Calais la sociale vous convie à une rencontre autour du dernier ouvrage d’Antoine Tricot autour de la mémoire sociale et ouvrière et les résistances contre le chômage.
Dans son livre, Antoine Tricot s’intéresse à une question rarement posée dans les récits de luttes sociales : que devient un collectif ouvrier lorsque la bataille est perdue et que disparaissent à la fois le travail et le syndicat qui unissaient celles et ceux qui luttaient ensemble ?
Cette réflexion résonne fortement dans le Calaisis. Depuis plusieurs décennies, le territoire a connu un effondrement progressif de son tissu industriel et ouvrier.
Les fermetures successives dans le textile, la chimie, la métallurgie ou encore les activités portuaires ont profondément transformé la ville et ses alentours.
Chaque fermeture d’usine n’emporte pas seulement des emplois : elle fragilise aussi les solidarités qui se construisaient dans le travail, les collectifs d’atelier, les sections syndicales, les habitudes de lutte et d’amitié.
En une dizaine d’années, près d’un millier de travailleuses et travailleurs ont ainsi été poussés vers le chômage dans le Calaisis à la suite de restructurations industrielles.
Comment maintenir ou reconstruire du collectif lorsque les lieux du travail disparaissent ?
Car l’histoire racontée par Antoine Tricot suggère peut-être une leçon simple, mais profonde. La bataille d’un collectif ne se mesure pas seulement à sa capacité à faire triompher des revendications ou des idées. Elle se joue aussi dans quelque chose de plus obstiné : la capacité à rester soudé, à se maintenir ensemble malgré la défaite, le chômage, la maladie. Faire front face aux ordres de dispersion.
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