mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie

Mercredi 17 mai, au Liverpool Hôtel, place de Suède à Calais, à 19h29, le patron m’a insultée lorsque je passais devant sa porte. Me retournant surprise, il m’insulte à nouveau, les bras croisés.
Je branche mon appareil et lui demande de répéter, d’avoir au moins ce courage, puisque c’est un homme. Il refuse, commence à menacer de détruire mon appareil et finit par m’insulter une dernière fois.
Il se met à courir dans ma direction. Je n’ai d’autres ressources que de fuir sans savoir où me réfugier. Sur le terre plein de la place de Suède, je fais volte face. Il attrape la bandoullière de l’appareil, m’étrangle en voulant extirper ce dernier. Puis comme il ne réussissait pas, il me tord le bras, ce qui a pour effet de me mettre au sol. Il arrache l’appareil et rentre tranquillement dans son café.
Téléphonant à la famille et à deux copains pour qu’ils me donnent le N° de téléphone du commissariat de Calais, le patron fait sa réapparition et jette mon appareil au sol. La pile vole.
Une voiture de police arrive. On contrôle mon identité, on me parle de mes activités de photographe des interventions policières contre les réfugiés. Je rappelle que la patron n’est pas CRS, qu’il n’a pas à m’insulter. Je demande à ce qu’ils recherchent mon appareil photo. Arrivent un copain et mon conjoint, ainsi qu’une deuxième voiture de police.
L’appareil me sera restitué, en très mauvais état. Le policier veut que je parte tandis que j’essaie de lui montrer la destruction. La carte ayant disparu, je réclame à nouveau une intervention pour la rechercher. On accepte sous la condition du droit du propriétaire à effacer la photo de son bâtiment. Je nie avoir photographié ce café. La carte est rendue.
Le propriétaire essaie de parler aimablement avec mon conjoint pour lui expliquer ce qui s’est produit. Mais devant son refus net, il commence à dire "je ne vais pas me laisser traiter de facho par une gamine, moi qui ai eu mes parents…" Je n’entends pas la suite, je le coupe et rappelle que je ne l’ai pas traité de facho. "je ne veux plus qu’elle passe sur mon trottoir !" dit-il. "je paie mes impôts pour ce trottoir, il m’appartient !" Mon conjoint rappelle que tout le monde paie les impôts pour ce trottoir.
Nous partons déposer plainte. Au commissariat, il est un peu question de mes actes "politiques" de photographie. Lorsque je veux leur prouver que l’appareil est inutilisable, tous les policiers refusent que je l’essaie dans leurs locaux…
Le propriétaire du Liverpool n’est pas un inconnu. L’année dernière, en juillet, alors que nous étions entrés dans son café à la recherche d’une chambre pour deux réfugiés africains avec statut, l’un vivant en Suède et l’autre en Norvège, le propriétaire nous avait poussés dehors, en nous parlant des polonais et des réfugiés. Il m’avait alors agressée pour me prendre l’appareil photo de l’époque. Les policiers qui étaient venus m’avaient découragée à déposer plainte à ce moment là.
De temps en temps, ce propriétaire m’insultait de l’intérieur de son café, lorsque je passais le soir, rejoindre le terrain du repas des réfugiés, proche de la place de Suède.
Les insultes sont en rapport avec mon activité politique auprès des réfugiés. Le café hôtel "Le Liverpool" est (ou était) fréquenté entre autre par des policiers.
Cette petite histoire d’agression est symbolique de la haine des personnes racistes envers les étrangers mais aussi les français. Que des personnes haineuses s’en prennent physiquement à des femmes militantes, c’est également symbolique de l’état de la France et de l’absence de protection contre cette sorte de personnes. Mes photographies des actes policiers, mes repérages de véhicules, sont des moyens de contrôler et repousser la police qui agit sous ordre politique. Une politique capitaliste répressive. J’ai le droit de m’y opposer sans arme, ni coups.
(La carte mémoire porte des marques de coupures. Elle est inutilisable mais nous avons réussi à extraire les fichiers d’où est tirée la photo du haut.)