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Villeneuve d’ascq attaque le pen concernant ses propos sur le massacre d’ascq
envoyé le 14/12/07 Mots-clés  antifascisme   crimes de guerre  

La ville de Villeneuve d’Ascq porte plainte contre Jean-Marie Le Pen pour "apologie de crimes de guerre" et "contestation de crimes contre l’humanité", concernant les propos du politicien nationaliste concernant la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement le massacre d’Ascq. Le procés a déjà été reporté deux fois et il a lieu ce vendredi 14 décembre.
Jean-Marie Le Pen avait estimé en janvier 2005, dans l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol, que l’occupation allemande de la France entre 1940 et 1944 n’avait "pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".
Il racontait un épisode supposé où la Gestapo avait joué, selon lui, un rôle positif en empêchant un officier allemand de faire fusiller des civils en représailles d’un attentat.
"C’est la Gestapo de Lille, avertie par la SNCF, qui arriva aussitôt à deux voitures pour arrêter le massacre. On pourrait multiplier les anecdotes de ce type"
Lorsqu’on s’intéresse au massacre d’Ascq cette relecture de l’histoire asservie à un tel argumentaire est tout-à-fait vicieuse, surtout au vu de la réalité des faits historiques toujours commémorés à l’heure actuelle. Le fait que cette tragédie soit évoquée comme une "anecdote" fait remonter avec horreur le souvenirs des propos sur les chambres à gaz déjà tenus par Le Pen.


Les faits en question

J’ai fait une recherche sur le massacre d’Ascq après avoir entendu la nouvelle et voilà comment cela s’est passé. C’est un évènement qui a particulièrement marqué la mémoire des habitants et du lieu. et on comprend pourquoi:lors de la fondation de Villeneuve d’Ascq on a maintenu le nom d’ Ascq notamment en mémoire de ce massacre, la ville a failli s’appeler commune de Villeneuve en Flandres. A partir de 1943 l’action de la résistance en zone occupée s’intensifie particulièrement concernant le sabotage des trains. L’état major nazi décide de représailles systématiques. Voilà ce qu’on peut lire sur le site internet de Villeneuve d’Ascq. L’article commence par détailler les sabotages ayant eu lieu durant cette année par la résistance du réseau Voix du Nord. Le massacre a été une réponse meutrier à un attentat ayant eu lieu le 1er avril 1944 et n’ayant fait aucun mort.
" La 12ème division blindée " Hitlerjugend ", récemment formée de jeunes nazis fanatisés, a été entraînée en Belgique. Elle a reçu l’ordre de Hitler de renforcer la défense de la Manche. Le premier convoi transportant des blindés légers est commandée par le lieutenant Hauck, âgé de 26 ans. Il a sous ses ordres 400 hommes dont les plus jeunes ont 17 ans.
Ils ont reçu les ordres du général Speerle, commandant en chef des troupes allemandes de l’Ouest concernant la lutte contre les "terroristes" : "En premier lieu, il faut riposter par les armes (si des innocents sont victimes, c’est regrettable, mais c’est la faute des terroristes). Aussitôt, il faut cerner le lieu de l’attentat et contrôler les civils sans distinction. Il faut immédiatement incendier les habitations d’où sont partis les coups de feu..."

A la frontière de Baisieux, le lieutenant Hauck décide de faire passer son train militaire après l’express Bruxelles-Lille. Son convoi remplace un train de marchandises qui est annoncé pour 22h44 en gare d’Ascq. Le convoi allemand entre à petite vitesse en gare d’Ascq. Une explosion se produit au passage de la locomotive. La machine s’immobilise face à la cabine d’aiguillage près du passage à niveau de la rue principale du village (rue Gaston Baratte). Trois wagons chargés de véhicules légers sont sortis des rails. Les dégâts sont minimes, mais le convoi est bloqué. Un quart d’heure après l’explosion, le lieutenant Hauck rassemble une partie des hommes de la division Hitlerjugend. Les ordres sont stricts, les consignes du général Speerle en cas d’événements spéciaux sont appliquées. Les SS divisés en commandos sont chargés de rassembler la population du village sur la voie ferrée.
Ensuite, il fut ordonné de n’amener que "les hommes de 15 à 50 ans" sur les voies pour "réparer les dégâts". Les Asquois ont été réveillés par l’explosion. Ils sont alertés par le tapage des coups frappés par les SS, des portes sont enfoncées pour chercher les hommes. Des coups de feu tirés dans les rues, l’odeur de la poudre laissent croire qu’un combat s’y déroule entre les Allemands et les "terroristes" (les résistants).

A la gare, Hauck malmène Monsieur Carré, le chef de gare et Elie Derache, le facteur enregistrant. Après avoir tiré sur eux, il les laisse pour morts. De retour au passage à niveau, il ordonne les exécutions. Un premier peloton d’hommes et de femmes venant des abords de la voie ferrée est poussé à coups de crosses de fusils vers le lieu d’exécution. Les SS abattent les hommes les uns après les autres et renvoient les femmes.
Un second puis un troisième pelotons sont amenés le long de la voie. Aux ordres, les fusils et les mitrailleuses fusillent les Ascquois. Un gradé achève d’un coup de revolver les mourants qui gisent à terre. Quelques hommes pourtant réchapperont du massacre. Certains ont essayé de s’enfuir à la faveur de l’obscurité. Mais le lieutenant Hauck a chargé un commando d’abattre les fuyards à revers depuis une maison isolée, la maison Roseau.
Un quatrième peloton d’une quarantaine d’hommes comprend le maire d’Ascq. Il parlemente en allemand au passage à niveau. Les coups de sifflet de la Feldgendarmerie font cesser les tirs. Les représailles des SS de la 12ème SS Hitlerjugend s’arrêtent. Les soldats de la Wehrmacht, détachés à Ascq depuis le début de la guerre, ont essuyé les tirs des SS. Mais ils ont pu prévenir les autorités supérieures allemandes à Lille. Le facteur enregistrant de la gare d’Ascq, Elie Derache, a aussi sans cesse télégraphié à Lille pour demander du secours. La Feldgendarmerie arrivée sur place a pu limiter la répression militaire.
Cependant, 86 civils ont péri, quelques uns étaient des résistants, d’autres pas. Le matin des Rameaux, les Ascquois découvrent l’ampleur du massacre. Malgré le blocus du village par l’occupant, la nouvelle se transmet rapidement dans la métropole lilloise.

L’Oberfeldkommandant de Lille, le général Bertram, veut publier un "Avis" qui accuse les Ascquois. Les journalistes refusent de le faire paraître. Ils y sont contraints par la force. Le "Réveil du Nord" publie dans la rubrique "état civil" la liste des 86 noms des fusillés d’Ascq. Pierre Briet avait 75 ans, Jean Roques, 15 ans à peine. La rumeur du massacre provoque une profonde émotion dans la région."
(fin de la citation du site http://www.villeneuvedascq.fr/ascq/massacre.


Liste des victimes du massacre

La relève des morts commence le matin du 2 avril 1944 : 10 rue Mangin ; 1 rue Courbet ; 1 Place de la Gare ; 2 rue Marceau (actuellement rue Gaston Baratte), devant le portail de l’église et 3 au presbytère ; 7 carrière Dewailly et 62 au Quennelet près de la voie ferrée.

Liste des massacrés, par ordre alphabétique. Le plus vieux était Pierre Briet, 75 ans, et le plus jeune Jean Roques, 15 ans.

* 01. Lucien Albert, 38 ans (prisonnier en congé maladie).
* 02. Henri Averlon, 49 ans (sinistré d’Hellemmes).
* 03. Claude Averlon, 21 ans (sinistré d’Hellemmes).
* 04. René Balois, 29 ans (habitant de Roubaix).
* 05. Gaston Baratte, 46 ans (dirigeant d’un tissage spécialisé pour l’ameublement).
* 06. Louis Beghin, 32 ans.
* 07. Robert Billaux, 44 ans (prisonnier rapatrié).
* 08. Pierre Brillet, 75 ans (négociant retraité).
* 09. Maurice Carpentier, 44 ans.
* 10. Edgar Castain, 60 ans.
* 11. René Catoire, 61 ans (horloger-bijoutier).
* 12. Gaston Chrétien, 39 ans (artisan-serrurier, président de la Ligue Ouvrière Chrétienne).
* 13. Henri Comyn, 24 ans.
* 14. Arthur Couque, 35 ans.
* 15. Clovis Couque, 31 ans (employé de chemin de fer).
* 16. Pierre Courmont, abbé, 38 ans.
* 17. Maurice Cousin, 35 ans (abbé, vicaire).
* 18. René Crucq, 36 ans.
* 19. Henri Debachy, 34 ans.
* 20. Julien Declercq, 42 ans.
* 21. Emile Decourselle, 58 ans (garde-champêtre d’Ascq).
* 22. Louis Deffontaine, 32 ans (habitant de Baisieux).
* 23. Henri Dekleermaker, 20 ans (garde-voie).
* 24. Eugène Delannoy, 45 ans.
* 25. René Delattre, 52 ans (patron de café de la gare).
* 26. Henri Delbecque, 54 ans (jardinier-concierge d’André Guermonprez).
* 27. Fernand Delcroix, 23 ans (gérant de la succursale des Docks du Nord).
* 28. Paul Delemotte, 40 ans.
* 29. Albert Demersseman, 25 ans.
* 30. Michel Depoorter, 50 ans (commerçant).
* 31. Charles Descamps, 40 ans.
* 32. Marcel Descatoires, 43 ans.
* 33. Gaston Desmettre, 45 ans (employé de chemin de fer, sinistré d’Hellemmes
* 34. Louis Desrumaux, 18 ans (habitant de Tressin).
* 35. Emile Dété, 47 ans.
* 36. Léon Dewailly, 41 ans (entrepreneur de couverture).
* 37. Henri Dillies, 47 ans.
* 38. Charlemagne Dubrulle, 64 ans (épicier).
* 39. Roger Duretz, 23 ans (employé de chemin de fer).
* 40. Charles Dutilloy, 45 ans (membre du réseau W.O).
* 41. Georges Facon, 40 ans.
* 42. Maurice Follet, 40 ans.
* 43. Jules Francke, 36 ans (sinistré de Fives).
* 44. Henri Guilleron, 60 ans (abbé, curé).
* 45. André Grimopont, 35 ans (employé de chemin de fer).
* 46. André Guermonprez, 39 ans (industriel).
* 47. Raoul Hebert, 45 ans.
* 48. Jules Hennebique, 55 ans.
* 49. Apollinaire Hennin, 71 ans.
* 50. Jules Horbez, 52 ans.
* 51. Pierre Lallard, 43 ans (prisonnier rapatrié).
* 52. Maurice Langlard, 46 ans (dirigeant de la Ligue Ouvrière Chrétienne).
* 53. Constant Lautem, 38 ans (garde-voie).
* 54. Gustave Lhernould, 48 ans.
* 55. Paul-Henri Lhernould, 17 ans (élève de seconde au collège moderne de Lille).
* 56. Paul-Alphonse Lhernould, 57 ans.
* 57. Paul Leruste, 33 ans.
* 58. Paul Macaigne, 53 ans (grand blessé)
* 59. Georges Marga, 24 ans.
* 60. Maurice Menez, 41 ans.
* 61. Paul Meplont, 72 ans.
* 62. François Noblecourt, 45 ans.
* 63. Jean Nuyttens, 40 ans.
* 64. André Ollivier, 31 ans (aiguilleur de trains).
* 65. Paul Otlet, 36 ans.
* 66. Georges Oudart, 35 ans (artisan-menuisier, ancien prisonnier).
* 67. Arthur Pottié, 71 ans.
* 68. Raphaël Poulain, 31 ans.
* 69. Arthur Rigaut, 49 ans.
* 70. Auguste Ronsse, 63 ans.
* 71. Jean Roques, 16 ans (élève au Lycée Faidherbe à Lille).
* 72. Maurice Roques, 48 ans.
* 73. Robert Rouneau, 45 ans.
* 74. Lucien Sabin, 42 ans (industriel, ancien capitaine de chars).
* 75. Henri Six, 29 ans.
* 76. Gustave Thieffry, 66 ans.
* 77. Maurice Thieffry, 47 ans.
* 78. Michel Thieffry, 19 ans.
* 79. Jean Trackoen, 20 ans (ouvrier métallurgiste).
* 80. René Trackoen, 16 ans (ouvrier métallurgiste).
* 81. Robert Trehoust, 38 ans (ex-lieutenant d’artillerie, prisonnier rapatrié)
* 82. Roger Vancraeynest, 16 ans.
* 83. Maurice Vandenbussche, 22 ans (cheminot).
* 84. René Vandermersche, 24 ans (membre du réseau Voix du Nord).
* 85. Albert Vanpeene, 22 ans (employé de chemin de fer).
* 86. Paul Vermus, 59 ans.

Le massacre compte aussi des rescapés et de nombreux blessés. Les blessés dénombrés étaient Arthur Bettremieux, 17 ans ; Jean Cardon, 45 ans ; Édouard Carton, 20 ans ; Léon Chuffart, 31 ans ; Richard Dejonghe, 54 ans ; Gustave Mérie, 59 ans ; Clovis Pelloquin, 45 ans ; Assène Sion, 63 ans ; Gustave Vancraeyenest 51 ans ; Oscar Vanmœrbeke, 68 ans.

Ne laissons pas cette enflure insulter la mémoire des disparus et l’honneur des réscapés.
Luttons pour sauvegarder la mémoire du passé et réfléchir sur notre histoire.


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