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Des anarcha-féministes démissionnent de la fédération anarchiste

Du 18 au 20 mai avait lieu le Congrès de la Fédération Anarchiste.

Nous avons décidé de nous y rendre, nous, deux femmes anarcha-féministes, pour y lire nos lettres de démissions.

Pour moi, parce que suite au contre article sur Roger Dadoun que j’ai publié sur Indymedia, j’ai subi un lynchage collectif sur la liste fédérale, révélant encore une fois l’anti-féminisme au sein de cette organisation.

Pour moi, parce que c’était inadmissible d’être complice du lynchage d’une femme de l’organisation parce qu’elle avait osé parler en dehors du cercle clos de la liste fédérale et parce que les pressions, les ordres et les leçons de morale que nous recevions montraient que d’anarchiste il n’y avait que le nom de l’orga.
Pour nous, car ensemble, on ne pouvait plus être complice de l’hétéro-patriarcat, des prises de pouvoir, de la hiérarchie et de la bureaucratie interne.

Ce congrès a été très difficile puisque nous étions identifiées comme les féministes qui avaient critiquées la FA de l’extérieur. Des conversations se sont arrêtées sur notre passage, des personnes ont refusées de nous parler, des personnes parlaient de nous devant nous comme si nous n’étions pas là.
La discussion en plénière sur le féminisme et l’anti-sexisme, une première dans un congrès de la FA, avait pour but de nous recadrer, nous les femmes qui l’avions trop ouvertes, en dehors des règles établies par l’organisation. Ce sont des femmes qui l’ont organisées, qui se disent anarcha-féministes mais aussi contre la féminisation des textes, qui ont participées au lynchage collectif sur la liste fédérale et qui refusent de voir le patriarcat au sein de la FA, qui existent pourtant depuis de longues années.

Pendant cette discussion, nous avons lu nos deux lettres de démissions. Nous avions des tee-shirts roses « Hystérique tant qu’il le faudra » et une banderole « Hystérica-féministes tant qu’il le faudra », tenue par deux camarades hommes, qui ont aussi quittés la FA par solidarité.
Pour certain-e-s notre démission est un échec mais pour nous c’est une victoire. Parce que pour une fois les hommes présents ont du rester assis sur leurs chaises pendant 1/2h tandis que deux femmes se tenaient debout, le micro en main pour leur dire ce que c’est être une femme féministe à la Fédération Anarchiste.

Nous avons quittées la salle après notre démission. Plusieurs personnes, hommes et femmes, ont aussi quittés la salle pour nous soutenir. D’autres sont resté-e-s pour intervenir en notre faveur. Sur une centaine, c’était peu, mais c’était inespéré pour nous.
Par la suite, une femme nous a dit que nous étions lâche, alors qu’il nous a fallu un courage incroyable pour oser venir et lire ces mots.
On nous a menacé publiquement de nous casser la gueule, on nous dit de nous casser, que nous n’avions aucune dignité, que nous devrions avoir honte, qu’on les avait sali. Toutes ces menaces et ces phrases, elles ont été prononcées par des hommes qui ne nous parlaient pas, mais qui parlaient aux deux camarades hommes qui nous ont soutenues. Des personnes ont refusé de manger le repas du soir préparé par la cantine collective parce que nous étions là, invité-e-s par les organisateurs.
De retours chez nous, le hasard veut que nos boites mail étaient été piratées. Un des camarades hommes qui nous a soutenu a reçu des coups de téléphones, l’intimant de « changer de trottoir » et que « ç’est une menace ».

Nous remercions les personnes qui nous ont soutenues, qui sont venues nous voir, qui nous ont invitées à rester et qui continuent à nous montrer leur solidarité. Ces personnes savent qu’il n’est pas nécessaire de les nommer personnellement, car elles se reconnaîtront. Ces personnes savent aussi qui sont les sexistes, masculinistes et les chefs informels de la FA auxquels nos textes s’adressent.

Parce que si un jour anarchie se fera, ce serait trop triste qu’elle ressemble à la Fédération Anarchiste Française.


Article publié le 23 mai 2013  Email : hystericafeministes fV6 riseup.net
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Commentaires
  • Au cours de la manifestation contre le fascisme du dimanche 23 juin et quelques jours après les agressions de la part de la police et d’individus racistes à l’égard de plusieurs jeunes femmes voilées à Argenteuil, – où certaines de ces femmes s’étaient exprimées la veille au cours d’un rassemblement et ont raconté ces agressions – et à Melun et près d’Orléans, nous étions quelques copines militantes féministes à vouloir participer à une longue et nécessaire manifestation pour exprimer notre colère. Nous voulions aussi laisser des traces de notre passage et dire à l’aide de pochoirs et bombes de peinture rose et noire : « Femmes voilées agressées, plus jamais ! » et « Féministes en colère ! ».

    Nous choisissions des endroits stratégiques : bandes blanches de passages piétons, carrefours, promenades le long de la Seine, arrêts de bus. Une manière modeste de marquer la rue et l’espace public pour ne pas laisser la place au silence sur ce qui nous semble aussi insupportable : pas seulement la montée de l’extrême droite depuis les « manif pour tous », la mort d’un militant antifasciste, mais aussi les agressions, l’ostracisation et les discriminations envers les femmes voilées depuis des années.

    Mais les quelques réactions qu’ont suscitées ces bombages sont en elles mêmes révélatrices de ce qui se joue dans les rangs militants d’extrême gauche.

    En effet, une petite dizaine de femmes sont venues près de nous pour dire :

    « Ah c’est comme ça qu’on fait des pochoirs, ben maintenant, je saurai. »

    « Vous voulez que je vous aide à les tenir ? Parce qu’il y a un peu de vent. »

    Ou sans rien dire, certaines, ont mis les doigts au coin des pochoirs pour les tenir effectivement et nous permettre de bomber plus vite.

    D’autres ont demandé si on avait du matos pour qu’elles participent.

    D’autres ont dit : « Oh c’est bien ! C’est vrai que c’est grave ! »

    « J’aime bien ce que vous faites ».

    D’autres nous ont demandé qui nous étions.

    D’autres ont pris en photo les pochoirs.

    Mais un homme, militant syndicaliste arborant des badges et un drapeau est venu, s’est penché au dessus de mon épaule pour me dire :

    « Dis, quand tu fais ça : il faut mettre un casque. »

    J’ai dit : « C’est quoi ça ? »

    Il m’a dit : « C’est juste un conseil ! »

    Je me suis relevée. Il s’est redressé (aussi), s’est raidi et, en me prenant de haut, a ajouté :

    « Non, mais ma grande, c’est vrai quoi, quand on combat le fascisme : il faut être sérieuse ! »

    « Ma grande ». Il y avait tout là dedans : la différence d’âge, l’autorité de l’homme syndicaliste qui parle à la militante « amateure » qui avait l’âge d’être sa fille. Mon sang n’a fait qu’un tour :

    « Eh ben mon p’tit, tes conseils : tu te les gardes ! »

    J’ai décoléré. Et puis j’ai recommencé. Mais plus loin, à nouveau, alors que je bombais, je sens une main se poser sur mon épaule. Or, moi, j’aime pas les contacts physiques inattendus, non négociés et non consentis de ma part :

    « Eh camarade ! Quand tu bombes, recule toi un peu. »

    Je me suis relevée. Cette fois, c’était un jeune anarchiste en rangers et parka vert armée qui tenait son drapeau noir et rouge.

    « C’est quoi, ça ? »

    « Juste un conseil, tu sais : pour bien bomber… »

    « Non, on est pas camarades, c’est juste du paternalisme, et c’est déjà arrivé et moi je suis une féministe en colère ! »

    En fait, ce n’est pas anecdotique, c’est symptomatique. On n’était pas vraiment dans le même cortège. On n’était pas là dans le même esprit, ni avec le même rapport à la violence et aux violences. Parce qu’à l’avant, ça disait pas grand chose de Leïla, Rabia et des autres, à qui certain.e.s refusent le droit de vivre et sortir dans la rue comme et quand elles le veulent et le leur font comprendre de manière violente.

    Qu’en tête de cortège, ça cassait des vitres de banques, des abris bus, des panneaux publicitaires. Ça brûlait des fumigènes, ça lançait des pétards. Et d’ailleurs, l’une d’entre nous, médecin, est venue assister et rassurer un jeune militant qui avait pris un éclat de pétard près de l’oeil et craignait d’être éborgné.

    Qu’auraient été les réactions de ceux qui cassaient les vitres, si j’avais été leur taper sur l’épaule pour leur dire :

    « Eh camarade anti-fasciste quand tu fais ça : sois sérieux et mets du scotch parce qu’il faut faire attention au bris de glace ! Tu pourrais te couper les doigts, les burnes aussi. Mais, c’est juste un conseil ! »

    http://lmsi.net/Anti-fasciste-tes-c…

  • Tristement, il n’y a pas qu’à la FA que ça se passe :
    Texte de démission d’une anarcha-féministe de la CGA

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