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13 février 2012
09h30 : APPEL AUX INDIGNé-E-S DES SUPPRESSIONS DE POSTES ET DE CLASSES DANS L’éDUCATION NATIONALE
mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
LE DOCTEUR SALEM INTERPELLÉ À TEL-AVIV
Le docteur Mohamed Salem, médecin français d’origine palestinienne, spécialiste en radiologie, a pris place sur un vol vers Tel-Aviv le 15 mai afin de se rendre à Jénine, en Cisjordanie. Le docteur Salem devait participer à une mission humanitaire organisée par l’AMI (Aide Médicale Internationale) où il était pressenti pour assurer une série de séminaires sur le thème de l’échographie. Il a par ailleurs rencontré dans l’avion un autre médecin français, d’origine juive celui-là, qui se rendait dans un hôpital israélien pour une mission médicale de la même durée.
A votre avis, les deux médecins français, ils ont fini leur voyage comment ? Celui d’origine juive s’est rendu sans encombres à l’hôpital israélien. Celui d’origine palestinienne fut interpellé à sa descente d’avion par la Police des frontières israéliennes sans motif apparente, sans explication et sans lui donner l’opportunité de contacter ses interlocuteurs à Jénine (ni l’ambassade française ou quiconque d’autre). Le docteur Salem a essuyé un interrogatoire serré, une fouille minutieuse de sa personne et de ses bagages, l’incarcération dans une cellule à l’aéroport, la privation de nourriture et d’eau pendant près de 24 heures, la brutalité, l’intimidation, l’humiliation.
Le lendemain, le docteur Salem était obligé, la mort dans l’âme, à monter sur un vol retour vers la France sans pouvoir mener à bien sa mission humanitaire. Une grande indignation s’exprime dans les milieux médicaux et associatifs à Lille, où le praticien habite, ainsi que dans toute la France. L’UJFP a immédiatement signé une pétition qui circule pour protester contre ce traitement raciste et inhumain, un geste de plus qui porte atteinte à la réputation internationale d’Israël, déjà gravement ternie. Voici le texte de la pétition :
"Nous, soussignés, condamnons fermement les entraves injustifiées imposées par Israël à l’action médicale humanitaire en faveur de la population civile palestinienne. Nous dénonçons l’expulsion par les autorités israéliennes du docteur Mohamed Salem, ressortissant français et membre de la mission d’Aide Médicale Internationale, après 24 heures de détention."
Vous aussi, vous pouvez signer la pétition en écrivant à l’adresse électronique contact nord-palestine.org. Vous pouvez lire un récit plus détaillé de l’interpellation et de l’expulsion du docteur Salem, écrit par le premier intéressé, dans le fichier attaché
Je m’appelle Mohamed Salem, je suis médecin…
Je m’appelle Mohamed Salem. Je suis citoyen français d’origine palestinienne. J’exerce dans un hôpital lillois en tant que médecin, spécialiste en radiologie. J’emploie tout mon énergie et mon enthousiasme au service d’un seule et unique passion : la médecine. Mon travail a toujours suscité le respect de mes collègues, ma disponibilité, celui de mes patients. Par ailleurs, je suis personnellement très engagé sur le plan humanitaire. Ceux et celles qui me connaissent et me côtoient apprécient mon dévouement ainsi que ma sincérité. Je participe activement à de nombreuses actions de solidarité au profit des Palestiniens les plus vulnérables. Le jumelage Lille-Naplouse est l’une des activités dans laquelle je me suis pleinement investi. Je cherche à promouvoir des liens vivants et actifs, étroits et durables entre les peuples.
Les bonnes volontés ne manquent pas parmi les élus locaux et les acteurs humanitaires qui apportent sans relâche aide et assistance à une population civile durement frappée. Je tiens par ailleurs à rendre hommage à l’action de l’ Aide Médicale Internationale (AMI) présente dans les territoires palestiniens.
Inique et inacceptable décision que celle des autorités israéliennes
Celles-ci m’ont empêchées d’accomplir la mission médicale que cette organisation m’avait confiée en ce mois de mai. Mon témoignage vise à dénoncer, à interpeller, à alerter l’opinion contre ces violations flagrantes qui assombrissent le ciel et l’humanité. Que les consciences s’éveillent pour un avenir radieux fait de paix et d’espoir !
Récit…
Nous sommes le dimanche 15 mai 2005 A 7 heures du matin, je prends part au voyage qui doit me conduire à Jénine (Cisjordanie) dans le cadre d’une mission humanitaire organisée par l’AMI (Aide Médicale Internationale). Un séjour d’une semaine au cours duquel je compte assurer une série de séminaires sur le thème de l’échographie. Durant le vol, je fais la connaissance d’un médecin juif français. J’apprends lors de notre conversation qu’il effectue également une mission de même durée, mais dans un hôpital israélien…
A cet instant précis, j’étais loin d’imaginer qu’une action revêtant un strict caractère médical peut s’accomplir aisément dans un cas et être gravement compromise dans un autre. A mes yeux, il ne pouvait y avoir une distinction arbitraire entre les hommes, les peuples et les nations. Les faits scandaleux qui vont suivre viennent réaffirmer une tout autre conception des valeurs et du droit. Je vous le laisse le soin de juger par vous-mêmes…
15H00 (heure locale). Aéroport de Tel Aviv. Après présentation de mes documents y compris l’ordre de mission délivré par l’AMI, je suis immédiatement mis à l’écart. C’est le prélude d’un accueil particulier que l’on réserve à toute personne jugée indésirable, voire dangereuse.
Mais en quoi un simple médecin peut-il représenter une quelconque menace ? Et que penser de ce tri sélectif opéré parmi les passagers dès leur descente d’avion ? C’est le début de l’humiliation avec tout ce que ce mot horrible peut contenir…
Je n’irai pas plus loin… Ainsi en a décidé la police israélienne des frontières… Les autres passagers, eux, continuent tranquillement leur chemin. Qu’est ce qui nous différenciait ? Au regard de la loi, n’étions-nous pas des êtres humains égaux ? L’irruption de deux agents venus spécialement m’arrêter pour un interrogatoire me laissait penser que non ! D’autres évènements tout aussi choquants confirmeront par la suite mes appréhensions. Il y eut d’abord cette scène violente où trois jeunes Juifs américains ont crié haut et fort qu’ils ne supportaient pas être dans une salle d’attente avec des Arabes et des Asiatiques. Je suis resté près de quatre heures sans la moindre explication. Toutes les demi-heures, on venait me poser des questions du genre : " Quel est le nom de ta mère ? "
22H00… L’attente interminable se poursuit… L’incertitude est totale, l’épuisement aussi. Après un contrôle de trois heures (fouille, bagages, etc.), je subis à présent un interrogatoire marqué par la brutalité et l’intimidation. Il est minuit lorsqu’on m’enferme dans une cellule de l’aéroport, sans boire, ni manger. Dans la cellule voisine, j’aperçois une femme enceinte avec ses deux enfants qui ne cessent de pleurer.
Indigné et bouleversé, je me tourne vers notre geôlier et lui tends une boîte de chocolat à remettre aux enfants. Ce dernier n’a pas l’air d’être ému. Il finit par prendre enfin la boîte vu mon insistance. L’a-t-il vraiment donné ou l’a-t-il gardée ? Nul ne le saura…
Le lendemain à 8H30… Un simple verre de café à avaler pour toute nourriture. Je réclame le droit d’appeler le Consulat, l’Ambassade de France, pour qu’ils interviennent rapidement. Qu’ils me laissent les avertir de ma situation par fax. Je me suis vu opposer un refus ferme. Je n’avais aucun contact avec l’extérieur. J’étais coupé du monde. Mon téléphone portable m’avait été confisqué. Vers 15 heures, on m’informe que j’ai un appel téléphonique. Au bout du fil, le représentant de l’AMI à Jérusalem. Celui-ci s’enquiert de mon état de santé et me conseille de prendre le prochain vol à destination de Paris prévu à 16H00. Ma décision est prise bien que douloureuse : Je retourne en France à contrecœur…J’allais être de toute façon expulsé après ma détention, qui dura 24 heures.
Face l’arrogance et le mépris, avais-je un autre choix ? Je m’élève vigoureusement contre de tels agissements. Ils constituent une grave restriction au libre exercice de la médecine. J’en appelle en premier lieu aux autorités françaises pour me rétablir dans mon droit le plus absolu, celui de dispenser, dans le cadre de mon engagement humanitaire, des soins aux personnes, peu importe l’endroit où elles se trouvent.
Dès mon retour à Lille, j’ai reçu un magnifique soutien. De nombreux messages de solidarité m’ont été adressés. Mon cas a véritablement soulevé l’indignation dans les milieux associatifs. Des rencontres importantes ont eu lieu. L’AMI dans un communiqué de presse en date du 18 mai 2005 (http://www.amifrance.org/breve.php3…) dénonce ce comportement inadmissible et honteux à l’égard d’un ressortissant français tout en le qualifiant d’ " entrave à l’action humanitaire ".
Pour qu’il soit mis un terme à ce genre de pratiques, j’invite toute personne éprise de justice et de fraternité à signer la pétition qui circule à ce sujet. Retrouvez le texte sur le site de nos amis de l’AFPS à l’adresse suivante : http://www.nord-palestine.org/petit…