Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres, Je ne vois pas en
quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça. - Coluche
Attention, c’est la crise ! Une fois encore, nous allons devoir payer les “dérives” du système. Mais cette fois
la pilule est plus dure à faire avaler aux salariéEs exploitéEs et aux 3,5 millions de chômeurSES. L’Etat, qui
a distribué des centaines de milliards d’euros aux banques, patronNEs et actionnaires (argent qui n’était pas
disponible pour la sécu, les chômeurSEs, les malades, les pauvres…) va continuer la guerre de classe qu’il
mène depuis toujours : encore plus de logiques libérales, de fichage, de flicage.
Restructuration du personnel, usines fermées, travaileurSEs au chômage technique ou
licenciéEs… Pinault (7e fortune de France), qui engrange chaque année plus d’un milliard de bénefs, licencie 672
employéEs de La Redoute et ferme 81 boutiques en France. On prévoit 1400 suppressions de postes chez Arcelor-
Mittal (sidérurgie), 150 à 200.000 dans l’industrie automobile européenne, 2600 à la SNCF, 30.000 non renouvellements
de postes dans la fonction publique... Dans le même temps, l’Etat avance 1 milliard d’euros supplémentaires
pour renforcer son arsenal policier. Voilà qui promet. Pour le patronat, c’est le moment de larguer du lest et de profiter
de la couverture médiatique pour faire passer les plans sociaux qui traînaient dans les vieux cartons.
Une guerre idéologique…
Ce qui est pratique avec les “lois immuables du marché”, c’est qu’elles permettent de dissimuler la dimension
politique des choses. Où sont les responsables ? Nulle part. Les cycles du marché sont à mettre sur le
compte de la fatalité, paraît-il. Mais les magouilles des capitalistes débordent vraiment de trop. Alors en
guise de contre-partie pour ceux qui pointeront bientôt au Service du Travail Obligatoire (avec l’arrivée du
RSA et la fusion ANPE-ASSEDIC notamment), une vague promesse de “moralisation” du système (sic). Et
pour le reste ? On continue comme avant : casse de l’école et des hôpitaux, et toujours plus de prisons en construction.
Pour les âmes charitables qui croyaient encore au mythe de l’Etat social, voilà qui est gênant. Dans ces
moments d’offensive capitaliste, l’Etat joue la pacification et le maintien d’un ordre social toujours plus inégalitaire.
Notre travail n’est pas à prendre !
Ces mêmes politiques de régression sont à l’oeuvre partout en Europe. A l’heure où nos centrales syndicales
n’osent pas prononcer le mot de “grève générale” et où leur échéancier de mobilisation ressemble de plus
en plus à une stratégie de contrôle de la révolte, ailleurs on s’organise hors des compromis de gestionnaires.
En Italie et en Grèce, malgré le black out médiatique, étudiantEs et travailleurSEs battent le pavé conjointement
et tentent l’auto-organisation à la base. N’en déplaise aux Chérèque, Thibault et autres, l’enjeu n’est
alors pas d’”accompagner” la crise en négociant la prime de précarité à durée indéterminée. Ce qui nous est
asséné comme une fatalité doit pouvoir être surmonté dans la lutte, en dehors des sentiers battus d’avance,
en dénonçant l’exploitation salariale et l’autoritarisme d’Etat. Notre travail n’est plus à plus vendre, nos
revendications ne sont plus négociables ! Nous voulons tout et tout de suite !
Une des solutions historiques du mouvement ouvrier, c’est l’expropriation patronale et le redémarrage de la
production par les travailleurSEs eux-même et pour eux mêmes. Une telle solution a par exemple été mise
en oeuvre par des milliers de travailleurSEs en Argentine lors de la crise de 2001. Les patronNEs s’étant
enfuis avec la caisse, les ouvrierEs n’ont pas attendu un hypothétique (et illusoire) secours de l’Etat. Ils/elles
ont redémarré l’activité, sous forme coopérative, en reprenant collectivement l’outil de travail et en répartissant
équitablement les salaires.
GDALE - Groupe D’Anarchistes de Lille et Environs
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