Je me permets de vous écrire afin d’attirer l’attention du public et des autorités sur une situation extrêmement préoccupante et profondément injuste : celle des familles actuellement hébergées en urgence dans des gymnases.
Il nous a été annoncé que cet hébergement prendra fin dès jeudi ou vendredi prochains.
Comme chaque année, cette annonce plonge les familles dans une angoisse immense et provoque une souffrance profonde chez les enfants, premières victimes de cette précarité imposée.
Parmi les familles concernées, certaines sont présentes depuis longtemps, dont la mienne. Il y a des enfants scolarisés, des bébés, des personnes en situation de handicap, des parents épuisés, sans qu’aucune solution alternative durable ne soit proposée.
Cette année encore, les dispositifs mis en place par les autorités sont largement insuffisants face aux besoins réels.
Seules quelques structures ont été ouvertes dans le cadre du plan hivernal :
– un gymnase à Fives, avec environ 50 places,
– une structure à l’EPSM d’Armentières, accueillant 17 familles seulement.
Pendant ce temps, de nombreuses familles, pourtant en grande détresse, restent sans aucune solution et n’obtiennent aucune place, malgré des appels répétés au 115. Certaines dorment à la rue ou vivent dans une incertitude permanente, sans savoir où elles seront orientées le lendemain.
Chaque hiver, nous revivons le même scénario : l’attente, l’incertitude, la peur de se retrouver à la rue. Chaque hiver, ce sont nos enfants qui en paient le prix.
Comment demander à un enfant d’aller à l’école sereinement quand il ne sait pas où il dormira le lendemain ?
Comment apprendre, se concentrer, grandir, lorsque la précarité devient une norme ?
Ces conditions de vie ont des conséquences graves et durables sur la santé, l’équilibre psychologique et l’avenir de nos enfants.
Nous ne demandons pas des privilèges.
Nous demandons le respect de la dignité humaine, ainsi que des solutions stables, humaines et adaptées aux réalités des familles, en particulier lorsque des enfants et des personnes vulnérables sont concernés.
À travers cette lettre, nous lançons un appel clair et urgent aux pouvoirs publics :
ne laissez pas des familles avec enfants se retrouver à la rue.
L’urgence sociale ne peut plus être gérée uniquement par des dispositifs temporaires qui se répètent chaque année et brisent un peu plus des vies à chaque hiver.
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