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l’instrumentalisation de la lutte contre le racisme

L’instrumentalisation de la lutte contre le racisme, une manière de diviser le monde

La conférence du suivi de Durban

Genève 20 au 24 avril 09

par Mireille Fanon-Mendès France

Fondation Frantz Fanon

membre de l’UJFP

5 jours d’une conférence, très formelle sans aucune remise en cause de la façon dont certains pays l’ont boycottée ou ont tenté de le faire.

5 jours qui ont été l’occasion pour la plupart des Etats présents de focaliser, avec l’aide des media, l’attention du monde sur les propos du Président de l’Iran et qui ont permis aux pays européens, la France en tête, de quitter la salle des Assemblées, sous le regard ahuri des ONGs présentes. Rien, en effet, dans les propos du Président ne concernait la remise en cause de l’extermination juive.

Rien, sauf qu’ont été dénoncés le racisme et la xénophobie légalisés de l’Etat d’Israël à l’égard du peuple palestinien. Rien que de très exact. Curieusement, une demi-heure après l’intervention d’Ahmadinejad, le texte transmis par le secrétariat de la conférence contenait certaines phrases qui n’avaient été ni entendues ni traduites1...

De là à penser que tout était prévu d’avance il n’y a qu’un pas. En effet, Ahmadinejad avait rencontré juste avant de prendre la parole, la Haut commissaire aux droits de l’Homme, Madame Navi Pillay. Renseignement pris, il avait été convenu qu’il ne tiendrait aucun propos négationniste. Il a tenu, le temps de sa déclaration, ses engagements.

Dès lors, comment le secrétariat a-t-il pu distribuer un texte en parti non prononcé ? Quel jeu, dans cette partition, a joué la conférence et plus largement le Haut commissariat des droits de l’homme, organe subsidiaire de l’Assemblée générale des Nations unies ?

Il suffit de signaler aussi que contrairement à Durban en 20012, où les Etats avaient accepté qu’il y ait un forum des ONG, lors de la conférence de suivi, à Genève, aucun forum n’a pu être organisé. Il a fallu la volonté de quelques ONG3 pour imposer un forum de la société civile qui n’a existé qu’en amont de la conférence, sur une durée de 3 jours. Ce forum a émis une déclaration finale qui n’a pu être transmise aux Etats. Ces derniers avaient refusé, avec la dernière énérgie, l’existence d’un forum des ONG au prétexte que c’étaient elles qui avaient fait échoué le processus de Durban.

Or, ce qui s’est joué à Durban4 n’était ni plus ni moins que l’instrumentalisation du racisme à des fins de division du monde. D’un côté les soutiens de l’Etat d’Israël, dont de nombreux pays occidentaux mais aussi arabes et africains, et de l’autre ceux qui affirment que le racisme et la discrimination sous toutes leurs formes, la xénophobie et l’intolérance associée doivent être combattus partout dans le monde afin de gagner l’universalité des droits humains pour toutes et tous.

C’est sur cette rupture que les Etats occidentaux et leurs alliés voulaient renforcer la division du monde. C’était compter sans la volonté des ONGs, de certains Etats et celle de Mary Robinson5, grâce à qui, malgré la violence des Etats, il a été possible d’obtenir la Déclaration et le Programme d’action de Durban6.

Durant tout le processus de préparation de cette conférence de suivi, les Etats occidentaux n’ont eu de cesse de le faire échouer. L’antisémitisme a été porté sur le devant de la scène de façon à paralyser tous les Etats qui auraient quelque vélléité de critiquer la politique raciste, discriminatoire et xénophobe de l’Etat d’Israël à l’égard aussi bien des citoyens palestiniens de 1948 que des Palestiniens des territoires illégalement occupés.

Ainsi, si cette volonté se manifestait alors il était facile à ces Etats de demander l’annulation, pure et simple, du processus de suivi du dit Durban.

Il faut d’ailleurs signaler que l’utilisation de la référence à Durban7 n’est pas innocente et participe de la volonté de montrer que c’est à partir de ce lieu, quelques jours avant le 11 septembre8, que s’est jouée la division du monde, avec d’un côté ceux qui soit-disant combattent le terrorisme et de l’autre, ceux qui sont prétendus le nourrir.

Il est curieux que les Etats puissants utilisent le Conseil des droits de l’Homme, donc ce qui vise à l’universalité des droits humains, pour toutes et tous, partout dans le monde, quelque soit le régime politique et la religion, pour renforcer leur position de dominants et exclure tous les Etats qui ne répondent pas à leurs exigences ou qui veulent que toutes les voix des victimes, y compris celle du peuple palestinien, soient entendues, sans oublier celles dont on ne parle plus comme la voix du peuple tchétchène ou celles que l’on refuse d’écouter, ainsi des peuples autochtones et des Dalits.

Avec cette conférence de suivi se confirme le fait que les Etats puissants ont imposé, à l’ensemble du monde, leurs conceptions de la lutte contre le racisme, les discriminations et la xénophobie avec un terrain dont les limites ne comprennent aucune critique à l’égard d’Israël et d’où la question de la diffamation religieuse a été écartée.

Dès lors, nous sommes bien loin de l’universalité des droits -pour laquelle une grande partie de la société civile se mobilise et que la plupart des Etats prétendent revendiquer pour leur peuple- d’autant que les Etats s’inscrivant contre cette organisation du monde peinent à faire entendre leur voix, par manque de volonté politique ou par peur de représailles.

Force est de constater que se sont, en fait, les droits humains qui sont fortement questionnés et plus généralement les organes onusiens créés par les Nations unies pour obtenir leur respect et leur effectivité qui sont remis en cause et après de telles conférences, même si la Déclaration finale est à peu près correcte et a au moins le mérite d’affirmer le bien fondé de la déclaration et du plan d’action de Durban 2001, nous sommes en droit de nous interroger sur la pérénité de ces organes et sur le rôle que leur fait jouer une grande partie de la communauté internationale.

Forum formel, communauté internationale en désaccord sur la nature du racisme, de la discrimination et de la xénophobie à dénoncer, société civile exclue et dont la participation s’est limitée à assister au défilé des déclarations de certains Etats. Seules cent vingt ONGs ont pu s’adresser aux Etats, dans une salle relativement vide.

Ce forum montre que la division du monde se construit sur la base de principes concernant le racisme très différents d’Etat à Etat mais aussi de l’instrumentalisation qui en est faite au détriement des peuples.

Cette division du monde, organisée à partir de la lutte contre le racisme, la discrimination, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, vient renforcer le discours éléboré à partir de septembre 2001 pour lutter contre le terrorisme, avec la mise en place d’un discours sur les « bonnes valeurs » et les dites bonnes pratiques de la démocratie prise en otage par les Etats dominants.

Ce nouvel ordre du monde vient de conforter son équilibre en s’adjoignant, en ce temps de crise économique mondiale, un nouveau pillier, celui qui clame, haut et fort, que la seule issue possible à cette crise, repose sur la restauration du système tel qu’il était juste avant la crise.

Tout cela est évidemment à mettre en relation avec le re-légitimation de l’OTAN, par le retour de la France en son sein par exemple, mais surtout de son élargissement à l’Europe centrale et orientale, dans le but de définir un « nouveau concept stratégique » pour l’OTAN.

Ce concept, adopté en 1999 lors du Sommet du cinquantenaire précise, -§ 56- sa nature et son objectif : « la sécurité de l’Alliance doit s’envisager dans un contexte global… les forces de l’Alliance peuvent être appelées à opérer au-delà des frontières de la zone de l’OTAN. » Ainsi s’opère un changement de cadre, la mission de l‘OTAN, jusqu’ici organisme de défense régional, devient le bras armé de la mondialisation.

Tout est dit, l’OTAN est en passe de devenir et ce contre l’Organisation des Nations unies un élément essentiel du réseau d’organisations mis en place par les grandes puissances qui décident de la guerre et de la paix, des choix politiques et économiques, des respects ou non des droits humains ou syndicaux, de la survie de la planète.

L’Alliance atlantique qualifiée de « symbole d’une identité occidentale », constitue dans le domaine politico militaire, comme le sont le Conseil de sécurité, le G8 et maintenant le G20 ou le Groupe de la Banque mondiale, dans les domaines politiques, économiques et financiers, un directoire où les Puissances imposent leurs visées hégémoniques et le maintien du nouvel ordre social mondial.

Dès lors, cette conférence de suivi de Durban et la façon dont elle s’est déroulée, avec la mise au ban de la société civile, porte en elle tous les dangers pour les Peuples des Nations unies qui vont avoir de plus en plus de mal à faire valoir ce qu’ils affirment dans le Préambule de la Charte des Nations unies.

L’axe du bien veut bien pratiquer la tolérance mais à partir de sa propre conception ethno-centrée. Il veut bien vivre en paix avec l’autre dans un esprit de bon voisinage mais à condition qu’il puisse piller, utiliser les ressources naturelles de l’autre sans que celui-ci y trouve à redire.

Avec cette conférence de suivi, l’ensemble du monde a perdu bien plus qu’il ne croit. Nous sommes face au danger. Une façon d’y échapper serait de revenir aux principes contenus dans la Charte des Nations unies pour la préservation de la paix et de la sécurité internationales.

L’applicabilité et l’effectivité des normes impératives partout et par tous permettrait d’allier, de rallier et de relier tout ce qui se trouve, de par la volonté des puissants, désolidarisé. C’est à partir d’un vrai désir de justice de paix et de sécurité internationale qu’il nous sera donné de faire peuple et nation, d’entrer en dignité face au monde, car nous serons autant de femmes et d’hommes debout.

26 avril 09

1Voir le site de la conférence : http://www.un.org/french/durbanrevi...

23ème conférence mondiale contre le racisme sous l’égide des Nations unies.

3Dont United against racism, Youth united against racism, et toutes celles qui ont rejoint ce forum dès le vendredi 17 avril

4Voir Politis du 29 mai 2008, Pour une nouvelle conférence de Durban

5À l’époque Haut commissaire aux droits de l’Homme et secrétaire générale de la Conférence de Durban, 2001

6Publié par le département de l’information de l’ONU, New York, 2002, www.un.org

7Durban est donné comme si c’était la première conférence mondiale contre le racisme, c’est inexact, c’était la troisième et celle qui vient d’avoir lieu à Genève est la quatrième

8La conférence de Durban a pris fin le 9 septembre 2001


publié le 7 mai 2009  |   Imprimer

17  Commentaires sous cet article

Pipeau

"D’un côté les soutiens de l’Etat d’Israël, dont de nombreux pays occidentaux mais aussi arabes et africains, et de l’autre ceux qui affirment que le racisme et la discrimination sous toutes leurs formes, la xénophobie et l’intolérance associée doivent être combattus partout dans le monde afin de gagner l’universalité des droits humains pour toutes et tous."

C’est un mensonge.

Il n’y a jamais eu, à Durban (1 ou 2), d’un côté les méchants pro-israéliens et de l’autre les gentils universalistes.

Un exemple parmi d’autres : les droits des gays et lesbiennes.

Au CDH, lorsque les droits des gays et lesbiennes sont abordés, ce sont des délégués anti-"sionistes" qui protestent, à commencer par celui de l’Iran.

Lorsqu’en 2008 l’Argentine fait un discours allant dans le sens d’une dépénalisation de l’homosexualité, 66 pays marquent leur soutien (l’assemblée générale de l’ONU compte 192 membres)

En riposte, la Syrie a fait une déclaration contre la dépénalisation de l’homosexualité, et voici les pays qui l’ont approuvée :

Afghanistan, Algérie, Arabie Saoudite, Bahrein, Bangladesh, Bénin, Brunei Darussalam, Cameroun, Tchad, Comores, Côte d’Ivoire, République démocratie de Corée, Djibouti, Egypte, Erythrée, Ethiopie, Fidji, Gambie, Guinée, Indonésie, Iran, Irak, Jordanie, Kazakstan, Kenya, Koweit, Liban, Libye, Malawie, Malaisie, Maldives, Mali, Mauritanie, Maroc, Niger, Nigéria, Oman Pakistan, Qatar, Rwanda, Sénégal, Siera Léone, Sainte Lucie, Somalie, Soudan, Syrie, Swaziland, tadjikistan, Togo, Tunisie, Trickmenistan, Ouganda, Emirats arabes unis, Tanzanie, Yemen, Zimbabwe

Pas vraiment des "soutiens de l’Etat d’Israël"...

Mieux : c’est au nom de la Déclaration universelle des droits de l’homme que la Syrie s’est opposée à la dépénalisation de l’homosexualité :

Nous réafirmons l’article 29 de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui demande de se plier "aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société"

"Nous sommes inquiets de la volonté de ceux qui veulent mettre en exergue certaines personnes sur la base de leur intérêt et de leur comportement sexuel (...) Cette déclaration est contraire à la souveraineté des Etats et au principe de non intervention. Cela amène à la légitimation de nombreux actes déplorables tels que la pédophilie"

Le délégué syrien, msieur-dames...

Universalité des droits ? Vraiment ? Mon cul !

10 mai 2009 16:09

L’insolence des néocons

On leur parle de crimes contre l’humanité et ils nous répondent dépénalisation de l’homosexualité, comme si l’un pouvait excuser l’autre.

Israël, Etat théocratique, est plutôt mal placé pour donner des leçons de tolérance, de liberté des mœurs ou d’égalité de la femme, mais quand bien même, cela ne saurait excuser le crime contre l’humanité que représente le nettoyage ethnique exercé contre un peuple depuis 60 ans.

Les Etats les plus racistes de la planète, ceux qui ont INVENTÉ le racisme et qui continuent à l’APPLIQUER partout dans le monde, principalement à travers leur fer de lance dans le tiers-monde, Israël, ont réussi à dénaturer les notions même de racisme et d’antiracisme.

On se demande comment, avec quels arguments des Etats qui ont boycotté une conférence antiraciste pourraient envisager de donner des leçons au tiers-monde sur la libération des mœurs ou l’universalisme des droits humains pour toutes et pour tous.

Ils auraient voulu EMPÊCHER toute avancée dans ce domaine qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement.

11 mai 2009 19:02

le racisme par l’exemple

Israël, Etat théocratique

faux, le pays n’est pas dirigé par des curés ni par des textes religieux - et même s’il l’était quelle importance ? d’autres pays ont des constitutions basés sur des textes sacrés ou bien sont dirigés par des curés (l’iran n’est qu’un cas parmi bien d’autres)

est plutôt mal placé pour donner des leçons de tolérance, de liberté des mœurs ou d’égalité de la femme

des pédés palestiniens préfèrent vivre en israel que dans leurs familles à ramallah ou gaza, une communauté gay importante existe à tel-aviv, et même à jérusalem (les rabbins ne sont toutefois pas les seuls à les faire chier : curés et imams détestent tout autant les gays) : voilà pour la liberté des moeurs

de nombreuses religions existent en israel, qui sont parfois persécutées dans plusieurs autres pays : parlez-en donc aux bahais, persécutés dans le pays d’origine de leur religion (l’iran) mais libres de pratiquer paisiblement en israel, voilà pour la tolérance

les femmes prennent leurs propres décisions, peuvent diriger le gouvernement, elles n’appartiennent ni à leur père ni à leur mari, ne sont pas obligés de s’habiller comme des sacs à patates et ne se font pas lapider en cas de soupçon d’adultère, voilà pour la liberté des femmes

mais quand bien même

mais quand bien même tu répands des bobards, l’essentiel est de se faire les crocs sur l’Etat juif, on a l’habitude

12 mai 2009 13:24

l’instrumentalisation de la lutte contre le racisme

« les femmes prennent leurs propres décisions, peuvent diriger le gouvernement, elles n’appartiennent ni à leur père ni à leur mari, ne sont pas obligés de s’habiller comme des sacs à patates »

Ce n’est parce que les "antisionistes" sont dans la caricature permanente que c’est excusable et légitime de faire la même à l’envers.

Le coup du sac à patate, de Siné à ce commentaire, ça commence à être vraiment insupportable. La libération de la femme, n’est pas forcément liée au fait que les hommes puissent voir leurs formes, la seule question est effectivement celle de la contrainte.

Décidément dans ces débats sur la Palestine, l’Iran, Israel et le reste de la planète ce qui ressort surtout c’est le racisme, le sexisme et/ou l’antisémitisme en France !

12 mai 2009 20:25

Les colons seront toujours des colons

Au Congo ou en Algérie hier, en Palestine occupée aujourd’hui. Les « sacs à patate » ne sont pas une bavure, c’est la mentalité profonde des colons qui veulent imposer leur modèle de civilisation pourtant dégueulé par la majorité de la planète.

Et à juste titre quand on voit les crimes commis au nom de la « civilisation » par les voyous qui dominent le monde.

Le comble du cynisme et de la saloperie revient bien sûr haut la main aux néocons sionistes :

“des pédés palestiniens préfèrent vivre en israel que dans leurs familles à ramallah ou gaza” ! ! !

Comme si les Palestiniens, « pédés » ou autres, avaient le CHOIX de vivre où que ce soit, ou même de VIVRE tout court, avec une occupation qui les ravale au rang de sous-humains.

13 mai 2009 00:10

l’instrumentalisation de la lutte contre le racisme

ce n’est pas la colonisation qui est la cause des meurtres de gays et lesbiennes palestiniens, comme voudrait le faire croire l’inénarrable 00h10 ! Il suffit de se souvenir des pendaisons de gays en Iran ou autres pays islamistes dirigés par la charia. Que 00h10 nous cite un seul pays islamique où peut se tenir une gay pride, alors que, malgré les difficultés, elle peut se tenir en Israël, oups pardon, dans le pays le plus raciste de la planète. Si l’homophobie n’est pas du racisme, je me demande bien comment on peut le qualifier !

13 mai 2009 11:01

autocritique

désolé, la propagande bourgeoise m’a fait perdre la tête

parler de sac à patates était en effet inexcusable, pour les raisons suivantes :

1. des camarades un peu distraits pourraient penser que le terme désigne la femme, et non pas le vêtement que la société dans laquelle elle vit lui impose

2. malgré le fait que ces femmes sont à la merci des hommes, y compris de leurs proches (les "crimes d’honneur" par exemple sont souvent commis par des pères ou des frères), malgré le fait qu’on les passe à l’acide, qu’on les bat ou qu’on les tue dans certaines contrées lorsqu’elles prétendent montrer leur cheville ou aller à l’école, malgré tout cela l’important est d’être politiquement correct : le terme sac à patates était tout à fait inapproprié et odieusement bourgeois, voire colonialiste comme le remarque avec justesse un camarade un peu plus haut

3. je m’accuse également de sexisme, car l’unique alternative au port de ce type de vêtements c’est que "les hommes puissent voir les formes des femmes" ; il est donc tout à fait inconvenant pour un homme (ou une lesbienne) de critiquer burqas et tchadors. Car il est bien connu qu’en chacun de nous un porc sommeille (*)

j’le fré pu !

(*) je présente d’emblée mes excuses à tous ceuxlles qui pourraient être offenséEs par une telle image, à commencer par les défenseurSEs de nos frères/soeurs animauLESx, ainsi qu’au virus de la grippe A H1N1.

13 mai 2009 13:29

tahar ben jelloun

à lire, sauf si les mots "salope" ou "prostituée" vous posent un problème :

"Talibans, sexe et opium", de Tahar ben Jelloun

13 mai 2009 13:43

Bavardages stériles et hypocrites

Que le terme sac à patates s’adresse à la femme ou au vêtement, il relève du même mépris occidental, et pourrait concerner nos propres minorités inclassables (il a été même utilisé ici pour désigner des femmes mal fagotées selon nos critères).

Tout le monde aura compris que le but de cette polémique n’est pas de défendre les droits des femmes ou des minorités, CE QUE PERSONNE N’A CRITIQUÉ, le but des néocons est d’EXCUSER l’attitude des Etats racistes occidentaux, qui ne sont évidemment pas les seuls racistes, mais qui DOMINENT LE MONDE, et donc sont les plus dangereux !

On veut nous faire croire que les Etats racistes, en premier lieu Israël et les USA, ont saboté DURBAN II pour défendre les droits des femmes et des homosexuels !

C’est vraiment prendre les gens pour des cons ! Les Etats racistes ont saboté une conférence sur le racisme PARCE QU’ILS SONT RACISTES, tout simplement. Les gesticulations de leurs défenseurs ne font pas illusion une seconde.

Que je sache, aucun article sur les conditions des minorités dans le monde n’a été censuré sur Indymedia. Pourquoi choisir uniquement les articles qui dénoncent le racisme occidental pour le faire, sinon pour les saboter ?

13 mai 2009 14:51

l’instrumentalisation de la lutte contre le racisme

allons, allons un peut de calme !

Pourquoi choisir uniquement les articles qui dénoncent le racisme occidental pour le faire, sinon pour les saboter ?

De qui tu parles ? Personne ne "choisit" on défend tous ceux qui dénoncent LE racisme. La différence, c’est qu’on dénonce LE racisme partout et pas seulement le "racisme occidental". Le racisme discrimine les minorités, qu’elles soient gays, femmes, minorités religieuses etc.

Cette dénonciation DU racisme en général et partout est toute la différence entre les vrais anti-racistes et ceux qui ne voient du racisme qu’en occident et particulièrement en Israël.

16 mai 2009 10:50

l’instrumentalisation de la lutte contre le racisme

les commentaires de 00:10 et 14:51 sont typiques de ce "relativisme culturel" qui est en train de s’imposer, au détriment de l’universalité des droits (et non pas des cultures ni des croyances) qui était l’idéal, jadis, de l’ONU.

contraindre la femme à s’habiller de telle ou telle manière, lui barrer la route de l’éducation, lui interdire telle ou telle professions ou activités, ce n’est pas "culturel" ni même "multiculturel", c’est liberticide : c’est une atteinte aux droits des femmes de vivre leur vie, de s’appartenir, de prendre leurs propres décisions, de participer pleinement à la vie politique, culturelle, scientifique de leurs pays.

17 mai 2009 15:39

ANTHOLOGIE DE LA CONNERIE PSEUDO-LAÏQUE

par CQFD :

« Deux millions de musulmans en France, ce sont deux millions d’intégristes potentiels. » Pierre-André Taguieff _(chercheur au CNRS), France Inter, 1997

« Avoir des Polonais, des Italiens, des Portugais, pose moins de problèmes qu’avoir des Noirs ou des musulmans. » Jacques Chirac, _Le Monde, 21/06/1991

« Au lieu de contribuer au progrès de l’humanité, [les fils d’Allah] passent leur temps avec le derrière en l’air à prier cinq fois par jour […] Ils se multiplient comme des rats […] Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût. » Oriana Fallaci , (écrivain),_La rage et l’orgueil, Plon, 2003

« Oriana Fallaci a l’insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s’efforce de regarder la réalité en face. » Alain Finkielkraut, _(philosophe), Le Point, 24 mai 2002

« Fallaci vise juste, même si elle peut choquer par certaines formules. » Pierre-André Taguieff, _Actualité juive, 20 juin 2002.

« Oriana Fallaci fait preuve de courage intellectuel. […] Elle ne proteste pas seulement contre l’islamisme assassin. […] Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l’opinion européenne, qu’elle soit italienne ou française par exemple. On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c’est l’islam qui part en croisade contre l’Occident et non pas l’inverse. » Robert Misrahi, _(philosophe), Charlie Hebdo, nov. 2002

« Il n’y a pas d’assimilation des musulmans, ça n’existe pas, sauf en quantité infinitésimale. » Yves Guna (RPR), _Le choc du mois, mars 1992

« Le voile est une opération terroriste. […] En France, les lycéennes savent que leur voile est tâché de sang. […] Dans nos écoles, question d’honneur, on n’enseigne pas à des élèves en uniforme. Sauf au temps du nazisme. » André Glucksmann, _(philosophe), L’Express, 17/11/1994

« La démission devant le foulard islamique est une démission devant l’obscurantisme islamiste. […] L’horreur algérienne témoigne, s’il en était besoin, que la barbarie au nom de Dieu constitue l’autre menace contre la République. Un fascisme peut en cacher un autre. » Jacques Tarnero, _(CNRS), Hommes et migrations, mai 1997.

« Inversez les deux voyelles, et dans voile, vous trouverez viol. En dissimulant ostensiblement le sexe au regard, fût-ce sous la forme symbolique de la chevelure, vous le désignez à l’attention ; en enfermant le corps féminin, vous le condamnez à subir l’effraction. […] Toutes les coquettes le savent bien aussi, qui font de la comédie de la dissimulation la forme la plus raffinée de l’exhibitionnisme. » Jacques Julliard, _Le Nouvel Observateur, 16/09/2003

« On ne peut guère contester que le foulard islamique soit devenu en France l’emblème et le drapeau du système qui sévit actuellement à Téhéran et dans les maquis islamistes d’Algérie et d’Égypte […]. En bonne logique républicaine, ce système devrait inspirer le même degré de répulsion qu’inspiraient aux meilleurs éléments de notre peuple il y a un demi-siècle les variétés diverses du fascisme. » Maurice Agulhon, _professeur au Collège de France

« Ce que la France doit à ses hôtes immigrés, ce sont les bienfaits de la culture française. » Jacques Julliard, _Le Nouvel Observateur,16/09/2003

« Le foulard est aussi une manière de dire aux professeurs : il y a quelque chose pour nous qui compte davantage que la culture que vous nous enseignez. Il y a, dans le foulard, un mélange de soumission des femmes et d’arrogance qui est une insulte à l’enseignement. Mais l’école est aussi un espace sacré. Devant la culture, on s’incline, on baisse la tête. » Alain Finkielkraut, _L’Arche, juin-juillet 2003

« Le débat surréaliste actuel sur le foulard, véritable étendard de l’islamisme politique, la mise en cause de la laïcité française ne doivent pas faire perdre de vue qu’il s’agit là pour la France et les Français de refuser et de résister à l’implantation sur notre territoire d’une idéologie dangereuse, perverse et surtout mortelle pour la République. » Collectif de « l’appel de mai », _Marianne, 05/05/03

« On connaît l’histoire vraie, devenue blague, où une Française se fait draguer par un Arabe, atmosphère plutôt sympa, mais au dernier moment elle ne veut plus coucher avec, elle n’est pas amoureuse ; et il lui lance : “tu es raciste !” […] Or, ce qui s’est passé entre la France et l’islam, c’est qu’ “ elle” a accepté de coucher avec “lui”, qu’au fond ce n’était pas si désagréable, mais qu’après il l’a mise enceinte, puis l’a forcée à l’épouser, il la serre de près… Et, à un moment, elle veut dire stop et même revenir un peu sur ce qu’elle a donné. C’est le sens de cette “fermeté sur le voile” soudain revenue. » Daniel Sibony, _psychanalyste, Marianne, 05/05/03

« L’affaire du voile est un symptôme parmi d’autres de la grande confusion qui règne sur les esprits […] La régression a lieu sous l’effet conjugué d’un individualisme mal compris : chacun est libre dans notre système libéralo-libertaire. Libre tout seul ? Toutes ces libertés additionnées, ça donne quoi ? La grande chienlit ? » Anne Vigerie et Anne Zelensky, _Le Monde, 29/05/2003

« Nous voici sommés de faire une place au foulard islamique dans l’école républicaine, de nous arranger des mariages arrangés et de plaider en guise d’idylle multicolore pour la banlieue universelle où tous les jeunes porteront leur casquette à l’envers et parleront une langue dévastée. » Alain Finkielkraut, _Le Point, 24/05/02

C’est EXACTEMENT la même chose que défendent ici les pseudo-laïques en peau de lapin !

18 mai 2009 01:00

citations bidonnées

un exemple de bidonnage dont je peux parler car j’ai lu à la fois le bouquin de Fallaci et l’avis de Finkielkraut à ce sujet :

"Ils se multiplient comme des rats [...] Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût" (Fallaci)

suivi immédiatement de Finkielkraut : "Oriana Fallaci a l’insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s’efforce de regarder la réalité en face"

qui donne l’impression que Finkielkraut applaudit les remarques racistes de Fallaci.

or c’est un trucage, voici ce que dit réellement Finkielkraut de ces passages de Fallaci :

-Revue-Médias : Vous êtes moins sévère avec Oriana Fallaci ?

-Finkielkraut : Non, là encore, c’est une légende qui court sur mon compte. Dans Le Point, puis de manière toujours plus nette dans Actualité juive et dans Le Monde, j’ai dit qu’en écrivant que « les musulmans se reproduisent comme des rats », Oriana Fallaci succombe à la tentation raciste et qu’elle est inexcusable. J’ai été très clair. Mais comme je n’avais pas fait de ce livre l’équivalent anti-islamique de « Bagatelle pour un massacre », j’ai été désigné comme islamophobe.

lorsque finkielkraut fait des compliments à Fallaci, c’est à propos de sa dénonciation du jihad par les mouvements islamistes optant pour le terrorisme :

"Oriana Fallaci a l’insigne mérite de ne pas se laisser intimider par le mensonge vertueux. Elle met les pieds dans le plat, elle s’efforce de regarder la réalité en face. Elle refuse le narcissisme pénitentiel qui rend l’Ocident coupable de ce dont il est victime. Elle prend au mot le discours et les actes des adversaires. Mais, comme elle en a gros sur le coeur, elle va trop loin. Elle écrit avec des Pataugas. Elle cède à la généralisation. Elle ne résiste pas à la tentation d’enfermer ceux qu’elle appelle les fils d’Allah dans leur essence mauvaise." (Le Point)

truquer les citations dans le but de diffamer, est-ce bien de l’altermondialisme ?

19 mai 2009 13:27, par Hannibal Lecteur

hannibal menteur

On se doutait bien qu’il y aurait des réactions après ce crime de lèse-majesté contre le gourou des néocons, Finkielkraut en personne !

Mais il va falloir bien du talent et autre chose qu’UN seul exemple passablement trituré et toujours aussi ambigu du porte-parole du racisme ordinaire bien de chez nous pour démontrer que Finkielkraut n’est pas un RACISTE, et même viscéral.

A lire notamment, par le collectif « Les mots sont importants » (encore des antisémites ?) :

Les récents propos racistes d’Alain Finkielkraut sur le caractère ethnico-religieux des émeutes urbaines, les bons côtés de la colonisation et de l’esclavage, la France qui « n’a fait que du bien aux Africains », l’équipe de football « Black-Black-Black », etc. [1], sont certes choquants, mais ils n’ont rien de surprenant ni d’exceptionnel... Article

Dès 1988, cet auteur décrétait la « défaite de la pensée », et désignait comme principal responsable « la pensée anticolonialiste » [2]. Quelques années plus tard, il apportait, devant la Commission Marceau Long, une justification « philosophique » au projet de loi Pasqua-Méhaignerie portant atteinte au droit du sol [3]. Puis, en 1997, il soutenait les lois Chevènement, et légitimait l’idée que des avantages sociaux soient réservés « à ceux que le hasard a fait naître de parents français » [4]. Après avoir apporté son soutien aux écrits anti-juifs et anti-immigrés de l’écrivain Renaud Camus [5], il fit l’éloge du pamphlet islamophobe d’Oriana Fallacci (selon lequel les musulmans « ne sont bons qu’à lever le cul en l’air cinq fois par jour » et à se « multiplier comme des rats ») en expliquant qu’elle avait « l’insigne mérite de regarder la réalité en face » [6]. Après avoir déclaré en 2002 que c’était « la réalité » (toujours elle !) qui avait « fait campagne pour Le Pen », il a accusé l’extrême gauche et les « jeunes de banlieue » arabes ou musulmans d’être les principaux vecteurs de l’antisémitisme. Il a naturellement milité pour l’exclusion des élèves portant le « voile-keffieh » (sic !), en déclarant que « l’Islam pose un problème particulier » [7]. L’an dernier, il ironisait sur « les victimes antillaises de l’esclavage qui vivent aujourd’hui de l’assistance de la Métropole », et s’inquiétait que « les Antilles filent un mauvais coton idéologique » (et que « la créolité puisse servir à entretenir, outre la haine de la France coloniale, la haine d’Israël, Etat juif si vous voulez, c’est-à-dire Etat non créole, non métissé ») [8].

On pourrait poursuivre longtemps l’énumération [9]. Mais l’individu Alain Finkielkraut ne mérite pas cet intérêt. Son délire raciste est bien sûr abject, mais il n’a rien d’exceptionnel. La haine et le mépris qui s’y expriment ne sont qu’un concentré de ce qui se déverse, à petites doses et sous des formes plus ou moins euphémisées, dans un grand nombre d’éditoriaux, d’articles de presse, de reportages télévisés ou de discours politiques. La radicalisation du propos est certes impressionnante, mais elle est loin de constituer un cas isolé dans l’élite littéraire, intellectuelle ou journalistique, où l’on observe une libération de la parole réactionnaire, xénophobe, anti-arabe, islamophobe ou négationniste à l’égard des crimes coloniaux ou de la Traite négrière (cf. Pierre-André Taguieff [10], Alexandre Adler [11], Max Gallo [12], Michel Houellebecq [13], Maurice Dantec [14], ou encore les éditorialistes et chroniqueurs Daniel Sibony, Claude Imbert, Jean Daniel et Philippe Val) [15]. […]

Voir la suite :

http://lmsi.net/spip.php?article490

19 mai 2009 22:28

l’instrumentalisation de la lutte contre le racisme

l’individu Alain Finkielkraut ne mérite pas cet intérêt

il ne mérite peut-être pas cet "intérêt", mais ça fait pourtant des années qu’une campagne de haine diffamatoire le vise et que ses propos sont détournés et "arrangés" comme on a un clair exemple à 13:27...

20 mai 2009 01:03

C’est vrai, arrêtons de « détourner et arranger » les propos de Finky !

Par exemple :

"Il faut dénoncer l’extase antifasciste, la bien-pensance antiraciste, que le politiquement correct impose aujourd’hui comme unique grille du déchiffrement du réel".

la violence actuelle n’est pas une réaction de l’injustice de la République, mais un gigantesque pogrome antirépublicain constitué de dangereux islamistes qui “ vouent une haine à l’occident”, et ressemblent “à ces supporters qui vont dans les stades (...) et poussent des grognements de singe chaque fois lorsqu’un joueur noir a la balle”.

"Les Arabes français qui étaient en délicatesse avec une France scandant "Nous sommes tous américains" se réconcilient aujourd’hui avec elle. Une sorte de grande naturalisation collective". "Les Arabes se réclament maintenant de la France, mais on aimerait mieux que leurs raisons d’aimer la France tiennent à la France, à son héritage, à ses principes, à sa littérature, à son histoire, à sa beauté... La France n’est plus une nation avec un fort sentiment d’appartenance, c’est un carrousel d’affirmations, de revendications, de klaxons identitaires. Les Arabo-musulmans, les Maghrébins klaxonnent, c’est comme ça".

C’est dur à « détourner », mais Finky n’est-il pas justement un génie indétournable ?

20 mai 2009 22:54

l’instrumentalisation de la lutte contre le racisme

parce que sortir des phrases de leur contexte, ce n’est pas du détournement ?

21 mai 2009 08:08

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