A l’occasion du énième Conseil des Migrants sans migrant, nous étions une dizaine de personnes avec banderole et mégaphone devant la mairie de Calais pour protester contre la destruction des abris des afghans, l’expulsion qui semble avoir démarré et les conditions sanitaires imposées aux réfugiés, agravées depuis l’accession de l’UMP à la mairie de Calais.
Arrivent les "dirigeants" de Salam invités au conseil des migrants. L’attaque débuta à la lecture du tract, par la remise en cause de l’idée conductrice "no border" rappelée en bas de la feuille.
Nous n’aurions soit-disant pas invité Salam aux réunions de préparation du camp.
S’ensuivit une discussion très intéressante mais extrêmement vive sur la participation/collaboration de salam au conseil des migrants, nous reprochions alors aux dirigeants leur double-attitude et pour ma part leur manque de logique.
Dilemme : Riches bénis oui-oui de Besson/Bouchart ou opposants sans subvention
Le vice-président expliqua que la majorité des bénévoles de Salam n’étaient pas pour l’ouverture des frontières.
Rappelons que la majorité des bénévoles de Salam n’est jamais réunie pour discuter d’une position politique quelconque et qu’il s’agit en fait d’un groupe de 4 à 5 personnes qui décident ce qu’il faut penser et médiatiser pour l’ensemble des bénévoles intervenant sur le terrain. La preuve en est : aucun compte rendu de réunion "politique" ne transparaît sur le site de Salam, ni des questions qui pourraient être soulevées sur la pertinence de donner à manger dans la rue à des gens que l’on veut voir expulser dans des pays dangereux.
Ce dirigeant paraissait d’accord pour soutenir une opposition politique mais le problème résiderait, selon lui, dans la mésentente entre les associations
caritatives (!) et dans le fait que les hommes politiques de gauche
n’avaient jamais participé aux manifestations (du lieu de distribution
du repas au parc Richelieu).
Argent sale
Face à quelques participants du rassemblement qui ignoraient dans le détail les marchés conclus, ce dirigeant cumula la subvention de la mairie avec celle du conseil régional, histoire de cacher l’origine des fonds.
Rectification faite sur les 4000 euros d’une maire qui veut détruire le squat des afghans, ce fut l’un des secrétaires de Salam qui défendit âprement la mairie UMP. Il me demanda des comptes sur l’ancienne mairie communiste qui aurait selon lui financé mes appareils photos et aurait aidé ma famille a bien vivre. (J’aurais bien aimé que ce soit le cas et ma banque aussi.)
Craignant que nous n’entrions de force dans la mairie pour perturber le conseil, ce dernier en a appelé la police par téléphone !
Résultats du conseil des migrants : Rien
Rien n’a semble-t-il bougé sur les douches qui sont toujours en attente de servir. En attente de quoi ? de l’expulsion des bénéficiaires pour réduire les coûts ? C’est ça sans doute la gestion des flux migratoires.
Dans l’ambiance actuelle de la destruction des abris de tous les réfugiés, destruction soutenue par la maire de Calais, de l’expulsion "illégale" des réfugiés, Salam semble prise en étau entre apparaître comme une association de lutte sans organisation de la lutte, et la réception d’une subvention d’une maire qui tient des propos racistes et qui envoie l’armée contre les réfugiés (dixit Mme Bouchart, maire de Calais).
QUI ME NOURRIT EST MON MAÎTRE
A chaque mouvement politique émergent, les bénévoles comme toute personne impliquée se trouvent obliger de se positionner et d’agir en conséquences.
Quel mouvement susciterait autant de policiers que d’attaques de la part des dirigeants de Salam ?
La grande force de Salam se trouve dans leur distribution de repas.
Les réfugiés placés dans des conditions extrêmement miséreuses sont priés d’être choqués uniquement quand salam est choqué.
Et surtout de ne participer à aucune protestation publique devant la mairie ou autre lieu de l’Etat.
C’est dangereux, voyons ! C’est l’UMP et ses policiers (avec qui on discute pour soigner les petits maux avant le grand retour...)
zetkin