Informations locales
L’hybride menacé de fermeture publié le 9 février 2012
Mobilisation au greta de calais publié le 9 février 2012
Cnt santé social 59/62 : refusons l’odieuse récupération politique de la misère par l’extrême droite ! publié le 6 février 2012 dernier commentaire le 7 février 2012 à 13h55
Suppression de classe publié le 3 février 2012
Répression de chômeur-ses et précaires : appel à soutien immédiat ! publié le 1er février 2012 dernier commentaire le 6 février 2012 à 23h19
Suppressions de postes et dégradation des conditions de travail des élèves et des personnels : il faut que ça cesse. publié le 30 janvier 2012 dernier commentaire le 30 janvier 2012 à 19h43
Le collectif de chômeur-ses et précaires de lille s’invite au club de la presse (caf). publié le 24 janvier 2012 dernier commentaire le 29 janvier 2012 à 06h41
Communiqué du copwatch nord-idf : l’etat censure, copwatch renait. publié le 23 janvier 2012 dernier commentaire le 27 janvier 2012 à 13h24
A calais,patronat, gouvernement et chérèque, contre les travailleurs ! publié le 20 janvier 2012 dernier commentaire le 5 février 2012 à 18h58
Informations non locales
Importantes luttes en roumanie publié le 11 février 2012
Action devant l’abattoir de castres publié le 11 février 2012
Appel à soutien financier pour la zad publié le 10 février 2012
La voix des sans-papiers n. 7 publié le 5 février 2012
Bulletin palestine, 18 janvier 2012 publié le 3 février 2012
O.p.a soutient anonymous & copwatch publié le 2 février 2012
[grenoble] clinatec inauguré par les opposants publié le 1er février 2012
Le programme électoral du hamas : charria et haine des femme

Pourtant, le « programme pré-électoral du bloc Pour le Changement et les Réformes » (nom de la liste du Hamas pour les élections parlementaires de janvier 2006) est très clair sur cette question et a été publié le 24 janvier sur un site lié aux islamistes palestiniens[1].

Laissons tomber la longue introduction qui commence comme un prêche (« Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux ») et comporte de longues citations du coran, pour en arriver sur ce qui est appelé les principes de la liste. Et le premier de ces principes c’est : « Le véritable Islam et la réalisation de la civilisation islamique, voilà la base de notre identité et la base de la construction de la vie dans tous ses éléments, à la fois politiques, économiques, sociaux et juridiques ». Et on peut préciser que dans tous les paragraphes, ou presque, concernant la libération nationale, le Hamas ajoute que la Palestine est « une part intégrale de l’oumma islamique ».

Plus loin, dans ce programme, on peut lire : « A propos de la politique législative et la refondation du système judiciaire nous proposons : de faire de la Charria le point de départ de la législation de l’Autonomie Palestinienne. » Bien sûr, le Hamas s’affirme presque démocrate en affirmant par exemple dans le quatrième point de son programme concernant la législation : « Développer une culture du dialogue, où toutes les opinions seront respectées », mais en ajoutant aussitôt cette restriction, « seulement si elles ne s’éloignent pas de l’héritage culturel et religieux du peuple palestinien ». Et on sait ce que cela signifie pour le Hamas : les revendications féministes, par exemple, sont considérées par les islamistes comme des valeurs étrangères à cet « héritage culturel et religieux ». On peut y voir aussi, de façon très claire, l’interdiction des propos jugés « blasphématoires » et de tout regard critique sur le coran, la sunna ou la charria.

D’ailleurs, dans la partie du programme électoral concernant la formation, le premier point indique : « Les principes pédagogiques, qui dirigent la philosophie de la pédagogie en Palestine, sont en premier lieu l’Islam, comme système universel de formation, qui enseigne le bien à l’homme et assure ses droits individuels et publics. » Est-il besoin de commenter ce point ? Est-il besoin de rappeler que depuis le 7ème siècle, date à laquelle l’islam a été inventé, bien des avancées dans la connaissance scientifique, dans la culture et dans les arts ont été réalisées ?

Et comme tous les partis réactionnaires de par le monde, le premier point du volet « politique sociale » de ce programme électoral indique : « Soutien à la base saine de la famille palestinienne. Nous devons adhérer à ce soutien afin de préserver nos valeurs et nos principes moraux. » Cette « base saine » est-elle cette vieille tradition, toujours en vigueur en Palestine, qui permet à un homme de la famille d’assassiner une femme parce qu’il la soupçonne d’avoir eu des relations sexuelles hors du mariage ? Cette base saine est-elle celle qui fait des femmes des éternelles mineures sous la tutelle du père, des frères, puis du mari ? A chaque fois que des réactionnaires brandissent le drapeau de la « saine base familiale », ce qu’ils défendent c’est la famille patriarcale où la femme doit courber l’échine face à son mari, ignorer ses aspirations et ses désirs, bref se sacrifier pour son homme. C’est au nom de cette « base saine » que, partout dans le monde, on cherche à refuser aux femmes le droit de choisir leur sexualité, c’est au nom de cette base que, partout, on condamne et persécute les homosexuel(le)s…

D’ailleurs, ce « volet social » du programme électoral du Hamas précise sans son point 5 : « Concernant la législation sur le statut civil et les voies de la Charria : il est nécessaire d’accepter la loi, sur la base des textes du droit musulman (Charria) et ses livres théologico-juridiques ; de sélectionner parmi eux tous ce qui correspond au développement de la société palestinienne islamique ; de publier des décision législative sur l’application de la charria en Palestine qui doit dans toute sa variété être l’unique modèle à Jérusalem, en Cisjordanie et à Gaza (…) ».

Bref, la base et la source de tout ce qui concerne la famille et donc les femmes, c’est la Charria, encore la Charria et toujours la Charria ! Comme si rien n’avait évolué depuis le 7ème siècle ! Et si, en ce qui concerne déjà de nombreux points législatifs en Palestine, la Charria est déjà une des sources du droit, on sait que pour le Hamas c’est l’interprétation la plus stricte et la plus rétrograde de ce texte qui lui sert de base.

Et comme si ce n’était pas assez clair, le point 6 de ce même « volet social » ajoute : « Protection de la structure sociale unie, acceptable pour le peuple palestinien, et protection de la morale publique, garantie de la protection des principes moraux pour empêcher tous les processus qui la piétinent ». On peut rappeler que c’est justement au nom de cette « protection des principes moraux » que le Hamas s’était fermement opposé à toute revendication féministe[2] ! Que c’est au nom de ces principes « moraux » rétrogrades que la municipalité de Qualqilya a interdit un festival de musique, entre autre pour s’opposer à la mixité[3] ! Que c’est pour défendre cette « morale publique » que des assassins fondamentalistes avaient exécuté Yousra en pleine rue à Gaza[4] ! Que déjà des factions armées se définissant comme « milices de la vertu » sèment la terreur en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza !

Et le point 13, toujours dans ce même volet, précise : « Combattre la drogue, l’alcool, la dégradation morale sous toutes ses formes par les méthodes cultivées d’un éclaircissement selon l’esprit et la lettre de la Loi ». Précisons que la « Loi », surtout avec un grand L, c’est, pour le Hamas, la charria. Et si ce n’est pas la peine de revenir sur la conception islamiste du « respect de l’esprit et de la lettre de la Loi » concernant le droit des femmes et la sexualité, on peut noter, pour ce qui est de l’alcool, qu’au début de ce mois de janvier, le dernier endroit où l’on pouvait acheter des boissons alcoolisées à Gaza a été détruit par une explosion.

Le volet suivant concerne l’information, et on trouve de nombreux articles défendant la liberté de la presse, mais une « liberté » réalisée selon les principes de l’islam politique, c’est à dire limitée et contrôlée. Ainsi, le premier point du volet concernant les médias indique : « La politique de l’information doit être basée sur les principes de la liberté de pensée, la liberté des opinions, l’ouverture et l’honnêteté », pour limiter immédiatement cette liberté dans le point 2 : « Il est nécessaire de protéger les citoyens, et en particulier les jeunes gens, de l’immoralité, de la banalité, de l’imitation de l’Ouest et de l’assimilation culturelle ». A noter que lorsque des femmes revendiquent leurs droits, c’est, pour le Hamas, une « imitation de l’Ouest » ! Et ce point 2 montre bien la conception de la liberté de la presse et des médias pour le Hamas, une liberté à l’iranienne ou à la saoudienne ! A se demander si des chansons d’amour, ou même des femmes sans hidjab, pourront passer à la télévision ou à la radio !

Le volet suivant concerne « Les problèmes des femmes, des enfants et de la famille ». Et le point 4 de ce volet résume bien toute la philosophie réactionnaire du Hamas concernant les femmes : « Renforcer l’éducation islamique des femmes, la garantie de leurs droits, le moulage d’une personnalité indépendante de la Palestinienne, où sont inhérentes à la fois la modestie, la décence et le sentiment de la dette nationale. » On voit mal de quels droits il s’agit, si ce n’est celui de se taire « avec modestie ». Quant à la « décence », on ne sait malheureusement que trop bien ce que ce mot signifie pour les militants de l’islam politique. Meriem Farhat, candidate élue dans la Bande de Gaza, avait d’ailleurs indiqué lors de la campagne qu’une des première loi qu’elle proposerait au parlement serait de rendre le voile obligatoire[5]. Imposer le voile aux femmes fut d’ailleurs une des première campagne du Hamas d’abord dans la Bande de Gaza, puis dans différentes régions de Cisjordanie[6].

Et un peu plus loin, dans le point 7 de ce volet, il est écrit : « Protéger la femme palestinienne de ce qui nie son rôle spécifique, se moque de son essence féminine, insulte son mérite et contre d’autres actions contraires au droit ». On sait que pour le Hamas, le droit c’est la Charria. On sait que leur protection de la femme justifie pour les islamiste d’assassiner une jeune fille dans les rues. Et on sait surtout que lorsque les réactionnaires parlent de « rôle spécifique » et « d’essence féminine », c’est toujours un moyen pour justifier l’oppression des femmes, pour lui nier son statut d’être humain à part entière.

Et enfin, pour finir ce tissu de mesures rétrogrades, notons que pour le volet concernant les jeunes, le Hamas indique dans le point 4 : « Protection des jeunes gens de toute manifestation de défaut et de dégradation morale »… Comme protéger une jeune fille en l’assassinant ? Comme interdire un festival de musique ?

Ces quelques extraits du programme électoral du bloc « Pour le Changement et les Réformes » rappellent bien le caractère profondément réactionnaire, anti-féministe, et liberticide du Hamas.

Bien sûr, si les militants du Hamas adhèrent à ce programme, bien des électeurs ont surtout voulu sanctionner le Fatah, sa corruption, et le chaos qui règne dans la Bande de Gaza lors des affrontements entre différentes fractions armés. Bien des électeurs ont voulu, aussi, protester contre la misère, le chômage et la pauvreté, sans parler de la lassitude face à un « processus de paix » qui n’est, pour la population palestinienne qu’une continuation de l’occupation, de la colonisation, des incursions militaires, des contrôles aux check-points, sans même parler du Mur de l’apartheid…

Pour ce qui est de l’occupation, ce n’est pas dans le parlement de Ramallah que se prendront les décisions importantes. Le Hamas le sait : sur cette question, que ce soit lui, le Fatah ou un autre parti, rien de changera concernant l’occupation. C’est d’ailleurs pour cela que le Hamas insiste pour former un gouvernement de coalition, espérant laisser au Fatah l’échec du « processus de paix », pour se consacrer à l’islamisation de la société palestinienne. Le Hamas, d’ailleurs, avait avant même les élections demandait des postes comme l’éducation, le social ou la santé. Pour ce qui est de la misère et du chômage, là non plus, malgré des propositions démagogiques, le Hamas ne changera rien dans la vie quotidienne des travailleurs de Palestine. Et il faut rappeler que le Hamas est, du point de vue économique, libéral, qu’il défend un ordre social capitaliste, lui ajoutant simplement la charité, cette « valeurs » des cléricaux de tous les pays, qui consiste à donner quelques miettes aux pauvres.

Le seul point de son programme que le Hamas pourra chercher à appliquer, c’est son programme fondamentaliste, anti-féministe et liberticide, c’est la Charria la plus stricte dans toute son horreur, c’est le renforcement de l’oppression contre les femmes et au-delà la réaction pour toute la société palestinienne.

Plus que jamais les féministes de Palestine ont besoin de toute notre solidarité[7].

Yasmina, 28 janvier 2006.

[1] Voir aussi sur la Charte du Hamas :
http://libertefemmepalestine.chez-a…

[2] Voir entre autre « Les Palestiniennes face aux mouvements islamistes » :
http://libertefemmepalestine.chez-a…

[3] http://libertefemmepalestine.chez-a…

[4] Sur l’assassinat de Yousra, voir :
http://libertefemmepalestine.chez-a…
http://libertefemmepalestine.chez-a…
http://libertefemmepalestine.chez-a…

[5] Voir : Gaza à l’heure « H »
http://libertefemmepalestine.chez-a…

[6] Voir : « Les femmes, le hidjab et l’Intifada »
http://libertefemmepalestine.chez-a…

[7] ASWAT, organisation féministe lesbienne de Palestine, a, par exemple, besoin de toute notre solidarité :
http://libertefemmepalestine.chez-a…


Article publié le 29 janvier 2006  Auteur : yasmina
Commentaires
  • > Le programme électoral du Hamas : charria et haine des femme 31 janvier 2006 10:56, par Femmes contre l’occupation

    Discours de Nurit Peled énoncé le 8 mars 2005 devant le Parlement européen, à l’occasion de la Journée des Femmes

    Nurit Peled est israélienne, fille du général Peled, qui, immédiatement après la guerre de 6 jours, a milité pour restituer la Cisjordanie occupée aux Palestiniens et engager Israël dans la Paix avec les Israéliens.

    Nurit a perdu sa fille dans un attentat kamikaze palestinien et a interdit à Netanyaou et aux officiels israéliens de venir à ses obsèques.

    http://paris.indymedia.org/article….

    "Merci de m’avoir invitée à cette journée. C’est toujours un honneur et un plaisir d’être ici, parmi vous.

    Cependant, je dois admettre que je pense que vous auriez dû inviter une femme palestinienne à ma place, parce que les femmes qui souffrent le plus de la violence dans mon pays sont les femmes palestiniennes. Et je voudrais dédier mon discours à Miriam R’aban et à son mari Kamal, de Bet Lahiya dans la bande de Gaza, dont les cinq petits enfants ont été tués par des soldats israéliens alors qu’ils ramassaient des fraises dans le champ de fraises de la famille. Personne ne passera jamais en jugement pour ce meurtre.

    Lorsque j’ai demandé aux gens qui m’ont invitée ici pourquoi ils n’invitaient pas de femme palestinienne, leur réponse a été que cela rendrait la discussion "trop localisée".

    Je ne sais pas ce qu’est la violence non localisée. Le racisme et la discrimination peuvent être des concepts théoriques et des phénomènes universels, mais leur impact est toujours local, et bien réel. La douleur est locale, l’humiliation, les abus sexuels, la torture et la mort sont tous très locaux, de même que les cicatrices.

    Il est malheureusement vrai que la violence locale infligée aux femmes palestiniennes par le gouvernement d’Israël et l’armée israélienne s’est étendue sur toute la planète. En fait la violence d’Etat et la violence de l’armée, la violence individuelle et collective, sont le lot des femmes musulmanes aujourd’hui, pas seulement en Palestine mais partout où le monde occidental éclairé pose son grand pied impérialiste. C’est une violence qui n’est presque jamais abordée et que la plupart des gens en Europe et aux Etats-Unis excusent du bout des lèvres.

  • > Femmes contre l’occupation 1er février 2006 17:50, par Femmes contre l’occupation

    SOLIDARITÉ avec les PRISONNIÈRES PALESTINIENNES

    Coupables d’être palestiniennes…

    JEUDI 9 FÉVRIER à partir de 19h00

    Salle La Margelle- La Paillade - Avenue du Biterrois – Montpellier- Arrêt tramway : St-Paul

    Consultez le Plan : http://ccippp34.protection-palestin…

    Entrée libre

    19h00 : Projection vidéo :

    Prison, visages de Palestine (29’)

    Réalisé par Anna Riche

    20h00 : témoignage

    Avec Retab, Majd et Samar, trois étudiantes ex-prisonnières palestiniennes.

    Avec la Participation de Raed, Majdhi et Basem, militants d’associations de solidarité avec les prisonnier palestiniens.
    Dans l’indifférence internationale, des milliers de femmes et d’enfants Palestiniens sont emprisonnés de façon arbitraire en Israël. Retab (19 ans), Majd (23ans) et Samar (22 ans), trois étudiantes ex-prisonnières Palestiniennes témoigneront des conditions de leur arrestation, de leur détention et des conséquences que ces arrestations arbitraires ont eues pour elles et leurs familles. Venez nombreux les écouter…

    Cette soirée est destinée à développer, à Montpellier, le réseau de "correspondants solidaires" avec les prisonnières ! nous comptons sur vous !

    débat

    Sur les prisonniers et bien sûr sur la situation actuelle en Palestine

    Buffet Palestinien (PAF)

    Co-organisé par : AFPS 34– APF - CCIPPP34 - Amnesty international

    Avec le soutien de : MIB – MRAP – LDH – CIMADE - Mvt. de la Paix- CMF

  • > Le programme électoral du Hamas : charria et haine des femme 2 février 2006 21:40, par soutien aux femmes palestiniennes

    Aussi terrible que la prison :

    les femmes palestiniennes seront emprisonnées par les lois islamiques :

    "Naila Ayesh, une femme mariée et laïque qui se promène dans Gaza avec des vêtements occidentaux, a déjà noté un changement subtile depuis la victoire du Hamas mercredi dernier.

    « Vous entendez des gamins vous dire : "votre tête n’est pas voilée, mais bientôt elle le sera, vous pouvez encore conduire mais plus tard ce ne sera plus possible".

    les femmes palestiniennes…

  • > Le programme électoral du Hamas : charria et haine des femme 3 février 2006 19:08, par Femmes contre l’occupation

    Suite du discours de Nurit Peled-Elhanan femme israélienne, à la Journée Internationale des Femmes, au Parlement européen.

    C’est ainsi parce que le soi-disant monde libre a peur de l’utérus musulman.

    La grande France de la liberté l’égalité et la fraternité [en Français dans le texte] est effrayée par des petites filles avec des foulards sur la tête, le Grand Israël juif a peur de l’utérus musulman que ses ministres qualifient de "menace démographique". L’Amérique toute-puissante et la Grande-Bretagne contaminent leurs citoyens respectifs avec une crainte aveugle des Musulmans, qui sont dépeints comme vils, primitifs et assoiffés de sang - en plus d’être non démocratiques, chauvins/ machistes et des producteurs en masse de futurs terroristes. Cela en dépit du fait que les gens qui détruisent le monde aujourd’hui ne sont pas musulmans. L’un d’entre eux est un Chrétien dévot, l’un est Anglican et l’autre est un Juif non pieux.

    Je n’ai jamais vécu la souffrance que les femmes palestiniennes subissent tous les jours, toutes les heures, je ne connais pas le genre de violence qui fait de la vie d’une femme un enfer constant. Cette torture physique et mentale quotidienne des femmes qui sont privées de leurs droits humains fondamentaux et de leurs besoins fondamentaux d’une vie privée et de dignité, des femmes dont on entre par effraction dans la maison à toute heure du jour et de la nuit, à qui on ordonne sous la menace d’une arme de se mettre nue en se déshabillant devant des étrangers et devant leurs propres enfants, dont les maisons sont détruites, qui sont privées de leurs moyens d’existence et de toute vie de famille normale. Ceci ne fait pas partie de mon épreuve personnelle. Mais je suis une victime de la violence contre les femmes dans la mesure où la violence contre les enfants est en fait une violence contre les femmes. Les femmes palestiniennes, irakiennes, afghanes sont mes soeurs parce que nous sommes toutes prises dans l’étreinte des mêmes criminels sans scrupules qui se désignent comme les dirigeants du monde éclairé libre et qui, au nom de cette liberté et de ces lumières, nous volent nos enfants. De plus, les mères israéliennes, américaines, italiennes et britanniques ont été, pour la plupart, violemment aveuglées et décervelées à un point tel qu’elles ne peuvent pas se rendre compte que leurs seules soeurs, leurs seules alliées dans le monde sont les mères musulmanes palestiniennes, irakiennes ou afghanes dont les enfants sont tués par nos enfants ou qui se font exploser en morceaux avec nos fils et nos filles. Elles sont toutes infectées par les mêmes virus engendrés par les politiciens. Et les virus, bien qu’ils puissent avoir divers noms illustres comme Démocratie, Patriotisme, Dieu, Patrie, sont tous les mêmes. Ils font tous partie d’idéologies fausses et truquées qui ont pour intention d’enrichir les riches et de donner du pouvoir aux puissants.

    Nous sommes toutes les victimes de la violence mentale, psychologique et culturelle qui fait de nous un seul groupe homogène de mères endeuillées ou potentiellement endeuillées. Les mères occidentales à qui on apprend à croire que leur utérus est un atout national tout comme on leur apprend à croire que l’utérus musulman est une menace internationale.

    On les éduque pour qu’elles ne s’exclament pas : " Je lui ai donné naissance, je lui ai donné le sein, il est à moi et je ne le laisserai pas être celui dont la vie vaut moins que le pétrole, dont l’avenir a moins de valeur qu’un lopin de terre ".

    Chacune d’entre nous est terrorisée par une éducation qui infecte l’esprit pour que nous croyions que tout ce que nous pouvons faire c’est soit prier pour que nos fils reviennent à la maison ou être fières de leurs corps morts.

    Et nous avons toutes été élevées pour supporter tout ceci en silence, pour contenir notre crainte et notre frustration, pour prendre du prozac pour l’anxiété, mais jamais acclamer Mère Courage en public. Ne jamais être de vraies mères juives ou italiennes ou irlandaises.

    Je suis une victime de la violence d’Etat. Mes droits naturels et civils en tant que mère ont été violés et sont violés parce que j’ai à craindre le jour où mon fils atteindra son 18ème anniversaire et me sera enlevé pour être l’instrument du jeu de criminels tels que Sharon, Bush, Blair et leur clan de généraux assoiffés de sang, assoiffés de pétrole, assoiffés de terre.

    Vivant dans le monde dans lequel je vis, dans l’Etat dans lequel je vis, dans le régime dans lequel je vis, je n’ose pas offrir aux femmes musulmanes quelque idée que ce soit sur la manière de changer leurs vies. Je ne veux pas qu’elles enlèvent leurs foulards ou éduquent leurs enfants différemment, et je ne les presserai pas de constituer des Démocraties à l’image des démocraties occidentales qui les méprisent elles et les gens de leur sorte. Je veux juste leur demander humblement d’être mes soeurs, exprimer mon admiration pour leur persévérance et leur courage de continuer, d’avoir des enfants et de maintenir une vie de famille pleine de dignité en dépit des conditions impossibles dans lesquelles mon monde les met. Je veux leur dire que nous sommes toutes liées par la même douleur, nous sommes toutes les victimes des mêmes sortes de violences même si elles souffrent bien davantage, parce que ce sont elles qui sont maltraitées par mon gouvernement et son armée, avec l’aide de mes impôts.

    L’islam en soi, comme le judaïsme en soi et le christianisme en soi, n’est pas une menace pour moi ou pour qui que ce soit. C’est l’impérialisme américain, c’est l’indifférence et la coopération européennes, et le régime israélien raciste et cruel d’occupation qui en sont une. C’est le racisme, la propagande dans l’éducation et la xénophobie inculquée qui convainquent les soldats israéliens d’ordonner aux femmes palestiniennes, sous la menace des armes, de se déshabiller en face de leurs enfants pour des raisons de sécurité, c’est le manque de respect le plus profond pour l’autre qui permet aux soldats américains de violer des femmes irakiennes, qui donne une licence aux geôliers israéliens pour garder des jeunes femmes dans des conditions inhumaines, sans les aides hygiéniques nécessaires, sans électricité en hiver, sans eau propre ou matelas propres et pour les séparer de leurs bébés et de leurs tout-petits nourris au sein. Pour leur barrer la route vers les hôpitaux, pour bloquer leur chemin vers l’éducation, pour confisquer leurs terres, pour déraciner leurs arbres et les empêcher de cultiver leurs champs.

    Je ne peux pas complètement comprendre les femmes palestiniennes ou leur souffrance. Je ne sais pas comment j’aurais survécu à une telle humiliation, à un tel manque de respect de la part du monde entier. Tout ce que je sais est que la voix des mères a été étouffée pendant trop longtemps sur cette planète dévastée par la guerre. Le cri des mères n’est pas entendu parce que les mères ne sont pas invitées aux forums internationaux comme celui-ci. Cela je le sais, et c’est très peu. Mais c’est assez pour que je me souvienne que ces femmes sont mes soeurs et qu’elles méritent que je crie pour elles et me batte pour elles. Et quand elles perdent leurs enfants dans des champs de fraises ou sur des routes crasseuses près des check points, quand leurs enfants sont abattus sur le chemin de l’école par des enfants israéliens qui ont été élevés pour croire que l’amour et la compassion s’exercent en dépendant de la race et de la religion, la seule chose que je puisse faire est de me tenir à leurs côtés et à ceux de leurs bébés trahis et de demander ce qu’Anna Akhmatova, une autre mère qui a vécu dans un régime de violence contre les femmes et les enfants, avait demandé : " Pourquoi ce filet de sang déchire-t-il le pétale de ta joue ?"

    Nurit Peled-Elhanan à la Journée Internationale des Femmes, Parlement européen, Strasbourg, 8 mars 2005

    (avec nos remerciements à Nord-Palestine nord-palestine.org pour nous avoir communiqué la traduction de ce texte en Français.)

www.indymedia.org
africa
Ambazonia Canarias estrecho / madiaq Kenya Nigeria South Africa
canada
London, Ontario Maritimes Montreal Ontario Ottawa Quebec Thunder Bay Vancouver Victoria Windsor
east asia
burma Jakarta Japan Korea Manila QC Saint-Petersburg
europe
Abruzzo Alacant Andorra Antwerpen Armenia Athens Austria Barcelona Belarus Belgium belgrade Bristol Brussels Bulgaria Calabria Croatia Cyprus emilia-romagna estrecho / madiaq Euskal Herria Galiza Germany grenoble Hungary Ireland Istanbul Italy La Plana Liege liguria Lille linksunten lombardia London Madrid Malta Marseille Nantes Napoli Netherlands Nice Northern England Norway Nottingham Oost-Vlaanderen Paris/Île-de-France Patras Piemonte Poland Portugal Roma Romania Russia Sardegna Scotland Sverige Switzerland Torun Toscana Toulouse Ukraine United Kingdom Valencia
latin america
Argentina Bolivia Chiapas Chile Chile Sur CMI Brasil CMI Sucre Colombia Ecuador Mexico Peru Puerto Rico Qollasuyu Rosario santiago Tijuana Uruguay Valparaiso Venezuela
oceania
Aotearoa Brisbane burma darwin Jakarta Manila Melbourne Perth QC Sydney
south asia
India Mumbai
united states
Arizona Arkansas Asheville Atlanta Austin Austin Indymedia Baltimore Big Muddy Binghamton Boston Buffalo Charlottesville Chicago Cleveland Colorado Columbus DC Hawaii Houston Hudson Mohawk Kansas City LA Madison Maine Miami Michigan Milwaukee Minneapolis/St. Paul New Hampshire New Jersey New Mexico New Orleans North Carolina North Texas NYC Oklahoma Philadelphia Pittsburgh Portland Richmond Rochester Rogue Valley Saint Louis San Diego San Francisco San Francisco Bay Area Santa Barbara Santa Cruz, CA Sarasota Seattle Tampa Bay Tennessee Urbana-Champaign Vermont Western Mass Worcester
west asia
Armenia Beirut Israel Palestine
process
FBI/Legal Updates Mailing Lists Process & IMC Docs Tech Volunteer
projects
Print Radio Satellite TV Video
regions
United States
topics
Biotech

copyleft Copyleft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

SyndicationSyndication |  Site réalisé avec spip 2.0.10 [14698] |  Version du squelette 4.0