Iran Solidarité
Alors qu’une certaine gauche anti-libérale se mobilise en faveur du régime de la République Islamique ; alors que Chávez a chaleureusement félicité Ahmadinejad pour son élection et l’a saluée comme la « victoire pour un monde nouveau », comme il l’avait soutenu fin 2005 dans ses campagnes négationnistes et antisémites notamment (ce « socialisme des imbéciles » selon August Bebel), lors du concours des caricatures sur le judéocide et visant les juifs en tant que juifs (et non l’Etat d’Israël en tant qu’Etat sioniste et colonialiste) ; alors que les thèses complotistes semblent une fois de plus proliférer dans un schéma binaire aussi faux et mystificateur qu’il pouvait l’être à l’époque des blocs et de la guerre froide, nous savons qu’il existe en Iran d’autres paroles venues du bas de la société et se battant pour échapper à ces simplifications qui font le jeu à la fois de l’impérialisme et du pouvoir des mollahs.
Dans le mouvement de masse qui secoue l’Iran, il existe une dimension de classe, des syndicats indépendants et des révoltes ouvrières, une dimension féministe et des combats pour l’égalité et l’autonomie individuelle et collective qui peuvent aller contre les religions et les superstitions. En nous gardant de tout triomphalisme propice à des lendemains qui déchanteraient, ce sont ces mouvement-là, qui ne s’alignent ni sur le régime ni sur aucun des blocs et fractions du régime qui aspirent à gouverner le pays, que ce soit ceux de MM. Moussavi ou Karoubi, que nous devons soutenir et populariser.
Il est hors de question de s’aligner sur les campagnes hypocrites de l’Occident contre le « fondamentalisme » et pour les « droits de l’Homme » ainsi que sur ses éventuelles tentatives d’intervention politique et militaire dans ce pays. Nous nous opposons à l’OTAN et à toutes les interventions de type impérialiste, présentes et passées, et au rôle de l’Etat français et de son complexe militaro-industriel qui, après avoir soutenu la dictature sanglante du Shah, s’est empressé d’armer et de soutenir l’Irak de Saddam Hussein et de pousser ce pays à attaquer l’Iran dans une guerre particulièrement meurtrière de huit longues années (1980-1988).
De même que sur le nucléaire, nous refusons d’entrer dans ce choix imposé et biaisé. Nous ne nous battons pas pour le « droit au nucléaire iranien » même au nom du combat anti-impérialiste : nous nous battons pour la dénucléarisation totale, civile et militaire, de la planète ! Nous nous battons pour le démantèlement de toutes les installations, de toutes les armes de destruction massive à commencer par celles des grandes puissances politiques et militaires qui en font l’un des éléments-clés de leur domination impériale. Nous devons populariser toute information, analyse, prise de position s’inscrivant dans la perspective, de l’indépendance politique, de la lutte de classe, du combat contre toute forme d’exploitation économique et de domination (oligarchique, étatique, patriarcale, religieuse…), du combat pour l’émancipation et pour le socialisme libertaire.
OCL (Organisation communiste libertaire)
Dossier sur l’Iran sur http://oclibertaire.free.fr/
13 Commentaires sous cet article
"Dans le mouvement de masse qui secoue l’Iran, il existe une dimension de classe, des syndicats indépendants et des révoltes ouvrières, une dimension féministe et des combats pour l’égalité et l’autonomie individuelle et collective qui peuvent aller contre les religions et les superstitions" L’ennui c’est qu’ils sont minoritaires et qu’ils ne joueront aucun role en cas de destruction du régime des mollahs ! Certains le savent très bien d’autres non... Au fait Joe Biden a accordé le droit à l’Etat Hébreu de vitrifier l’Iran à l’arme nucléaire...Quand ça sera effectif, j’attends les commentaires d’indy sur le fait qu’Israel n’avait pas le choix et qu’il s’est défendu, comme toujours !
"L’ennui c’est qu’ils sont minoritaires et qu’ils ne joueront aucun role en cas de destruction du régime des mollahs !"
La preuve, siouplait ?
S’il y a une chose à ajouter pour contredire cette assertion sans fondement, c’est que même Moussavi et sa clique ont la trouille de ce que le trucage des élections a déclenché ! Sinon, ils appelleraient à manif sur manif, ce qui n’est pas le cas. Ne serait-ce pas parce que justement les revendications qui se font jour sont toutes autres que le simple soutien à l’opposition présidentielle ?
19h32 n’a pas encore compris que Moussavi (qui est une marionnette à la solde du clan Rafsandjani, personnage archi-corrompu qui a participé à tous les excès du régime) n’a nullement l’intention de renverser un régime qu’il soutient, et qu’il sait très bien que des manifs massives se sont déjà produites, celà n’a nullement fait trembler le régime. Ce que réclame les étudiants, c’est surtout une plus grande liberté des moeurs, une démocratisation du régime, bref des réformes, pas la révolution ! Ils savent ce qu’est la faillite de l’Etat : comme en Iraq, corruption massive, massacre de masse, terrorisme à grande échelle, dégradation rapide des conditions de vie, menaces de guerre, d&éplacements forcées de population etc...Et ça ne profiteras pas au peuple mais aux mafieux soutenus par les américains et armés par eux. C’est surtout pour celà que les Iraniens évitent de déstabiliser un régime qui se trouve coincé entre Afghanistan et Iraq, ils imaginent le chaos que celà pourrrait provoquer... Je précise que je ne soutiens pas ce régime, je suis anti-sioniste mais Israel n’a rien à voir dans ces histoires ; ce que je repoche à certains, c’est de refuser de voir la complexité des problèmes : chaque Etat a sa propre histoire, ses difficultés, ses atouts...Ce qui se passe en Iran ne doit pas etre calqué sur ce qui se passe ailleurs. Si Ahmadinejad a été élu, les fraudes n’expliquent pas tout : il a eu beau jeu de condamner la corruption (absolument ignoble en Iran, et qui profite surtout à la bourgeoisie de Téhéran, les parents des étudiants qui manifestent) et de s’en prendre au inégalités. Bref, il a été démagogique sur toute la ligne, mais quelle différence avec ce qui se passe en Europe ? Maintenant, Ahmadinejad aura beau jeu de mettre en place des réformes dans tous les domaines et sans aller trop loin : il gagnera largement le soutien populaire, stabilisera le régime, brisera définitivement son isolement, améliorera le niveau de vie général, et donnera un second souffle au régime des mollahs (ceux-ci sont souvent de redoutables hommes d’affaires et tiennent une partie non négligeable du pays ; un article du Monde Diplo qualifie le régime économique de "capitalisme de monopoles" je vous invite à le lire, c’est très intéressant). Ahmadinejad est le candidat de Khamenei, ce n’est pas une surprise, car l’ayatollah estime qu’il est le seul à pouvoir sauver le régime sans mettre en danger la révolution islamique ; je n’ai jamais écrit que c’était bien ou pas, peu importe, ce n’est pas le débat, mais c’est très pragmatique et finalement, si vous vous mettez à la place des mollahs, vous auriez fait le meme choix sans doute... Il me semble que ce qui se passe en Iran est une lutte entre deux clans : celui d’Ahmadinejad-Khamenei qui surfe sur la vague de la "morale islamique" et le clan Rafsandjani qui surfe sur un rapprochement avec l’Occident et une ouverture du régime (ce qui aménera de nombreux investisseurs, on est toujours dans un cadre capitaliste). Mais personne ne peut certifier que leurs discours est sincère : le premier clan trempe aussi dans la corruption et parle de morale quand ça l’arrange, le second est représenté par des personnages qui ont participé aux pires crasses du régime...Pour l’instant, le crime profite au premier clan, mais lorsque Khamenei mourra, on peut s’attendre à une véritable lutte de pouvoirs et là je ne suis pas voyant : le pire comme le meilleur peuvent attendre les Iraniens...ou rien du tout ! Voilà, je suis anar, anti-sioniste mais certainement pas antisémite ni soutient du régime dégueulace des mollahs...On peut etre d’accord avec cette analyse ou pas, mais de grace, ne racontez pas n’importe quoi ou n’accusez pas les autres de tous les maux de la terre...
Je suis d’accord avec beaucoup de choses de ce qu’a écrit Vive la mémoire sélective, à deux points près : il y a des préoccupations sociales évidentes dans les manifestations anti-Ahmadinedjad, et l’Iran ne se relèvera pas de ce qui vient de se passer, au niveau interne comme dans sa politique étrangère.
Que les manifestants - réduits tous au statut d’étudiants de Téhéran par Vive la mémoire sélective, ce qui n’est pas le cas - ne veuillent pas d’une révolution, c’est parfaitement juste. Mais les réformes qu’ils demandent n’ont aucune chance d’être accordées par le régime, et la revendication révolutionnaire est un processus : elle part toujours de revendications d’améliorations immédiates pour se radicaliser. Il n’y a qu’à se souvenir du « dimanche rouge » de 1905 pour le savoir.
Il faut éviter de confondre bourgeoisie et prolétariat : que Moussavi soit un bourgeois ne fait pas l’ombre d’un doute, mais dire que tous ceux qui ont des illusions sur lui le soient est une idiotie. Avec 25 % d’inflation et entre 30 et 50 % de chômage dans le pays, il est évident que la question économique est fondamentale dans les revendications des manifestants, et Ahmadinedjad n’a fait qu’aggraver le problème, tout le monde en Iran le sait. C’est bien pourquoi ce passage de Vive la mémoire sélective est totalement absurde :
« Maintenant, Ahmadinejad aura beau jeu de mettre en place des réformes dans tous les domaines et sans aller trop loin : il gagnera largement le soutien populaire, stabilisera le régime, brisera définitivement son isolement, améliorera le niveau de vie général, et donnera un second souffle au régime des mollahs »
Ce qui est certain, c’est que l’Iran, qui voulait devenir la puissance dominante du Golfe Persique, est maintenant carbonisé pour y parvenir : ses divisions internes au sein même de l’État, l’écroulement de l’idéologie d’un État islamique bienveillant, l’absence totale de légitimité démocratique du nouvel élu, la faillite de son économie et la contestation interne qui ne va pas s’arrêter là en sont d’indubitables signes. Le vrai risque, c’est une explosion de l’Iran, et là il est clair que PERSONNE dans la région, y compris les Amerloques, n’y a intérêt. Mais définitivement l’Iran a abandonné le statut de SUJET de la géopolitique régionale pour devenir l’OBJET des grandes puissances tout autour de lui : les États-Unis, l’Angleterre - je pense que le barouf autour de l’ambassade anglaise à Téhéran n’est pas que du vent - les Allemands qui sont toujours l’un des principaux client et fournisseur de l’Iran et un de ses alliés historiques, la France qui vient d’implanter une base militaire juste en face des côtes iraniennes…
Pour l’instant, les manifestations sont effectivement sans danger pour le pouvoir : il a la répression pour lui, et le régime de terreur qu’il est en train d’instaurer va lui permettre de gagner du temps. Mais si des grèves éclatent, la situation évoluera, et il est intéressant de voir que le clan Moussavi n’a pas appelé à la grève générale.
1 L’écrasante majorité des manifestants sont des étudiants, qui représentent une part assez hallucinate du pays ; les 15-25 ans forment 30% de la population iranienne : beaucoup sont au chomage, d’autres à l’université. Problème : ces dernières sont surchargées, la génération du baby-boom iranien arrive sur le marché du travail et doit souvent survivre, quitter la campagne, faire pression sur les salaires à la baisse, entre dans l’économie informelle. La jeunesse iranienne se retrouve confrontée un peu aux memes problèmes que la jeunesse française en mai 1968 : elle veut aussi des réformes, mais une minorité eut aussi aller plus loin (il ne faut pas oublier que la révolution de 1979 est partie des universités, à l’époque bastion de l’extreme-gauche...). L’inflation est élevée, certes, mais elle touche davantage le petit peuple des villes, d’où le clientèlisme électorale du régime qui donne de nombreuses aides aux familles touchées par la crise économique (cependant relative, l’Iran n’est pas encore en récession mais souffre de la forte baisse des exportations pétrolières...et aussi de la baisse des investissements étrangers). "Ce qui est certain, c’est que l’Iran, qui voulait devenir la puissance dominante du Golfe Persique, est maintenant carbonisé pour y parvenir" pas d’accord avec ce passage : l’iran dispose d’atouts économiques indéniables : une main d’oeuvre bien formée, un apport technologique impressionant, des ressources naturelles etc...Les USA savent que la seule alternative est une stablisation de l’iran, véritable carrefour du monde musulman, les Russes l’ont bien compris...Et le régime est loin d’etre aux abois. On peut éventuellement croire que l’Iran va éclater (problème kurde, terrorisme dans l’"arabistan") mais c’est sous-estimer le nationalisme persan, véritable ciment unitaire, peut etre aussi fort que l’islam. La lutte entre les deux clans principaux aura peut etre des effets positifs : une surenchère dans la promesse des réformes par exemple, mais celà peut aussi avoir des effets négatifs...Le problème numéro 1 pour l’Iran est d’avoir largement détruit son image ce qui va pousser ses alliés à soutenir l’opposition Rafsanjdani (on le voit avec le pouvoir chiite irakien, et le Hezbollah qui s’éloignent progressivement du clan Khamenei). Il y a eu juste quelque chose de troublant : durant la campagne présidentielle, les paroles démagogiques d’Ahmadinejed l’ont amené à s’en prendre à de nombreux hauts dignitaires du régime, y compris, implicitement, à Khomeyni, le père de la révolution islamique...Il n’est pas dit que le clan Khamenei n’explose au passage... Enfin, le clan Moussavi a appelé à la grève générale, ce fut un échec logique : les travailleurs iraniens ne sont pas toujours très bien organisées, il y a la peur du chomage, le poids de l’économie souterraine, le régime économique particulier etc...Mais étais-ce à Moussavi d’appeler à la grève ? En outre, les travailleurs iraniens ne veulent pas non plus etre manipulés par un clan ou un autre...Il faut avouer que ce n’est pas le meilleur contexte pour se soulever : d’autant que les menaces israeliennes de guerre ont renforcé le régime, les iraniens ont peur de la guerre, de perdre leur souveraineté...S’il n’y avait pas eu ses menaces de guerre (absurde, vue la puissance de feu de l’armée iranienne, vraiment impressionnante), les iraniens n’auraient pas eu cette pression d’affaiblissment du pays, le régime aurait été amputé d’un argument de poids. Le peuple iranien craind la guerre et ça Ahmadinejad l’a bien compris, c’est pourquoi il renforce l’armée iranienne (balistique, envoi d’un satellite dans l’espace, autant de fiertés pour le peuple iranien, fierté que caresse le clan Khamenei) seule à meme de pouvoir arreter les agesseurs du peuple iranien ; le must serait l’arme nucléaire, mais qui vous dit que l’Iran ne va pas la sortir prochainement ? Il y a quelques mois, le monde entier a appris avec étonnement l’envoi d’un satellite dans l’espace...Le régime aura alors gagné sa sécurité extérieure et ne redoutera plus une intervention étrangère...mais pas sa sécurité intérieure. Cependant, l’arme nucléaire aidant, le peule iranien n’aura plus à redouter une éventuelle guerre avec les puissances étrangères, et là tout espoir est permis... C’est pourquoi les menaces de guerre contre l’Iran sont profondemment absurdes, au-delà de la folie d’une telle guerre, elle renforce le régime qui a beau jeu d’appeler à l’unité face à un ennemi qui menace quand meme d’aller les vitrifier !
Je suis d’accord avec l’essentiel de ce qui est dit par 11h55, mais je ne pense pas une seconde qu’il n’y a que des étudiants dans les rues ; la contestation sociale ne sait pas comment se développer, et les universités étant des lieux collectifs, il est naturel qu’il soit possible de s’y réunir. D’où d’ailleurs la hargne des miliciens Bassidji contre les universités. Mais dire ou penser qu’il n’y a que des étudiants dans les rues, c’est croire que le CPE n’a été qu’un mouvement d’étudiants !
D’autre part, je crois qu’il ne faut pas tout confondre :
« l’iran dispose d’atouts économiques indéniables : une main d’oeuvre bien formée, un apport technologique impressionant, des ressources naturelles etc »
La question ainsi posée se veut économique, mais on parle ici d’atouts POLITIQUES ; il n’y a notamment plus aucune unité au sein de l’État, et l’usage de la répression ouverte ne constitue nullement une expression de force de la part de la clique au pouvoir. D’autant que si l’armée n’a rien dit pour l’instant alors qu’elle reste maintenant la seule force politique cohérente du pays, c’est qu’elle est elle-même divisée entre les différents clans, ce qui lui enlève une grande part de son efficacité. C’est pourquoi je réaffirme que les rêves de puissance régionale de l’Iran, c’est terminé pour lui. Ce n’est ni une bonne ni une mauvaise chose en ce qui me concerne, tous les États quels qu’ils soient étant impérialistes, mais ce régime obscurantiste est bien aux abois vu qu’il a besoin, d’ores et déjà, d’appuis extérieurs pour tenir à l’intérieur (voir la visite d’Ahmadinedjad à Poutine il y a quelques semaines). La légitimité et l’unité de façade qu’il présentait à ses voisins ne sont plus que des souvenirs, et c’est bien l’unité du pays qui est en jeu ; que la bourgeoisie cherche à mettre en avant le nationalisme persan est un chose, que ça impressionne les petits seigneurs de la guerre qui poussent sur les marges du pays en est une autre. Quant à arrêter les appétits des requins impérialistes qui gravitent autour de l’Iran, des Etats-Unis à la Russie, d’Israël à l’Arabie saoudite, de la France à l’Allemagne et à l’Angleterre, on est dans le domaine du rêve !
Quant aux « surenchères dans les promesses », il n’y a aucune illusion à avoir : ce sont des promesses électorales qui n’ont pas la plus petite vocation à devenir réalité ! Pour une excellente raison : l’État iranien n’a rien à offrir. L’inflation ronge la richesse nationale, renchérit les importations (tous les produits manufacturés !), réduit les pauvres à la misère. L’Iran n’est pas un pays développé, quand bien même il comporte une classe ouvrière importante, et j’aimerais savoir ce que 11h55 met derrière « l’apport technologique impressionnant » d’un pays qui ne fabrique même pas ses propres voitures… Qu’il ait une main-d’œuvre qualifiée, c’est vrai ; qu’il ait les moyens de l’utiliser à plein, c’est autre chose.
"D’autant que si l’armée n’a rien dit pour l’instant alors qu’elle reste maintenant la seule force politique cohérente du pays, c’est qu’elle est elle-même divisée entre les différents clans, ce qui lui enlève une grande part de son efficacité." Là encore c’est plus compliqué : il existe deux armées en Iran, une armée régulière, et les pasdarans "gardiens de la révolution" mieux entrainés, mieux équipés, et soutiens ouverts du régime (c’est eux qui disposent de la redoutable balistique iranienne)."« l’apport technologique impressionnant" Il existe quantité d’accords commerciaux, techniques, scientifiques avec de nombreux états, et l’importation de brevets existe depuis longtemps. En outre, l’Iran dispose de plus en plus d’ingénieurs, de techniciens etc... Pour les voitures : la plupart de sont pas importées, et il existe une marque iranienne (Iran Khodro) qui multiplie les coopérations avec d’autres marques (Peugeot notamment). Penser que les iraniens sont des incapables techniquement alors qu’ils ont réussi à envoyer de leur propre chef un satellite dans l’espace (bien que sans doute aidé en partie, mais pas totalement) serait un leurre vu le nombre de scientifiques qu’ils forment chaque année...Il est illusoire de croire qu’un Etat n’est rien à offrir, meme pour un anarchiste, il est évident que la grand force d’une structure étatique est de pouvoir offrir quelquechose : la sécurité d’abord mais aussi une amélioration des conditions de vie (sans pour autant remettre en cause la structure du régime). "La légitimité et l’unité de façade qu’il présentait à ses voisins ne sont plus que des souvenirs, et c’est bien l’unité du pays qui est en jeu" Croire celà est aussi illusoire : l’Iran est un pays stable, cimenté autour d’un concept national ancien, les divisions politiques ont toujours existé et la lutte entre clans est une constante dans l’Histoire de la révolution islamique iranienne ; ces gens ne vont pas s’entretuer parce qu’ils n’auraient aucun intéret à le faire ; les luttes de pouvoirs ne se transformeront pas en guerre civile dans la mesure où les deux clans auraient tout à y perdre. de nombreuses personnes qui étaient des soutiens du régime à ses débuts ont fait défection, celà n’a jamais remis en cause l’unité du pays, meme le terrorisme, pourtant largement soutenu par les occidentaux (et oui...) n’ont nullement fait trembler le régime qui s’en sert pour renforcer sa légiimité et monter qu’il est agressé par des ennemis y compris intérieurs, aux yeux d’un peuple, qui dans l’Histoire, ne s’est pas illustré pour son bellicisme... Enfin, il ne faut pas oublier que l’Iran a résisté à 8 années de guerre avec l’Iraq, largement soutenu par les Occidentaux...et il s’en est très bien sorti, mieux que son voisin (guerre du golfe oblige). Et j’ajouterais que le clergé chiite est très structuré, aux ramifications internationales (Pakistan, Iraq, Liban, Afghanistan, Europe etc...) lui permettent de trouver de nombreux soutiens à l’extérieur du pays. Un naufrage de l’Iran entrainerait une catastrophe d’une ampleur alors inconnue dans la région... P.S. : je suis ravi que l’on puisse avoir un débat digne de ce nom sur indy, car dans certains posts c’est impossible sans se faire insulter...
Je ne suis pas d’accord sur l’analyse, parce que je pense que la situation économique a évolué de façon générale et qu’on ne peut sortir l’Iran du contexte de la crise économique mondiale. Encore une fois, ce n’est pas prendre l’Iran pour un ramassis d’incapables ; mais dire qu’il est possible pour un pays d’être en bonne santé économique alors que les autres se débattent dans la crise est une vue de l’esprit. Quant à la puissance économique et scientifique de ce pays, la réponse se trouve dans le commentaire de 21h02 : sans aide extérieure, elle est incapable de faire quoi que ce soit !
Quant à croire qu’aucune des factions en présence n’a intérêt à une guerre civile, c’est vrai vu de l’extérieur et avec une vision globale ; mais en ce qui LES concerne, c’est une question de survie, d’autant que le gâteau à se partager se réduit de mois en mois. Il n’y a pas de rationalité dans leur comportement, c’est pour cela que tout est possible sur ce point. La bourgeoisie n’a pas de vision rationnelle de son propre système, elle n’en a pas non plus sur le futur de son propre système.
L’Iran est d’autant moins un pays stable que le contrôle d’une partie de son territoire lui échappe, à la frontière avec l’Afghanistan. Je ne vois pas pourquoi l’Iran échapperait à la tendance générale : montée des forces centrifuges, perte de vue de l’intérêt général au profit de l’intérêt immédiat, délitement des structures sociales, appauvrissement généralisé, tout cela touche tous les pays. Il faut partir d’un cadre général pour comprendre les singularités !
Ceci dit, effectivement, c’est plus intéressant de discuter comme ça et d’argumenter que de se retrouver face à des gens qui n’ont rien à dire. Ce qui explique d’ailleurs leur recours à l’insulte et à l’affirmation non démontrée !
"d’autant que le gâteau à se partager se réduit de mois en mois" Pas sur...le cours du baril remonte, l’iran est certes touché par la crise économique (mais comme tout le monde) mais n’est pas encore en récession...Il est toujours intéressant pour des capitalistes d’aller investir dans un pays fortement peuplé et qui n’a toujours pas fini sa croissance démographique. "la réponse se trouve dans le commentaire de 21h02 : sans aide extérieure, elle est incapable de faire quoi que ce soit !" Pas tout à fait : une fois que vous avez acquis des brevets, que vous pouvez obtenir des compétences techniques grace aux différents accords, il est largement possible d’etre autonome (c’est aussi le but de tout pays). Regardez le Japon il ya 50ans ! c’est comme ça qu’ils ont pu progresser, aujourd’hui dire que les japonais, sans aide extérieure, ils ne sont pas des incapables ! En outre, il est évident que d’autres etats continueront d’apporter de l’aide à l’Iran : la Chine et la Russie, notamment qui n’ont que faire de l’embargo commercial...mais peut-on leur reprocher ? Les Allemands et Britanniques ont bien commercé avec l’Iran en violation de l’embargo international...C’est l’appat du gain qui est souvent plus fort que tout ! "L’Iran est d’autant moins un pays stable que le contrôle d’une partie de son territoire lui échappe, à la frontière avec l’Afghanistan." Je ne suis pas tout à fait d’accord sur ce point : d’abord, l’Iran a accueilli dans l’indifférence générale quelques2 millions d’Afghans sur son sol qui fuyaient la misère, la guerre, et les talibans (soutenus alors par les Américains). L’est de l’Iran est faiblement peuplé, pauvre, et finalement intéresse peu les Iraniens. J’ignore quel degré de controle ils exercent sur cette portion de territoire, mais de toute évidence, ce n’est vraiment ça qui mettra en danger l’uité du pays ou meme remettra en cause la nature du régime...L’endroit qui me semble le plus "chaud" est sans doute ce qu’on appelle l’"arabistan" (Ahvaz) où des groupuscules sunnites souhaitent un rattachement de cette région à l’Irak. mais là encore, mis à part quelques incidents, et quelques bombes de temps en temps, ce n’est pas non plus ce qui va faire trembler les mollahs... Et puis je dirais que la crise ne frappe pas tout le monde, et pas au meme degré...Et ça je pense que peu de gens pourront me contredire ! Autre chose également : on peu dire beaucoup de choses sur Chavez (je ne suis pas l’un des ses supporteurs) mais il faut aussi voir son alliance avec l’Iran dans un intéret stratégique ; les pays qui refusent de s’aligner sur la politique (agressive, injuste, cynique...) des pays occidentaux et de leurs soutiens dictateurs (Egypte, pays du golfe, etc...) ont choisi l’option d’une grande alliance (mais quelle est sa valeur ?) surtout pour protéger leur indépendance. Et ils n’ont pas forcément tord : la guerre froide est finie, pas les coups tordus, voire ce qui se passe au honduras... Enfin, des élections truquées, il y en a dans de nombreux pays y compris aux USA en 2000 : les gens se sont-ils révoltées ? faut-il se réjouir que ce soit le peuple iranien qui conteste les élections mais aps le peuple américain ? Les iraniens sont-ils plus démocratiques que les américains, égyptiens, syriens, algériens, marocains, congolais, colombiens (où le trucage est un sport) ? Pourquoi nos médias se concentrent-ils sur l’Iran ? Ils n’ont rien d’autres à dire ? Il sont indignés quand ça les arrangent ? Ca fait vendre plus ? Veut-on nous détourner d’autres choses ? Où préparer les esprits à une guerre "légitime" face à l’Iran ? On attend les boites de communication nous inventer des histoires sordides sur les mollahs comme durant la guerre du Golfe, et l’histoire fantaisiste de la fille de l’ambassadeur qui disait avoir vue des bébés tués par les soldats irakiens ? le pire, c’est que certains croient encore que cette histoire est vraie, comme le génocide au Kosovo, les camps de concentration en Bosnie, les ADM d’Irak, où le milliards d’Arafat pour financer le terrosrisme...Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelquechose...Et les Occidentaux sont des amnésiques de compétition, du moins, quand ça les arrangent !
Tenez, rien à voir avec l’iran, cette histoire en Allemagne où une femme voilée a été tuée dans un tribunal et où la seule réaction des autorités et des médias est de parler "d’acte isolée"...Imaginons que celà soit arrivée à un juif portant la Kippa : que quelqu’un ose me sortir qu’on a n’aurait pas fait un tapage, avec appui des autorités (minutes de silence, cris d’indignations...), et on nous aurait sorti un reportage sur les méchants musulmans antisémites...C’est le deux poids deux mesures qui saoule, use, lasse, et finit par provoquer la haine et la frustration...
Est-ce le manque de lecteurs qui la pousse à ratisser large et à essayer de récupérer un public passé dans le camp de la gauche politiquement correcte ? On pourrait le penser tellement le discours est calqué sur celui des néocons qui se parent des oripeaux de l’ultragauche ou des libertaires pour nous resservir les idées relookées du pouvoir et des médias.
Au niveau du langage, tout y est, on croirait un article de non-fides, de la FA, de l’AIT ou du CCI :
« une certaine gauche anti-libérale » « se mobilise en faveur du régime de la République Islamique » ; « Chávez a chaleureusement félicité Ahmadinejad » « campagnes négationnistes et antisémites » « thèses complotistes »…
Même avec les précautions de rigueur, on ne peut pas s’empêcher de supputer que l’OCL a choisi la même solution de facilité qu’une partie des gauchistes : l’inversion de l’ennemi principal pour être plus près de la tendance générale. C’est déjà un exploit de parler de l’antisémitisme d’Ahmanidejah sans la moindre critique du sionisme et des campagnes du lobby pro-israélien.
Ahmanidejad, Chavez, l’antisémitisme, le négationnisme, la gauche anti-libérale, c’est bon ça, coco, ça fait vendre ! Mais quand vous aurez rejoint Charlie-Hebdo, Cohn-Bendit ou les anarchistes en peau de lapin, vous serez bien avancés : ils auront toujours une longueur d’avance et seront quand même arrivés avant vous !
Le procédé malhonnête, même non explicite, consistant à laisser croire que ceux qui n’ont pas les mêmes analyses ni les mêmes priorités que vous seraient du côté de la République islamique, de Chavez, des antisémites-négationnistes ne vous servira à rien, il a déjà été utilisé et est usé jusqu’à la corde. Il ne fera que vous situer dans l’éventail politique.
Si le « Lecteur de Courant Alternatif » nous expliquait ce qu’il considère faux dans l’article, on pourrait savoir où il veut en venir et ça éviterait de croire qu’il tombe lui aussi dans les travers qu’il dénonce !
Parce que à en croire ce commentaire, il semble que le fait de prendre des bouts de citations isolés de leur contexte suffit à démontrer que ce qui est dit ici reprend les campagnes démocratiques.
En quoi ce texte rejoint la logorrhée de Charlie Hebdo ou de Cohn Bendit, c’est ce que l’on aimerait savoir. Savoir ce qu’est « l’inversion de l’ennemi », et surtout ce qu’est un « ennemi principal » serait également intéressant.
Quand on condamne les « procédés malhonnêtes » des autres, on évite d’utiliser les citations hors contexte, qui en sont également un !
Le lecteur de Courant alternatif aurait du mal à répondre à une quelconque question vu que ses commentaires sont systématiquement censurés. Mais heureusement il reste les réponses du « vieux sympathisant » aux commentaires disparus, ce qui est une façon comme une autre de concevoir un débat dans le milieu alter.
On se demande d’ailleurs à quoi rime cette censure, à moins de considérer que l’OCL est incapable de répondre elle-même à la moindre critique et que c’est aux modés ou aux « vieux sympathisants » de représenter ses intérêts.
C’était d’ailleurs bien là la raison de mon commentaire : demander à l’OCL les raisons d’un texte complètement différent de ce qu’on avait l’habitude de lire dans son journal, se rapprochant plus des élucubrations consensuelles de non-fides ou du CCI-AIT que de positions libertaires.
Je remets mon commentaire, qui sait, peut-être un militant OCL de passage aura-t-il le temps de le lire avant qu’il disparaisse ?
À quoi joue l’OCL ?
Est-ce le manque de lecteurs qui la pousse à ratisser large et à essayer de récupérer un public passé dans le camp de la gauche politiquement correcte ? On pourrait le penser tellement le discours est calqué sur celui des néocons qui se parent des oripeaux de l’ultragauche ou des libertaires pour nous resservir les idées relookées du pouvoir et des médias.
Au niveau du langage, tout y est, on croirait un article de non-fides, de la FA, de l’AIT ou du CCI :
« une certaine gauche anti-libérale » « se mobilise en faveur du régime de la République Islamique » ; « Chávez a chaleureusement félicité Ahmadinejad » « campagnes négationnistes et antisémites » « thèses complotistes »…
Même avec les précautions de rigueur, on ne peut pas s’empêcher de supputer que l’OCL a choisi la même solution de facilité qu’une partie des gauchistes : l’inversion de l’ennemi principal pour être plus près de la tendance générale. C’est déjà un exploit de parler de l’antisémitisme d’Ahmanidejah sans la moindre critique du sionisme et des campagnes du lobby pro-israélien.
Ahmanidejad, Chavez, l’antisémitisme, le négationnisme, la gauche anti-libérale, c’est bon ça, coco, ça fait vendre ! Mais quand vous aurez rejoint Charlie-Hebdo, Cohn-Bendit ou les anarchistes en peau de lapin, vous serez bien avancés : ils auront toujours une longueur d’avance et seront quand même arrivés avant vous !
Le procédé malhonnête, même non explicite, consistant à laisser croire que ceux qui n’ont pas les mêmes analyses ni les mêmes priorités que vous seraient du côté de la République islamique, de Chavez, des antisémites-négationnistes ne vous servira à rien, il a déjà été utilisé et est usé jusqu’à la corde. Il ne fera que vous connoter dans l’éventail politique.
Un lecteur de Courant alternatif, et même participant occasionnel
anti impérialisme (international)
proche et moyen orient (international)
iran : communiqué de l’ocl
Vous avez visiblement tout compris de la situation, cela force le respect.