mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
Les maoïstes du comité des mal-logés
L’assemblée constitutive du futur mouvement autonome dénommé le comité des mal-logés eut lieu ainsi, parmi des gens ne se connaissant pas les uns les autres, mais partageant tous les mêmes difficultés de logement précaire, dés le départ il échappa aux structures conditionnées, cela fit peur.
Arthur était aux anges, enfin, un mouvement avec des intéressés du Premier chef, des auto organisés, ils allaient percer l’univers de soubresauts si profonds qu’aucun révisionniste de l’histoire ne pourraient les effacer, quelque soit leur intérêt politique et égotique du moment, la vérité était l’avenir du peuple.
L’assemblée dura plus de deux heures, les autonomes alternatifs habitués des concerts finissaient d’installer leurs équipements, le boulevard se remplissait de nouveaux, venus aux informations, les policiers flirtaient avec les trottoirs avoisinants, l’ordre régnait sous le soleil.
Dans les échanges courtois d’un jour, Arthur réussit à contacter tous ceux dont le besoin se faisait sentir pour l’ouverture du nouvel immeuble, l’information étant donnée trop tardivement cela ne pouvait être revendiqué par le comité naissant, mais tous s’y associaient, et la nuit venante s’y prêtait.
Après le concert, Arthur filerait chez Béa, quelques stations de métro, pour peaufiner les détails de l’opération, tout le monde étant sur place et prévenu, il ne suffisait plus que d’organiser l’éphémère, pour une nuit d’agitation discrète et au petit matin dix familles logées et quinze célibataires.
Tu renquilles aussi sec toi, mais Dominique, c’est le moment, c’est le sens de la dérive, jamais il ne faut mollir, dés que la situation le permet, je suis pour l’initiative, je t’ai déjà perdue, je n’ai jamais compris pourquoi, je n’ai plus rien à perdre, même pas la vie, comme nous nous aimions.
Arthur quitta le concert avant le départ du dernier métro, il lui fallait filer vite, il avait plusieurs choses à régler chez Béa, Rocky l’y rejoindrait, Jean-Philippe également, et l’équipe d’ouverture du nouvel immeuble, tout serait fait au cours de la même nuit, les familles de Maliens se tenaient prêtes pour le petit matin.
L’assemblée générale constitutive du Comité des Mal-Logés, bientôt dénommé par tous C.M.L., avait été un grand moment d’émotion, tous les mal-logés du quartier, habitants les taudis et les chambres à douze lits des marchands de sommeil ou les hôtels meublés étaient venus dirent leur volonté de s’unir.
Les militants tout vérolés de leurs prétentions organisatrices avaient été débordés par la vague spontanée, pour le moment ils étaient sonnés, ils se gobergeaient et tentaient de se faire voir un peu plus que la moyenne, mais la véracité des situations d’injustice sociale leur séchait le gosier.
Le responsable autoproclamé du soixante-sept avait eu beau essayé de plastronner, ses dossiers des familles calés sous le bras dans son sage et éternel cartable de cuir marron clair, il n’était pas à l’honneur et n’avait rien à proposer publiquement, il était loin de ses combinaisons téléphoniques discrètes.
Arthur s’était bien amusé, le concert avait réuni toutes les catégories socioprofessionnelles chères aux doctorants en sociologie anti-marxiste, ce qu’avant Bourdieu on nommait simplement le prolétariat du quartier, la future base sociale autonome du nouveau comité.
Ceux que la presse depuis quelques années nommaient les Autonomes pour leurs prétentions abusives à constamment vouloir aller chatouiller les boucliers des C.R.S. en manifestation étaient perdus au milieu et éberlués, se grattant désespérément les neurones pour essayer de récupérer l’histoire.
Un jour ou l’autre on saurait par l’entremise d’une encyclopédie du révisionnisme de l’histoire à la petite semaine qu’un tel, chef d’organisation inexistante à ce moment-là, aurait été à l’origine de tout, maoïste depuis quatorze ans, au moment de la dissolution de la Gauche Prolétarienne en 1973.
Mais l’asphalte recouvrant les pavés parisiens se souviendrait, ce jour-là nulle organisation politique constituée ne fut à l’origine de la constitution du comité des mal-logés, seuls des pauvres et des inaperçus, des réprouvés et des réfractaires, des isolés et des déclassés, des exclus et des énervés.