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Mondialisation et révolution.

Voyons la situation globale de l’humanité, sans considération d’idéologie ni de représentativité, nous constatons que quelques très graves problèmes font l’objet d’un large consensus. C’est d’abord la course aux armements qui, de l’avis de tous, ne mène à rien de bon. Pour la première fois de son histoire, l’humanité a la capacité de se suicider tout entière, avec de nombreuses espèces animales et végétales. Malgré la folie évidente consistant à améliorer en permanence des armes déjà dotées d’un pouvoir destructeur total, la course n’en continue pas moins entre superpuissances et entre nations industrialisées. Même si le petit groupe des personnes disposant de notre sort a la sagesse et la prudence de tout faire pour éviter l’hécatombe finale, il n’en reste pas moins que le coût de l’accumulation des armes est au détriment de la satisfaction des besoins de la majeure partie des populations de chaque pays. Cette réalité est connue de tout le monde. Pourtant la course aux armements continue.

Un autre problème grave, également connu de tous les chefs d’États, est celui de la dette du tiers-monde dont les créditeurs sont les banques et les gouvernements des pays les plus riches. Avec les intérêts de la dette qu’ils versent, les pays pauvres contribuent à la croissance des pays riches. Il y a des années qu’a été dépassé le point d’équilibre entre le montant des intérêts versés et celui des nouveaux prêts affectés aux pays pauvres. Ces nouveaux prêts servent en fait à subvenir aux besoins des pays endettés. Certains responsables des superpuissances envisagent aujourd’hui d’effacer tout simplement les dettes, ou certaines d’entre elles, parc qu’il est devenu impossible de les honorer. Mais pendant ce temps-là, des pays pauvres comme la Jamaïque et la République dominicaine se voient imposer des conditions draconiennes, insupportables pour eux.
Au poids de la dette internationale s’ajoute le problème de l’échange inégal dans le commerce international, lequel est la seule source de devises fortes permettant aux pays pauvres de régler leurs intérêts auprès des banques internationales. Le prix des produits exportés par les pays pauvres est fixé par les pays riches, de sorte qu’il n’existe pour les premiers aucune garantie de voir une augmentation de production, par exemple de café ou de sucre, se traduire par une augmentation des rentrées en devises fortes. Parallèlement, la fluctuation des intérêts perçus par les banques sur leurs prêts, en fonction des oscillations du marché financier, ne permet pas aux pays débiteurs de calculer par anticipation le poids de leur dette, ne serait-ce qu’à court terme. Le problème, largement reconnu, est débattu aux Nations Unies et dans d’autres forums, mais on ne voit nulle part la volonté de procéder aux changements qu’appelle un nouvel ordre économique international.

Dans ce cadre plutôt noir de la vie de l’humanité en ce début de siècle, certains secteurs sociaux sont grevés d’hypothèses supplémentaires. Dans certains endroits, l’oppression des femmes est extrêmement lourde, dans d’autres elle l’est moins ; mais à ce jour, il n’existe aucune société où les femmes soient à égalité de pouvoir avec les hommes. Le monde continue d’être gouverné par des hommes, tant dans les grands ensembles que dans les unités familiales ; pour parvenir à des fonctions acceptables, les femmes doivent obtenir l’agrément des hommes au pouvoir. Un changement dans ce domaine exigerait des mutations en profondeur de toutes les organisations sociales. Il y a certes une reconnaissance progressive du caractère inacceptable de la domination d’une moitié de l’humanité sur l’autre, mais il n’y a pas de disposition réelle aux changements nécessaires en ce sens.

Tout ce que nous avons révélé, y compris la famine pour des millions d’êtres humains, est le résultat de l’oppression de quelques-uns sur beaucoup d’autres. L’impuissance des forums internationaux, où un consensus s’est fait sur la nature des problèmes et sur les solutions à y apporter, est due à la pression des intérêts de ceux qui profitent de l’oppression exercée sur d’autres êtres humains. Nous avons constatés en effet que, pour chaque problème, il existe un large consensus quand au caractère moralement intolérable et politiquement invivable de la situation, mais il existe en même temps une incapacité à y remédier. Si le problème ( ou les problèmes ) est celui d’un conflit d’intérêts, l’énergie nécessaire pour trancher ce conflit ne peut alors venir que des opprimés eux-mêmes. Là où il y a oppression, il devra y avoir une lutte pour obtenir les conditions garantissant la Vie : lutte des classes, lutte des races, lutte des nations, lutte des sexes. C’est là une constatation de bon sens, un constat des faits, avant même d’être un impératif moral ou une conclusion scientifique.Nous voyons maintenant que l’avenir de l’humanité dépend de conditions de vie vraiment meilleures pour la majorité des milieux populaires. Ne serait-ce que par simple instinct de survie, l’humanité doit faire le choix prioritaire des opprimés ! Si elle ne le fait pas, nous serons tous, riches et pauvres, condamnés à périr.

Nos sociétés crèvent littéralement sous le joug capitaliste. Notre seule dignité est notre capacité de révolte face à un monde libéral qui ne pense qu’à dominer la conscience humaine en mettant à genoux les plus petits. Il serait temps que nos utopies révolutionnaires deviennent des topies effectives. En refusant, la fatalité d’un avenir impossible, nous maîtrisons notre destin. La première question qui se pose face à une mondialisation inhumaine, est de savoir quelle est ma capacité de révolte. Agir au quotidien, pour rendre le monde plus respirable est déjà un début d’action qui peut devenir contagieux.

Refusons cette complicité des sociétés de merde qui tuent l’Humain qui est en chacun de nous.

Des événements symboliques illustrent cette problématique. La révolution nicaraguayenne, par exemple. Au Nicaragua, en effet, se joue la possibilité de conditions de vie meilleures pour les pauvres, les femmes, dans un pays sous-développé et agro-exportateur au sein d’un monde dominé par les armes, par le pouvoir économique et financier des riches.

Le combat ne se cantonne donc pas dans l’arène politique, il est à mener aussi contre soi-même.

Bruno LEROY.

Éducateur ( LILLE ).


Article publié le 22 juin 2005  Auteur : BRUNO LEROY.  Email : edukaction xQC club-internet.fr
Commentaires
  • > Mondialisation Et Révolution. 22 juin 2005 17:55

    Bruno LEROY, tu ne créveras pas si tu parles des faits concrets, tu sais !

    Dans un article sur la mondialisation et la révolution, comment arrives-tu à éluder la nature de l’impérialisme, et particulièrement de l’impérialisme français ?

    Comment arrives-tu à éluder la question de la libération nationale ? Tu ne cites que le Nicaragua, et c’est un exemple qui date une peu !! Tu ne pourrais pas te pencher par hasard sur la Turquie (actualité brûlantes), le Népal (actualité brûlantes), le Pérou (actualité brûlantes), l’Inde (actualité brûlantes), Euskal Herria (actualité brûlantes), etc. ?

  • > Mondialisation Et Révolution. 22 juin 2005 21:45

    Je sais…
    Mais, il est tellement de sujets brûlants que les citer tous prendrait une place considérable pour un article qui se veut modeste et global. Si j’ai pris le Nicaragua en exemple, c’est uniquement pour montrer qu’une révolution peut réussir et se maintenir dans le temps. Si je devais analyser tous les conflits mondiaux tels que tu les énumères, le site n’y suffirait pas.
    Mais, je comprends ta réaction et la sensibilité particulière que tu éprouves concernant ces conflits. Mon texte n’est juste qu’une introduction à une analyse qui mériterait d’être davantage développée…Peut-être le sera-t-elle !

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