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La véritable raison pour laquelle Jean Bricmont soutient la liberté d’expression des antisémites et des néonazis
envoyé le 10/05/13 Mots-clés  luttes des sans-papier-e-s  

Limites de l’anti­sio­nisme n° 11

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1918

Cette rubri­que irré­gulière inau­gurée en 2002 (on trou­vera les dix pre­miers arti­cles dans la compil’ n°1 de Ni patrie ni fron­tières « Question juive, sio­nisme et anti­sio­nisme » parue en 2008 http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique103) pour­rait mal­heu­reu­se­ment être ali­mentée quo­ti­dien­ne­ment, mais cer­tai­nes perles de l’anti­sio­nisme dit de gauche valent vrai­ment la peine d’être signalées.
Depuis des années, beau­coup de mili­tants à gauche et à l’extrême gauche se deman­dent pour­quoi « le liber­taire » Chomsky et son pote « de gauche », « anti­sio­niste » et « anti-impér­ial­iste » Jean Bricmont tien­nent tant à la liberté d’expres­sion des fas­cis­tes, néo­nazis et autres négati­onn­istes. Pour Chomsky, on attri­bue géné­ra­lement cette atti­tude à une bizarre par­ti­cu­la­rité amé­ric­aine. Donc, avec une condes­cen­dance toute gau­loise, Chomsky est présenté en France par ses sou­tiens comme un brave intello englué dans les mythes fon­da­teurs de la démoc­ratie amé­ric­aine (dont eux ne sont pas dupes, pas plus que des mythes du répub­li­can­isme français, bien sûr...), mais pas comme un type vrai­ment dan­ge­reux sur le plan poli­ti­que.

Cela dit, quand on voit que non seu­le­ment Chomsky déf­endit la liberté d’expres­sion de Faurisson et de ses amis négati­onn­istes dans les années 1979-1980, qu’il signa plus réc­emment une pétition en faveur de l’abro­ga­tion de la loi Gayssot, lancée par Paul-Emile Blanrue en vue de sou­te­nir le négati­onn­iste Vincent Raynouard, mais qu’en plus il fit, en 1985, un exposé à une réunion de l’Institute for Historical Review (ins­ti­tut qui béné­ficiait du sou­tien de la fine fleur du négati­onn­isme inter­na­tio­nal, c’est-à-dire R. Faurisson, D. Irving, H. Roques, D. Duke, L. Degrelle, T. Christophersen, etc., mais dont l’influence et le rayon­ne­ment déc­linent depuis une dizaine d’années), exposé consa­cré à, tenez-vous bien « La crise du Moyen-Orient et la menace de la guerre nuclé­aire (1) », on se dit qu’il ne s’agit plus seu­le­ment de déf­ense de la liberté d’expres­sion « à l’amé­ric­aine », mais d’une croyance lét­hale en les vertus du dia­lo­gue avec les fas­cis­tes, les nazis et les par­ti­sans du Ku Klux Klan (dont David Duke fut l’un des chefs). Mais qu’en est-il de son pote Bricmont, lui aussi signa­taire de la pétition pour libérer le néo­nazi Reynouard ?

Il faut se plon­ger dans les 596 pages écrites par Pierre Stambul, res­pon­sa­ble de l’UJFP, pour trou­ver enfin une expli­ca­tion cohér­ente. Dans cette com­pi­la­tion (trop volu­mi­neuse, hélas !) de tous les écrits, secondai­res ou impor­tants, de P. Stambul depuis trente ans, on trouve repro­duit aux pages 216 et 217 (Israel-Palestine. Du refus d’être com­plice à l’enga­ge­ment, Acratie, 2013) un mail de Jean Bricmont qui donne enfin une expli­ca­tion – écœurante mais sans ambi­guité pour une fois – de l’atti­tude cra­pu­leuse de Bricmont vis-à-vis de l’antisé­mit­isme et de sa forme non moins cra­pu­leuse d’anti­sio­nisme de gauche. Je cite intég­ra­lement ce mor­ceau d’antho­lo­gie antisé­mite (mal) dis­si­mulé sous un prét­endu rai­son­ne­ment « anti­sio­niste » et « anti-impér­ial­iste » :

« Bien que l’antisé­mit­isme et l’anti­sio­nisme soient concep­tuel­le­ment dis­tincts, je pense qu’ils sont néanmoins psy­cho­lo­gi­que­ment reliés. », écrit Bricmont.

On admi­rera l’usage de l’expres­sion terme « psy­cho­lo­gi­que­ment reliés ». Quand la bande à Fofana tor­ture et tue Ilan Halimi, ou quand Merah tue des enfants juifs à Toulouse, c’est uni­que­ment une affaire « psy­cho­lo­gi­que ». Idem quand le Hamas procède à des atten­tats sui­ci­des contre des civils israéliens...

Continuons notre excur­sion dans les méandres d’un cer­veau de la gauche anti­sio­niste qui trouve des vertus à l’antisé­mit­isme :
« Là où la soli­da­rité avec les Palestiniens est la plus forte (au Moyen-Orient et dans les milieux “issus de l’immi­gra­tion”), c’est là que l’antisé­mit­isme est le plus fort, tandis que là où l’antisé­mit­isme est le plus cen­suré (aux Etats-Unis et en Allemagne), la soli­da­rité avec les Palestiniens est la plus faible. »

L’intérêt de ce texte est qu’il établit un lien entre antisé­mit­isme et anti­sio­nisme tout à fait direct et de la façon la plus cyni­que qui soit, de façon à ins­tru­men­ta­li­ser la dén­onc­iation du colo­nia­lisme israélien et à jus­ti­fier toutes les allian­ces poli­ti­ques avec les forces les plus réacti­onn­aires. Mais le « rai­son­ne­ment » de cet anti­sio­niste de gauche ne se ter­mine pas là.

« Evidemment, il faut définir ce qu’on entend par “antisé­mit­isme”, il peut avoir plu­sieurs sens, mais je veux dire ici une croyance exagérée au “pou­voir juif”. J’expli­que­rai pour­quoi cette croyance est une conséqu­ence inél­uc­table de la situa­tion, à la fois en Palestine et sur­tout ici. »

Tiens, tiens, voilà un argu­ment vieux comme... l’antisé­mit­isme. Si les gens sont antisé­mites c’est une « conséqu­ence inél­uc­table » de la façon dont ils envi­sa­gent (mal selon Bricmont) le « pou­voir juif » ) en Palestine comme en Europe. Les (néo)fas­cis­tes et les néo(nazis) dén­oncent le « lobby juif », le « pou­voir judéo maç­on­nique », la « cons­pi­ra­tion judéo-bol­che­vi­que » etc. Bricmont, plus modeste et plus pru­dent, parle de « pou­voir juif », tra­duc­tion pres­que com­plète de l’expres­sion « jewish-zio­nist power » uti­lisée par les négati­onn­istes anti­sio­nis­tes de l’Institute for Historical Review.

« J’expli­que­rai aussi pour­quoi la pre­mière tâche du “ mou­ve­ment de soli­da­rité” devrait être de déf­endre la liberté d’expres­sion et de libérer la parole non juive (sur tous ces sujets) : j’expli­que­rai aussi pour­quoi la seule façon de lutter réel­lement contre l’antisé­mit­isme est de mettre fin à la “lutte contre l’antisé­mit­isme” telle qu’elle est menée aujourd’hui. »

Nous ne pou­vons qu’approu­ver le com­men­taire de Pierre Stambul face à cette lettre : « J’avoue être assez affligé par cette posi­tion de Bricmont pour qui “libérer” la parole antisé­mite aide les Palestiniens. Je pense bien sûr le contraire. »

Malheureusement, il ne s’agit pas seu­le­ment de se borner à expri­mer son « afflic­tion », il s’agit – pour le coup, le mot est le bien­venu – d’être vrai­ment "indi­gné" et de dén­oncer l’antisé­mite Bricmont, pote à Chomsky et par­ti­san de sou­te­nir la liberté d’expres­sion des néo­nazis comme Raynouard. Car Bricmont ne fait que dire tout haut dans son mail repro­duit par Stambul ce que disent tout bas beau­coup d’anti­sio­nis­tes dits de gauche ou d’extrême gauche, ou liber­tai­res.

A ceux-ci donc de nous dire dans quel camp ils se situent et quel­les allian­ces poli­ti­ques ils sou­tien­nent !

Y.C., Ni patrie ni fron­tières, 8 mai 2013

1. Le fait est rap­porté par Valérie Igounet, dans son excel­lent Robert Faurisson, por­trait d’un négati­onn­iste, Denoël, 2012, livre sur lequel nous revien­drons et qui montre à quel point les quel­ques « ultra­gau­ches » en carton qui ren­contrèrent Faurisson dans les années 1970 n’igno­raient rien de ses posi­tions et de son par­cours poli­ti­que à l’extrême droite. La source de V. Igounet étant un livre de René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Le Monde éditions, 1992, p. 197. A cette col­la­bo­ra­tion de Chomsky, on ajou­tera aussi son arti­cle au titre sym­bo­li­que (« Toutes les entra­ves à la liberté d’expres­sion minent une société démoc­ra­tique ») « All Denials of Free Speech Undercut a Democratic Society », The Journal of Historical Review, volume 7, no. 1 (Spring 1986), p. 123. Cet arti­cle ne figure pas sur la liste du site offi­ciel de Chomsky, pas plus qu’il n’est fait men­tion d’ailleurs de sa confér­ence devant l’IHR. On trouve une référ­ence à cet arti­cle aussi dans le livre du réac Werner Cohn contre Chomsky (http://www.wer­ner­cohn.com/Chomsky.html) mais comme les archi­ves des négati­onn­istes de l’IHR ne remon­tent pas jusqu’à 1986 sur le Net, il est impos­si­ble de tran­cher. Nous lais­sons donc aux « chom­sko­lo­gues » le soin de contac­ter leur maître pour connaître les tenants et les abou­tis­sants de ses rap­ports avec les négati­onn­istes amé­ricains. Nous publie­rons bien sûr leur dém­enti, si dém­enti il devait y avoir...

P.S. : On lira avec profit sur ces ques­tions l’arti­cle des Luftmenschen « A propos des raci­nes et des excrois­san­ces du négati­onn­isme » http://luftmenschen.over-blog.com/article-negationnisme-noyau-dur-et-satellites-101552144.html et Extrême gauche, extrême droite :Inventaire de la confu­sion, publié dans le n°36-37 de Ni patrie ni fron­tières (http://www.mondialisme.org/spip.php?article1698)


envoyé le 10 mai 2013 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Compléments
  • 11 mai 2013 12:07

    Coleman est le principal rédacteur d’une revue qui s’appelle Ni patrie ni frontières. C’est en tout cas lui qui la diffuse à son adresse. On peine donc à croire qu’il puisse être sioniste comme l’affirme sans honte le commentaire du troll de service.

  • 11 mai 2013 22:27

    Sionisme et antisémitisme

    Ils ont un point commun. Sionistes et antisémites pensent que les Juifs ne peuvent pas vivre avec les autres. Pour les antisémites, cela signifie selon leur degré de radicalité que les Juifs doivent partir ou être exterminés. Pour les sionistes, cela implique qu’il y a un État Juif et que tout Juif qui vit en diaspora est un « touriste » appelé tôt ou tard à exercer son « droit au retour ». Jusqu’à Auschwitz, les sionistes étaient largement minoritaires parmi les Juifs par rapport à d’autres idéologies (le Bund, favorable à l’autonomie culturelle sans territoire spécifique, les communistes...) et l’intégration, voire l’assimilation avaient beaucoup avancé.

    En 1939, il n’y a que 3% des Juifs qui vivent en Palestine. C’est le génocide qui a permis les conditions historiques de la création de l’État d’Israël. Pourtant, les sionistes n’ont eu qu’une part relative dans la résistance juive au nazisme, certains sionistes continuant la lutte contre les Britanniques jusqu’en 1942. Il y a quelque part « complémentarité » entre sionisme et antisémitisme. Prenons l’exemple de l’émigration vers Israël des Juifs des pays arabes dans les années 50 ou celle provenant des pays de l’Est à partir de 1980. Il y a eu des phénomènes objectifs de discrimination et de persécution contre les Juifs (attaques contre les civils, fermeture des institutions communautaires, numerus clausus...), et aucune volonté politique de « retenir » les Juifs. Mais quand ils ne sont pas partis d’eux-mêmes, Israël les y a incités. Soit par des mesures économiques, soit par des campagnes de peur. On sait à présent que c’est le Mossad qui a commis l’attentat contre la synagogue de Bagdad au début des années 50. Les méthodes employées pour faire immigrer en quelques jours la quasi-totalité d’une communauté millénaire (les Juifs yéménites) en exploitant leurs superstitions n’a rien à voir avec une quelconque persécution.

    […] le sionisme a besoin en permanence de l’antisémitisme pour justifier la politique israélienne, pour maintenir un flux d’immigration et pour poursuivre la colonisation. Au départ, le sionisme avait pour objectif de faire disparaître l’antisémitisme. Aujourd’hui, il en vit. Les « Institutions » juives mélangent sciemment Juif, Sioniste, Israélien. Par exemple, l’étoile de David symbolise à la fois le signe distinctif des victimes du génocide et le drapeau israélien. […]

    Pierre Stambul

    http://blogs.mediapart.fr/blog/fxavier/191009/antisionisme-pierre-stambul-et-michel-warschawski

    Il en faut pas plus pour franchir les "limites" de l’antisionisme instituées par Coleman…

  • Quand il s’agit de son compère Didier Daeninckx, spécialiste comme lui de la chasse aux négationnistes, mais dans un milieu plus grand public, Yves Coleman se garde bien d’intervenir. C’est ce qu’il dénonce (chez les autres) : « Le copinage sans principes serait-il un des principes de fonctionnement de nos radicaux chics ? »

    Communiqué à propos des incidents au festival du polar de la Bastille

    Aujourd’hui, 15 juin 2001, devait se tenir un débat à l’initiative de la revue Mouvement, dans le cadre des "trois jours du polar" de la Bastille.
    Informé de la présence de Didier Daeninckx parmi les intervenants, Guy Dardel, Directeur de la radio "Fréquence Paris Plurielles" et auteur de polars, est venu demander à Daeninckx de s’expliquer sur les calomnies qu’il colportait à son sujet. Un certain nombre de victimes de ses précédentes calomnies ont tenus à l’accompagner pour marquer leur solidarité. Nous avions annoncé que nous étions décidés à ce que tout se passe calmement mais des amis de Daeninckx ont fait monter le ton et hurlé des insanités dès que Guy Dardel a pris la parole.

    Invité à s’expliquer, Didier Daeninckx a préféré partir. Des spectateurs ont alors voulu le retenir pour obtenir des explications et des excuses. Malgré nos appels au calme, une bousculade s’en est suivie, notamment avec les deux "gardes du corps" de Daeninckx. De nombreux témoins peuvent attester qu’à aucun moment Daeninckx n’a été molesté. Après ces incidents, que nous déplorons, il a quitté le chapiteau sans le moindre problème.

    Nous dénonçons par avance l’usage intéressé qu’il pourrait faire de cette bousculade, qui n’aurait pas eu lieu si ses sbires étaient restés calmes. Nous constatons que, quand il est interpellé sur ses calomnies, qui n’ont que trop duré, Didier Daeninckx n’a pas d’autre réaction que la fuite.

    - Guy Dardel, directeur de Fréquences Paris Plurielle, écrivain
    - Maurice Rajfus, écrivain, Président d’honneur de Fréquence Paris Plurielle, Président d’honneur de Ras l’front
    - Thierry Jonquet, écrivain
    - Gérard Delteil, écrivain
    - Jean-Pierre Bastid, écrivain, cinéaste
    - Michèle Lesbre, écrivain
    - Alexis Violet, écrivain, membre de la LCR
    - Serge Quadruppani, écrivain et traducteur
    - Cesare Battisti, écrivain
    - Jean-Christophe Brochier, éditeur
    - Hervé Delouche, directeur de collection
    - Martine Laval, journaliste
    - Hubert Artus, journaliste radio
    - Catherine Grupper, militante MRAP
    - Pierre Baron, militant Ras l’Front
    - Sissi Lalhou, militante MIB
    - Hakim Beddar, militant MIB
    - Alain Pojolat, Collectif "Ne Laissons pas Faire"
    - Philippe Charles Nastel, enseignant université Paris 8
    - Oreste Scalzone
    - Emmanuelle Bastid
    - Isabelle Saint Saens

  • 12 mai 2013 14:56

    Pour ceux qui cherchent désespérément le rapport avec Bricmont, mais qui ont trouvé tout de suite le rapport entre n’importe quelle lutte et les accusations d’antisémitisme à la sauce Coleman : lu sur son site :

    « Cherchez l’intrus dans cette énumération : flotille de Gaza… casse des retraites…apéro saucisson-pinard…

    « Cet inventaire à la Prévert devrait à priori faire éclater de rire n’importe quel militant ou sympathisant d’extrême gauche ou de gauche. Qu’y a-t-il de commun entre l’intervention meurtrière des soldats israéliens contre un des bateaux de la flottille « humanitaire » pour Gaza le 31 mai 2010, les nouvelles mesures prises par le gouvernement Sarkozy/Fillon contre les retraites le 16 juin 2010 et l’organisation d’un apéro « saucisson pinard » à la Goutte d’Or, le 18 juin 2010 par un quarteron de gaullistes, de libéraux, d’identitaires, de militants d’extrême droite et de l’UMP, et de républicains de gauche, tous unis dans la xénophobie ? »

    Avant de voir la réponse d’« Yves » à cette devinette, quelques remarques : vous noterez les guillemets à flottille « humanitaire » pour Gaza, ce qui en soi en dit déjà long sur les intentions du personnage et son alignement sur les médias de la pensée unique. Ensuite, « contre UN des bateaux de la flottille », alors que TOUS les bateaux ont été attaqués, histoire de minimiser encore un peu plus l’agression sioniste.

    Voyons maintenant la réponse de Ni patrie ni frontières à cet « inventaire à la Prévert » :

    « Apparemment rien. Mais c’est que, chers lectrices et lecteurs, vous n’aviez (heureusement ! ) pas pensé du tout au « complot sioniste », thèse fantaisiste et criminelle qui permet depuis quelques années d’expliquer tout et n’importe quoi. »

    Je n’invente rien, c’est ici :

    http://mondialisme.org/spip.php?article1511

    Ça ne vous rappelle rien ? C’est à peu près les mêmes arguments que donnait le CRIF à l’époque :

    « dénoncer les mensonges et les manipulations des pseudo-flottilles humanitaires qui ne sont que des sous-marins fascistes islamistes à la solde des mollahs iraniens »

  • Même quand les conspis-anticonspis ont essayé de l’enrôler, il y a eu des réactions chez leurs lecteurs. C’est dire la notoriété du personnage ! Imaginez un peu, même les chasseurs de sorcières n’en veulent pas !

    « chers camarades de Conspis,

    permettez à un anonyme partisan de votre combat contre le confusionnisme et qui relaye partout l’adresse de votre blog, de dire que vous n’êtes pas loin de vous tirer la fameuse balle dans le pied en relayant un article d’Yves Coleman. En effet, ce brave garçon a la particularité de dire plein de choses intéressantes, de développer nombre d’analyses pertinentes mais de sombrer, tout à fait curieusement, dans la sottise et la mauvaise foi la plus invraisemblable dès qu’il s’agit de l’Etat d’Israël et du sionisme.

    Là, tout sens critique semble aboli. De même que toute honnêteté intellectuelle. Car le bonhomme sait bien à qui il s’adresse, il sait que son lectorat, dans sa quasi totalité, vomit le colonialisme et n’a aucune sympathie ni pour les colons ni pour les armées en général. Alors, tout en défendant le sionisme bec et ongles, il jure ses grands dieux qu’il n’est pas sioniste.

    Hélas, pour lui il ne fait aucun doute que l’antisionisme et l’antisémitisme c’est du pareil au même. Il veut bien concéder que quelques naïfs sincères peuvent être antisionistes sans être vraiment antisémites, mais c’est pure gentillesse de sa part.

    Sur cette question, Mister Coleman fonctionne de façon binaire : l’Etat d’Israël est un Etat juif, donc ceux qui s’y opposent ne peuvent être qu’antisémites. D’ailleurs, fait-il finement remarquer, tous les Etats sont mauvais (c’est la seule chose qu’il veuille garder de l’anarchisme, réduit à une pure formule incantatoire) donc il n’y a aucune raison de s’en prendre à un Etat particulier, l’Etat d’israël. Si vous le faites, c’est que vous êtes…. (remplir suivant les pointillés.)

    Malheureusement pour Yves Coleman, il ne fait aucun doute que l’Etat d’Israël n’est pas tout à fait “un Etat comme un autre.” Tout simplement parce que c’est le dernier Etat colonial de la planète. Anachronisme historique né en 1948, au lendemain de la plus vaste décolonisation de l’Histoire, celle de l’Inde, et à la veille d’un vaste mouvement de décolonisation qui allait culminer avec l’indépendance de l’Algérie, de la Rhodésie et la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. L’Etat d’Israël est bel et bien un Etat colonial né du nettoyage ethnique du peuple palestinien, puisque deux tiers de la population arabe palestinienne ont été chassés de leurs terres.

    Ainsi, il ne faudrait pas que pour l’excellente raison de dénoncer les antisémites qui se drapent dans l’antisionisme et les crétins bornés qui ont l’anti impérialisme pour seul horizon et en viennent, au mépris de toute vision de classe, à soutenir les pires dictatures, vous en veniez à tordre le bâton dans l’autre sens et à justifier, par un regrettable effet de miroir, la vision paranoïaque d’un Yves Coleman qui se fait le chantre du colonialisme sioniste. Vos analyses et votre remarquable travail de décorticage n’ont pas besoin de s’appuyer sur les divagations de M. Coleman.

    Fraternellement,
Karib »

    « Je parle évidemment du site d’Yves Coleman, Sans patrie ni frontières, sur Mondialisme.org. Il n’y a pas que l’article limites de l’antisionisme (où il semble déjà faire quelque peu machine arrière) mais de l’ensemble des textes où il traite de la question. Leur lecture prend évidemment un peu de temps, mais on se rend compte assez rapidement du parti qui est le sien : la défense du sionisme et de l’Etat d’Israël, la prise à partie systématique du mouvement de résistance palestinien, accusé de tous les maux parce que lié au nationalisme arabe puis actuellement à la réaction religieuse, une “position de classe” qui peut au premier abord sembler cohérente mais qui se révèle très vite un simple prétexte pour défendre l’indéfendable. Encore une fois, dommage, parce que sur tout le reste, Yves Coleman développe des analyses tout à fait remarquables. Sans le connaître personnellement, nous avons des amis communs et ceux-ci lui disent exactement la même chose […] »

    « Je connais les textes d’Yves Coleman depuis des années et depuis des années, comme tant d’autres, j’ai repéré le sionisme avéré de leur auteur. Cela dit, devant la levée de boucliers que ses positions ont suscitée, notre bonhomme a prudemment infléchi son discours. Je vous avoue que pris par bien d’autres activités, je n’ai pas le temps d’aller fouiller dans sa revue “Ni patrie ni frontières” pour aller chercher les preuves de ce que j’avance. Si vous ne les trouvez pas, c’est soit qu’il a caviardé ses propres écrits, soit que vous n’avez pas, comme moi, le temps de faire les recherches nécessaires.

    J’ai dit plus haut, dans mes précédents commentaires, et ce n’est pas vraiment une preuve de simplisme ni de pensée sommaire, que les positions d’Yves Coleman étaient curieuses s’agissant de quelqu’un qui par ailleurs développe des analyses souvent pertinentes et qui sont en tout cas fondées sur un ensemble de réflexions que je partage. Seulement, dès qu’il s’agit du sionisme et de la résistance palestinienne, Yves Coleman se fige sur une manière de garde à vous idéologique où le “nationalisme” devient le mal absolu. Et s’il veut bien concéder que le sionisme est un nationalisme et donc condamnable à ce titre (mais on sent toujours que la concession est douloureuse), il est clair que le “nationalisme” qu’il vise est le nationalisme palestinien.

    Ce que j’avance n’est ni le fruit d’une animosité personnelle contre Yves Coleman ni le fruit d’une imagination simplificatrice. Je ne connais pas les raisons d’une telle rigidité idéologique chez lui, qui relèvent probablement de la sphère personnelle, mais le résultat est qu’il s’est taillé une belle réputation de sioniste à tout crin. Les reproches en ce sens sont parfois excessifs, souvent injustes, mais pas complètement infondés non plus. […] »

    « Alors ce que je lui reproche ? Quand on lit l’ensemble de ses textes sur la question de l’antisionisme, d’Israël, etc. (il me semble bien, pourtant, qu’un certain nombre de ses textes ont disparu, mais je peux me tromper), on ne peut qu’être frappé, au-delà même de telle ou telle formulation, par un tropisme favorable au sionisme et à l’Etat d’Israël. Et inversement, par un agacement très net envers tout ce qui touche au soutien à la résistance palestinienne.
Sa sympathie profonde va au sionisme, qu’il reconnaît pourtant être une forme de nationalisme, et à l’Etat d’Israël, qu’il reconnaît pourtant être né de l’expulsion de la population palestinienne. Car au fond, ces défauts congénitaux lui semblent presque véniels face au tort immense causé depuis la nuit des temps au peuple juif. Les pogroms en Russie et en Europe de l’Est, puis l’extermination des Juifs par les nazis lui semblent finalement justifier l’existence même d’un Etat colonial.

    Or c’est très exactement le discours que tiennent les sionistes les plus modérés en Israël et dans le monde. Israël serait une sorte de moindre mal pour les juifs du monde entier, une manière de garantie face à la haine universelle.
De façon systématique, Yves Coleman prend la défense de l’Etat d’Israël qu’il juge la cible de critiques excessives. Et de façon systématique, il s’attaque à ceux qui soutiennent la cause palestinienne en débusquant l’antisémitisme qui la sous-tendrait. Lui qui, à juste titre, s’insurge contre certaines tendances à chiffrer les souffrances pour en évaluer la valeur, se montre bien peu soucieux des souffrances terribles du peuple palestinien qui lui semblent bien peu de choses face à la souffrance quasiment ontologique qui serait celle du peuple juif.
 […] »

    Karib

    http://conspishorsdenosvies.noblogs.org/post/2011/11/20/anti-imperialisme/

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