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Projet de prévention citoyenne pour une société anesthésiée
Entretiens entre Michel Langinieux et Marcel Suszwalak
10 avril 2006
Pourquoi tirer ainsi la couverture sur le dos des travailleurs ? Pourquoi ces trafics d’influences ? Quelle piètre opinion sous-jacente que de devoir compenser sous pareils manques. L’échelle sociale prise par des luttes personnelles jamais ne saura prévenir, sauf si elle y trouve son compte. Elle poursuit ses jeux de pouvoir.
Le Comité anti amiante Jussieu et Ban Asbestos exposent un même cas typique de masquage de la vérité cernant la Sorbonne Nouvelle : leurs spécialistes techniciens, experts, syndicalistes, professeurs, chercheurs, mis au courant par le Dr KORBA et moi-même sur Censier, se taisent depuis 1997. Pas un n’a fait connaître cette tragédie en pleine Capitale.
C’est dire le peu d’intérêt pour la vie d’autrui de ces comités aux titres ronflants : Anti amiante, qui laissent délibérément des années en danger une Université qui s’en trouve farcie à 500 m de Jussieu, incluant 2.500 étudiants UFR psycho de Paris-VII.
Jeux du monde et clans : si l’on ne fait pas partie de leur tribu, si l’on ne montre pas patte blanche, l’on n’existe pas pour ce petit monde empli d’opinions sur lui-même, mais fort peu sur l’intégrité des organismes humains.
Censier peut crever. Les dockers peuvent crever. Preuves à l’appui !
En résumé : quelques 10 spécialistes informés ont maintenu sous leur superbe une ambiance malsaine vis-à-vis des victimes, des ayant droits, des étudiants de Censier et des dockers de Dunkerque (et combien d’autres associations : ADVAC CGT, ADVA CGT SRD, BP, et combien de Facultés encore ?).
Ils révèlent des lacunes flagrantes, un manque de clarté, l’absence d’urgence et du sens des risques. Ces personnes furent dénoncées par Marcel SUSZWALAK à la mission d’enquête de l’Assemblée Nationale le 23 novembre 2005 (Journal Le Phare 1er décembre 2005).
Telle prévention silencieuse, conformiste, fut constatée également pendant le colloque Travail et Santé au Sénat le 17 juin 2004, où Michel LANGINIEUX criait la catastrophe de l’Université Censier. Pas une mouche de l’ANDEVA présente ne volait. Aucun des membres présents n’a ouvert la bouche pendant ni après cette intervention. L’omertà n’apprécie pas les cris urgents.
Les langues de bois ignorent une réalité contraire à la conformité qu’elles servent jusqu’à devenir une pure désinformation aux ordres. De plus, ces comités imposent aux autres leur refus de prendre en compte la réalité des faits, la prévention devenant un souci majeur seulement quand cela les arrange. Ces autorités se révèlent nullement différentes de la partie étatique.
Michel PARIGOT, Président du Comité anti amiante Jussieu, premier concerné et au courant depuis mars 1997, n’a jamais lancé d’alerte sur Paris-III alors que Jussieu Paris-VII se trouvait légalement à Censier ! Cet homme, haut spécialiste du problème de l’amiante, n’a pas cessé de désinformer.
D’où les résultats exposés dans un climat de sous évaluation, sans intégrité PRÉVENTIVE : tout se voit calculé, soupesé, prévu, imposé, contrôlé par une personne avertie qui décide de parler ou de se taire suivant ses idiosyncrasies.
Qui crie la vérité à ce point ? Qui est vivant ? Qui prévient ? Qui est concerné ? Comment agir face à de tels entêtements axés sur automatismes et préférences ?
Routine et prises obsessionnelles de pouvoirs nient l’honnêteté et la rigueur, sans répondre à l’attente d’une justice au centre de la crise.
Ces associations deviennent elles-mêmes problème de santé publique, dangereuses puisqu’elles ignorent la base qui établit la réalité des choses :
si les étudiants forment une Fac, des hommes font les dockers.
Pour être acceptées par les officiels, ces entités incarnent une conduite conforme.
Elles se voient maintenant reconnues par un Ministre de la Justice qui n’applique pas plus les textes que les industriels !
On pourrait par ailleurs, dénombrer la foison d’experts (pour ou contre l’amiante, intègres ou pas, honnêtes ou vendus, ignares ou éclairés), professeurs, docteurs, directeurs, sous-directeurs, chefs, sous-chefs, chargés de mission, présidents, vice-présidents, députés, ingénieurs, secrétaires, représentants, conseillers, administrateurs, fonctionnaires, avocats, spécialistes, questionnés par la mission parlementaire, au cœur de l’échec de ce système (il y manque le ministre Claude ALLÈGRE !), arborant deux représentants notoires du Comité Permanent Amiante : Jean-Luc PASQUIER et Patrick BROCHARD.
Tout s’étale aujourd’hui de la façon la plus objective possible sur des rapports officiels soulevant une inertie fondamentale et l’absence de décisions de protection.
Qu’est-ce qui suivra sous une République où l’on parle essentiellement pour masquer ? Qui assume ses responsabilités ? Qui pénalise les entreprises coupables ? Qui tire les leçons de l’amiante ?
Même les employés concernés continuent à ignorer les risques qu’ils encourent. Contrôles et sanctions n’existent pas : ICI, on s’en fout !
On fausse statistiques, dates, chiffres, faits, et l’effet retard. D’où les résultats. Ce tape à l’œil tue.
Les États Généraux de l’amiante exposent l’état d’immobilisme de toute une société. L’immobilisme parle à l’immobilisme. L’immobilisme discourt sur l’immobilisme. L’immobilisme examine l’immobilisme. L’immobilisme dit contrôler l’immobilisme. L’immobilisme lance ses impératifs de santé publique, priorités officielles, soucis essentiels. L’immobilisme engage des actions contre l’immobilisme :
Sur les personnes exposées.
Sur la prévention des risques.
Pour éviter de nouvelles victimes quand il n’y en a jamais eu autant.
Ce cercle vicieux va perdurer encore un demi-siècle.
Le tout s’officialise avec ministres, tampons, signatures, le sceau des résistances politiques et celles de la Chancellerie. Santé, Travail, Solidarité, Intérieur, Logement, Fonction publique, Éducation, Écologie : tous dedans. La preuve.
Les violons se font connaître avec trombones, hautbois, cymbales et couacs. L’ensemble se voit déballé par ceux qui depuis cent ans se taisent. Ces mêmes dignitaires se donnent droit à la parole en ignorant les témoignages des malades. Durant ces travaux conduits 3 ans, 9.000 personnes ont continué à mourir d’amiante. (Oser compter jusqu’à… 5.000 décès possibles par an, propulse les chiffres à 15.000.) Personne n’en parle.
L’infraction intentionnelle se prouve par dates.
Cette torpeur incrustée de conditionnement national et d’acharnement industriel aura coûté au pays 150 années de pertes humaines, façon dont la citoyenneté se considère ICI sous deux rapports parlementaire et sénatorial, avec pour épitaphe les « conséquences désastreuses » d’un « drame de la santé au travail sans précédent ».
La constitution cependant exige : Toute personne doit prévenir.
Chacun est responsable de la vie des autres (Marie-Odile BERTELLA-GEFFROY).
En fait, 25 ministres largement avertis sur la catastrophe de Censier Paris-III se sont défaussés en cascade les uns sur les autres, refusant toute PRÉVENTION. Certains, irresponsables de la vie de leurs concitoyens, n’ont jamais répondu.
Si l’on inclut les 13 ministres contre lesquels l’avocate (maintenant Député Maire) JOISSAINS MASINI a porté plainte pour coups et blessures cernant ces mêmes questions d’amiante, cela fait 38 officiels dans le coup. (Responsabilité pénale : Art 121-3, Nouveau Code Pénal).
Ajoutons les deux ministres à qui s’est adressé Monsieur Jean-Louis DEBRÉ pour l’affaire Censier : Monsieur Gilles de ROBIEN, Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Monsieur Xavier BERTRAND, Ministre de la Santé et des Solidarités, cela fait 40 ministres incapables d’ouvrir la bouche !
La priorité administrative ignore la compassion. Elle ne s’implique pas à défendre la vérité. L’égoïste moi d’abord (et le reste, on s’en fout) exerce son pouvoir.
L’égoïsme financier s’affirme prépondérant sur l’urgence sanitaire. L’avidité crée sa propre mainmise (80 kilos d’amiante par personne en France !). Sous une peur pétrifiante de changer se dessine très précisément l’œil de la Méduse.
Le Gouvernement
L’État verrouille l’exposition au niveau national. Retardant les échéances, il refuse d’appliquer la loi, faisant passer son pouvoir avant tout sens.
Tout s’y retrouve cadenassé : amiante, mensonge et omertà. En place. Le comble : alors que la législation se voit l’otage de l’actuelle situation, les conclusions sont déterminées par les industriels.
Or, pour une défense collective, des mesures d’expositions deviennent indispensables.
Malheureusement, la loi PASQUIER met de côté 99% des fibres non comptées… ce qui protége les patrons mais pas les poumons.
L’État fausse délibérément les mesures en imposant l’inconscience de ses décideurs publics.
Il faudrait compter toutes les fibroses. On n’a pas trouvé le seuil limite à l’intoxication assure le Professeur Marcel GOLDBERG en conférence. Car quel est le seuil tolérable pour un cancérogène reconnu ? ZÉRO.
Les constats fusent :
Il n’y a pas eu un SEUL procès d’exposition à l’amiante en France !
Que le monde le sache !
La loi du 12 juin 1893, pourtant, concernait l’hygiène et la sécurité ainsi que la protection des travailleurs. Elle soulevait les problèmes de sécurité au travail.
La loi du 9 avril 1898 (fondée sur la solidarité) s’adresse aux responsabilités des accidents.
(Loi de 1810 : protéger les mineurs. Deuxième loi : protéger les ouvriers de porcelaines de Limoges. Loi 1874 : sur l’inspection du travail.)
Mais en réalité, soulevant une incapacité d’appliquer le droit :
Aucune action pénale n’a su répondre à la catastrophe sanitaire de l’amiante.
Aucun employeur ni empoisonneur n’a été mis en détention depuis ces lois du XIXe siècle.
Aucun Procureur de la République (à part Éric de MONTGOLFIER et quelques substituts) ne fut à l’origine de poursuites.
Aucune modification de cette politique sanitaire criminelle n’a été envisagée jusqu’à aujourd’hui - sauf sur le papier - proposant une indispensable décontamination mentale ou un décalaminage social (d’une culture incrustée d’indifférence).
Un couvercle (de plomb autant que d’amiante) règne sur ce pays paralysé devant l’énormité de drames maintenus sous hypnotisme général et une injustice pénale en incapacité permanente totale. Cette disposition de se satisfaire de l’état présent des choses n’applique ni la réglementation ni la loi depuis 113 ans (résultant, sur une base hypothétique non exagérée de 5.000 décès par an, à un demi million de disparus).
Questions abruptes :
Comment se fait-il que l’on ait pu entendre l’organisme professionnel de prévention du bâtiment et travaux publics : l’UPPBTP, seulement par la Mission parlementaire ?
Et le CSTB, Centre scientifique et technique du bâtiment dont personne ne parle ? Quel est son rôle ?
Il a charge de donner le feu vert (blanc seing) par les DTU (Documents techniques unifiés, textes classés) et l’A.T. (Avis technique) sur REEF (classeurs sur tout ce qui concerne l’amiante).
Finalement : que les choses se sachent (comme à Jussieu) ou se cachent (comme à Censier), les résultats se révèlent les mêmes, exactement : le nombre des morts s’allonge. L’inertie régit l’ensemble. Avec sa seule réponse : Parle toujours.
L’apathie et l’état mafieux qui l’entretient s’ordonnent sous une structure entière saupoudrée de suffisance perverse.
Dockers, Étudiants, même amiante, même combat, même NON à la violence de l’État
Les témoignages de Marcel SUSZWALAK et de l’APDA CGT s’avèrent incontournables, amenant un grand nombre de renseignements.
L’action de Michel LANGINIEUX offre une base de défense pour les victimes de Paris-III.
Un éclairage constant doit être maintenu afin de considérer et comprendre les aspects soulevés pour pousser plus loin l’exploration sur un questionnement général autant que les multiples détails.
Comment obtenir une justice ICI ?
Par les pressions du monde international, comme pour le Crédit Lyonnais !
Car tout s’est pétrifié depuis longtemps, la corruption frayant.
Selon le Juge Renaud VAN RUYBECKE, seule une organisation internationale dotée de pouvoirs réels, y compris de pouvoirs de sanctions pourrait contrôler ce qui se passe sur les places financières. Il en est de même pour la Santé publique.
Alors même que les experts font généralement passer en France, leur subjectif avant tout objectif (jusqu’aux élucubrations amianteuses de Claude ALLÈGRE), la Sorbonne Nouvelle nous impose un exemple CRIANT de ce qui se passe ICI.
On empoisonne à Censier et personne ne bouge. Les faits en main depuis onze ans, personne ne bouge.
Pas un officiel, pas un prof, pas un personnel, pas une association spécialisée, pas un syndicat, pas un pouvoir public (y compris les R.G.), pas un politique : RIEN d’assumé ni de concret !
À la pointe de l’incivisme, on cache. ICI, on méprise la vie.
La première mobilisation des étudiants de Censier eut lieu le 12 janvier 2006, une fois les preuves publiées sur Internet. Or, la fonctionnaire Jacqueline SUZZONI disparut en avril 1995 d’un cancer de la plèvre, assassinée par le contexte et doublement par le silence de ses collègues. Sont-ils donc morts ou pire, ne sont-ils pas nés ces responsables de la Santé et de l’hygiène de leur Fac, de leurs ports, de leur pays ?
À l’évidence, il n’y a PERSONNE. Personne ne bouge, ne parle, ne sent ni ne se défend, sauf les parties civiles. Et encore !
Par ces échanges, Marcel SUSZVALAK et moi-même avons gardé la disponibilité de poser des questions, confronter les tares, soupeser les faits sous un statisme imposé de vices cachés.
En effet, tyrannie et absence de créativité s’incrustent à l’Éducation nationale et nombre ministères minés par leurs habitudes : relativiser le rôle des industriels et des pouvoirs publics, minimiser les conséquences dramatiques, escamoter les éléments à charge ; l’ensemble sous l’inaction notoire des parquets.
Nos échanges se sont voulus ouverts, suivant les rencontres et coups de fils, confrontant les zones d’ombres et des rejets juridiques de sourds dingues acharnés (refus de voir, savoir, agir).
D’autres échanges autour d’une table s’avèreront profitables, incluant la colère des dockers et l’approche étudiante.
Que cette coopération entre travailleurs manuels et chercheurs (estudiantins) pour l’émergence d’un Citoyen et l’obtention d’une vue d’ensemble soit publiée.
Personne en effet ne représente le Peuple en France, raison pour laquelle le Peuple se prend en main. Il y manifestement deux approches actuelles face à la surdité : je n’existe plus. Où, tout au contraire : j’existe.
Le 23 novembre 2005, une délégation de l’APDA CGT était entendue à l’Assemblée nationale par la mission parlementaire cernant les méfaits de l’amiante. Les compromis menant à la complicité et jeux de pouvoir qui perdurent en France sous cette affaire criminelle furent dénoncés.
Rien n’en fut publié. Le cri des dockers n’intéresse pas plus les députés que celui de Censier. La faillite de l’État ne l’empêche pas de persévérer dans le même sens ni de pondre des rapports sur son incompétence, semblable est-il à l’amiante inerte qu’il cache, et tout aussi dangereux.
Ce texte doit être revu et corrigé, avec rajouts en exemples vivants afin d’obtenir son poids de vitalité et de demande de clarté. Je compte sur vous 5 de l’APDA. Si vous connaissez d’autres personnes, officielles ou victimes (ou proches de victimes) qui peuvent apporter leurs témoignages sur Dunkerque, tant mieux. Il faut donner au lecteur des exemples criants et le plus possible de faits. Merci.
Merci aux malades, mourants, et parties civiles qui agissent !
Langinieux, le 5 avril 2006
www.politiquedevie.net (Amiante Censier/Dunkerque)
htpp ://langinieux.michel.free.fr
PS : Depuis 10 ans, je n’ai cessé de défendre la Sorbonne Nouvelle des étudiants contre des enseignants hors-la-loi qui laissent tranquillement faire leurs administrateurs.
C’est qu’il existe deux Censier la Sorbonne…
1/ La Sorbonne Nouvelle des étudiants qui, aujourd’hui, occupent leurs locaux (sans étudiants, pas de Fac !). Elle cherche, fait savoir, questionne et se défend.
2/ La Sorbonne Nouvelle des officiels qui maintient son statu quo à tout prix, surtout contre la vie humaine et la santé publique : tenue par conformité, crucifiée sur des mensonges constants, elle mérite ce qui lui arrive sans regret (Batiment amianté en fin de vie !)
Car il y aura toujours des étudiants pour donner une vie nouvelle à la Fac. Et des hommes pour constituer des dockers.
CETTE HISTOIRE N’EST PAS FINIE : ELLE COMMENCE.
ELLE N’EN FINIT PAS DE COMMENCER.