lundi
13 février 2012
09h30 : APPEL AUX INDIGNé-E-S DES SUPPRESSIONS DE POSTES ET DE CLASSES DANS L’éDUCATION NATIONALE
mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
D’ici quelque temps j’enverrai des informations sur Mayotte
qui pourront contribuer à rendre plus précise l’idée - déjà assez
délabrée - qu’on peut se faire de la France quand on prend comme point de
départ le traitement qu’elle réserve aux populations immigrées.
Mayotte deviendra très probablement un département français vers 2010 - pour
l’instant c’est une collectivité départementale. Sous quelles conditions se
fera ce changement de statut ? Comment se fait un département
français aujourd’hui ?
Depuis la fin de l’année 2004 la situation se divise à peu près de la façon
suivante : aux citoyens les paroles, les déclarations qui font du racisme
anti-comorien le nom véritable de la fidélité à la république (ceci dans
tous les médias disponibles), l’esprit de géométrie déglingué qui pousse
ledit racisme à exiger que l’on expulse des postes qu’ils occupent les
comoriens de nationalité française, et que l’on tienne pour nuls tous les
permis de séjour / à la police nationale, aux miliciens municipaux, la
violence nue : l’incendie des cases de clandestins, les viols, les coups,
les rafles d’élèves aux arrêts de bus, l’exigence faite à ceux qui ne
peuvent être raflés de se procurer à la Grande Comore un visa (sorte de
graal dont la quête réussit peut-être si on est chevalier, qu’on a
beaucoup d’argent, et
qu’on croit en Dieu à la folie)…. tout cela dans un silence de mort. Le
nouveau préfet ne dit rien et aime à faire l’empereur de Chine dans sa
citadelle, les CRS faisant office d’eunuques, tous les agents de
l’Etat ayant versé dans le mandarinat.
Auparavant le partage était inverse : aux citoyens la violence (incendie,
viols, coups) à l’Etat les déclarations (les discours fracassants du préfet
etc. suivis quand même de rafles etc.).
Entre les deux les élus locaux qui poussent à la création de lois sur
l’immigration spécifiques à Mayotte. Et qui y arrivent au coup par coup.
Il a été extrêmement difficile de recueillir des témoignages de clandestins.
Et ceux qui ont consenti à raconter ce qui leur arrive n’ont naturellement
pas la moindre confiance dans le droit français. En fait de droit, on
se retrouve plutôt sur les extrêmités de moins en moins juridiques du
pouvoir (comme dit un auteur français célèbre qui se donne pour
consigne, entre autre, de le saisir là plutôt que dans ses formes
réglées et légitimes, qui ne sont pas mal non plus).
Mais nous les avons désormais et nous les divulguerons aussitôt
que le tout aura atteint la précision nécessaire.
On s’en tient là pour le moment -. J’ai écrit ceci à la suite de ce
qui s’est passé la nuit
dernière : après avoir traversé une mer démontée en canot dans des
conditions ignobles, Oussounati a été arrêtée (avec trois autres personnes) par
des policiers sur une route du sud, on lui a dit que pour rester il fallait
qu’elle se donne au personnel de la fourgonette - elle a réussi à se jeter
dans la forêt et est arrivée en sang dans le village où je me trouve vers
3h00
Mon ami Bacar me dit : "Pourquoi est-ce que tu écris ça ? tu fais
comme si les gens ne savais pas dans quel pays ils vivent"
Alors je ne sais pas, peut-être qu’ils ne savent pas vraiment dans
quelle sorte de pays ils vont finir par vivre, ceux qui le peuvent.
Ils pourraient mieux le voir s’ils avaient par exemple le Soudan à
une nuit de barque des côtes françaises. Ils ne savent pas que cela
ils l’ont déjà… d’où dans le silence, dans la nuit des petites îles
la terreur sans la vertu.