligence préventive militaire, en violant la souveraineté nationalemexicaine et l’autonomie indigène. Pire encore, ce type de collected’intelligence est une menace directe faite au peuple mexicain et à sondroit personnel à s’autodéterminer. Ce n’est pourtant pas une coïncidencesi Mexique Indigène et le FMSO ont choisi Oaxaca comme terrain"prototype" pour les Expéditions Bowman, durant l’été 2006. Ils ont choisi de cartographier des territoires indigènes possédés de "façon informelle", dans un Etat en plein soulèvement social populaire à la base indigène très forte.
Les attitudes exprimées dans les sept essais du FMSO, joints à cetarticle, et dans le livre de Demarest Géo-propriété, démontrent clairementune dévalorisation systématique de la culture et de l’identité indigènes,avec un mépris particulier envers l’autodétermination populaire,l’autosuffisance, l’autogestion, et surtout l’autonomie.
Pire encore, leFMSO montre une intention délibérée de discriminer, de marginaliser et decriminaliser de grandes proportions de la société humaine seulement pourleur pauvreté. Pour le FMSO, il est impératif que le territoire etl’espace occupé par les pauvres soit privatisé et régulé pour récolter lasécurité et le progrès. Face à cette stratégie militaire, politique etéconomique, il n’est pas surprenant que des millions d’indigènes, depaysans, d’ouvriers, d’étudiants, de maîtresses de maison, de mères,d’enfants, de travailleurs et de communautés dans le monde entier, aientcommencé à s’organiser et à s’entraîner avec de nombreuses stratégiesd’autodéfense de leur territoire, de leur identité et de leurautodétermination.
Notes:1. Intelligence Tactique et Conflit de Basse Intensité2. Pas encore traduit3. Cartographie de la Colombie : corrélation entre l’informationgéographique et la stratégie4. Géopolitique et Conflit Armé Urbain en Amérique Latine5. La Superposition de l’Armée et de la Police en Amérique LatineVidéos :. Interview avec Melchiades de Yagavila, 19 février 2009. Conférence de la UNOSJO S.C. sur le géopiratage à Oaxaca. Conférence de Presse de la communauté de Tiltepec de la Sierra Juárez deOaxacaPlus : México Indígena at elenemigocomun.net.
http://elenemigocomun.net/cat/mexico-indigena