mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
Un comité antifasciste (CVA 62), créé à la suite de la semaine antifasciste à Arras en mars dernier, non pas du souhait des structures démocratiques pour faire barrage à la montée du fascisme dans la région, mais de la volonté individuelle et autonome de militants antifascistes issus du mouvement politique, syndical et associatif, appelle les citoyens et les organisations, à se mobiliser à Hénin-Beaumont le 4 juillet à 15h00.
Cette mobilisation aura donc lieu la veille d’un 2ème tour des élections municipales, au moment où le Front National est en passe de s’emparer de la Mairie après les malversations d’une équipe municipale corrompue dont les protagonistes sont en prison. Cette élection locale aura une portée nationale à quelques mois des régionales.
C’est certes une bonne chose d’un point de vue idéaliste, mais cette initiative groupusculaire, puisque non élargie et non débattue collectivement avec d’autres structures, ne changera pas d’une manière irréversible, les idées préconçues des électeurs héninois, blasés et floués par des années de magouilles et de luttes fratricides.
Depuis des années, il n’a été cessé de dire que la montée des idées frontistes dans cette partie très populaire, très ouvrière et très métissée de la région Nord-Pas de Calais, était un véritable phénomène à prendre avec sérieux politique.
En effet, cette région fortement touchée, même avant la crise systémique du grand capital financier et industriel, est l’une des plus propices à nourrir un terreau fertile aux idées populistes, bases du fascisme dans son état le plus décadent pour la démocratie, soit-elle bourgeoise.
Malgré les faits et les faits sont têtus, notamment aux dernières municipales, malgré les multiples avertissements, le monde politique instutionnel et démocratique, qu’il soit local, départemental, régional voire même national, n’a pas voulu entendre et comprendre que cette petite ville ouvrière de 25 OOO habitants, pouvait servir de tremplin idéologique et pratique aux idéaux des néo-fascistes du Front National.
Les partis politiques, de la droite libérale qui a absorbée une partie des voies nationales-chauvines, à l’extrême-gauche, plus préoccupée par son image médiatique ou d’agitation, mais aussi les mouvements communistes basés sur les conceptions marxistes, léninistes et stalinistes, ainsi que les organisations démocratiques telles que syndicales, droit de l’hommiste, caritatives… comprennent-ils que le néofascisme reprend du poids à l’intérieur même du peuple.
Comprennent-ils que Marine Le Pen va rompre radicalement avec les méthodes des idéalistes du fascisme, durs et provocateurs à souhait, en mettant en application un travail théorique issu des analyses et des erreurs commises dans les villes du sud prises par les plus radicaux, mais aussi les plus imbéciles politiquement du FN.
Elle ne fera plus les erreurs de ses pairs, elle ne se contentera que d’appuyer là où le peuple souffre en proposant un remède radicalement opposé à la thérapeutique homéopathique des gouvernements précédents. Elle se présentera en docteur à l’écoute de ses patients qui ne se doutent pas que derrière cette façade se cache un « docteur Folamour » d’une dangerosité extrême.
Dans cette période ou les contradictions du capitalisme sont vérifiées concrètement par les travailleurs qui les subissent de plein fouet, l’idéologie fasciste ressurgit en France après quelques années de vache maigre.
La politique du gouvernement actuel a fait ses effets dans un premier temps, par l’application d’une politique répressive notamment contre la population non autochtone et les petits voyous, par la mise en place d’un plan de réduction massive des fonctionnaires, par des arguties malignes et populistes, par l’apparition des références chrétiennes dans les discours… elle a attiré dans ses rangs, une partie des électeurs frontistes, issus particulièrement des couches moyennes et de la petite bourgeoisie.
Mais l’échec face à la dégradation des conditions de vie des travailleurs… l’attitude désinvolte et « bling-bling » des dirigeants de l’Etat… l’attitude de la collaboration avec les USA, notamment avec la réintégration de l’OTAN et l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan… le soutien sans faille à Israël… la part faite aux banques en ignorant les salariés, l’insécurité sociale… l’ouverture à des personnalités politiques de gauche et du centre dans le gouvernement… l’asservissement complet à la politique transnationale européenne… a redonné des couleurs nationales-chauvines à l’expression populiste des néofascistes.
Et là où la précarité masquée et la misère cachée pendant des années, ont refait leur apparition, et la région Nord en est un exemple flagrant, les populations les plus fragilisées sont des cibles privilégiées, puisque prêtes à entendre les discours les plus durs et les plus mensongers, qui s’adressent à elles et qui parlent de leurs nombreux problèmes quotidiens.
A ceci, vous ajoutez comme à Hénin-Beaumont, une grosse dose de corruption et de prises d’intérêts, une campagne de dénigrement préparée depuis des mois voire des années, une tête de liste nationale, une division du camp opposé, des slogans et des affiches qui frappent les esprits… et vous obtenez un cocktail détonnant.
Ainsi, et tout le démontre malheureusement, la passivité complice des organisations démocratiques tant politiques que syndicales, qu’associatives, face à la corruption quasiment historique depuis 20 ans dans cette ville, a créé les conditions optimales pour le FN. Comme si tout avait été entrepris pour faire redémarrer la machine en panne et permettre la mise en place et en action d’une rampe de lancement d’une plateforme idéologique capable de faire redécoller les idées du programme national-populaire des fascistes.
Les organisations démocratiques tant politiques que syndicales, qu’associatives ont ainsi, par leur manque de sérieux, de contrôles, d’attitudes responsables, contribué à la décadence et donné un blanc-seing au Front National pour s’emparer de la municipalité d’Hénin-Beaumont. Personne n’a tiré les leçons du 2ème tour de 2002, quand le peuple n’avait pas voté Chirac pour son programme politique mais contre Le Pen et son programme politique.
Outre les adhérents idéologiques aux thèses du FN, qui ne sont que quelques centaines à Hénin-Beaumont, que pense la majorité silencieuse des héninois ?
‘’Politiciens tous pourris !’’ . ‘’L’UMP c’est pour les riches, les socialistes c’est des corrompus, les communistes et les centristes ont collaboré avec le Maire en prison, les Verts veulent détruire nos usines qui polluent trop donc nos emplois (Métaleurop), le NPA / LO sont des idéalistes gauchistes… les syndicats ne défendent plus les intérêts de tous les salariés mais seuls les fonctionnaires, les associations ont des comptes opaques et les mouvements politiques non institutionnels ne sont que des théoriciens déphasés avec les véritables préoccupations immédiates du Peuple et ses revendications prioritaires… ‘’
C’est-à-dire qu’avec le « tous pourris », il y a le « blanc bonnet et bonnet blanc » et qu’ « après tous, peut être que le FN saura nous sauver de cette débâcle, qu’a-t-on à perdre ! ».
Ainsi, les néofascistes, forts de cette réalité objective d’une situation catastrophique, ont bien compris leur marge de manœuvre subjective en appuyant là où cela fait mal : « vous avez payé vos impôts mais notre ville est en faillite de plusieurs millions d’euro ! – Où est donc passé votre argent de contribuables honnêtes ? », « Marine avec les chtis », « Sauvons la France et les français d’abord »…
Et même si il y a réaction des héninois pour faire barrage au FN, ce qui est à souhaiter, la majorité démocratique qui sera dégagée sera sous la tutelle des fascistes qui ne manqueront pas de stratégies et de tactiques les plus populistes. Car le vers qui était dans le fruit a désormais contaminé tout l’arbre !
Ainsi, à force de considérer que le FN est un parti politique comme les autres, qu’il a l’entier droit de s’exprimer au nom du sacro-saint « droit d’expression » si cher à notre « démocratie », qu’on ne peut le combattre qu’en se confrontant avec des idées sur un plateau de télévision, dans des débats organisés, ou lors de campagnes électorales… on (le peuple) en est arrivé à considérer son programme, comme ordinaire, puisque la moitié (28+7+5+10 %) de la population nationale qui se rend encore devant les urnes, adhère à une partie de ses idées, notamment en termes d’immigration, de sécurité publique, de priorité française, de nationale-chauvinisme qui entend faire face à l’impérialisme européen qui entend détruire la souveraineté de la Nation.
D’ailleurs, et en conclusion de cette diatribe contre le statut du politiquement correct démocratique ; en se saisissant des discours et de la propagande frontiste, on peut découvrir qu’ils s’appuient, en les détournant de manières très subtiles et politiques, sur les analyses théoriques fondamentales des mouvements non institutionnels communistes. Ceci indique que seul le mouvement communiste réel est en capacité de s’opposer à cette montée inquiétante des idéaux fascisants, faut-il qu’il se réveille pour mettre en application concrète et pratique ce qui nous sauvera de la barbarie fasciste, bras armée du capital et de son stade impérialiste.