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Je vous copie ci-dessous un extrait du blog de Philippe Vasseur, conseiller général PS du Canton de Calais Centre.
lien vers le blog
15 septembre
La situation des réfugiés à Calais
Aux membres du collectif CSUR - Calais
Je saisis l’occasion du compte-rendu dans les journaux locaux de votre récente conférence de presse pour vous adresser le texte de mon interpellation de M. Denis PRIEUR, Préfet du Pas-de-Calais en séance plénière du Conseil Général du Pas-de-Calais en date du mardi 13 septembre 2005 à Arras.
Etaient présents à cette séance consacrée au rapport des services de l’Etat, le Directeur Départemental de la PAF et des responsables d’autres services de police et de gendarmerie nationale.
Le Préfet du Pas-de-Calais m’a répondu en séance, en niant tout d’abord toute réalité des faits dénoncés, puis dans un deuxième temps en arguant de la difficulté de la mission des forces de police dans le contexte calaisien, enfin en soulignant que la majorité (sic !) des forces de police faisait bien son travail.
J’ai obtenu des assurances de transparence (pour lesquelles j’attends encore une concrétisation…) sur l’étude des cas de violence constatés par moi-même ou venant d’amis proches, de la part des fonctionnaires présents à Arras ce jour là et du sous-préfet de Calais en particulier.
Je ne manquerai pas de vous en informer de ces éventuelles réponses.
Intervention de M. Philippe VASSEUR,
Conseiller Général du Pas-de-Calais, Canton de Calais centre
sur la situation des réfugiés dans le Calaisis.
Séance plénière du mardi 13 septembre 2005
Monsieur le Président, Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les directeurs, mes chers collègues, Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Préfet, j’avais deux remarques à formuler. Vu le temps qui nous reste dans cette session, je passerai sur la première plus technique et moins importante pour évoquer devant vous une question qui me parait fondamentale et d’ordre éthique et moral.
En tant qu’élu de Calais, vous ne serez pas surpris de mon intervention sur la situation des réfugiés dans le Calaisis.
Pour essayer de faire comprendre la réalité et la dimension des problèmes rencontrés dans le Calaisis, (en particulier aux maires de communes moyennes du département) je citerai votre rapport à la page 121 concernant la sécurité et les activités de la police aux frontières (SPAF) qui fait état en 2004 de 21 372 interpellations dans le Calaisis pour l’arrestation de 500 passeurs.
Soucieux de la légalité républicaine, j’ai souvent défendu le renforcement des moyens des divers corps de fonctionnaires oeuvrant pour la sécurité publique.
Je ne crierai donc pas avec certains loups (ou plutôt certaines louves éplorées) sur les méchants policières coupables de tous les maux.
Néanmoins, mes enquêtes personnelles, les différents rapports émanant d’associations ayant des missions déléguées de service public, de militants associatifs non suspects d’arrogance ou de déviance vis-à-vis de l’ordre public, me donnent l’obligation morale de vous interpeller sur des agissements connus ou à découvrir, sur des exactions, en paroles, en postures ou en actions de la part de vos services.
Les différents services oeuvrant à cet ordre public républicain se doivent d’être exemplaires et je vous demande de demeurer vigilant - en dépit des pressions diverses, y compris gouvernementales - envers le respect dû à tout être humain.
J’ai personnellement entendu des injures racistes, des sous-entendus indignes et j’ai vérifié que cette violence policière s’exerçait hors de tout rassemblement velléitaire ou agressif.
Si je salue l’action de vos services concernant les réseaux en France, voire à l’étranger, pour tenter de trouver des solutions destinées à tarir la source de pauvres gens qui, au péril de leur vie et de leur santé, dérivent sur nos routes et dans nos banlieues, vos résultats annoncés, c’est 21 000 interpellations pour 500 passeurs !
A mon fils qui me demandait récemment si le matraquage ou les coups de pieds donnés à un Africain à terre était normal de la part de policiers en uniforme, j’avoue avoir eu quelque hésitation avant de lui répondre : « Non, ce n’est pas normal ! La police est là pour te protéger, toi et tes petits camarades et tous les hommes et toutes les femmes vivant sur notre territoire, quelque soit son origine, son culte ou la couleur de sa peau… »
Monsieur le Préfet, je dénonce l’hypocrisie du gouvernement actuel qui de rodomontades en aboiements, voudrait nous faire croire que le problème calaisien et français sera réglé rapidement par des arrestations à l’aveuglette (21 000) ou au faciès et d’hypothétiques reconduites à la frontière.
Le rapport de la CIMADE en ma possession décrit de même l’évolution des activités du centre de rétention de Coquelles dont la description est - on ne peut plus succincte - dans le rapport des services de l’Etat.
Ce rapport pointe, en outre, certaines violences exercées à l’intérieur de ces murs où l’on aurait pu penser qu’elles ne seraient pas le fait de fonctionnaires chargés de son fonctionnement.
J’arrête là ma diatribe pour signifier solennellement ici que certaines pratiques indignes de fonctionnaires de police ne sauraient être acceptées par quiconque, citoyens français, pères de famille ou pas, désireux de garder un sentiment de fierté envers cette police républicaine que je continuerai à respecter et à vanter à mes enfants tant que son action répondra aux valeurs humaines, citoyennes, républicaines qui fondent son existence.
Monsieur le Préfet, Calais n’est pas Bagdad, Coquelles n’est pas Guantanamo. Les réfugiés ne sont pas des « barbares » et la barbarie n’est pas toujours du côté ou on l’attend…
Je n’attendrai pas et je saurais appeler à la mobilisation et me faire entendre, sur le Calaisis et au-delà, des citoyens, des hommes et des femmes engagés ou pas, si les valeurs qui fondent mon engagement d’homme, de citoyen et d’élu devaient être à nouveau bafouées par ceux qui sont chargés de les faire respecter.
Merci de m’avoir écouté.