Informations locales
Communiqué du copwatch nord-idf : a l’attention de manuel valls publié le 17 mai 2012 dernier commentaire le 21 mai 2012 à 13h13
Nakba, on combat ! publié le 14 mai 2012
18 prisonniers en grève de la faim au cra de coquelles publié le 21 avril 2012 dernier commentaire le 22 avril 2012 à 07h40
A propos d’une conférence à lille 2 - "l’europe face à la menace terroriste" publié le 16 avril 2012 dernier commentaire le 25 avril 2012 à 19h07
Zapzalap en campagne anti-électorale publié le 10 avril 2012 dernier commentaire le 12 avril 2012 à 10h53
Homo mediaticus

HOMO MEDIATICUS
Misère du spectacle/spectacle de la misère

Deux semaines de bombardements médiatiques massifs, avec même quelques séances de « frappes chirurgicales » … « à vot’e bon cœur messieurs-dames, voici le CCP ».
Pensez donc, une catastrophe naturelle à l’échelle mondiale en pleine « trêve des confiseurs »… du pain béni, c’est le cas de le dire vu la période, pour les médias.

La vague du raz de marée n’a d’équivalent que la vague médiatique qui a déferlé sur nos ondes et dans nos journaux et qui n’en fini pas de faire des clapotis dans les recoins de notre (mauvaise) conscience.

Les médias se sont emparés de ce tragique évènement avec une avidité déconcertante, jonglant avec les mauvaises et les bonnes nouvelles, jonglant avec les chiffres des morts, des blessés, des disparus, des rescapés, des vrais-faux sinistrés. Ils ont tenu en haleine un public fasciné par l’énormité de la chose… ce qui ne l’a tout de même pas détourné des huîtres et du foie gras… du moins en France.

UNE MONDIALISATION DU CATASTROPHISME

C’est avec une constance morbide que les médias se sont vautrés, et n’en finissent pas de se vautrer dans la catastrophe. Durant des centaines d’heures, occupants la quasi totalité des bulletins d’informations et autres journaux télévisés, le long défilé des images de mort nous a harcelé jusque sur notre table, jusqu’au pied de nos lits… impossible d’ouvrir la moindre feuille de choux sans tomber nez à nez avec des corps boursouflés et autres témoignages « inédits et exceptionnels ».

Une lutte effrénée s’est engagée entre les agences de presse et les grands médias pour vendre de l’information à tout prix… faisant dans la surenchère du sordide, du spectaculaire et du sanglant.

Il faut dire que pour une fois que « personne n’était responsable » (mis à part les carences dans la prévision), on pouvait y aller sans retenu. En effet a-t-on fait autant de vacarme pour les 800 000 morts (5 fois plus) du génocide Rwandais, ou les victimes (jamais décontées) de l’atroce guerre de Tchétchénie… pour ne citer que ces deux conflits… Il y a manifestement des morts respectables et d’autres qui ne le sont pas. Il faut dire que dans ces deux cas il n’y avait et il n’y a pas de touristes.

Entre les « miraculés », les devins, les chanceux, celles ou ceux qui ont eu des rêves prémonitoires ou qui avaient perdu leurs billets d’avions nous n’avons eu que le choix pour faire fonctionner au maximum notre imagination et/ou nos fantasmes… Certains ne s’en sont pas privés. De quoi alimenter nos inconscients pendant plusieurs mois, de même que les écrans de télévision et donc les recettes publicitaires… car bien entendu, comme dirait TF1, l’information s’est faite entre deux plages (elles non sinistrées) publicitaires.

A combien se sont négociées auprès des grandes chaînes de télé les petites séquences d’amateurs qui ont eu la chance historique (« j’y étais moi Monsieur ! ») d’être là au bon moment avec leur vidéo prête à fonctionner. .. transformant en l’espace de quelques seconde leur ridicule instrument en lingot d’or ?

Que peut-il se passer dans la tête de celles et ceux qui livrent en spectacle leur angoisse dans un hall d’aéroport dialoguant avec un journaliste qui joue plus ou moins le psychologue et guette, l’œil gourmand, la défaillance qui fera d’un simple reportage un « scoop-psy-grave »… « refais moi ça coco … ça passe un max ! ». Plus la situation du témoin est dramatique, mieux réussie est la séquence : la catastrophe comme si vous y étiez, la mort livrée dans votre salon par porteur spécial… il ne manque plus que l’odeur… mais patiente, on y travaille !

Nous avions l’habitude du spectacle de la misère, nous avons eu droit, quasiment en direct, au spectacle de la mort… on n’arrête pas le progrès.

LA SUBLIMATION DE L’HORREUR

Partir d’un certain degrés, l’horreur devient acceptable, montrable, donc exploitable. Remarquez qu’il n’y a jamais eu une image « floutée » dans les reportages… les morts étaient socialement et politiquement propres… bref « télévisuellement corrects ».

L’horreur est acceptable quand elle n’est pas sociale, ou du moins quand son origine n’est ni politique, ni sociale. La « fatalité » étant la chose du monde dont le partage échappe à l’action humaine, elle dédouane les hommes de ses raisons… il est permis à Dieu d’avoir des absences, quand ce n’est pas une manière pour lui de faire de la pédagogie aux humains. Les voies du Seigneur (saigneur ?) sont impénétrables, tout le monde sait ça !

Mais l’horreur doit rester horrible pour continuer à faire ses effets. Le risque, en matière d’info, c’est que la tension du spectateur se relâche, retombe, soit par lassitude, soit parce que petit à petit, la situation tend à se normaliser ?. Alors il faut relancer dare dare… surtout lorsqu’on n’a pas grand-chose à se « mettre sous la dent » : une banale explosion d’immeuble par le gaz (pas même un attentat, c’est dire !), des salariés virés de leur entreprise (quelle banalité !), pas même une naissance princière ou un match de foot d’ « anthologie » (comme disent les fans !)… que du menu fretin.

Tout l’espoir réside dans les « répliques »… faudrait qu’elles se manifestent parce que ce coup ci toutes les caméras du monde sont prêtes… un bonne réplique bien médiatisée et l’on fait médiatiquement un malheur…. « Pousse toi de là j’y étais le premier… non mais ! »

A défaut de « répliques », il a fallu trouver autre chose. Asie du Sud Est, tourisme, enfants abandonnés… Ca y est on a trouve : trafic d’enfants et pédophilie… Ca c’est un filon… Allons donc pour les trafics d’enfants… et c’est parti pour un tour. Mort, sang,…. Il ne manquait plus que le sexe. Ce coup-ci le tiercé gagnant est au rendez vous… et c’est reparti. A vomir.

Fallait-il informer sur la catastrophe ? Evidemment. Mais ce à quoi nous assistons n’est plus de l’info, c’est du matraquage. Qu’il y ait une information sur les victimes, sur l’évolution de la situation,…. qu’il y ait même une émission spéciale sur le sujet, soit, mais quel sens a cette surenchère sinon d’être une mécanique incontrôlable guidée par le sensationnalisme motivé par la course à l’audimat. Parce ce que ce qu’il y a finalement derrière toute cette dérive c’est l’argent, celui que rapporte la publicité orientée par les statistiques de l’audimat.

Le service public n’a pas eu plus de retenu que le privé

Au fait, c’est quoi et quand la prochaine catastrophe ?

Patrick MIGNARD


Article publié le 7 janvier 2005  Auteur : Patrick MIGNARD
www.indymedia.org
africa
Ambazonia Canarias estrecho / madiaq Kenya Nigeria South Africa
canada
London, Ontario Maritimes Montreal Ontario Ottawa Quebec Thunder Bay Vancouver Victoria Windsor
east asia
burma Jakarta Japan Korea Manila QC Saint-Petersburg
europe
Abruzzo Alacant Andorra Antwerpen Armenia Athens Austria Barcelona Belarus Belgium belgrade Bristol Brussels Bulgaria Calabria Croatia Cyprus emilia-romagna estrecho / madiaq Euskal Herria Galiza Germany grenoble Hungary Ireland Istanbul Italy La Plana Liege liguria Lille linksunten lombardia London Madrid Malta Marseille Nantes Napoli Netherlands Nice Northern England Norway Nottingham Oost-Vlaanderen Paris/Île-de-France Patras Piemonte Poland Portugal Roma Romania Russia Sardegna Scotland Sverige Switzerland Torun Toscana Toulouse Ukraine United Kingdom Valencia
latin america
Argentina Bolivia Chiapas Chile Chile Sur CMI Brasil CMI Sucre Colombia Ecuador Mexico Peru Puerto Rico Qollasuyu Rosario santiago Tijuana Uruguay Valparaiso Venezuela
oceania
Aotearoa Brisbane burma darwin Jakarta Manila Melbourne Perth QC Sydney
south asia
India Mumbai
united states
Arizona Arkansas Asheville Atlanta Austin Austin Indymedia Baltimore Big Muddy Binghamton Boston Buffalo Charlottesville Chicago Cleveland Colorado Columbus DC Hawaii Houston Hudson Mohawk Kansas City LA Madison Maine Miami Michigan Milwaukee Minneapolis/St. Paul New Hampshire New Jersey New Mexico New Orleans North Carolina North Texas NYC Oklahoma Philadelphia Pittsburgh Portland Richmond Rochester Rogue Valley Saint Louis San Diego San Francisco San Francisco Bay Area Santa Barbara Santa Cruz, CA Sarasota Seattle Tampa Bay Tennessee Urbana-Champaign Vermont Western Mass Worcester
west asia
Armenia Beirut Israel Palestine
process
FBI/Legal Updates Mailing Lists Process & IMC Docs Tech Volunteer
projects
Print Radio Satellite TV Video
regions
United States
topics
Biotech

copyleft Copyleft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

SyndicationSyndication |  Site réalisé avec spip 2.0.10 [14698] |  Version du squelette 4.0