lundi
13 février 2012
09h30 : APPEL AUX INDIGNé-E-S DES SUPPRESSIONS DE POSTES ET DE CLASSES DANS L’éDUCATION NATIONALE
mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
La constitution européenne que l’on nous a "concoctée", des plus obscures, soumet le droit social au fourches caudines du libéralisme.
La Sécu, actuellement monopole public, devient SIG (service d’intérêt général) dans le jargon européen. Or, tout SIG peut être (doit) être assumé sans limiter la "concurrence" : cela ne garantit en rien donc que la Sécu restera ce qu’elle est "entreprise de droit privé" chargée d’une "mission de service public", assurant de fait un "monopole public".
Allons nous laisser faire ?
un particle paru dans Le Parisien le 15 novembre laisse pour le moins dubitatif :
"Sécu : Douste et le monopole Philippe Douste-Blazy serait parfaitement informé de la fin programmée du monopole de la Sécu.
Interrogé par le docteur Esquirol sur la reconnaissance, par le ministère de la Santé, de l’abrogation des monopoles en matière de protection sociale, afin de se conformer à l’Europe, un de ses conseillers a eu le 29 octobre, une réponse limpide : « Le ministère est parfaitement au courant, mais, pour le moment, le ministre nous a dit que ce serait un suicide politique d’annoncer une chose pareille. Si le ministre annonçait la fin du monopole de la Sécurité sociale, cela soulèverait, dans l’opinion, une trop grosse vague de protestations. "
Après les PTT ( La Poste, France-Télécom), EDF/GDF, la SNCF, l ?ANPE, l’école envahie par les patrons… le tour de la Sécu (après le référendum …) ?
La "réforme" ( on achève bien les chevaux !) fait la part belle aux assurances privées : le patronat ne s’y trompe pas ! Il revient dans les "conseils de surveillance" de la Sécu, où les syndicats de salariés sont devenus totalement minoritaires.
Le Pro-Consul directeur de l’UNCAM, successivement ancien directeur chez AXA, puis directeur général de l’ACOSS (organisme gérant les cotisations Sécu), puis directeur de cabinet de Douste Bla Bla, a "concocté" la "réforme" , décidera seul des niveaux de remboursement, donc de la part de "marché" concédée au privé !
En échange de bons procédés, l’ancien directeur de l’ACOSS vient d’être nommé directeur de cabinet de Douste Bla Bla ! ! ! Extrêmement bien placé après avoir connu de « l ?intérieur » de la Sécurité Sociale pour mettre en ?uvre son démantèlement accéléré, non ? L ?un des « durs » qui voulait dénoncer la convention collective des personnels de la Sécurité Sociale ?
Le précédent gouvernement « socialiste » avait entamé le système solidaire par manque de courage politique : si la CMU ( Couverture Maladie Universelle) représente bien un progrès, elle peut déjà être fournie par la Sécu, une « mutuelle », une assurance privée, soumises entre elles à la "concurrence". Pourquoi ne pouvait-elle pas être assurée par la Sécurité Sociale, dont c ?est la vocation, d ?être « sociale » ?
L’important était bien pour les assurances privées de "mettre un pied" dans la Sécu, non ? Vous avez dit dérive ? ? ? ou véritable volonté politique ? ? ?
Le DMP (dossier médical personnel/partagé) sera géré par des concessionnaires privés -tous liés aux grands groupes financiers-, au lieu de l’être par la Sécu. Pendant ce temps, on réduit l’informatique de la Sécurité Sociale à peau de chagrin, des pans entiers sont soumis à la "concurrence". Les caisses nationales, dirigées par de hauts fonctionnaires d’Etat, contribuent ainsi au démantèlement de l’institution.
Des milliers d’emplois vont être supprimés dans les caisses de base : mutualisation des moyens, regroupements forcés, abandons de missions de service public, recentrage sur le "c ?ur de métier", certification ISO 9001 obligatoire, tout est mis en place pour transformer ce service public en service marchand. On ne peut négliger que cette norme ISO décrit toutes les procédures de travail, les industrialisant. Quand ces procédures sont entièrement décrites, le travail peut être fait en tout ou partie par n’importe quel salarié, n’importe quelle entreprise privée.
Ouest France, dans son édition du 18 août, faisait part d’une "offre" d’une société de "services" auprès des directeurs de Caisses Primaires d’Assurance Maladie : il s’agit de prendre en charge les dossiers des assurés sociaux du régime général des salariés !
Le vocabulaire interne dans les organismes change : l’exemple le plus flagrant est le terme de "client" (achetant un "service", un "produit") qui remplace dans toute la "communication" interne et externe le terme "d’assuré social" ayant des droits… Pour le personnel de la Sécu, on introduit l’individualisation à outrance, les objectifs personnels, le management par objectif, la relation "client-fournisseur", les primes d’intéressement collectives et individuelles, la concurrence entre les services voire entre les agents, les primes individualisées, on détruit les garanties collectives, les collectifs de travail : tout est fait pour construire pour chacun "ma petite entreprise dans ma tête". Que certains syndicats de salariés participent activement au grignotage en dit long sur le « consensus » laissant le champ libre au patronat.
Par notre indifférence, notre inaction, notre désintérêt, nous contribuons à effacer toute trace du Conseil National de la Résistance !
Cette constitution européenne ouvre la voie à la compétition sauvage, fournit le cadre "légal" au démantèlement des services publics, nés des nationalisations, parmi lesquels la Sécu, pourtant conquise de haute lutte par certains syndicats ouvriers (il faut se souvenir que certains ont refusé de siéger dans les Conseils d’Administration de la Sécu en 1946…ceux là même qui se sont prononcés "pour" la réforme du "bon docteur" Douste Bla Bla…)
Est-ce légitime, est-ce ce que nous voulons laisser à nos enfants , est-ce la société que nous voulons construire ? Celle d ?une société du « risque », où la seule « sécurité » sera celle du capital ?
Vous trouverez ci-joint une pétition à faire remplir par vos familles, amis, collègues, exigeant les emplois dans les Caisses Primaires nécessaires pour remplir les missions au service des assurés sociaux. C ?est peu de chose, mais c ?est essentiel dans le combat mené.
Patrice Bardet, délégué syndical Ufict-CGT (révocable par les syndiqué-e-s)