Le 3 juin, la direction de la filature annonce le licenciement de 9 salariés, s’ensuit une lutte pendant l’été entre les travailleurs et la direction, notamment quant aux modalités de reclassement (cf. contributions précédemment postées sur le site indymedia Lille). En septembre, la direction de VRAU annonce un nouveau plan social comprenant cette fois 36 licenciements secs.
Le 28 septembre, les salariés décident de se placer sous la protection de la Direction Départementale du Travail
Le premier octobre, lors du Comité d’Entreprise extraordinaire, les livres 3 et 4 du plan social sont ouverts. Le livre 3 concerne les critères de la procédure de licenciement (selon l’âge, l’ancienneté dans l’entreprise...) plus un critère de localisation, par rapport aux ateliers occupés dans la filature. Il se trouve que selon ces critères et même si la liste des personnes concernées par le plan de licenciement ne devrait être connue qu’aux alentours du 15 octobre, la grande majorité de ces personnes sont adhérentes ou sympathisantes CGT, FO étant majoritaire dans l’entreprise. Le livre 4 traite de la situation économique de l’entreprise, il souligne les difficultés financières et la nécessité de trouver une trésorerie pour sauver l’entreprise. L’option choisie par la direction est d’alléger la masse salariale en agissant sur les bas salaires. Le recours à une expertise comptable afin de vérifier la véracité des chiffres communiqués lors de ce CE est refusé par la majorité (notamment FO Vrau). Le PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) est finalement adopté à 3 voix contre 1, la CGT ayant voté contre. Ce plan prévoit donc 36 licenciements secs et l’accès au PARE, soit le minimum légal en matière de licenciement économique.
Afin de lutter contre cet accord, des salariés se mobilisent et la semaine est marquée par de multiples débrayages. La grève est décidée le 4 octobre. Le lendemain, l’usine est bloquée et occupée jour et nuit. Les salariés qui le désirent peuvent travailler mais les grévistes ne laissent entrer ni sortir aucuns matériaux.
Le 7 octobre, un CE est convoqué en urgence, suite à ce mouvement de grève et au blocage du site. Il y est décidé le paiement des heures de grève et l’absence de toutes poursuites judiciaires et pénales envers les grévistes pour tout ce qui est antérieur au 7 octobre. Au niveau du PSE, la formation rémunérée est portée de deux à douze mois, financée pour moitié par l’Etat, pour l’autre moitié par la région et par l’entreprise Vrau, et les licenciements sont requalifiés en "suspension contrat de travail". En échange, les grévistes acceptent le déblocage du site.
Le 7 octobre au soir, le tribunal de commerce de Lille se prononce sur la poursuite du redressement judiciaire jusqu’au 25 novembre. Le tribunal décide de maintenir l’activité dans les autres sites Vrau sous surveillance judiciaire. Aucune autre mesure (telle que liquidation, suspension de contrat de travail...) n’est décidée sur les autres sites.
Le 11 octobre, un CE se tient concernant le reclassement des travailleurs licenciés. La situation est encore loin d’être calmée, la liste des personnes touchées par les licenciements doit être connue dans la semaine et les modalités sur le reclassement et la formation ne sont pas encore réglées, la lutte continue !
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