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Cpe, flexsécurité, sécurité sociale professionnelle : des me

Mondialisme.org

Avec les manifestations contre les contrats CPE et CNE, l’affaire de la Sécurité Sociale Professionnelle est remontée en surface.

De quoi s’agit il ?

Si nous cherchons bien, nous devons cette « revendication d’accompagnement du capitalisme » à Paul Boccara, le théoricien du PCF du capitalisme monopoliste d’état au travers du slogan « sécurité emploi-formation », pour un nouveau statut des « actif ». Statut devant à terme se substituer au statut classique de CDI ou d’en vider son contenu, ce qui revient au même.

Le CPE n’est qu’un maillon de la chaîne, visant à enserrer les prolétaires dans un système nouveau élaboré depuis quelques années par la nomenklatura européenne. En fait il s’agit comme le dit ouvertement Dominique Straus Khan de revoir le « contrat social », pour cette occasion, la commission européenne allait nous sortir un nouveau concept la « FLEXSECURITE » la sécurité de l’emploi flexible et le partage de la paupérisation entre tous, avec des périodes de formation « tout au long de la vie »(1) . Contrairement à ce qui est dit, ce n’est pas la fin du CDI ( contrat a durée déterminé) le CPE et le CNE sont des CDI , proche de la législation des intermittents du spectacles, qui viennent d’ailleurs de servir de base à la promotion de la SECUPRO. Le ministre de la culture a confirmé sur Europe 1 que le gouvernement allait créer « un fonds permanent de professionnalisation ».

La gestion managériale, du capitalisme « mondialisé » fonctionne comme un puzzle ou seuls, ceux qui dominent la situation en distinguent les véritables contours. La « Formation tout au long de la vie » initiée par l’ UE s’inscrit dans un projet plus large et plus insidieux quant à ses conséquences.

La crise des banlieues, les manifestations contre le CPE-CNE et contre les stages entreprises non rémunérés, servent de tremplin à la gauche (tous adjectifs confondus) pour nous faire la promotion de la SSP ( le partage de la misère). Aussi la SSP sera l’objet « d’un contrat intermédiaire », signé auprès d’agences de reclassement (au statut indéterminé), financées partiellement par l’UNEDIC et garantissant un revenu équivalent au salaire pendant 18 mois, le temps de proposer aux précarisés « des licenciements formation et emploi ». En contre partie les règles de licenciement seront « assouplies » pour faciliter « les mutations des entreprises. ».

« Ce thème, très en vogue parce qu’il donne l’impression de donner des droits aux exclus, n’en reste pas moins extrêmement ambigu. Il part du présupposé que la flexibilité de l’emploi est une nécessité et que les travailleurs sont condamnés à devenir des intermittents, partageant leur temps entre l’emploi et la formation. Des " marchés transitionnels " doivent alors organiser la permanence des droits sociaux hors des périodes d’emploi et une formation individualisée visant à " égaliser les capacités " d’accéder à nouveau à l’emploi. Une telle discrimination positive en matière de politique sociale s’incarne déjà dans le Plan d’Action pour le Retour à l’Emploi (assorti, rappelons-le, de sanctions en cas de refus des emplois proposés aux chômeurs). » (Liêm Hoang-Ngoc ( Maître de conférences à l’université de Paris I) le 16 12 2004

Nous sommes actuellement dans cette situation ou la CGT et la gauche libérale en passant par le caméléon J L Borloo s’organisent pour faire passer sans bruit la précarisation au nom de la lutte contre cette précarisation. Si nous devons à Bocarra , l’émergence des premiers frémissements de la grande réforme, celle-ci a mijotée pendant un temps dans les serviettes des économistes de gauche et de droite, des rapports comme celui de Cahuc-Kramarz (2) , un autre du consultant Bernard Brunhes « Concilier flexibilité des
entreprises et sécurité des salariés »(3) et les conclusions des rapports (Boissonnat,Supiot,Berlorgey) . Pour apparaître au grand jour au 47 éme Congrés de la CGT, comme une revendication fondamentale contre l’exclusion.
« Au cour de cette première résolution, la fameuse idée de " sécurité sociale professionnelle ", ou de " nouveau statut du travail salarié ". Chargée de défendre son " bébé ", Maryse Dumas évoque les nombreuses " demandes de précisions " et " inquiétudes " remontant sur cette revendication avancée par la confédération depuis deux ans. " Ce n’est pas un slogan magique qui nous permettrait d’ouvrir toutes les portes des luttes, des succès ni de l’intérêt spontané des salariés ", affirme-t-elle, avant de préciser deux idées forces. D’un côté il s’agit de " construire des solidarités d’intérêts, des convergences de luttes, de retourner le dumping social à l’envers, les acquis des uns constituant des points d’appui aux luttes des autres ". Par exemple, bâtir des revendications communes entre salariés d’employeurs différents travaillant sur un même site, ou bien entre salariés en CDI, en CDD et intérimaires d’une même entreprise. De l’autre, il s’agit de " créer une garantie interprofessionnelle pour attacher les droits à la personne du salarié et ne plus les faire dépendre de l’entreprise pour laquelle ils travaillent ". En termes de salaire, de carrière, de formation, " chaque salarié disposerait de droits cumulés dont chaque nouvel employeur devrait tenir compte ", ajoute-t-elle, sans soulever pourtant le problème de l’application du droit. » (Fanny Doumayrou journaliste de l’Humanité)
Il est bien évident que le MEDEF , est au parfum et qu’il est d’accord avec la réforme « revendiquée par la CGT cédétisée » lui qui à l’époque du CNPF voulait la mise en place d’une « politique sociale personnalisée ». Côté gouvernement le soudeur de la cohésion sociale Jean-Louis Borloo à déclaré devant l’assemblée nationale en déposant son projet de « cohésion sociale » ceci :
« Il faut substituer à la notion de salariat celle de sécurité sociale professionnelle »
Le puzzle est terminé, il sera présenté au 48 éme Congrés de la CGT ( Voir le livre de Le Guigou Demain le changement « manifeste pour un nouveau syndicalisme ».
Comme nous savons que depuis , 2004 les jeux sont fait et organisés avec la CES pour flexibiliser le contrat de travail, que des rapports divers déjà cités, ont été élaborés conjointement entre les pontifes européens, les patrons et syndicats nous ne faisons qu’assister à un scénario de sortie de crise.

La sécupro, il est bon de le rappeler est défendue par la bande cégétiste de Maryse Dumas , ATTAC, DSK et les socialos, Sarko et Borloo. Tous attendent la négociation qui vise à sanctifier la précarisation des contrats de travail. Pour finalement. « pourfendre le droit du travail » comme le revendique la présidente du MEDEF Laurence Parisot . De son coté le commissaire européen chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’égalité des chances est monté au créneau dans les Echos du 23 mars 2006, il a réaffirmé la nécessité de la flexsécurité, et ajouté qu’il existent des exemples a suivre comme en Autriche et dans les pays nordiques.
La mise en spectacle, de la flexsecurité, commence à poindre dans la presse, Villepin se dit ouvert pour les négociations avec les syndicats. Une chose est certaine la « sécupro » va être au centre des débats puisque tous de la droite en passant par le caméléon Borloo et la gauche au dos flexible sont d’accord sur le système.

La question qui se pose c’est comment présenter cela comme une grande victoire pour tout le monde. « Pour le secrétaire général de la CGT, comme pour celui de la CFDT qui affronteront bientôt leur congrés, le conflit sur le CPE est fédérateur. Il offre aussi l’opportunité de convaincre les jeunes de l’utilité du syndicalisme. A condition, toutefois, que le gouvernement finisse par lâcher du lest… »

Jean Louis Borloo, se devait de rappeler que « Les partenaires sociaux étaient prêts à dialoguer sur la flexibilité du marché du travail au printemps, Mais avec le CPE, nous avons tourné le dos à la concertation ».

Gérard Bad le 31 mars 2006

Notes
- 1)Voir article critique sur le sujet dans Echanges N° 109 il est aussi disponible sur le site Mondialisme.org dans la rubrique « La question sociale ».
- 2)Il est possible de trouver ces rapports sur le net : sécurité_sociale professionnelle . pdf
- 3)Il s’agit des Cahiers du groupe Bernard Brunhes N°11 de février 2004 avec la participation de Maryse Dumas pour la CGT et Michel Jalmain, pour la CFDT.


Article publié le 5 avril 2006
Commentaires
  • Flexicurité : la duperie du modèle danois 7 septembre 2006 19:38, par visiteur

    Vu sur le site
    http://www.actuchomage.org

    Danemark et chômage : le modèle danois n’a aucun mérite

    En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d’un taux officiel de 6,38 %. La tromperie est dévoilée.
    Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n’aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l’essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.

    Si de plus la France avait eu recours à la même proportion de préretraites que le Danemark (6,78 % de sa population active), le chômage réel aurait entièrement disparu et beaucoup d’emplois à temps partiel seraient redevenus des emplois à temps plein.
    Inversement, si la population active du Danemark avait augmenté dans la même proportion qu’en France (+12,1%), tout en créant aussi peu d’emplois (43 600 en quinze ans), le nombre de chômeurs aurait augmenté de 372 500 et le taux de chômage réel serait devenu 24,0 % de la nouvelle population active (après son augmentation).

    Comme l’on voit, le succès apparent du Danemark ne doit rien à la flexicurité, mélange de flexibilité et de sécurité (discours bien connu). En fait, le modèle danois n’a aucun mérite pour résoudre le problème du chômage, une fois enlevés les artifices qui cachent le chômage réel et encore moins en tenant compte de la démographie de l’emploi.


    Au Danemark en 2004, pour un nombre officiel de 176 400 chômeurs, 268 300 personnes étaient enregistrées dans les "mesures de marché du travail" (labour market policy measures), des préretraites pour l’essentiel. Le chômage réel était donc de 444 700 personnes.
    La population active étant de 2 766 300 personnes, le taux de chômage officiel était de 6,38 %. Mais, en réintégrant les 268 300 faux inactifs (préretraités …) dans la population active, celle-ci devenait 3 034 600 personnes et le taux de chômage réel 14,65 %. Ce taux est un minimum, car ne prenant pas en compte les "invalides" pour raisons sociales.

    En France en 2005, pour 2 420 000 chômeurs au sens de l’Anpe (catégorie Defm 1) et 2 717 000 chômeurs au sens de l’Insee, le nombre réel de chômeurs en équivalent temps plein était de 4 092 000, soit un taux de chômage réel de 14,53 % (compte tenu de la correction sur la population active) . Pour rester comparable aux données danoises, l’équivalent en chômage des emplois à temps partiel n’est pas pris en compte ici.
    Voir l’article "Chômage officiel et chômage réel (2005)" sur le même site http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel2005.htm.


    Le modèle français est le plus honnête en matière de chômage, ou le moins habile pour en cacher l’étendue, comparé au modèle danois, anglais ou hollandais. Le recours aux préretraites massives est utilisé au Danemark, l’invalidité pour raisons sociales (sans réelle invalidité médicale) est la mesure principale en Angleterre (Royaume-Uni) et aux Pays Bas, ce qui n’empêche pas l’utilisation d’autres mesures pour cacher l’importance du chômage. Dans ces trois pays, le chômage réel est de deux à trois fois plus important que le chômage officiel et se trouve comparable au chômage réel en France.


    Enfin, le Danemark produit et exporte du pétrole et du gaz, ce qui arrange beaucoup les finances publiques et permet de payer un nombre considérable de préretraites pour faire baisser le chômage apparent en diminuant la population active.


    Voir http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm

    pour un document trés complet et de grande qualité, avec des tableaux statistiques et les sources utilisées. D’autres aspects y sont aussi abordés : indemnités de chômage, coût du travail, durée effective du travail.

    > En effet, cela vaut vraiment la peine d’aller voir le document original car tout est bien expliqué avec des informations sérieuses et issues des sources officielles (citées). Le texte peut être imprimé avec tous les traitements de texte (rtf)
    .

    Voir en ligne : Danemark et chômage : le modèle danois n’a aucun mérite

  • Vu sur le site
    http://www.actuchomage.org

    Le modèle danois : beaucoup d’emplois publics (36,9%)

    L’emploi public représente 36,9 % des emplois (63,1 % pour le privé) au Danemark et seulement 19,4 % des emplois en France (80,6 % pour le privé).

    Le Danemark est souvent cité en exemple : moins de chômage qu’en France, flexibilité, sécurité … vous connaissez le discours, qui doit pourtant être fortement nuancé et replacé dans le contexte de la société danoise.

    Mais le grand public ignore un aspect essentiel de la question sociale, trompé par les idolâtres du "marché" et de sa "main invisible". L’emploi public est beaucoup plus développé au Danemark qu’en France, près du double en proportion de la population.

    L’emploi public danois compte pour 36,9 % dans l’emploi total, tandis que l’emploi public français se limite à 19,36 % de l’emploi total. La proportion d’emploi public est donc supérieure de 91 % au Danemark comparé à la France (36,90 / 19,36).

    Au Danemark (2004), pour un emploi total de 2 507 000, l’emploi privé est de 1 582 000 (63,10 %) et l’emploi public de 925 000 (36,90 %).

    En France (2004), pour un emploi total de 24 720 000, l’emploi privé est de 19 933 000 (80,64 %) et l’emploi public de 4 787 000 (19,36 %). L’emploi privé comprend 17 265 000 salariés et 2 668 000 patrons ou indépendants.

    Si l’on veut de rapprocher des performances du Danemark pour la proportion d’emplois publics dans l’emploi total, augmentons par exemple de trois millions le nombre d’emplois publics. Car les besoins sont immenses : dans la santé et en particulier la prévention, dans la petite enfance, dans l’éducation et la formation des jeunes et des adultes, dans l’aide structurée et publique aux personnes âgées …

    Avec trois millions d’emplois publics en plus (à ne pas confondre avec les fonctionnaires), l’emploi public atteindrait 7 787 000 emplois, soit 28,09 % de l’emploi total (devenu 27 720 000) et nous serions encore loin de la proportion danoise de 36,9 % d’emplois publics.

    Par la même occasion, une bonne partie des nouveaux emplois publics pourrait être consacrée à une forte réduction du temps de travail, juste récompense des importants gains de productivité des années passées, pour ramener la durée réelle (pas seulement légale) à 28 ou 30 heures par semaine.

    Voir plus de détails, avec tableaux statistiques, à cette adresse :

    http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_emploi_public.htm

    (le texte complet peut être imprimé … pour en faire bon usage d’ici 2007).

    Voir en ligne : Le modèle danois : beaucoup d’emplois publics (36,9%)

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