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Compte rendu d’une journée de perturbations contre les rfid

Ce jeudi 17 Mars 2011 était une grande journée pour la promotion des nanotechnologies RFID (Polytech’Lille), et des systèmes de communication et d’information à destination des nouveaux nomades urbains (Lille 3). Bienheureux de pouvoir nous informer sur ces fabuleuses inventions, nous sommes allés faire un petit tour pour dire tout le mal qu’on pensait de l’automatisation de nos vies et du fichage.

9h30. On s’était donné rendez-vous à quelques mètres de l’école Polytech’Lille. L’école organisait en partenariat avec Auchan-Mulliez une « Journée de Recherche et Développement » à destination des étudiants. Ils avaient prévu de discuter tranquillement des « réseaux de capteurs et des puces intelligentes », du « marché des RFID », de leur « utilisation chez Auchan » voire même des « enjeux éthiques de ces nouvelles technologies ». Encore l’éthique des TIC ? Ils devaient avoir quelque chose à se reprocher. Alors on est allé leur reprocher nous-même.

On est donc entré sans demander la permission pour déployer une belle banderole sur laquelle on pouvait lire « RFID, la nouvelle police totale ». On distribue des tracts expliquant pourquoi on refuse le puçage par Lille Métropole. Et on tombe nez à nez avec David Simplot-Ryl de l’Institut d’Electronique, Microélectronique et Nanotechnologies, bien connu de tous les promoteurs de puces RFID. Il était justement en train de projeter à une audience endormie une photo sur laquelle on voyait des manifestants américains contre les RFID. Ça tombait plutôt bien pour son exposé, qu’on a de fait interrompu, pour de vrai. La « discussion » s’engage alors, on explique pourquoi on est là, et la sécurité arrive rapidement. Entre temps, on retrouve le non moins fameux Chékib Gharbi, directeur d’EuraRFID, dit aussi « Le nerveux de la réalité augmentée ». Lors du débat mouvementé de la CNDP sur les nanos, il éructait alors : « De toute façon, vous êtes déjà tous fichés ». Ce qui lui permet apparemment d’en rajouter dans le contrôle. Il pestait contre notre « bande d’enfants gâtés » et proposait même qu’on aille « s’expliquer dehors ». D’ailleurs, le voici en pleine tourmente, épaulé par un Jean-Pierre Chaussade serein :

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Bref, passées quelques dizaines de minutes, la séance est suspendue. La discussion se termine dehors. Nous rejoignons la Maison des étudiants de Lille 1 pour boire un café avant de voir arriver deux agents de l’administration envoyés par le président de la fac. Ils nous demandent de quitter le campus sous la menace d’appeler la Police. On les renvoie poliment à leurs occupations administratives.

L’après midi, c’était à Lille 3 que ça se passait. 14h00. On arrive, petit stand de bouffe et boissons, rien de tel qu’un jus d’orange pour affronter le déversement verbal des intervenants.

Première étape : commerciale. Le Nomadisme et ses applications nous sont présentées par un ingénieur d’Euratechnologies qui, s’il perdait son job, pourra toujours bosser comme vendeur chez Darty. Il nous déballe tout son arsenal de prothèses technologiques mobiles pour passer d’un terminal fixe à un netbook à un blackberry à un smartphone à un iPad à un Google Doc sans jamais rompre la laisse qui nous lie à nos patrons ou à nos clients. Et nous qui pensions que le nomadisme c’était la liberté…

Quelques interventions d’ordre technique soulèvent la pub qu’il est en train de faire pour les logiciels propriétaires. Mais à force de salades, le premier craquage a lieu. L’un de nous lui balance très finement : « votre truc, c’est juste de la merde au service du capital et de l’aliénation par le travail ». La collègue de tribune du technico-commercial s’offusque, ainsi que les étudiant-es organisateurs. Le débat n’a apparemment pas sa place ici, « il fallait venir ce matin » nous dit-on. D’ailleurs, c’est tellement prohibé que la sécu – encore elle ! – débarque ; on nous clame que notre collectif « anti-rfi » (sic) n’est pas d’accord, donc n’a rien à faire là, que l’on ne respecte pas le débat démocratique, bla bla bla… On se fait sermonner pendant vingt minutes par des étudiant-es au bord des larmes.

Bref, comme on est sympa - et de toute façon dans le collimateur de la sécu - pour l’exposé de la CNIL, on se propose de respecter le pseudo « débat démocratique », quitte à y laisser de notre santé mentale. Le gars nous présente toute la puissance « indépendante » de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, ses missions, ses objectifs, ses moyens d’actions, et quelques stats de derrière les fagots. Puis arrive la petite boutique des horreurs : géolocalisation de salariés, fichage informatique, identification par biométrie, contrôles RFID, reconnaissance vidéo, Cloud Computing… Y’en a pour tous les képis. Ce déballage décomplexé de technologies de contrôle et de surveillance suit son cours sans que personne ne s’émeuve de ce petit totalitarisme qui vient. Le mec de la CNIL ne fait même pas semblant de prendre la question « éthique » au sérieux, de faire des recommandations, de dénoncer les mauvais usages, les dérives, etc. Le vrai visage de la CNIL en somme.

Les cinquante minutes de folie touchant à leur fin, restent les incontournables dix minutes de débat sans quoi tout ça ne serait que de la vile propagande qui n’a rien à faire à la fac. Elles sont animées par une professeure d’université qui, comme son statut l’indique, est payée pour son travail de pensée critique. Trois questions et puis s’en vont. Elles suffiront néanmoins à remettre à sa place la CNIL, son impuissance, son rôle dans l’acceptabilité et le consentement au fichage, son accompagnement des politiques sécuritaires et liberticides. Sur quoi la proposition de sa dissolution est encouragée par des applaudissements.

En sortant, certaines personnes viendront nous dire que notre mode d’action et nos interventions ne sont pas « constructives », voire « contre-productives ». On ne peut qu’être d’accord avec elles. Pinailler sur des détails techniques, soupeser les bons et les mauvais usages, ou en appeler à la vigilance citoyenne face aux « dérives » de certaines techniques ne nous intéressent pas.

Des contre-productifs

Lille, le 25 mars 2011


Article publié le 25 mars 2011
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