mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
Nous, organisations politiques, syndicales, associatives, de défense des
droits de l’homme, nous inquiétons fortement de la situation du journal
Ici et Maintenant, et de son directeur Brahim Fillali.
Ici et Maintenant est le seul journal indépendant de la région de
Ouarzazate (Maroc). C’est un journal engagé dans la défense des droits
humains. Sa liberté de ton dérange : outre la dénonciation de la
corruption qui gangrène les autorités locales, dans les pages d’Ici et
maintenant Brahim Fillali a clairement soutenu les mineurs d’Imini, en
grève contre leur direction, dont le caractère mafieux a depuis été
démontré. La direction de la mine avait, en avril, engagé des hommes de
main pour briser la grève des mineurs. La manœuvre ayant échoué, il est
probable que la mafia ou les autorités locales mises en cause cherchent à
se venger.
Première intimidation : le 3 juin Brahim Filali s’est vu enjoindre
oralement par la gendarmerie de Msemrir, de se rendre à Ouarzazate à la
brigade judiciaire, où il devait répondre d’une accusation selon laquelle
il détiendrait des « dossiers touchant aux institutions » ainsi qu’à «
l’intégrité territoriale du Maroc ». Cette accusation faisait suite à
l’envoi d’une lettre au ministère par un agent communal, visiblement
échaudé par l’existence d’une presse libre et non inféodée au pouvoir
local. Brahim a refusé de répondre à cette convocation orale et sans motif
sérieux.
Deuxième intimidation, beaucoup plus grave, le 23 juin : les locaux de Ici
et Maintenant ont été incendiés, et à ce jour la gendarmerie de Msemrir
refuse toujours d’enregistrer la plainte de son directeur. Le responsable
de la gendarmerie de Msemrir a affirmé à Brahim Filali qu’il lui fallait
désigner au moins une personne suspecte pour qu’elle soit arrêtée, et
qu’ainsi débute l’enquête. Brahim Fillali lui a répondu que cette démarche
était absurde et étrangère à toute procédure classique d’enquête.
Nous nous inquiétons fortement de cette attitude de la gendarmerie locale,
qui semble donner le feu vert aux règlements de compte mafieux.
Nous sommes persuadés que, de même que Ici et Maintenant a soutenu les
travailleurs d’Imini, les travailleurs d’Imini n’abandonneront pas Brahim
Filali à son sort.
Nous interpellons les autorités marocaines pour qu’elles fassent cesser
ces très graves attaques contre la liberté de la presse, qui est un
élément fondamental du respect des droits humains.
Nous entendons rester vigilant quant à l’intégrité physique du directeur
d’Ici et maintenant, car la liberté de la presse est indissociable de la
sécurité physique des journalistes, et il est de la responsabilité des
autorités marocaine de la garantir.
Premiers signataires :
France
Organisations politiques :
Alternative libertaire, Les Alternatifs, Coordination des groupes
anarchistes (CGA), Fédération anarchiste (FA), Ligue communiste
révolutionnaire (LCR), réseau No Pasaran, Parti communiste français (PCF),
les Verts, Emancipation (tendance intersyndicale), association des
Tunisiens en France, générations Tinghir-France, réseau anarchiste
libertaire (RAL)
Organisations syndicales :
SUD-PTT, SUD-Rail, SUD-Etudiant, SUD-Aérien, SUD-Santé-Sociaux, Syndicat
national des journalistes (SNJ), Syndicat national des journalistes-CGT
(SNJ-CGT), CNT.
Espagne
Confederacion General del Trabajo
MAROC
Attac Casablanca, pateras de la Vida
SUISSE
POP & Gauche en mouvement
Signatures de soutien supplémentaires à envoyer à
contacts alternativelibertaire.org
D’autres infos :
Un article sur le site Web de l’hebdomadaire marocain « Le Journal »
Un autre article, publié sur le site jeunesdumaroc.com
L’action de Reporters sans frontières
L’incendie du journal "Ici et Maintenant" est vraisemblablement lié à la
lutte des mineurs d’Imini. Lire les articles d’"Alternative libertaire" de
mai et juin :
Maroc : les mineurs au fond du gouffre (mai 2005)
Mineur marocains, le combat continue (juin 2005)