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[cnt] cnt lille : nouvel hold up sur les retraites

NOUVEAU HOLD UP SUR LES RETRAITES

Aujourd’hui, il est presque impossible d’avoir une retraite complète : en moyenne, un salarié ne cotise que 37 ans, à cause des études, du chômage, des carrières incomplètes, du temps partiel imposé, de la « préretraite » …
Avant, un salarié qui cotisait 37 ans touchait quasiment la pension pleine. Lorsqu’il faut 40 ou 41 ans de cotisation (et bientôt 42), la pension baisse proportionnellement et subit une décote de 5% par année manquante. Ainsi, un fonctionnaire qui avait cotisé 37 ans, touchait une pension égale à 74% de son salaire, mais, avec le calcul sur 40 ans, il a touché seulement 59% (et 53% s’il cotise 41,5 ans…).

Pour le privé, la pension est calculée sur un salaire de base bien inférieur, puisque, depuis 1993, sur une moyenne des 25 meil-leures années au lieu de 10. Parmi ces 15 années supplémentaires figurent aussi de mauvaises années, avec des salaires plus bas, des périodes chomées… Cette règle a ainsi baissé les pensions de 8%.

Certes, le public et les régimes spéciaux ne subissent pas cette mesure, mais ils perdent autant car la pension n’est pas calculée sur l’ensemble du salaire perçu (les primes et indemnités régulières, quand il y en a, ne comptent pas). Et ils ne cotisaient pas pour une complémentaire.

Au moment de prendre leur retraite, 6 salariés sur 10 sont hors emploi. Toute augmentation de la durée de cotisation revient à baisser leur pension. Et les dernières réformes pénalisent fortement celles et ceux qui arrivent loin des 40 ans de cotisation :

-  Les femmes : seulement 39% ont pu valider aujourd’hui 37,5 ans (contre 85% des hommes).

-  Les chômeurs, précaires, petits boulots, temps partiels…

-  Les jeunes qui débutent tard dans la vie active (études, chômage…) : début à 25 ans + 42 ans de cotisation = retraite à 67 ans ?

-  Les métiers pénibles et ceux non reconnus à espérance de vie réduite.

-  Les prostituées qui doivent cotiser dans des caisses privées.

Oui à un système de retraite par répartition,
non à la retraite par capitalisation !


L’objectif réel du patronat en baissant le niveau des pensions, c’est faire de la place pour les fonds privés et à une retraite par capitalisation (elle avait été abandonnée en France car elle n’offre aucune garantie, même à celles et ceux qui en ont les moyens). Dans les pays où elle s’applique, des familles se retrouvent sans rien après une vie de travail.

Par répartition ou par capitalisation, on ne finance jamais sa propre retraite. Les pensions de retraite du moment sont toujours une part de la richesse créée par le travail au même instant :

Par répartition, cela passe par les cotisations sociales, immédiatement transformées en prestations de retraite. La répartition c’est la construction de la solidarité entre les générations. Le niveau des cotisations et des pensions dépend d’une décision politique.

Dans la capitalisation (c’est-à-dire « l’épargne »), cela se passe dans l’opacité des marchés financiers ; et la spéculation décide du niveau des pensions. Quand on épargne, on possède seulement une créance pour l’avenir.
Et quand on la présentera dans 30 ou 40 ans, il faudra que la richesse produite soit au rendez-vous, sinon cette créance ne vaudra rien. Cela est déjà arrivé dans le passé, cela arrive sous nos yeux avec la nouvelle crise financière : les fonds de pensions ne peuvent plus payer actuellement les retraites de leurs adhérents.

Bien plus, la capitalisation aggrave les inégalités sociales : seuls ceux qui en ont les moyens financiers pourront avoir une retraite décente.

Les deux systèmes ne peuvent pas cohabiter harmonieusement. Les fonds de pension qui gèrent les retraites par capitalisation exigent de hauts rendements dans les entreprises sur les quelles ils spéculent, c’est-à-dire une augmentation des profits qui passe par la baisse de la masse salariale… et donc la réduction des recettes de la répartition.

GRÈVE GÉNÉRALE

- Pour qu’aucun revenu (salaire, allocation…) ne soit inférieur à 1600 euros net par mois*,

- Pour l’augmentation des salaires selon une échelle décroissante de 300 euros net pour les salaires les moins élevés à rien pour les salaires au-dessus de deux fois le SMIC réévalué,

- Pour un chômage (total ou partiel) payé à 100 %,

- Pour le plafonnement des loyers et des produits de première nécessité,

- Pour la gratuité des transports en commun et des soins médicaux,

- Pour la requalification des CDD en CDI,

- Pour la titularisation sans condition de tous les précaires du public,

- Pour la régularisation de tous les sans-papiers (les travailleurs-euses n’ont pas de patrie, solidarité de classe !),

- Pour l’alignement du privé et du public sur les mesures les plus favorables aux salariés,

- Pour le retour pour tous à 37,5 annuités maximum de cotisation.

* Notre objectif final étant bien sûr l’abolition de toutes les hiérarchies salariales et la construction d’une société fondée sur la répartition égalitaire des richesses et l’autogestion.
TOUS DANS LA RUE LE 23 MARS !


Article publié le 20 mars 2010  Email : ul-lille oaL cnt-f.org
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