révolution !
Quel meilleur mois que le mois d’Octobre pour vous parler de révolution ? Nous avons tous en tête les souvenirs délicieux des révolutions d’Octobre de 1917 en Russie et de 1949 en Chine. Hu Chintao, actuel président Chinois ne l’avait pas oublié ! Pour les soixante ans de dictature, dite communiste, il a offert à son très cher peuple une parade militaire grandiose. Les chinois ont pu apprécier en connaisseur toute l’artillerie mise à leur service pour réprimer leurs revendications aux droits de l’Homme. La place Tianmen était sous bonne garde, et comme d’habitude sous l’œil sévère d’un certain Mao Zedong. La petite fête anniversaire du continent du milieu se déroulait alors le 1er Octobre. Autant dire que tout commençait plutôt bien pour un nouveau mois d’imposture et de cynisme !
Il faut dire qu’il n’a même pas fallu attendre qu’Octobre sonne à notre porte, pour avoir du grain à moudre. Moussa Dadis Camara, visiblement impatient, a démarré une sanglante répression le 28 Septembre. Le chef de la junte militaire guinéenne a tout simplement décidé de massacrer l’opposition qui se manifestait alors dans les rues de Conkary. Le résultat officiel fait état de 57 morts (dont douze par balles seulement), la presse et les organismes internationaux parlent de 200 morts.
Emeutes aussi à Rio de Janeiro. A peine choisie ville organisatrice des Jeux Olympique 2016, une vague de violence aurait fait 12 morts dont quelques policiers. Les favelas connaissent-ils déjà la fièvre des jeux ? Rappelons que dans l’histoire de l’olympisme, le choix de Rio fait l’objet d’une petite révolution. C’est la première fois que des jeux seront organisés en Amérique latine, à la grande fierté du président brésilien : Luis Inacio Lula Da Silva. Une fierté d’autant plus grande que Rio a disposé de la ville de Chicago. Barack Obama était alors venu en personne à Copenhague auprès du CIO pour vanter les mérites de la ville américaine.
A défaut d’avoir les jeux, Obama, aura un prix Nobel de la paix. La nouvelle créé la stupeur dans le monde entier, à commencer par le premier intéressé. Benayamin Netanyahou, Premier ministre israélien a qualifié de « bizarre » le choix de l’institution Nobel. Côté républicain, les railleries sont allées bon train. Chez les démocrates, on met en avant le fait qu’il s’agit d’un encouragement. Barack Obama préfère parler d’un « appel face aux défis du XXIème siècle ». Dans le même temps, le général Mc Crystal réclamait un renfort de 40000 hommes en Afghanistan pour faire face à une intensification des combats contre les talibans.
Des talibans de plus en plus coriaces, de plus en plus armés, de plus en plus malins. Le même jour Al Qaeda, frappait deux fois. Un attentat à Peshawar au Pakistan, pour dissuader le gouvernement d’arrêter sa campagne entamée dans le Sud Wazirsistan, fief de l’organisation terroriste. Un autre à Kaboul, contre des organismes internationaux, dans le but de perturber le second tour des élections présidentielles. Bref, la mouvance terroriste se rebiffe !
L’intensification des combats et la perte de plusieurs soldats auront au moins eu le mérite de donner un éclair de bon sens à Silvio Berlusconi : arrêter la guerre le plutôt possible. Mis à part cela, le président du conseil italien s’enfonce dans le ridicule et le démocratiquement inacceptable. Après avoir attaqué en justice deux journaux de l’opposition : la Unita et la Reppublica, la gauche italienne a organisé une manifestation pour la défense de la liberté d’expression à Rome. La nécessité d’une telle manifestation en dit long sur l’état de cette liberté en Italie. Berlusconi est allé jusqu’à s’auto congratuler de « meilleur président du conseil depuis 150 ans » et pour la RAI (Télévision publique Italienne) qui n’est pas d’accord, il ne s’agit pour le cavaliere que d’un « nid de communiste ».
L’Italie, anomalie de l’Europe ? Pourquoi pas. Dans une carte faisant état de l’avancée des droits de l’Homme dans le monde (Journal Le Monde, 24 Octobre), toute l’Europe est coloriée en vert sauf l’Italie et… (et oui, il y a un deuxième pays) (Roulement de tambour) la France ! Qui eux, sont coloriés en Jaune. Horreur. Calomnie. Diffamation. La France en retard sur l’application des droits de l’Homme ! Impossible. Qui sait si Nicolas Sarkozy n’irait pas attaquer en justice l’auteur de cette vilaine carte pour « dénonciation calomnieuse » ? Il n’en serait pas à son premier coup d’essai. Mais penchons nous un peu sur la fameuse couleur jaune de cette carte mesurant les droits de l’Homme dans le monde. Que signifie-t-elle ? Si l’on en croit la légende, il s’agirait de « cas sporadiques ou ciblés de répression des défenseurs (des droits de l’Homme) ou d’entraves aux activités des défenseurs ». Cette étude nous précise même que pour la France, le type de répression appliqué ne serait autre que la détention. En clair, ça commence à sentir le roussi au pays de Voltaire, Diderot, Montesquieu et Rousseau…
La France est ainsi rangée au même rang que la Tunisie, où Zine El Abidine Ben Ali, a été « réélu », en évinçant ses candidats à coup de mandat la veille des élections. Ou encore, au même rang du Maroc, où le Roi Mohamed VI, censure journaux étrangers et caricaturistes qui lui sont défavorables.
Qu’a donc fait la France pour descendre si bas ? On se rappelle alors plusieurs affaires, plusieurs faits divers : Affaire de Filippis, Affaire Julien Coupas, Emeutes de Strasbourg, Affaire Clearstream, Sommet de l’immigration à Vichy etc. Du point de vue de la garantie des libertés, la France sous Sarkozy, ce n’est pas joli joli…
Que faire alors ? On peut déjà entendre certaines voies s’élever. Brandissant déjà le poing pour de nouvelles révolutions. Mais regardons un peu le résultat de ces dernières… Des bains de sang, pour le même système. Bref, rien de très glorieux. Les systèmes érigent les murs et construisent les barrières. Les véritables révolutions sont plus lentes et détruisent ces murs pierre après pierre. Comme ce fut le cas, un certain mois d’Octobre 1989.