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COMPTE-RENDU DES DOCTEURS CHRISTOPHE OBERLIN ET CHRISTOPHE DENANTES DE RETOUR DE GAZA

Publié le 11-07-2007

Le Pr Christophe Oberlin et le Dr Christophe Denantes viennent d’effectuer, avec le Dr Olivier Mares et l’infirmière Faouzia Yagoubi, une nouvelle mission chirurgicale (diagnostic, opérations, enseignement) à Gaza entre le 1er et le 8 juillet, à l’Hôpital Nasser de Khan Younes.

Cette mission était prise en charge par l’association Palestinian Children Relief Fund.

Ils ont assisté le Dr Mohamed Rantissi, spécialisé en reconstruction chirurgicale, qui effectue désormais une centaine d’interventions chirurgicales par an, et le Pr. Oberlin a dispensé 17 H de cours sur la chirurgie de la main à des étudiants palestiniens.

Ils ont également eu l’occasion de rencontrer différents responsables au cours de leur séjour, parmi lesquels le Premier ministre Ismael Hanyeh, le Vice-Président du Parlement, Ahmed Baher, et le ministre de la santé, le Dr Bassaine Naheen.

Ils ont rendu visite au caméraman palestinien Imhad Ghanem, amputé des deux jambes à l’hôpital Shifa, après avoir été mitraillé par des soldats israéliens alors qu’il était à terre.
Ils nous livrent ci-dessous leurs observations, qui diffèrent sensiblement de ce qui est rapporté dans les médias.

Le passage d’Erez, à l’entrée nord de la bande de Gaza, constitue le prototype de l’architecture évolutive. Pour y être passés une douzaine de fois, les modifications avec force de béton, acier, fils de fer, verre blindé, constituent une surprise renouvelée à chaque passage. Que d’inventivité dans ces tourniquets, portes ouvrantes ou coulissantes, sous le regard omniprésent des caméras et sous la dictée des hauts parleurs. Cette fois ci, ils ont fait fort : un énorme bâtiment, genre hall d’aérogare, fraîchement climatisé, éblouissant d’éclairages. A ceci près qu’il est vide, malgré la dizaine de guichets, ressemblant chacun à une sorte de fourgon blindé. Les préposés qui les habitent sont les habituelles jeunes filles post adolescentes qui plaisantent entre elles comme toutes les jeunes filles du monde. Sauf que certaines savent à peine lire les caractères latins de nos pièces d’identité, et ne font manifestement pas la différence entre un nom et un prénom occidental. Sauf qu’elles aboient peu élégamment dans les micros, nous interdisant de nous asseoir à tel endroit, comme de sortir un cahier pour y écrire : « il est défendu d’écrire ». Peut-on parler ? demande l’un d’entre nous. Oui, réponse à regret. Note de faciès ou d’origine, notre infirmière au nom magrébin sera bloquée 48h par ces charmantes jeunes filles.

L’équipe, privée de son infirmière, finit par passer : on jette alors avec nous dans le labyrinthe de sas, portes blindées (plusieurs centaines de mètres), un Palestinien dont on enlève au dernier moment les menottes, sous la menace de deux fusils israéliens : l’homme, docile, émet quelques sons : c’est un sourd muet, expulsé dans la bande de Gaza.

Au sortir du labyrinthe, les cahutes qui faisaient office de poste d’entrée en territoire palestinien ont disparu, totalement rasées, tandis que la route a été détruite sur plusieurs centaines de mètres. Nous escaladons les décombres dans la nuit, guidés au loin par la loupiote du taxi qui nous attend.

Pendant notre semaine de travail, opérations chirurgicales et cours de chirurgie, examen de microchirurgie, pas un coup de feu. Un silence ici rare, et même exceptionnel . Les rues sont pleines, les bords de mer accessibles. Les écoles y pique-niquent, des cabanons sont ouverts au bord de la plage . Des enfants sortent de l’eau pour nous saluer.

Pas de survols ni de tirs nocturnes, on dort, la pression est faible. On dîne les uns chez les autres. Nous rendons visite à notre ami, dont le fils de 20 ans, Amer, a été assassiné il y a 3 semaines. Sa fille de onze ans ne le quitte pas une seconde.

Notre travail, depuis cinq ans maintenant, est apprécié de tous. On nous le fait savoir. Certains traversent la rue pour nous serrer la main.

Les discours de remerciement n’en finissent plus lors des réceptions chez les notables. Cette fois ci, c’est le premier ministre lui-même qui nous reçoit, accompagné du vice président du parlement (le président, comme 43 députés, est dans les prisons israéliennes).

Des messages très clairs nous sont adressés : les étrangers, notamment les humanitaires, sont les bienvenus, et leur sécurité est désormais assurée. Le gouvernement entend respecter strictement sa constitution et ses lois : le parlement est empêché se siéger, et personne ne peut se substituer à lui.

Il ne doit pas y avoir de rupture entre Gaza et la Cisjordanie, en tous cas par les Palestiniens, et le conflit avec le président doit trouver une solution négociée. Certains documents saisis doivent y aider. « Abou Mazen est dans un arbre que nous secouons et il ne va pas tarder à tomber » !

Pendant l’entretien nous assistons à la télévision au spectacle navrant du cameraman de la télévision palestinienne objet de tirs répétés, appuyés, d’un soldat israélien, alors qu’il est à terre, sa caméra a roulé loin de lui. Les secours sont bloqués par l’armée israélienne. Cette scène, habituelle, est cette fois ci filmée : l’opinion saura-t-elle s’en émouvoir ? Nous rendrons visite au blessé, dans son lit d’hôpital, amputé des deux jambes. 23 ans, il avait trouvé ce job depuis 5 mois.

Nous arrivons à Gaza après une période de violence aigue entre policiers « Fatah » et « Hamas ». Nous avions été témoins de ces affrontements il y a quelques mois. Le paroxysme a été atteint Il y a quelques semaines. Nos interlocuteurs nous expliquent que 3 jeunes sympathisants du Hamas ont été kidnappés par les « policiers Fatah » et assassinés. On nous montre un poste militaire protégé par des blocs de béton et des sacs de sable installés dans un quartier ou vivaient des sympathisants adverses. Ce poste a été conquis par le Hamas.

Le blindé, dont on peut se demander comment il a pu être introduit, sinon avec l’aide des Israéliens, soulignent nos accompagnateurs, est toujours là, mais totalement détruit. Le bastion conquis par le Hamas a été, nous dit-on, bombardé dans les heures qui ont suivi par un avion israélien. Nous voyons les différents postes des « policiers Fatah », en voie de démantèlement. Des documents compromettants pour l’autorité palestinienne auraient été trouvés. Ils sont actuellement « classifiés », et seront utilisés le moment venu.

On nous parle de l’avenir proche. Des salaires seront versés. Effectivement, le lendemain les employés de l’hôpital recevront leur salaire. Avec toujours un arriéré de quinze mois pour certains. La nourriture est toujours là. Israël —en fait des agriculteurs et commerciaux privés— s’emploie à écouler ses produits dans la bande de Gaza. Les Palestiniens ont négocié « le blé d’abord », les primeurs ensuite. Il y a toujours de l’essence et de l’électricité.

Le journaliste anglais est libéré, satisfaction visible sur tous les visages. Le même jour, notre infirmière est « libérée par les Israéliens » : on plaisante …

Rumeur inquiétante : Israël imposerait le passage des Palestiniens non plus à Rafah, sous supervision européenne, les Israéliens visualisant seulement à distance les documents des voyageurs, mais à Kerem Shalom, en territoire israélien. En contradiction complète avec les accords signés lors de l’évacuation des colonies de Gaza. On nous dit que 6 000 palestiniens attendraient en Egypte de pouvoir rentrer à Gaza. 2 000 seraient susceptibles d’être arrêtes par les Israéliens. Eventualité inenvisageable : on parle d’une ouverture du passage de Rafah par la force. Avec quelles conséquences ?

Christophe Oberlin et Christophe Denantes

http://europalestine.com/article.ph…


Article publié le 15 juillet 2007
Commentaires
  • Un certain nombre des délégués présents à la "Conférence de Jérusalem" consacrée au Futur du Peuple Juif (organisée par le JPPI - Institut pour un projet politique pour le futur du peuple juif) ont eu la surprise de découvrir que la paix entre Israéliens et Palestiniens n’était pas au programme, rapporte Haaretz.

    A l’ordre du jour : les moyens de combattre l’antisémitisme, l’assimilation, et la possible perte de majorité juive en Israël, indique le quotidien israélien.

    Mais la paix n’était apparemment pas au programme, pas plus à court qu’à moyen terme, s’est étonné René Shmuel Sirat, ancien grand rabbin de France.

    « J’ai failli exploser, a-t-il indiqué. Serait-ce que le mot paix est devenu grossier chez les Juifs ? Comment voulez-vous préparer le futur de la nation juive sans évoquer le problème de la paix ?". "Sans paix le peuple juif n’a aucun futur » a déclaré Sirat au Ha’aretz. « Il est inacceptable que la paix ne fasse pas partie des projets pour le futur du Peuple juif".

    Il a rappelé que lors d’un récent voyage en Jordanie, dans un camp de réfugiés palestiniens : « J’ai dit aux jeunes Palestiniens que de l’autre coté du Jourdain il y a des centaines de milliers de jeunes gens qui voudraient bien faire la paix avec eux, et j’ai été applaudi"

    Shmuel Sirat avait-il menti ou bien ces milliers de jeunes israéliens en question comptent-ils pour du beurre ?

    Source : Haaretz 12 juillet

    (Traduit par Carole Sandrel)

    http://europalestine.com/article.ph…

  • Aveugles et contents de l’être 16 juillet 2007 13:37

    Les Français en visite dans les "territoires" ont souvent une étrange propension à l’unilatéralisme. Anti-israélien évidemment.

    Arriver à comparer un guichet à un fourgon blindé, c’est déjà en soi révélateur. On s’étonne qu’un tel lieu (le point de passage d’Erez) soit climatisé.

    Pour le reste, la "seule violence est israélienne", oui, si on évite soigneusement tout contact avec la violence lorsqu’elle n’est pas israélienne.

    Comme par exemple les habitants de Sdérot, qui pendant le long séjour de nos Tintin et Haddock se sont pris nombre de roquettes sur la gueule, roquettes lancées par le Jihad Islamique et le hamas, depuis la Bande. Mais les victimes juives n’intéressent pas nos humanistes en mission.

    Ils auraient pu en profiter aussi pour demander à Haniyeh l’adresse de la cave où depuis un an Gilad Shalit est retenu (il ne s’agit pas d’une prison avec télé et 3 repas par jour, vêtements propres régulièrement fournis, etc, une aide humanitaire aurait donc pu se justifier, ils n’y ont pas pensé, quelle distraction).

    En bons militants "pour une paix juste", ils ont fait leur job : apporter leur pierre afin de nourrir la haine anti-israélienne, y compris envers les charmantes post-adolescentes décrites au début de ce devoir de vacances très particulier. Et avez-vous remarqué ? les affrontements hamas-fatah sont décrits par l’assassinat de hamas-men par des fatah-men, pas un mot sur les situations inverses, ah c’est un métier, la propagande !

    PS : puisque les infirmières victimes de "chasse au faciès" les intéressent, on leur suggère un séjour en Lybie, ou plusieurs infirmières sont actuellement condamnées à mort pour un motif bidon et vont sans doute voir leur peine commuée en prison à vie (en échange d’un beau paquet de biftons fournis par des Européens). C’est un poil plus grave qu’un contrôle d’identité poussé. Mais comme aucun Juif israélien n’est impliqué dans cette affaire lybienne, ça n’intéressera peut-être pas les toubibs-militants.

  • pour 13:37 : Le titre de l’article est mauvais, mais les auteurs ont choisi de témoigner de leur action en palestine et de la violence israélienne, telle qu’ils l’ont vue eux-même à gaza. Pas de la lybie, des tireurs de roquettes ou de personnes auxquelles ils n’ont pas eu accès.

  • Les comparaisons célèbres 16 juillet 2007 22:59

    “Arriver à comparer un guichet à un fourgon blindé, c’est déjà en soi révélateur.”

    Voici les “guichets” derrière lesquels les sionistes enferment un peuple. Arriver à les justifier sans mourir de honte est “déjà en soi révélateur” :

    Ce qu’aucun Israélien ne connaîtra jamais, pas même à Sderot

    Pour dénoncer cette monstruosité, il s’est trouvé des gens courageux, non pas des Arabes intégristes et antisémites, ni des militants occidentaux endoctrinés sous la bannière “pour une paix juste”, mais bel et bien des Israéliens juifs et humains.

    Résistance à la barbarie

    Le 19 janvier, nous, un groupe de Juifs préoccupés, avons peint l’infâme slogan nazi « Arbeit macht frei » (« Le travail libère ») sur un panneau placé par les autorités israéliennes d’occupation au barrage de Qalandiya et qui déclare : « Notre espoir à tous ».

    Le panneau « Notre espoir à tous » et le nouveau terminal de Ramallah ont été inaugurés le 20 décembre 2005. Le nouveau terminal est aménagé de manière à ce qu’il n’y ait pas de contact physique entre les soldats et les Palestiniens. Les soldats hurlent dans les haut-parleurs des ordres aux Palestiniens pendant que ceux-ci sont amenés à passer par une série de barrières électroniques et de tourniquets. Le nouveau terminal matérialise l’occupation dans sa forme désaffectée, d’une cruauté bureaucratique. Il est placé entre un territoire palestinien et un autre et il est, sur ses deux côtés, flanqué de la barrière d’annexion qui transforme effectivement Ramallah en ghetto.

    « Arbeit macht frei », ces mots étaient écrits à l’entrée d’Auschwitz et d’autres camps de concentration nazis. En les peignant à la bombe sur ce panneau, nous ne cherchions pas à faire entendre que Ramallah était Auschwitz. Nous voulions par contre pointer le fait qu’il y a beaucoup de parallèles troublants entre les tactiques employées par l’occupation et celles employées par les nazis. Par exemple, cette tentative d’enjoliver des institutions déshumanisantes par le biais de phrases creuses comme « Notre espoir à tous » et « Arbeit macht frei ». Nous croyons qu’il est important de prendre en compte ces parallèles troublants comme des signaux d’alarme pour qu’un autre génocide n’ait plus jamais lieu, à l’encontre d’aucun peuple. Nous avions rédigé une note expliquant notre action en arabe et en anglais et l’avons distribuée aux gens pendant que nous peignions sur le panneau. Nous l’avons également collée à côté du slogan. […]

    Jews Against Genocide (J.A.G.)

    http://www.europalestine.com/articl…

  • Le commentaire ci-dessus colporte un scandaleux amalgame, un de plus, "Israël = Allemagne nazie". C’est à vomir. Que ce soit le fait d’une poignée de "juifs préoccupés", avidemment relayés par nos anti-"sionistes" hexagonaux, n’y change rien.

    21h04, le titre est mauvais ? Il traduit pourtant très bien le contenu de l’article, entièrement hostile aux Israéliens, et qui parvient même à critiquer le fatah (les toubibs savent visiblement à qui il faut faire allégeance dans la Bande de Gaza). Ce n’est pas un "témoignage", c’est de la propagande pure et simple, sans même un léger vernis pour enrober la chose.

    J’ajoute que les roquettes tirées sur le Negev le sont depuis Gaza, donc depuis leur "terrain d’action". Leurs contacts avec les dirigeants du hamas (Haniyeh par exemple) démontre une chose : ils ont de bons contacts, ils ont des yeux et des oreilles, mais ils "témoignent" uniquement de ce qui apporte de l’eau au moulin de leurs haines.

    Un commentaire plus haut, d’une bêtise crasse, fait un amalgame (un de plus un de moins…) entre la critique de l’orientation idéologique anti-israélienne flagrante des "bons docteurs" et le fait de s’opposer à une aide médicale pour les Arabes palestiniens. C’est évidemment faux, comme une simple lecture du commentaire à 13h37 suffit pour s’en rendre compte : c’est bien la contribution à l’hystérie haineuse anti-israélienne que je visais, et non pas l’aide médicale.

  • Source Haaretz (articles très récents) :

    "Palestinian human rights groups called for an investigation on Monday into the deaths of at least two Palestinians who they said were illegally detained and tortured by Hamas in the Gaza Strip" (…) "Last Tuesday, a 31-year-old man suspected of collaborating with Israel died in Gaza’s central prison, operated by Hamas. The prison said the man died of heart failure, but a hospital report said he was strangled"

    Résumé : des groupes humanitaires palestiniens s’inquiètent de cas de tortures et morts suspectes commises par des miliciens du hamas. Outre les extraits ci-dessus, l’article recense plusieurs cas, dont le cas d’un homme auxquels on a enfoncé des clous dans les jambes, pendant qu’il était sous "la garde" du hamas.

    Autre info, un Gazaoui a été arrêté récemment car suspecté d’avoir participé au meurtre d’une femme enceinte et de 4 enfants de 2 à 11 ans qui circulaient dans une voiture (c’est-à-dire un véhicule civil), qui avaient été mitraillés en 2004 par des assassins déguisés en vendeurs de légumes.

    C’est ce genre de meurtres que le poste d’Erez a pour mission d’éviter, ou encore l’infiltration de porteurs de ceintures explosives en territoires israélien. Le poste d’Erez est certainement peu attrayant à voir, ou intimidant, mais a) c’est un point de contrôle, pas un abattoir et b) sa présence sauve des vies.

  • Dire que "les sionistes" classent les peuples en "inférieurs" et "supérieurs" est infondé. Les commentaires qui font l’amalgame entre le sionisme et les théories sur les races sont effacés.

  • Néocon et fier de l’être 18 juillet 2007 02:13

    On ne se lassera pas d’admirer l’étrange propension de certaines personnes à établir les comparaisons les plus indécentes pour justifier ce qu’on arrive à faire endurer à des êtres humains.

    Déjà, c’est à peine supportable dans les médias du pouvoir, alors imaginons dans les médias alter !

    Notre Docteur généraliste ne supporte pas que des chirurgiens aillent aider les victimes d’une des occupations les plus féroces de l’Histoire, alors il ose ressortir les clichés de propagande que même ses amis avaient fini par mettre en sourdine.

    On peut en effet traiter d’unilatéralisme le fait de ne pas mettre sur le même plan les 2 morts de Sderot et les 700 morts de Gaza pendant la même année. Et le fait de ne pas oser comparer la vie des habitants de Sderot et celle de millions de Palestiniens enfermés et sous embargo total pour avoir mal voté et parce qu’il y a des résistants parmi eux.

    Unilatéralisme aussi de se préoccuper d’abord des 11000 otages palestiniens de l’Etat raciste que du seul otage israélien.

    Ces chiffres nous donnent à peu près l’échelle de valeur selon laquelle les sionistes classent les peuples. Et 1 pour 11000, c’est même trop selon eux, vu les représailles démesurées contre l’ensemble de la population civile.

    On croyait que le système des otages et des représailles contre les civils pour décourager la résistance était l’apanage des pires dictatures et qu’il avait disparu dans les poubelles de l’Histoire. On se trompait, il a refleuri dans les “démocraties”.

  • “Le commentaire ci-dessus colporte un scandaleux amalgame, un de plus, "Israël = Allemagne nazie".”

    Encore faudrait-il apprendre à lire. Les JAG disent au contraire :

    “En les peignant à la bombe sur ce panneau, nous ne cherchions pas à faire entendre que Ramallah était Auschwitz. Nous voulions par contre pointer le fait qu’il y a beaucoup de parallèles troublants entre les tactiques employées par l’occupation et celles employées par les nazis. Par exemple, cette tentative d’enjoliver des institutions déshumanisantes par le biais de phrases creuses comme « Notre espoir à tous » et « Arbeit macht frei ».”

    Et je trouve que les JAG sont encore bien gentils d’employer l’expression de “phrase creuse” pour parler d’une monstruosité comme « Notre espoir à tous » à l’entrée des “guichets” derrière lesquels on enferme un peuple.

    Les méthodes fascistes ont trouvé un ardent défenseur. Notre généraliste ami des occupants-geôliers trouve justifié qu’on enferme un peuple entier, c’est-à-dire des millions de personnes, au prétexte de crimes qu’auraient commis certains d’entre eux. C’est comme si, parce que des viols sont commis dans nos sociétés, on interdisait aux hommes de se déplacer hors de leurs maisons.

    Ce qu’on n’oserait pas faire dans nos sociétés occidentales est toujours assez bon pour les Palestiniens et rien que ça suffirait à classer le sionisme dans la catégorie des grandes idéologies racistes de l’époque moderne.

    Quant à parler de torture chez les Palestiniens et l’oublier chez l’Occupant, il faut avoir l’estomac solide pour ne pas dégueuler. La torture est malheureusement employée partout dans le monde et elle n’est excusable nulle part. Mais il faut remarquer qu’Israël est la seule “démocratie” où elle est légale et institutionnalisée. Voir un sondage révélateur de l’évolution des mentalités dans la “seule démocratie du Moyen-Orient” sous l’influence de l’idéologie sioniste :

    Le monde (moins Israël) condamne la torture


    Un sondage mené par la BBC a concerné 25 pays et 27 000 personnes depuis l’adoption par les Chambres aux USA de lois qui autorisent la torture sur des sujets suspectés de terrorisme. Deux questions distinctes furent posées :

    - Faut-il maintenir la législation qui interdit la torture car elle est immorale et va à l’encontre du droit international ?

    - Les terroristes posent une menace si grave que les gouvernements devraient pouvoir user de certaine forme de torture permettant l’obtention de renseignements.

    Seul Israël se détache en tête avec 53% des interrogés pour lesquels la torture est un moyen légal pour obtenir des informations. Avec la réserve que ce pourcentage serait plus élevé si on excluait la population musulmane, qui reste totalement opposée à la torture.

    Plus accablant encore pour le petit état juif, aux USA 58% sont opposés à la pratique de la torture. Le Royaume uni récemment "menacé" de terrorisme rejette cette inhumanité à plus de 72% et l’Espagne, pays ayant subi un attentat spectaculaire et meurtrier, à 65%.

    Pendant des décennies, l’artefact sioniste a pu être vanté comme le seul état au monde à pratiquer la détention administrative (incarcération d’une personne sans qu’elle n’en sache la raison), sans assistance juridique, sans motif d’inculpation et donc sans procès, sur simple ordre militaire pour six mois renouvelable. Il était l’exception qui avait incorporé dans son corpus juridique le droit de torturer, sous le terme de pression physique modérée. Depuis la doctrine bushnik de Guantanamo aux récentes lois votées, les USA partagent officiellement ce privilège.

    http://www.convergencedescauses.com…

  • Détails 18 juillet 2007 13:15

    "l’artefact sioniste" pour désigner Israël. Sans commentaire.

    ***

    Je maintiens l’accusation d’amalgame, et le mot me paraît encore trop faible. Voir des "parallèles troublants" entre l’Allemagne nazie et Israël, ou choisir de s’appeler "J. Against Genocide" lorsqu’il s’agit de dénoncer un génocide qui n’existe pas, c’est un amalgame gerbant. Lassant, aussi.

    Des clous enfoncés dans les jambes, c’est vrai que c’est très répandu en Israël (ironie). Est-ce que l’expression "pression physique modérée" vous semble correspondre à des clous dans les jambes ? Bon, c’est vrai que l’OLP ne fait pas vraiment mieux, dans le temps les "collaborateurs" étaient passés à l’acide. Il suffit de donner le nom de "résistance" à ces tortures, et le tour est joué.

    Mechaal soi-même a (vaguement) admis que des "erreurs" avaient été commises, mais par des gens qui ne sont paraît-il pas représentatifs du hamas ! Mashaal apologizes for mistakes during Gaza takeover (note : ynet est un site d’information du groupe israélien Yediot). Il a demandé pardon à Dieu, mais les antisios avaient de toute façon déjà passé l’éponge et tout collé sur le dos des Israéliens.

    Enorme différence dans le cas de la torture, lorsque ce sont des Israéliens qui sont accusés. On en parle librement, que ce soit les extrêmistes de Gush Shalom, ou Shalom Akhshav/LPM, ou les media comme Haaretz et d’autres, etc… et bien évidemment aussi les anti-"sionistes" avec des raisons très différentes : dans leur cas il ne s’agit pas de défendre les notions de justice et de morale même en temps de guerre, mais uniquement d’apporter la haine d’Israël dans le maximum de cerveaux.

  • Détails… Vous avez dit détails ? 18 juillet 2007 15:47

    Encore une fois, des leçons de français ne seraient pas superflues. S’il y a amalgame, c’est par ceux qui osent écrire :
    “Le commentaire ci-dessus colporte un scandaleux amalgame, un de plus, "Israël = Allemagne nazie"

    Les JAG n’ont évidemment jamais dit ça, mais ils ont parlé de “parallèle” entre certaines méthodes, ce qui est parfaitement justifié. Si on veut bien laisser de côté la “poignée” d’ANTISIONISTES excités qui énervent tant notre ami le Docteur, on trouvera chez des SIONISTES notables comme une ancienne ministre israélienne ou un théoricien du sionisme des parallèles autrement plus osés :

    NOUS N’AVONS PAS BESOIN DE CHAMBRES À GAZ POUR COMMETTRE UN GÉNOCIDE

    “Nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires, mais il n’existe pas qu’une seule méthode pour commettre un génocide. Le Dr Ya’akov Lazovik écrit dans le journal "Ha’Aretz" que le gouvernement de l’Etat d’Israël et la nation ne sauraient projeter de commettre un génocide. Est-ce là de la naïveté ou de l’hypocrisie ? C’est difficile à dire. On sait bien qu’il n’y a pas qu’une façon de commettre un meurtre, et cela vaut également pour le génocide.

    Combien de gens faut-il tuer, combien de maisons faut-il détruire pour que ce soit un crime ? Un crime contre l’humanité tel qu’il est défini par les lois de l’Etat d’Israël et pas seulement par les lois belges.

    Le génocide dont il s’agit aujourd’hui n’est pas le même que celui dont nous avons été victimes dans le passé. Comme me l’a dit l’un de ces généraux malins, nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires.”

    Shulamit Aloni, ancienne ministre israélienne

    "Nous nous comportons déjà dans les territoires occupés de la rive-ouest du Jourdain, dans la bande de Gaza, et au Liban, comme se sont comportés les Nazis dans les territoires occupés de Tchécoslovaquie et de l’Ouest. Nous n’avons pas établi de camp d’extermination comme ils l’ont fait à l’Est. Voilà où nous en sommes, avec cette seule différence qui nous distingue des Nazis"

    Professeur Yeshayahou Leibowitz

    Ces gens-là sont-ils passés devant les tribunaux pour propagande antisémite ou négationniste ?

    Quant à la torture, si elle n’est justifiable en aucun cas, quand elle est élevée au rang d’institution d’Etat, elle devient un crime contre l’humanité.

    Et pour finir sur une note plus primesautière :

    “Artefact sioniste” pour parler d’Israël, ce n’est pas moins drôle ni plus péjoratif que “terroriste” pour parler de la résistance palestinienne.

  • Il est évident que personne ne prend au pied de la lettre certaines comparaisons. Les Jews Against Genocide sont assez grands pour s’expliquer sur leur appellation et même en Israël personne n’a été assez ridicule pour leur faire un procès.

    La volonté de se débarrasser d’un peuple peut se qualifier de différentes manières. Michel Warschawsky et d’autres avec lui préfèrent parler d’ethnocide, qui serait plus justifié d’après la définition du dictionnaire : “Destruction d’un peuple, d’une société sur le plan culturel.”

    Mais mieux que des définitions pourquoi ne pas laisser s’exprimer les intéressés eux-mêmes ?

    Interview de Benny Morris, un des historiens israéliens les plus connus :

    “Vous êtes passés par un processus intéressant. Vous êtes allé critiquer Ben-Gurion et l’Establishment Sioniste, mais à la fin vous vous identifiez réellement à eux. Vous êtes aussi dur dans vos propos qu’ils l’étaient dans leurs actes.

    Vous devez avoir raison.

    Puisque j’ai étudié en détail le conflit, j’ai été obligé de faire face aux questions détaillées que la population a dû affronter.

    J’ai compris le caractère problématique de la situation qu’elle a dû affronter et j’ai peut-être adopté une partie de leur univers de pensée.

    Mais je ne m’identifie pas à Ben-Gurion. Je pense qu’il a fait une erreur historique grave en 1948. Bien qu’il ait compris le problème démographique et la nécessité d’établir un Etat Juif sans grande minorité arabe, il a pris peur pendant la guerre. En fin de compte, il a hésité.

    Je ne suis pas sûr de comprendre. Etes-vous en train de dire que Ben-Gourion s’est trompé en expulsant trop peu d’Arabes ?

    S’il était déjà engagé dans l’expulsion, peut-être aurait-il dû faire le travail complètement.

    Je sais que ceci stupéfie les Arabes, les Libéraux et les types politiquement corrects.

    Mais mon sentiment est que cet endroit serait plus calme et connaitrait moins la souffrance si l’affaire avait été résolue une fois pour toutes, si Ben-Gurion avait effectué une expulsion importante et qu’il avait nettoyé tout le pays - toute la terre d’Israel, jusqu’au fleuve du Jourdain.

    On peut dire que ce fut son erreur fatale. S’il avait effectué une expulsion totale - plutôt que partielle - il aurait stabilisé l’Etat d’Israel pour des générations.

    Je trouve que c’est difficile de croire ce que j’entends.

    Si la fin de l’histoire s’avère être sombre pour les Juifs, elle le sera parce que Ben-Gurion n’a pas accompli le transfert en 1948, puisqu’il a laissé une importante et volatile réserve démographique en Cisjordanie, à Gaza et en Israel même.

    A sa place, vous les auriez tous expulsés ?

    Tous les Arabes du pays ? Mais je ne suis pas un Chef d’Etat. Je ne me mets pas à sa place.

    Mais en tant qu’historien, j’affirme qu’une erreur a été commise. Oui. Le non-achèvement du transfert était une erreur.”

    VOUS AVEZ BIEN LU ! Est-ce que le terme de nettoyage ethnique est approprié pour qualifier ça, ou bien c’est encore un “amalgame” ?

    Si on change le nom Palestinien par le nom de n’importe quel autre peuple, est-ce que l’auteur d’un tel texte ne serait pas passible des tribunaux pour apologie de crimes contre l’humanité ?

    Je vous laisse réfléchir à la réponse.

  • la conclusion du court extrait de l’entretien avec Benny Morris est parfaitement ridicule.

    Il faut lire tout le texte. C’est le texte d’un israélien qui a peur de la destruction de son pays, des attentats et d’une éventuelle guerre atomique.

    C’est un texte extrêmement pessimiste, bien que Morris se dise pour deux états. C’est un point de vue d’un historien sur le clash des civilisations, ce n’est pas le reflet de tout la société israélienne.

  • … que j’ai donné le lien. Le reste n’est pas mieux.

    Morris n’est certes pas le reflet de toute la société israélienne, mais justement il continue à se dire sioniste "de gauche".

    Tous les nationalistes craignent la destruction de leur pays, c’est pas pour ça qu’ils peuvent se permettre de détruire les autres !

  • quand vous écrivez : Tous les nationalistes craignent la destruction de leur pays, c’est pas pour ça qu’ils peuvent se permettre de détruire les autres ! vous attaquez Morris ? La Palestine n’est pas un état ! et si Morris est pour 2 états, c’est qu’il est pour la création d’un état palestinien. Un peu de retenue !

  • Un peu de retenue ! 19 juillet 2007 10:38

    Et un peu de pudeur !

    La Palestine n’étant pas un Etat, on peut allègrement souhaiter sa disparition :

    “Si la fin de l’histoire s’avère être sombre pour les Juifs, elle le sera parce que Ben-Gurion n’a pas accompli le transfert en 1948, puisqu’il a laissé une importante et volatile réserve démographique en Cisjordanie, à Gaza et en Israel même.”

    Drôle de façon de souhaiter 2 Etats !

    Les sionistes “de gauche” montrent leur vrai visage, qui est celui de tous les sionistes. Benny Morris n’est pas contre la création d’un Etat palestinien, mais en dehors de la Palestine !

    Les révolutionnaires sont contre tous les Etats et contre tous les nationalismes, y compris juif ou palestinien. A défaut de pouvoir supprimer les Etats dans l’immédiat, 1 Etat serait toujours mieux que 2.

    C’est ce que ne supportent pas les sionistes, car ça sous-entendrait que les Palestiniens auraient les mêmes droits qu’eux !

  • 10h38 ou l’approximation et la falsification ambulante, affirme des vérités complètement inventées ; déforme les propos … du grand art !

    B. Morris est un progmatique. Pour lui, si Ben-Gurion a laissé des Palestiniens, il faut faire avec et leur permettre d’avoir un état. Affirmer autre chose est une nième imbécilité.

    A défaut de pouvoir supprimer les Etats dans l’immédiat, 1 Etat serait toujours mieux que 2. Pourquoi pas 2, si c’est la volonté des 2 peuples ?

    Une autre connerie ? C’est ce que ne supportent pas les sionistes, car ça sous-entendrait que les Palestiniens auraient les mêmes droits qu’eux ! D’où tire-t-il cette certitude ? On pourrait inverser : cette personne ne veut qu’un état d’où les juifs seraient chassés ou ceux qui resteraient se retrouveraient dhimmis comme dans des pays musulmans voisins ?

  • Docteur Kwad-9 s’est surpassé 20 juillet 2007 09:46

    “si c’est la volonté des 2 peuples ?”

    Où ça, 2 peuples ? Depuis 60 ans, c’est la volonté d’un seul peuple qui existe. L’autre se voit nier le droit ne serait-ce que de survivre.

    Pour ceux qui n’ont pas encore compris le rêve sioniste et sa vision des arabo-musulmans, voir d’autres extraits de l’interview du sioniste de gauche Benny Morris :

    “Il y a un profond problème dans l’Islam. C’est un monde dont les valeurs sont différentes, un monde dans lequel la vie humaine n’a pas la même valeur qu’elle a en Occident. La liberté, la démocratie, l’ouverture et la créativité lui sont étrangers.

    […] lorsque quelqu’un doit gérer un tueur en série, ce n’est pas si important de découvrir pourquoi il est devenu un tueur en série. Ce qui est important est d’emprisonner le meurtrier ou de l’exécuter.

    Expliquez nous cette image : qui est le tueur en série dans l’analogie ?

    Les barbares qui veulent prendre notre vie.Les personnes que la société palestinienne envoie pour effectuer ces attaques terroristes, et d’une certaine façon la société palestinienne elle-même aussi.

    En ce moment, cette société est dans l’état d’un tueur en série. C’est une société très malade. Elle devrait être traitée de la façon dont nous traitons les individus qui sont des tueurs en série.[…]

    Quelque chose comme une cage doit être construite pour eux. Je sais que ceci semble horrible. C’est vraiment cruel. Mais nous n’avons pas le choix. Il y a là un animal sauvage qui doit être enfermé d’une façon ou d’une autre.[…]

    Etes-vous un néo-conservateur ? Lisez vous la réalité historique actuelle selon Samuel Huntington ?

    Je pense qu’il y a un clash entre les civilisations ici (comme le dit Huntington). Je pense que l’Occident aujourd’hui ressemble à l’Empire Romain du 4ème, 5ème et 6ème siècles : les barbares l’attaquent et pourraient le détruire.

    Les Musulmans sont des barbares, alors ?

    Je pense que les valeurs que j’ai mentionnées plus haut sont les valeurs des barbares - l’attitude face à la démocratie, la liberté, l’ouverture ; l’attitude face à la vie humaine. Dans ce sens, ce sont des barbares.

    Le monde Arabe tel qu’il est aujourd’hui est barbare."

  • Génocide : n.m., Extermination systématique d’un groupe ethnique, d’un groupe important de personnes du fait de sa nationalité, de sa religion etc.

    "Nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires, mais il n’existe pas qu’une seule méthode pour commettre un génocide"

    C’est vrai qu’on peut génocider autrement qu’au gaz.

    Toutefois, pour commettre un génocide… faut génocider (voir définition du terme plus haut). Et on aura beau tordre les faits dans tous les sens, il n’y a pas et il n’y a jamais eu de "génocide palestinien".

    ***

    Un commentaire plus haut me reproche de me pencher sur les victimes israéliennes du hamas/jihad/etc, sous prétexte qu’elles sont moins nombreuses que les victimes arabes.

    C’est un point de vue. Toutefois, si le commentateur concerné appliquait à lui-même son "principe comptable", il parlerait du Tibet, du Darfour (1), de l’ex-Zaire, j’en passe… mais pas -ou très peu- des Israéliens (ou accessoirement des Arabes palestiniens lorsque parler de ces derniers lui permet de vomir les Juifs israéliens).

    (1) 85 ans de conflit judéo- puis israélo-arabe au Proche-Orient ont causé moins de morts qu’une poignée de mois de combats au Darfour.

  • Malversations comptables 20 juillet 2007 14:33

    Ce qui permet de juger une volonté génocidaire, ce n’est pas les RÉSULTATS, mais les INTENTIONS. Le nombre de morts n’est donc pas l’élément déterminant. Et c’est valable dans tous les cas, n’a-t-on pas vu ici une intervenante célèbre d’Indymedia prétendre qu’on ne peut pas parler de nettoyage ethnique des Palestiniens puisque leur population augmente plus vite que celle de l’occupant !

    Si on prend au pied de la lettre la définition du génocide, on remarquera que le seul génocide réussi de l’Histoire est le génocide des Guanches, les premiers habitants des Canaries, puisqu’il n’y a eu aucun survivant.

    Si on parle des intentions, on remarquera que les différents génocides ne se ressemblent pas. Personne n’a jamais comparé les intentions des nazis et celles des sionistes. Pour les nazis, le but était d’exterminer les juifs en tant que juifs. Pour les sionistes, le but n’est pas d’exterminer les Palestiniens, mais faire en sorte qu’il n’y ait plus de Palestiniens en Palestine. Voir les propos de Benny Morris à ce sujet.

    C’est pourquoi le mot génocide ne me semble pas le plus approprié et je préfère celui d’ethnocide. Il n’empêche qu’étant donné les abus de ce terme par les sionistes, et la volonté de s’en approprier l’unicité, il était inévitable qu’il y ait des réactions, y compris même chez des sionistes honnêtes comme Shulamit Aloni ou le professeur Leibowitz.

    Car on ne pourrait pas parler non plus de génocide pour les esclaves africains ou les Indiens d’Amérique, puisque le but n’était pas de les exterminer tous.

    Les résultats de cet ethnocide des Palestiniens sont visibles : les deux tiers des Palestiniens sont des réfugiés et ceux qui sont restés sont soumis à des conditions tellement inhumaines que leur départ semble la seule issue.

    Les sionistes n’ont rien contre les Palestiniens, du moment qu’ils ne sont pas en Palestine.

  • ça, c’est la meilleure ! Comment nullifier tout un commentaire ?

    Pour les sionistes, le but n’est pas d’exterminer les Palestiniens, mais faire en sorte qu’il n’y ait plus de Palestiniens en Palestine.

    il n’y a donc pas "génocide".

    CQFD

    PS : Pour les africains ou les indiens d’amérique, on ne peut parler de "génocide", puisqu’il n’y avait pas volonté d’un état de les trucider.

  • Rien compris à 14:54…

  • Après les faits, les intentions... 21 juillet 2007 14:38

    "Personne n’a jamais comparé les intentions des nazis et celles des sionistes"

    Ah bon ?!

    On en bouffe à longueur d’articles, de la comparaison "nazi-sioniste". A commencer par les "Jews Against Genocide", utilisés dans un précédent commentaire, qui voient des "parallèles troublants" entre les méthodes israéliennes et celles des… nazis, oui.

    "Pour les nazis, le but était d’exterminer les juifs en tant que juifs. Pour les sionistes, le but n’est pas d’exterminer les Palestiniens"

    Ce qui est une autre manière de dire qu’il n’y a pas de "génocide palestinien", ni dans les faits, ni en intentions.

    "Les sionistes n’ont rien contre les Palestiniens, du moment qu’ils ne sont pas en Palestine"

    1. Les sionistes non, des Israéliens et des pro-israéliens oui

    2. Le fait que des Israéliens et des pro-israéliens ne veulent plus voir d’Arabes palestiniens en Eretz Israel choque les anti-"sionistes", mais par contre le fait, avéré, que des Arabes (1) ne veulent plus voir de Juifs (autres que dhimmis) en Palestine et mènent des actions militaires en ce sens, cela n’a jamais été un réel problème pour les partisans de l’éradication d’Israël ("il faut en finir avec l’Etat juif", on cherchera en vain un "il faut en finir avec les Etats arabes" chez ces pseudo-humanistes)

    2b. En 1949 après le cessez-le-feu, les zones contrôlées par les armées arabes étaient vidées de la totalité de leurs habitants juifs (Hébron l’était depuis le pogrom de 1929, malgré la pax britanica) ; Israël par contre comptait toujours nombre d’habitants arabes (ce que Benny Morris regrette aujourd’hui). De leur côté, des centaines de milliers de Juifs quittaient les pays arabes. Ce sont toutefois les seuls Israéliens qui sont voués aux gémonies par les anti-"sionistes"…

    (1) ainsi que les anti-"sionistes" eux-mêmes, évidemment

  • Suite 21 juillet 2007 22:45

    1b. A propos des Jews Against Genocide, qu’est-ce qui est le plus choquant, le terme de “parallèles troublants”, ou le fait d’écrire “Notre espoir à tous” à l’entrée de ce qu’on n’a pas le droit d’appeler camp de concentration, mais dont les images montrent comment des sionistes peuvent traiter des êtres humains ? Docteur Kwad-9 nous a donné sa réponse.

    1c. L’argument de la dhimmitude a un peu trop servi pour être encore crédible. Les juifs n’ont pas un statut de dhimmi en France ou aux Etats-Unis, pas plus d’ailleurs qu’au Maroc, en Tunisie ou en Turquie. Faire croire que les juifs ne peuvent pas vivre avec les autres sans être soit dhimmis soit occupants est un argument raciste et à la limite antisémite.

    2c. Petite erreur sémantique : “Israël par contre comptait toujours nombre d’habitants arabes…” Il ne s’agit pas d’Israël, bien sûr, mais des ANNEXIONS de 1949 (Lod, Haïfa, Jaffa, Nazareth, Ashkelon, etc.), dont tous les habitants n’ont pas pu être chassés. Le lecteur attentif aura rectifié de lui-même.

    2d. Autre précision : “des centaines de milliers de Juifs quittaient les pays arabes” A la différence des Palestiniens, ils n’ont pas été chassés manu militari. Au vu de ce que des sionistes faisaient en Palestine, beaucoup ne devaient pas se sentir très en sécurité dans des pays arabes.

  • 1c : Les Juifs ont le droit de vivre libres. C’est pourquoi je penche pour la séparation, qui permettrait de mettre un terme à l’occupation, et qui évidemment permettrait aux Juifs israéliens de ne pas finir dhimmis ou morts, comme le leur promettent leurs ennemis.

    2c : Il n’y avait aucune erreur. Le plan de partage de 1947 était caduque dès lors que seul le yishouv l’acceptait. La guerre déclenchée par les cinq armées arabes envahissant le nouvel Etat avec l’assentiment de la population arabe locale sonnait définitivement le glas de la solution pacifique proposée par l’ONU. On aura remarqué, avec ce commentaire, que l’anti-"sionisme" est bel et bien une opposition à l’existence de l’Etat d’Israël quelles que soient ses frontières, et non pas une opposition à l’occupation des territoires suite à la guerre des Six-Jours… (je précise ce point pour les quelques naïfs).

    2d : Non seulement ils ne se sentaient pas en sécurité, mais ils ne l’étaient pas, comme les pogroms divers l’ont clairement prouvé. Ils ne l’étaient pas non plus en Palestine mandataire même, comme d’autres événements l’ont montré (le plus atroces étant celui de Hébron, commis sous le nez des Britanniques).

    Combien d’années encore faudra-t-il pour que les uns renoncent à l’occupation, et les autres à l’éradication ? Qui vivra verra…

  • Encore une fois 22 juillet 2007 21:34

    Faire croire que les juifs ne peuvent pas vivre avec les autres sans être soit dhimmis soit occupants est un argument raciste employé à la fois par les sionistes et les antisémites.

    “Les Juifs ont le droit de vivre libres”, mais pas en empêchant les autres de l’être aussi. Actuellement, dans le Grand Israël, il n’y a pas UN SEUL Palestinien libre, c’est-à-dire ayant la même liberté que l’occupant, ne serait-ce que de se déplacer. Tant que ce sera le cas, on ne pourra pas qualifier Israël autrement que d’Etat raciste.

    Les bobards sur la guerre “défensive” d’Israël en 1948 n’impressionnent plus personne. Pour connaître les véritables buts des sionistes, voir les aveux du sioniste de gauche Benny Morris :

    http://www.france-palestine.org/art…

    Et en ce qui concerne les pogroms d’Hébron, on pourrait parler de ceux qui ont lieu régulièrement dans cette ville depuis sa libération par la “seule démocratie du Moyen-Orient”. Pour ceux que le mot pogrom choque, lire Gideon Levy :

    LES POGROMS DE L’AN 5765, par Gideon Levy

  • Pour vivre libres, vivons séparés !

    C’est quoi ces gens qui font des théories sur la SÉPARATION des peuples mais qui passent leur temps à les OCCUPER ?

    Si les sionistes sont des obsédés de la séparation, que sont-ils venu faire CHEZ les Palestiniens ?

    Faudrait peut-être pas confondre séparation et éradication.

  • 1967 24 juillet 2007 00:21

    "Si les sionistes sont des obsédés de la séparation, que sont-ils venu faire CHEZ les Palestiniens ?"

    Je ne vais pas perdre mon temps plus avant. Sur les causes de la guerre de 1967, et ses conséquences, les sources ne manquent pas (je parle de vraies sources, pas des habituels propagandistes anti-"sionistes").

  • (extraits)

    […] Malgré une rhétorique publique soutenant le contraire, l’idée d’expulser (ou, suivant l’euphémisme accepté "de déplacer") les Palestiniens indigènes fait partie intégrante de l’effort sioniste pour fonder un état national juif en Palestine. L’historien Tom Segev a écrit :

    L’idée du déplacement [de population] a accompagné le mouvement sioniste depuis ses origines, et apparut pour la première fois dans la chronique de Théodore Herzl. Dans la pratique, les sionistes commencèrent à exécuter un mini-transfert [de population] lorsqu’ils se mirent à acheter des terres et à évacuer les arabes qui les occupaient… "Faire disparaître" les arabes est au cœur du rêve sioniste et fut aussi une condition nécessaire à son existence…. A quelques exceptions près, aucun sioniste ne contesta l’intérêt du déplacement forcé — ou sa moralité.

    Toutefois, continue Segev, les leaders sionistes apprirent à taire en public leur plan d’une expulsion massive car "cela aurait eu pour conséquence de leur faire perdre la compassion internationale."

    La clef était de trouver le moment opportun pour amorcer l’expulsion sans générer une condamnation internationale. A la fin des années 30, David Ben Gourion écrivit : "Ce qui est inconcevable en temps normal devient possible en périodes révolutionnaires ; si nous manquons l’occasion qui s’offre à nous et si ce qui est rendu possible en ces heures historiques n’est pas accompli — alors, tout un monde sera perdu." Les "périodes révolutionnaires" arriveront avec la première guerre israélo-arabe de 1948, lorsque les sionistes parvinrent à expulser 750,000 Palestiniens (soit plus de 80% de la population indigène), et obtinrent ainsi un état très majoritairement juif, même si son territoire ne comprenait pas la Palestine dans son intégralité, la "Terre d’Israël" que les leaders sionistes considéraient nécessaire pour [établir] un état viable.

    L’occasion de grappiller un peu plus de territoire fut le résultat de la guerre de 1967, bien que l’occupation apportât avec elle le problème lié à une population palestinienne importante. A partir de cet instant, l’opinion internationale s’opposa formellement aux déplacements forcés de populations, comparant une telle politique avec les horreurs du nazisme. L’étape importante que constitua la quatrième convention de Genève, ratifiée en 1949, "interdisait sans équivoque toute déportation" de civils sous occupation. Depuis la guerre de 1967, la question centrale de la politique israélienne a été : Que faire de ce territoire et de sa population palestinienne ? […]

    STEPHEN J. SNIEGOSKI

    http://questionscritiques.free.fr/G…

  • "Nouveaux" historiens 25 juillet 2007 13:50

    Est-il possible en France de lire autre chose que le trio Segev/Pappé/Morris ? Segev n’est certainement pas le pire du lot, mais on frémit devant la différence entre le monde anglophone (ou on peut lire Segev/Pappé/Morris bien sûr, mais pas uniquement eux car d’autres historiens sont traduits en anglais, ou écrivent directement en anglais) et le semi-désert français qui n’a d’yeux que pour les "nouveaux" historiens ("nouveaux" signifiant "une nouvelle sorte de", et non pas "jeunes").

    Points de détail anodins : la guerre d’indépendance n’a pas été un "moment opportun" planifié par le yishouv, mais par ses ennemis. La guerre de 1967 ne devait pas, a priori, impliquer la Jordanie (le roi Hussein est allé faire allégeance à Nasser quelques jours avant la guerre et a confié le contrôle de ses armées à un général égyptien pour des raisons diverses et variées, mais qui n’étaient certainement pas dictées par Jérusalem). Le "grapillage" de la Cisjordanie est le résultat direct de l’imprudence de Hussein, pas d’un plan machiavélique israélien.

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