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Soudan : les anarchistes contre la dictature militaire
envoyé le 14/03/22 par solidaire Mots-clés  sexisme   antifascisme   afrique   contrôle social   manifestations & occupations  

cet article est une traduction d’une entrevue publiée en castillan sur le site web Kaos en la red.
https://kaosenlared.net/sudan-anarquistas-contra-la-dictadura-militar/

Le 30 décembre, lors de manifestations nationales au Soudan contre la dictature militaire qui a pris le pouvoir le 25 octobre, les forces de l’État ont utilisé à plusieurs reprises des balles réelles contre les manifestant-e-y-s, tuant au moins quatre personnes et en blessant beaucoup d’autres. Les forces de sécurité ont tué des dizaines de manifestant-e-y-s depuis le coup d’État du 25 octobre. Cependant, un puissant mouvement basé sur des comités de résistance locaux et des manifestations de rue courageuses continue de résister à la consolidation du pouvoir par les militaires. Nous présentons l’entretien suivant avec des participant-e-y-s anarchistes aux manifestations dans l’espoir d’aider les personnes extérieures au Soudan à comprendre la situation.

En décembre 2018, des manifestations de masse ont éclaté dans tout le pays contre le dictateur Omar Al-Bashir, qui dirigeait le Soudan depuis quelque trois décennies. Al-Bashir a fui en avril 2019 ; cependant, les troubles, les blocus et les sit-in contre le Conseil militaire de transition, qui a pris le contrôle du gouvernement, se sont poursuivis et les manifestations ont continué à occuper la place Al-Qyada au cœur de la capitale, Khartoum. Les forces militarisées associées au Conseil ont intensifié leurs attaques contre les manifestant-e-y-s, culminant le 3 juin 2019 lorsqu’elles ont brutalement délogé les occupations de places. Ils ont commis un massacre particulièrement brutal lorsqu’ils ont attaqué l’occupation de la place Al-Qyada.
En réponse à ces événements, une grève générale a touché une grande partie du Soudan du 9 au 11 juin. Cependant, certain-e-y-s représentant-e-y-s du mouvement ont entamé des négociations avec le régime, parvenant à un accord de partage du pouvoir dans lequel un gouvernement intérimaire composé de représentations militaires et civils devait gérer la transition vers une nouvelle administration. Cette transition a pris fin avec le coup d’État militaire du 25 octobre.

La première partie de cet entretien avec des anarchistes de Khartoum, la capitale du Soudan, a eu lieu le 28 décembre. La deuxième partie a été écrite immédiatement après les manifestations nationales du 30 décembre. Vous pouvez en savoir plus sur le Sudanese Anarchists Gathering via leur page Facebook. Nous mettrons à jour cet article avec plus d’informations au fur et à mesure que nous apprendrons comment les personnes hors du Soudan peuvent les soutenir.
L’interview a été réalisée en arabe et a été traduite à la hâte. Nous avons combiné certaines questions et réponses pour plus de clarté. (et retraduit de l’espagnol au français)

Entretien : réunion d’anarchistes soudanais-e-y-s, 28 décembre 2021

Q.- Tout d’abord, parlez-nous un peu de votre groupe.

A.- Le groupe a été créé à Khartoum fin 2020 après que nous ayons rassemblé tous les anarchistes de Khartoum [la capitale du pays]. Nous sommes ensemble depuis la révolution de décembre 2018, et certain-e-y-s d’entre nous se connaissent depuis le lycée et l’université.
Nous, les anarchistes de Khartoum, sommes membres des "comités de résistance" et nous brandissons nos bannières lors des marches avec les autres révolutionnaires, et nous faisons la promotion de l’anarchie en écrivant des graffitis sur les murs.
Nous nous opposons à toute forme d’autoritarisme. Nous sommes en faveur de la liberté d’expression et de l’autonomie individuelle.

Q.- Avez-vous des relations avec des anarchistes en dehors du Soudan ?

A.- Vous êtes les seuls anarchistes avec lesquels nous avons des liens en dehors du Soudan.

Q.- Y a-t-il d’autres anarchistes et groupes anarchistes à part vous ou, pour autant que vous le sachiez, seulement vous ?

A.- Il y a d’autres anarchistes au Soudan, dans la ville de Port-Soudan, et nous sommes en train de les approcher pour que nous puissions nous réunir et ensuite, espérons-le, avec des anarchistes du reste du monde, et par un effort plus sérieux, nous répandrons ensemble l’anarchie dans le monde entier.

Q.- Le Soudan a-t-il une histoire de lutte anarchiste ou est-ce plus récent ?

R.- L’anti-autoritarisme en tant qu’idée et pratique a émergé pour la première fois au Soudan lors de la première marche révolutionnaire de 2018. Mais la couverture médiatique était très faible et elle a donc été négligée.

Q.- Comment les gens ont-ils réagi aux anarchistes ? Quelle est la relation entre les anarchistes et les mouvements de protestation et sociaux plus larges ?

A.- Les gens sont polarisé-e-y-s sur le mouvement anarchiste, mais ce qui compte pour nous, c’est que nos camarades révolutionnaires soient cohésif-ve-y-s et totalement solidaires avec nous ; nous sommes ensemble dans cette lutte pour renverser le système fasciste et créer un système horizontal, sur le plan organisationnel, et un système socialiste, sur le plan économique. Les exigences de la "révolution" sont très similaires aux nôtres.

Q.- Pouvez-vous nous parler de la situation actuelle au Soudan ? D’après ce que nous avons compris, des manifestations ont lieu depuis au moins 2019, d’abord contre [l’ancien chef d’État] Omar Al-Bashir et maintenant contre la junte militaire. Quelles formes de répression sont menées par les forces de l’État, ou d’autres, en ce moment ?

R.- La révolution est en cours depuis décembre 2018. Lorsque la révolution a commencé, les manifestations ont été violemment réprimées par le gouvernement des Frères musulmans dirigé par Omar Al-Bashir, que nous avons renversé le 11 avril 2019, en occupant et en nous asseyant devant le quartier général de l’armée soudanaise. Mais, malheureusement, l’occupation a ensuite été réprimée : 500 révolutionnaires ont été tué-e-y-s et notre révolution a été volée par les commandants militaires et l’"atterrissage en douceur"[1].
Le 17 août 2019, ils (le Conseil militaire de transition, ou TMC, et les Forces de la liberté, ou FCC[2]) ont accepté un processus de transition de 39 mois pour revenir à la démocratie. Les secteurs révolutionnaires ne se sont pas arrêtés pour autant : nous avons continué à protester contre les militaires dans l’espoir de transformer le gouvernement de transition en un véritable gouvernement civil "technocratique" [c’est-à-dire un gouvernement composé de civil-e-y-s et non de politicien-ne-s de carrière].
Et puis le coup d’État a eu lieu [le 25 octobre 2021] et les militaires ont dissous le gouvernement civil et arrêté ses membres.
Mais nous n’abandonnons pas. Les rues débordent à nouveau de défi et d’opposition à leur égard, même si, depuis le coup d’État, ils ont tué 47 révolutionnaires et en ont blessé 1 200 autres à l’aide de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de tirs réels. Aujourd’hui, nous continuons à protester et à aspirer à les renverser.

Q.- Quelle est votre position sur les groupes non-anarchistes au Soudan, coopérez-vous avec eux ou non ? Si vous coopérez avec eux, quelle est la nature de votre coopération ?

R.- Nous nous sommes séparés de la "couveuse politique"[3] qui a participé à la révolution et nous avons formé des comités de résistance avec des camarades révolutionnaires formé-e-y-s par tous les mouvements révolutionnaires ; nous avons commencé à diriger la révolution dans les rues pour renverser le gouvernement malgré la violence à laquelle nous sommes confrontés de leur part. Nous faisons face à leur violence et à leurs balles, torse nu et avec des moyens non violents, comme des pierres et des barrages routiers permanents (pour protéger les participant-e-y-s aux manifestations contre les arrestations et pour bloquer le passage des forces gouvernementales), et nous utilisons des cocktails Molotov si nécessaire. Parfois, nous nous confrontons à la police et à d’autres milices ; nous mettons le feu à leurs voitures et nous battons certains d’entre eux.
Et parfois, de vraies balles nous sont tirées dessus, entraînant des blessures ou des décès.

Q.- Y a-t-il autre chose que nous devrions savoir, avez-vous des demandes de la part des mouvements anarchistes internationaux ?

R.- Nous avons de nombreuses manifestations et protestations prévues pour le jeudi 30. Nous avons déjà décidé des itinéraires des manifestations avec d’autres révolutionnaires avant que les autorités ne puissent bloquer l’internet ; elles se dirigent toutes vers le Palais républicain. Ces marches seront accueillies avec une violence excessive ; cela pourrait se terminer par des mort-e-y-s, car nous, les anarchistes, sommes toujours en tête et nous organisons les marches dans les rues.
Nous demandons un soutien matériel car nous n’avons pas de sponsors. Nous utilisons l’argent de nos poches et l’argent que nous avons ne couvre pas nos besoins car les prix sont devenus prohibitifs au Soudan et en tant que jeunes, nous n’avons pas assez d’argent. Nous espérons que tous-te-y-s les anarchistes du monde entier nous soutiendront.

Mise à jour : 30 décembre 2021

Deux jours après l’interview ci-dessus, à la fin des manifestations du 30 décembre, nous avons reçu le message suivant de notre contact au Sudan Anarchist Gathering.

Nous n’avons pas pu aller au palais. Ils avaient bloqué les routes avec d’énormes conteneurs et bloqué les villes d’Omdurman et de Bahri (personne de ces villes n’était autorisé à entrer à Khartoum), puis ils ont commis des atrocités contre nous à Khartoum (où se trouve le palais).
Ils nous ont tiré dessus à balles réelles et ont même utilisé un DShK [4] qui a causé des blessures et des mort-e-y-s parmi nous. Ils ont également agressé des journalistes et pris d’assaut les bâtiments d’Al-Arabiya (une chaîne d’information télévisée) et d’Al Hadath (une autre chaîne d’information télévisée) ; ils ont arrêté leurs employé-e-y-s, mais ils les ont déjà relâché-e-y-s. Ils ont également fait des descentes dans les hôpitaux, ont attaqué les médecins, les ont arrêtés et ont également arrêté nos camarades blessé-e-y-s.
Ils ne nous permettent pas de prendre les corps des martyrs pour les enterrer. Jusqu’à présent, nous n’en avons récupéré et enterré que deux. Nous nous efforçons de faire de même pour les autres.

Nos téléphones portables n’étaient pas assez perfectionnés pour filmer leurs atrocités, mais certaines personnes qui possédaient des téléphones portables perfectionnés ont réussi à filmer certaines des atrocités qu’ils ont commises.
Jusqu’à présent, il y a quatre martyrs, mais il y a beaucoup de blessé-e-y-s en vie.
Gloire aux martyrs et mort aux militaires et à l’autorité.

Martyrs de la révolution de décembre ; martyrs du coup d’État du Conseil militaire :
Martyr Ahmed Alaamin Alkununa
Date : 30 décembre 2021
Blessure : Tiré dans la tête
Lieu du martyre : Omdurman

Martyr Mustafa Mohammed Musa
Date : 30 décembre 2021
Blessé : Tiré dans la poitrine
Lieu du martyre : Omdurman

Le martyr Mohammed Majed Muhammad "Bebo"
Date : 30 décembre 2021
Blessure : Tiré dans la tête
Lieu du martyre : Omdurman

Le martyr Mutawakil Yousef Saleh
Date : 30 décembre 2021
Blessé : Tiré dans la poitrine
Lieu du martyre : Omdurman

Notes

[1] En 2011, l’expression "atterrissage en douceur" a été utilisée au Soudan pour décrire la proposition d’offrir à Omar Al-Bashir une transition négociée vers un régime civil, assortie d’une forme d’amnistie pour ses crimes de guerre. Depuis lors, il a été utilisé pour décrire une alliance proposée entre le régime et l’opposition, dans laquelle cette dernière cesserait d’essayer de renverser le régime en échange d’un partage du pouvoir, ainsi que pour décrire la soumission aux politiques américaines et au statu quo en général.

[2] Les Forces de la liberté et du changement (FCC) sont une coalition de groupes de la société civile et de partis politiques qui ont organisé les manifestations. Il faisait partie de la table de négociation pour le retour à un régime civil avec le Conseil militaire de transition (CMT).

[3] "الحاضنة السياسية"-qui se traduit grossièrement par "incubateur politique"- décrit le rôle que le gouvernement de transition est censé jouer au Soudan.

[4] Les DShK sont des mitrailleuses lourdes de l’ère soviétique.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)


envoyé le 14 mars 2022  par solidaire  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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