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Journée d’occupation au Brugsepoort à Gand

Depuis quelques jours, le quartier occupé du Brugsepoort à Gand était sous la menace d’une expulsion ce 1er décembre. Les barricades ont été mises en place, les squatteurs se sont retranchés dans les maisons et sur les toits et la police est intervenue.

Dès le matin, 18 personnes ont été cueillies par la police dans la Brunelstraat et la Sikkelstraat à Gand. Lors de cette rafle, plusieurs media-activistes qui étaient descendus sur place faire leur travail habituel de journalistes indépendants ont été arrêtés. Cette action de la police gantoise a déjà été condamnée par l’AGJPB (l’association belge des journalistes). (*) Dès ce moment, aucune personne ne pouvait plus exercer son droit d’information dans le quartier encerclé par la police.

Dans le registre arrestation de la journée, 6 autres personnes ont également été arrêtées au cours de la matinée pendant une action d’occupation de la SOB (ndt : la société de développement urbain de la ville de Gand).

Pendant toute la journée, des personnes occupaient un toit dans la Brunelstraat et d’autres les maisons. Ils s’étaient barricadés dans de petits bunkers à l’intérieur pour résister à leur expulsion. Devant l’entrée de la Brunelstraat, une barricade a été érigée et est restée jusqu’à 5h30. Pendant toute la journée, il était alors impossible à l’extérieur d’en savoir plus sur le déroulement de à l’intérieur à cause de l’action des forces de l’ordre et l’entrave de ces forces au droit à la libre information.

Par la suite, on a appris que dans le début de l’après-midi, les occupants ont été arrosés durant près de 5 minutes par les pompiers alors que la température ne dépassait pas les 5°C. Ne peut-on pas s’étonner alors de voir les pompiers sortir de leur rôle habituel de sauvetage des chats dans les arbres et d’extinction d’incendie pour celui moins reluisant de délogement d’activistes récalcitrants ?

A l’extérieur, un défilé mortuaire est parti du marché au légume à 14h. Il a d’abord pris la direction de l’hôtel de ville, où un repas de deuil a été consommé pour prendre ensuite le chemin vers le bâtiment de la SOB où des bougies et des fleurs ont été posées et finalement rejoindre la Brunelstraat pour apporter son soutien aux occupants. Vers 15h, le cortège qui se trouvait à la Kastanjestraat y a été bloqué. L’ambiance entre les forces de l’ordre et le cortège n’était pas très bonne.

Vers 15h30, après les négociations, une petite délégation a pu se rendre jusqu’à la Brunelstraat pour témoigner son soutien.

A 16h30, le défilé s’est clôturé en se rendant jusqu’à l’église où après une dernière allocution, la manifestation de deuil a été dissoute.

Pendant tout ce temps, l’entrée de la Brunelstraat a été nettoyée et la nouvelles selon quoi les 24 personnes arrêtées seraient libérées est arrivée.

Le groupe de soutien est alors allé chercher les détenus relâchés et ils sont partis alors qu’ils croyaient être au complet. Mais leurs informations n’étaient pas correctes, il y avait au moins 25 personnes arrêtées. Une personne souhaitait garder l’anonymat et il a été détenu séparément. Il a seulement été relâché une fois le premier groupe parti. L’intéressé a donc du revenir à pied et dans le froid. Peut-être d’autres personnes qui souhaitaient rester anonymes ont été relâchées à d’autres moments.

Entre-temps, les occupants des toits sont descendus et ont pu profiter de vêtements chauds.

Les maisons de la Brunelstraat et la Sikkelstraat sont encore libres. Seule la barricade est tombée. Des réunions se tiennent encore pour préparer la suite des évènements.

Une intervention policière malheureuse ? Selon les autorités brugeoises, ils ne souhaitaient pas évacuer aujourd’hui. Cette version est vendue par leur soin mais qu’est-ce que la police faisait sur place à une heure aussi matinale ? Et peut-être qu’elles n’ont pas voulu également fermer l’eau, le gaz et l’électricité en février dernier… Poussant le vice jusqu’au bout, les policiers ont téléphoné le soir pour leur dire qu’ils n’étaient pas venus les évacuer mais pour les libérer ! La décision de demander aux pompiers d’arroser les occupants sur les toits doit-elle être prise comme une nouvelle forme de sauvetage ?

(*) Après l’arrestation d’une dizaine de media-activistes lors de l’opération Trainstopping à Melsele, il a été clairement été indiqué que la police devait faire la distinction entre journalistes professionnels et les freelances (que sont les média-activistes) uniquement dans le cadre d’une conférence de presse officielle. Dans ce seul cas, ceux qui ne possèdent pas la carte de presse officielle délivrée par le ministre de l’Intérieur peuvent être interdits d’accès. C’est une question de liberté de la presse garantie par la législation en vigueur. En effet, les déclarations de la AGJPB sont contraignantes (il s’agit d’un organe qui jouit des mêmes attributions que l’ordre des avocats).

Plus tard encore dans la journée, le droit de la presse n’a pas été respecté pour les freelances.

***traduction libre de : http://ovl.indymedia.org/news/2004/12/3826.php

Photos : http://ovl.indymedia.org/news/2004/12/3827.php


publié le 2 décembre 2004  |   Auteur : Libby (traduit par Arnaud)  |   E-mail : arnaudleblanc swing.be  |   Imprimer

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3  Commentaires sous cet article

> Journée d’occupation au Brugsepoort à Gand

Il est possible d’etre freelance et avoir une carte de presse officiele. Ces freelances auront les memes droits et devoirs que les journalistes salariés. Il est faux de dire que vos media activistes sont des journalistes. Ils n’ont rien a voir avec la profession et n’ont donc droit a aucun "avantages". Ils sont libre d’introduire une demande pour la carte de presse officielle, a eux de prouver qu’ils sont dans les conditions de l’arreté royal. A ce moment là seulement on pourrat les considerer comme des journalistes. Pour le moment ce ne sont que de simples citoyens... Et je signale aussi que le titre de journaliste est protégé par ce meme arreté royal donc il n’y a aucune confusion possible. Un media activiste n’est pas un journaliste, les pseudos "cartes de presse" delivrées par Indymedia n’ont aucune valeur légale. Un media activiste se presentant comme journaliste pourrait meme etre poursuivi pour usage de faux documents. A reflechir....

2 décembre 2004 12:04, par un journaliste

> Journée d’occupation au Brugsepoort à Gand

Oui sauf que les droits fondamentaux disent ceci :

(Chap.2 libertés, Art. 11) "Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorité publiques et sans considération de frontières."

Dès lors on ne parle plus de droits en tant que journaliste mais bien d’un droit universel à l’information.

De plus, je ne comprends pas qu’un journaliste accrédité puisse être considéré comme quelqu’un de réellement "objectif" puisque d’une certaine manière son métier est délimité par les règles que son statut impose.

N’est-ce pas ça la contradiction de la liberté de la presse ? On peut en utiliser mais pas trop ?

On peut s’interroger sur ce qui départage un vrai journaliste d’un faux, mais peut-être qu’il faudrait alors se demander lequel des 2 profite d’une totale liberté d’expression... Non ?

Bref pour moi, ce genre de statut c’est juste du strass et des paillettes, c’est juste pour le folklore.

2 décembre 2004 13:47, par turlututu, email turlututu indymedia.org

communiqué de la VVJ

http://www.indymedia.be/news/2003/0...

" Le fait que les journalistes concernés ne soient pas tous des journalistes professionnels reconnus et qu’ils n’aient par conséquent pas pu produire de pièce officielle de légitimation aux fonctionnaires de police n’empêche pas que la liberté de la presse, et en l’espèce la liberté de collecter l’ information sur la voie publique, vaut aussi pour les journalistes non professionnels."

2 décembre 2004 14:09

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