lundi
21 mai 2012
20h00 : Cantine & Infotour Anti-THT
jeudi
24 mai 2012
18h30 : Réunion publique à thème libre du CCI
vendredi
25 mai 2012
19h30 : La place des lesbiennes et des meufs trans dans la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie
mercredi
30 mai 2012
06h30 : Covoiturage depuis Lille pour soutenir les camarades de Calais
08h30 : Rendez-vous le mercredi 30 mai au TGI de Boulogne-sur-Mer pour soutenir nos camarades
samedi
2 juin 2012
15h00 : The Last Border Sound (31 mai,1 et 2 juin)
19h00 : Soirée de la mutuelle des fraudeurs
vendredi
15 juin 2012
19h00 : Projection-débat sur l’université expérimentale de Vincennes le 15 juin à Lille
Des amis Verts m’ont reproché hier à la manif du 1° mai d’étriller les Verts globalement, de ne pas rappeler que beaucoup d’entre eux militent pour le NON
Alors, ci-dessous une analyse assez pertinente de Verts militant pour le NON, et un commentaire associé !
Patrice
Le seul fait de décider d’écrire un texte constitutionnel commun, de se mettre autour d’une table pour proposer un cadre constitutionnel qui régira les lois européennes futures est en soi un progrès extraordinaire !
Pendant près de deux cents ans, l’état nation a été le cadre non dépassable des décisions politiques. En Europe, comme dans tous les pays de tous les continents, les frontières de l’état nation, devenues inamovibles, le lent développement de l’identité nationale comme élément de l’identité individuelle, les découpages nationaux comme structure de base de l’organisation économique et de la production industrielle ont fait verser beaucoup de sang, provoqué beaucoup de destructions !
Maintenant que les nations sont devenues un cadre trop restreint pour le commerce des pays riches, que les débouchés de nos productions industrielles doivent sans cesse s’élargir pour satisfaire notre modèle économique, que les peuples sont las des guerres fratricides qui les déciment, une conscience mondiale émerge et réalise que les découpages des peuples et des territoires en nations est responsable des conflits et n’est plus un modèle indépassable.
Parallèlement, l’ambition d’édifier un espace humaniste, solidaire et généreux donne au projet européen une valeur idéologique que la plupart des citoyens européens partage. D’emblée au cours de ma courte vie, de l’enfant des années 50 à l’adulte du 21ème siècle, ce projet m’a séduit ; il continue de me séduire.
Pour être né à 250 mètres d’une frontière, dans une famille répartie de part et d’autre, pour avoir hérité de mes aïeux d’une langue interdite et proscrite par l’état France au point qu’aujourd’hui, des gens qui formaient hier un seul et même peuple forment aujourd’hui deux entités séparées qui ne peuvent plus s’entendre (du point de vue linguistique), je suis un fervent partisan d’une Europe des régions, aux frontières mobiles et où les limites nationales s’estompent peu à peu. Mon espoir dans l’Europe est grand, pouvoir « sacraliser » une texte constitutionnel commun serait à mes yeux un événement exceptionnel.
Oui à cette Europe qui respecte les peuples, les régions, les cultures.
Finalement rien de tout cela, pas grand chose de nouveau et beaucoup de textes flous, ambigüs et qui laissent à leur interprétation la possibilité d’en faire un progrès ou une régression !
Ce document comportent aussi de très nombreuses contradictions, ce texte est horriblement compliqué, volontairement compliqué, impossible à comprendre ni expliquer. Cela est grave puisque le commun des mortels, qui ne fait pas partie des prêtres de l’Europe, doit faire une confiance aveugle à l’avant garde éclairée des experts européens, qui interprètent les textes de manières totalement discordante.
Une seule direction paraît non équivoque : y revient de manière lancinante et comme un leitmotiv, du début à la fin, « le marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée » (Article 1.3.2) ou « le développement durable de l’Europe (est) fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social ». L’un bout à l’autre des 975 pages, l’ambition du TCE est principalement économique.
La pauvreté du texte est flagrante du point de vue des idées, de la mise en oeuvre d’un modèle humaniste de relations humaines.
On peut même avancer que cette parodie de constitution n’énonce pas de principes autres qu’économiques, eux mêmes éminemment contestables.
La réponse à ce référendum constitutionnel : NON, définitivement NON !
Pourquoi ?
la première et principale raison d’un NON à cette proposition de constitution est que son texte est illisible pour tous, y compris les spécialistes qui ne s’accordent jamais sur son interprétation. Ce référendum est donc une supercherie du point de vue démocratique. Comment demander aux citoyens ordinaires que nous sommes de s’exprimer sur un texte que nous ne comprenons pas puisque incompréhensible. Comment les hommes politiques « progressistes », grands fervents de démocratie participative, peuvent-ils se satisfaire d’une approbation par principe à ce texte qui n’a jamais, au cours de son élaboration bénéficié du travail des représentants désignés par les peuples ?
Ce texte entérine le fonctionnement oligarchique de l’Europe, accentue le déficit démocratique de son fonctionnement.
De plus, un fois adopté, le Parlement, au contraire de toutes les démocraties qui constituent l’Europe, n’aura toujours pas l’initiative des lois.
Comme conséquence première de sa complexité, l’application de ce texte va donner lieu à une jurisprudence longue et coûteuse, sans cesse remise en cause.
Un texte constitutionnel, par nature, doit être simple et sans équivoque. Il doit définir des principes généraux pour donner un cadre pour la rédaction des futurs textes législatifs. Il ne doit pas définir une politique économique détaillée et laisser aux législateurs champ libre pour s’adapter à l’évolution du contexte international. L’action du politique, Parlement et Commission, doit rester possible pour permettre l’intervention des élus sur la circulation des marchandises ou la mise en oeuvre des services.
Non, un non au référendum n’est pas un coup d’arrêt à l’Europe, comme un non des Français au référendum sur la constitution française de 1946 n’a pas signé l’arrêt de mort de la France. Approuver ce texte en prétendant qu’on pourra l’améliorer demain, c’est accepter de mettre des années pour arriver, hypothétiquement, à un résultat acceptable.
Décidemment se vérifie le vieil adage : « un chien ne fait pas des chats » ! Les adeptes du libéralisme sans limites qui ont écrit ce texte y ont laissé leur empreinte, révélée ou implicite.
Parce que nous voulons d’une autre Europe que l’Europe marchande, emballée d’un vernis démocratique, il faut refuser ce texte et demander à nos élus d’organiser la rédaction d’un nouveau texte.
J’apprécie de lire ici autre chose que les messages envoyés par Dany, Voynet et autres.
C’est terrible de voir la gauche se déchirer sur un texte capitaliste qui devrait faire l’unanimité des progressistes contre lui.
J’avoue ne pas comprendre comment on peut défendre un texte qui prépare le réarmement de l’Europe, nie les droits des femmes, oublie la laïcité et proclame la mort des services publics.
Dany Cohn Bendit a reçu des oeufs pourris à Montpellier, il a dénoncé un déni de démocratie. Fort bien mais que dire du temps d’antenne confisqué aux partisans du NON, que dire de la retape faite par les grands médias pour le OUI ?
Ce déni de démocratie ne semble pas gêner notre superbe soixante-huitard. En 68, j’avais 13 ans, Dany aurait pu être mon héros mais je n’ai jamais eu d’idole. Peut-être parce qu’ensuite il faut les déboulonner pour grandir. Le peuple n’a pas besoin d’idole, il a besoin d’éducation pour construire son intelligence collective.
Votons Non, nous nous grandirons et nous encouragerons les autres peuples.
Geneviève