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Sarkozy, la pseudo-opposition, les grandes centrales et les manifs du 31

Nicolas Sarkozy n’a pas à se plaindre de « son opposition » à statut. Une avalanche de lois et dispositions diverses est passée au Parlement au cours du mois de juillet sans rencontrer la moindre résistance populaire. Aucune mobilisation ne s’y est opposée. Aucune manifestation n’a eu lieu dans la période de deux mois qui s’est écoulée entre l’élection de Sarkozy et l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement début juillet suite au décret du 27 juin demandant aux deux Chambres d’examiner rien de moins qu’une bonne trentaine de textes en une période de l’ordre d’un mois. Un décret annoncé dès l’élection du nouveau Président de la République, qui déjà en mai avait entrepris de rencontrer des dirigeants de la « gauche » et des centrales syndicales. Après la passivité générale au sein de la « gauche » et des directions syndicales pendant plus de deux mois, que signifie l’étrange manifestation tardive du 31 juillet ? Tardive et restreinte à un seul objectif autour du « service minimum » , laissant tomber des questions aussi essentielles que l’enseignement supérieur, la justice et les prisons, la santé et bien d’autres. Comme si on cherchait à nous persuader que l’heure est à « sauver quelques meubles » et tant pris pour le reste, voire même qu’il aurait fallu voter Royal si on voulait autre chose. Quels intérêts sert, dans ces conditions, la manifestation du 31 juillet telle qu’ont entendu l’organiser la CGT et d’autres centrales syndicales ?

 

Sarkozy, la pseudo-opposition, les grandes centrales syndicales et les manifestations du 31 mai

 

Note faisant suite : a) aux débats suscités par les articles
du 8 juillet
« Le Parti Communiste apporte un quasi-soutien à la loi Pécresse » et du 21 juillet
« Sarkozy, lois d’été, « opposition » a statut et directions syndicales »
, qui ont par la suite été repostés sur Indymédia Paris par des internautes ; b) aux articles de Monique (27 juillet) « Le double jeu de la FSU » et de « En colère » (30 juillet) « Manifestation du 31 juillet : comment la "gauche" et les "syndicalistes responsables" bradent les universités et la justice ».

Dans mon bled, des organisations syndicales appellent à manifester en début d’après-midi. A midi, je regarde le site de la CGT. Toujours le même mot d’ordre : « Service minimum : le 31 juillet, réagissons ! ». Pareil côté FSU. Les rassemblements d’aujourd’hui ne concernent donc que le « service minimum », qualifié d’atteinte au droit de grève. Rien sur les autres textes déjà adoptés ou en cours d’examen depuis le début du mois de juillet. Autant dire que participer à cette prétendue « action » revient à acquiescer à l’essentiel de la politique estivale de Sarkozy. « En colère » écrit dans son article d’hier :

« La loi "sur la récidive" a déjà été adoptée. Qui en parle ? Celle sur les universités a été votée par l’Assemblée nationale le 25 juillet et renvoyée le lendemain à la Commission des affaires culturelles pour le débat en commission paritaire avec le Sénat :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/dossiers/Liberte_universites.asp

Le programme de travail de l’Assemblée Nationale prévoit, pour le 1er août :

http://www.assemblee-nationale.fr/agendas/conference-blanc.asp

"Éventuellement, discussion, sur le rapport de la commission mixte paritaire, du projet de loi relatif aux libertés des universités"

après passage de la loi en commission paritaire Assemblée - Sénat. Le 1er août est donc prévue, entre autres, l’approbation définitive par l’Assemblée Nationale de la loi sur la prétendue "autonomie des universités". Quelle "autonomie", alors que les financiers y feront la loi ?

Un calendrier que la FSU et les autres centrales syndicales connaissent depuis longtemps. La manifestation du 31 juillet est donc de pure façade. »

(…)

Et s’il s’agit de prétendre que la question du service minimum serait une urgence pour les enseignants, et que celle de la privatisation des universités (car c’est bien de cela qu’il s’agit) ne le serait pas, alors c’est ne rien vouloir comprendre à la stratégie du gouvernement et des milieux financiers.

Il suffit d’aller faire un tour en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Les établissements scolaires à tous les niveaux et pour tous les âges n’echappent pas à la domination du secteur privé. Si l’oligarchie financière (dont Bolloré est un petit représentant, car il n’a jamais été un "industriel") est en mesure d’envisager de s’acheter nos universités, alors elle est également assez forte pour faire disparaître toute trace du secteur public au niveau des écoles, des lycées… »

(fin de citation)

 

On pourrait faire remarquer à cet internaute que les nouvelles dispositions sur la récidive, les universités, la santé… ne sont qu’une petite partie de l’arsenal législatif et réglementaire déversé en quelques semaines par le Parlement et le gouvernement. L’inventaire complet, ni l’opposition de Monsieur le Président, ni les syndicats « raisonnables », ne semblent avoir envie de le dresser. Pourtant, personne parmi leurs dirigeants n’a envisagé la moindre mobilisation en mai ou juin. Surtout dans la deuxième moitié du mois de juin, juste après les élections législatives, alors que Sarkozy et le gouvernement avaient tout « mis sur la table ».

Que vient faire à présent le pseudo-manifestation du 31 juillet, avec des mots d’ordre sciemment minimalistes que « En colère » qualifie à juste titre de porteurs de capitulation et de division ? Une chose paraît certaine : les médias feront la promotion de ces « dirigeants du mouvement social » qui ont si bien aidé Sarkozy dans son début d’exercice. Et le nouveau président, qui « sait y faire », ne manquera pas de leur adresser un renvoi d’ascenseur pour que des partenaires si précieux ne perdent pas complètement la face. C’est pour cette « régularisation » du rôle des syndicats « bien-pensants » et de l’opposition à statut, que notre présence aux manifestations du 31 juillet a été réclamée. Histoire de prouver que rien n’a changé, que nous manifestons quand ces dames et messieurs le veulent, et que nous ne le faisons pas quand ils ne le veulent pas. Que nous acceptons les mots d’ordre minimalistes, et que globalement on est prêts à tout lâcher ou presque.

Qui seront les tondus ? On n’a pas besoin d’un topo sur la question. Ajoutons qu’en ce qui concerne le droit de grève, l’actuelle offensive du patronat porte sur les services publics. Mais, globalement, les multinationales et les financiers ont déjà mis en place le plus redoutable des instruments contre le droit de grève : celui des délocalisations. Qui s’y est vraiment opposé ? Même dans la propagande des dernières élections présidentielles, le silence de la « gauche » et de la « gauche de la gauche » sur cette question était assourdissant.

Dans un article du 2 juillet, j’écrivais :

« Quoi qu’il en soit, le magicien de Sarkoz a une bonne baguette et sait faire de jolis tours. Après les remous générés par son voyage à Malte avec des moyens très coûteux, appartenant d’après les médias à Vincent Bolloré ou à son groupe, Nicolas Sarkozy a réussi à faire passer comme une lettre à la poste la nomination de Valérie Pécresse à la fonction stratégique de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Mariée à Jérôme Pecresse, directeur général adjoint d’Imerys, numéro un mondial des minéraux de spécialité, Valérie Pécresse est également fille de Dominique Roux, professeur à l’Université Paris Dauphine devenu président de Bolloré Télécom en janvier dernier. Dans ces conditions, il paraît légitime de soulever la question de l’apparence d’impartialité, par rapport aux intérêts des lobbies industriels, d’une ministre chargée de la « réforme des universités » avec un projet de loi aux conséquences très importantes pour la recherche scientifique et technologique. Il n’y a là aucune attaque personnelle. Pourtant, qui en a parlé ?

Non seulement le silence sur les circonstances de la nomination de Valérie Pécresse semble avoir été général, mais au même moment où l’opposition de Monsieur le Président était officialisée par l’accès de Didier Migaud à la présidence de la Commission des Finances, de l’Economie générale et du Plan de l’Assemblée nationale, Jack Lang apportait publiquement son soutien à la deuxième mouture du projet de loi de la nouvelle ministre. »

(fin de citation)

 

On pourrait à présent ajouter que le silence des « bien-pensants » perdure, et que bien d’autres « personnalités » de la « gauche transversale » (souvent, des membres ou ex-membres du Siècle) se sont avantageusement rapprochées de la sarkozie. Sans oublier que Michel Rocard vient d’apporter son soutien à Jack Lang et à Dominique Strauss-Kahn, estimant que « l’appartenance de socialistes à une commission de sages représentant la société civile dans son ensemble n’a rien d’une trahison, c’est un devoir » et que « [le] fait qu’un socialiste français, Dominique Strauss-Kahn, soit reconnu comme un candidat crédible à une haute fonction internationale, c’est une promotion, en aucun cas une désertion ».

Le pouvoir de la baguette du magicien de Sarkoz ? A la une du Monde des 22-23 juillet, un dessin de Plantu la comparait à celle de Harry Potter. Avec le titre « Plus fort que Harry Potter », « notre » magicien déclarait devant un Jack Lang ravi et admiratif : « Moi, je vous transforme un socialiste en sarkoziste ». Mais la réalité est très différente. Aucune « transformation » n’est nécessaire pour que la « gauche » et Sarkozy défendent les mêmes intérêts. Les pouvoirs du magicien de Sarkoz ne dépassent pas le domaine des apparences. Pour le reste, la « politique unique » est en place depuis des décennies.

 

Quelle urgence pour le mouvement populaire ? De mon modeste point de vue, se démarquer sans ambiguïté de tout ce beau monde, directions syndicales comprises.

 

De ço qui calt ?

quicalt 9LL yahoo.fr

http://blog.360.yahoo.com/quicalt


Article publié le 2 août 2007  Auteur : De ço qui calt ?  Email : quicalt Qz3 yahoo.fr
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Commentaires
  • pas le temps de répondre sur le fond à de telles inepties. Si l’auteur prenait le temps de lire et de se bouger le cul au lieu de dénigrer systématiquement. On peut rêver ?

    Une fois de plus, cet article tente de démobiliser à tout prix

    En ces temps obscurs, on a besoin d’UNITE !!!

    je ne salue pas

    Patrice Bardet, militant CGT, et… mobilisé ! (même en vacances)

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