rencontre -débat vendredi 10 décembre 2004 à 19 h. Une expérience autogestionnaire dans une école de Caracas (Venezuela) avec Oscar Negrin , directeur de l’école Juan Bautista Alberdi & Frédéric Lévèque, coordinateur du réseau d’information et de solidarité avec l’Amérique latinesalle André Vogels, 7, rue du Temple, 7100 La Louvière, belgique, entrée gratuite
Oscar Negrin et l’expérience de l’école Juan Bautista Alberdi 44 ans, Vénézuélien, coordinateur élu de l’école Juan Bautista Alberdi, La Pastora, Caracas, Venezuela. L’Ecole Alberdi est une petite école primaire du quartier populaire El Manicomio (paroisse La Pastora), situé sur une des nombreuses collines - les cerros - surplombant la vallée de la ville de Caracas. Les quartiers populaires de la capitale vénézuélienne ne bénéficient en général de l’attention médiatique que dans la rubrique « faits divers » : insécurité, trafic de drogues, crimes, violence, viols, fusillades. C’est pourtant au sein de ces labyrinthes de ruelles, de maisonnettes, de ranchos construits au rythme de l’exode rural que vit la majorité de la population caraqueña. C’est là aussi qu’aujourd’hui bat le cœur du ’proceso’, ladite Révolution bolivarienne menée par le gouvernement d’Hugo Chávez. Catia, Petare, La Pastora, Caricuao, le 23 de Enero, El Cimenterio, etc. sont les noms de quelques-uns des quartiers, des paroisses où tant la conscience politique que l’auto-organisation ont explosé depuis l’arrivée du Comandante au pouvoir et la puissante campagne des forces d’opposition pour l’en déboulonner.
Nombreux sont ses habitants qui se sont regroupés en comités de terre ou de femmes, organisés en cercles bolivariens ou en associations sportives, faisant partie de centres culturels ou d’une équipe de production audiovisuelle, travaillant dans le secteur informel et parfois formel.
Le 2 décembre 2002, dans une nouvelle tentative de faire chuter le président Chávez, la Coordination démocratique - regroupement d’organisations et de partis d’opposition - ; Fedecameras, la principale organisation patronale ; et la Confédération des travailleurs vénézuéliens (CTV), principal syndicat à l’époque, tous menés par les médias commerciaux, lançaient une grève générale indéfinie - la quatrième de l’année - pour faire chuter le gouvernement. Mais de grève générale, il n’y en a pas eu au Venezuela. Il s’agissait avant tout d’un lock-out patronal. Dans l’enseignement, un bon nombre d’écoles furent fermées par leur directeur ou leur autorité de tutelle, avec la complicité, volontaire ou non, de professeurs. C’est le cas de l’école Juan Bautista Alberdi.
En réaction à cette nouvelle tentative de déstabilisation, le 9 janvier 2003, des gens du quartier ont décidé de s’emparer de l’école. Au début, ils voulaient juste réagir à sa fermeture et « appeler les professeurs à la réflexion ». Quasi deux ans plus tard, ils y sont encore et ont transformé l’école en un véritable petit laboratoire social grâce au travail autonome d’une communauté. L’école est aussi devenue le reflet du processus de changement contradictoire que vit actuellement la société vénézuélienne. Une initiative de la CGSP enseignement du centre et du Club Achille Chavée, avec le soutien du CADTM
2 Commentaires sous cet article
Venezuela : quand des parents assument la défense des droit des enfants
A lire sur le sujet : http://risal.collectifs.net/article...
Voir en ligne : http://risal.collectifs.net/article...
amérique latine (international)
éducation (luttes sociales)
> Une expérience autogestionnaire dans une école de Caracas
moi j’ai plutôt entendu dire qu’en termes d’auto-organisation, on n’avait une véritable activité AUTO-ORGANISEE et AUTO-GEREE dans les quartiers qu’avant l’arrivée de chavez au pouvoir.
Des sortes de comités de lutte de quartier existaient dans ces cerros et avaient des activités diverses et revendicatives efficaces afin de réclamer des travaux (voirie, adduction d’eau, d’életricité, lutte contre la criminalité...). Aujourd’hui pris en main par les petites mains du chavisme (organisations politiques de tout poil, "client-e-s" du chavisme - des gen-te-s dont l’emploi ou d’autres ressources fondamentales dépendent directement de leur zèle à faire de la propagande pour le MVR), ces comités de lutte sont parfaitement incatifs et leur discours est le suivant : "c’est pas la peine de faire des vagues, le pouvoir va s’occuper de nous, il n’y a qu’à attendre...."
Idem pour ce qui est des mouvements d’occupation. Je ne nie pas qu’il y ait des expériences intéressantes comme cette école (n’est-ce d’ailleurs pas toujours la même qui est citée en exemple dans divers articles du monde diplo, du monde, et même... du figaro ?), mais ce que je sais aussi, c’est que lors du fameux vrai-faux mouvement de grève fin 2002-début 2003, chavez a fait un appel "usine fermée = usine occupée". Il y a encore des usines occupées dans le pays, qui sont tenues par l’autre syndicat du pays (créé par décret présidentiel !) et dont les travailleur-euse-s sont sans aucune activité. C’est-à-dire que les ouvrier-e-s qui n’ont pas accepté les accords que leur proposait le patronat (licenciement contre contrepartie financière) n’y travaillent et n’y mènent aucune activité. Ils occupent leur usine et suivent la consigne syndicale selon laquelle il faut attendre que l’Etat rachète l’usine. Et c’est pas gagné... Sur les occups d’usine, voir l’article d’el libartario "FABRICAS TOMADAS : MITOS, REALIDADES Y UNA POSTURA LIBERTARIA" http://www.nodo50.org/ellibertario/...