lundi
13 février 2012
09h30 : APPEL AUX INDIGNé-E-S DES SUPPRESSIONS DE POSTES ET DE CLASSES DANS L’éDUCATION NATIONALE
mercredi
15 février 2012
19h00 : Apéro Brique : Le sport à la moulinette de la critique sociale
jeudi
16 février 2012
18h30 : "Pour une démocratie réelle maintenant" ? Non, tout le pouvoir aux exploités !
vendredi
24 février 2012
19h00 : Les Sentiers de l’utopie
Le 14 janvier de cette année le groupe Mandiyứ - de petits producteurs laitiers – ont occupé le champ Colonia Eduardo Acevedo de 388 hectares à Bella Unión, au nord de l’Uruguay. C’est la deuxième occupation dans le pays. Cela fait un an, qu’un autre groupe de « peludos »1 occupe 32 hectares de terre laissée à l’abandon depuis dix ans.
Bella Unión, situé dans le département d’Artigas, est une des zones les plus pauvres d’Uruguay. A la frontière du Brésil, la région est caractérisée par l’élevage extensif et l’agriculture. Le chômage est élevé est le travail qui existe est en général mal payé. De plus, dans le passé, la région attirait beaucoup de monde qui venait gagner leur vie comme « peludo ». Ainsi appelle-on les travailleurs saisonniers qui récoltent la canne à sucre.
L’Uruguay n’échappe pas à la réalité latino américaine. La terre est répartie de façon très inégale et l’éternelle promesse de réforme agraire n’a pas été mise en œuvre. 75% des terres appartiennent à moins de 8 000 personnes et entreprises. L’institut national de la Colonisation (INC)1 gère quelques 500 000 hectares, soit 3% de la superficie du pays.
Depuis plus d’un an, l’INC a autorisé le groupe Mandiyú à faire paître ses vaches dans des prés lui appartenant, en échange d’un fermage. L’autorisation était précaire et sans aucune sécurité juridique.
En décembre 2006, le dernier contrat n’a pas été renouvelé. Les petits éleveurs ont été désemparés car ils devaient s’attendre à n’importe quel moment à l’ordre d’évacuer leurs troupeaux. Ils ont appris qu’un autre champ de 600 hectares situé dans le même département avait été attribué à une personne fortunée qui n’avait pas besoin de l’aide de l’INC. Ils n’ont pas eu d’autres choix que de se déclarer « occupant » du pré pour pouvoir éviter une expulsion future.

Aujourd’hui, une fois encore, les travailleurs ruraux et les petits producteurs cherchent un appui local et une solidarité internationale pour freiner la procédure d’expulsion car la décision d’occuper des terres n’est pas le résultat seulement d’une position politique et idéologique mais aussi de la nécessité première d’alimenter leur famille, de vivre une vie digne en autogestion. Comme le premier communiqué le disait : « nous ne demandons pas une faveur, nous exigeons que soit respecté notre droit au travail » car c’est « notre dernier et presque désespéré effort pour continuer à vivre de la terre à la campagne ».
Plusieurs organisations et collectifs ont soutenu les deux occupations successives : movimento Sem Terra du Brésil et le MOCASE de Santiago del Estero d’Argentine. Les camarades brésiliens sont venus visiter la première occupation. Ils partagèrent leurs expériences et apportèrent des graines. Le 22 janvier, lors du septième forum social mondial à Nairobi (Kenya), des organisations telles que Voie paysanne et Les amis de la Terre ont exprimé leur solidarité avec la lutte du mouvement des occupants de terre d’Uruguay.
Pendant que le gouvernement vante ses mérites à travers le slogan « Pour un pays productif et avec la justice sociale », les travailleurs le mettent réellement en pratique. Ils défendent le droit au travail et à une vie digne pour ne pas terminer comme de nombreux uruguayens dans des bidonvilles et logements précaires à la périphérie de la capitale. Les occupants sont fatigués des promesses non tenues de réforme agraire, de distribution juste de la terre et pour cela, ils ont décidé de s’en charger eux-mêmes et de prendre le droit légitime de vivre de la terre qu’ils travaillent.
1. Le sens premier de ce terme est « poilu ». Il s’agit ici du nom donné aux travailleurs saisonniers dans les champs de canne à sucre en référence à leur aspect physique : barbus et chevelus. NDT
2. Cet institut gère les terres de l’Etat. Il faut entendre « colonisation » non dans le sens d’une domination politique mais dans celle de mise en valeur de terres non occupées. NTD
http://www.ocupacionxtierra.org/
http://caxtierra.blogia.com/
Pour aider leur lutte, vous pouvez envoyer une lettre aux autorités uruguayennes.
Vous pouvez utiliser le formulaire en ligne qui permet l’envoi automatique d’une lettre type adressée aux principales autorités Formulario automático